Biographie de Rimbaud :

Nouvelle photo d'Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud  (1854 - 1891)
Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes. Son père, Frédéric Rimbaud est capitaine d'infanterie et sa mère, Vitalie Cuif, est la fille de propriétaire ruraux de Roche, prés de Charleville. Ils se marient en 1853 et donnent naissance à leur premier fils Frédéric, le frère aîné d'Arthur, puis naîtront ses sœurs Vitalie en 1858, et Isabelle en 1860, ainsi qu'une autre fille née en 1857 qui mourra en bas age. Leur père quitte définitivement le domicile conjugal lorsque Arthur a six ans. Blessée, sa femme se fait désormais appeler "Madame Veuve Rimbaud". Drapée dans le deuil et le devoir elle donne à ses quatre enfants une éducation sévère et rigide ainsi qu'une stricte discipline religieuse. Le jeune Arthur va rapidement étouffer dans cette ambiance familiale et aura de plus en plus de ressentiments envers sa mère qu'il affublera plus tard dans ses poèmes et sa correspondance de "doux" noms tel que: la Sorcière, la Vampire, la mère Rimbe, la Daromphe. Pourtant c'est vers elle qu'il se tournera dans les moments difficiles de sa vie.
Dés l'age de huit ans Arthur fréquente l'Institut Rossat puis, en 1865, il entre au Collège de Charleville, où il rencontre Ernest Delahaye, qui restera son ami de toujours. Elève brillant, Rimbaud rafle tous les prix et se fait rapidement remarquer pour son aisance dans le maniement du langage. Il enverra en 1868 des vers latins au Prince Impérial à l'occasion de sa première communion. Ses composition latine Ver Erat, Jamque novus (L'Ange et l'Enfant), et Jugutha sont publiés dans le "Bulletin de l'académie de Douai" en 1869, un an plus tard Les Etrennes des Orphelins, une de ses première poésie en vers français, paraît dans "La Revue pour tous".
En janvier 1870, la rencontre avec Georges Izambard son nouveau professeur de rhétorique, va être déterminante pour Rimbaud qui sympathise rapidement avec ce jeune enseignant de vingt deux ans. Izambard lui fait découvrir les poètes parnassien et lui ouvre sa bibliothèque personnelle. Mme Rimbaud ne voit pas d'un très bon oeil cette amitié et pense que certains ouvrages comme Les Misérables de Victor Hugo, peuvent avoir une mauvaise influence sur son fils. Le 24 mai 1870, dans l'espoir d'être publié dans le Parnasse contemporain, Arthur envoie à Théodore de Banville : Sensation, Ophélie et Credo in Unam (première version de Soleil et Chair), mais n'obtient pas de réponse favorable, l'année suivante il enverra à Banville l'impertinent: Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs.

Lorsqu'en juillet la France entre en guerre avec la Prusse, les Ardennes sont en état de siège. Privé de journaux et de livres que les libraires ne reçoivent plus, Arthur s'ennuie ferme dans sa ville qu'il juge: "supérieurement idiote entre toutes les petites villes de province".

Le 29 Août, Arthur fugue une première fois et gagne Paris où il est arrêté à sa descente de train, sans billet ni argent, et incarcéré à la prison de Mazas. Libéré sur l'intervention d'Izambard, il s'en va passer une quinzaine de jours à Douai, chez les vieilles tantes de son professeur, les demoiselles Gindre où il commence à recopier ses poèmes. Tout juste rentré à Charleville (le 25 septembre), Arthur s'enfuit à nouveau le 7 octobre, à pied cette fois, jusqu'à Charleroi puis Bruxelles avant de revenir chez les demoiselles Gindre à Douai. Là, il termine de recopier ses poèmes à l'intention de Paul Demeny, un jeune poète que lui a présenté Izambard et qui vient d'être publié. Le 1er novembre, sa mère le fait ramener de force au domicile par la police. L'école étant fermée, Arthur mène, fin 1870, une vie d'oisiveté et de lectures interrompues par de longues balades avec son ami Delahaye. Le 25 février 1871, il s'enfuit de nouveau à Paris, mais n'ayant pas un sou en poche il finit par rentrer à pied à Charleville le 10 mars.

La Commune est proclamée le 18 mars à Paris. Arthur prend parti pour les insurgés et écrit quelques poèmes "communard" comme Chant de Guerre Parisien, Les Mains de Jeanne-Marie, Paris se repeuple, cependant on ignore encore aujourd'hui si Rimbaud a réellement participé à la Commune. Certains biographes pensent qu'il s'est engagé dans les corps-francs et a séjourné à la caserne de Babylone (ou il aurait été victime de violences intimes ?), toutefois, sa correspondance laisse plutôt penser que son désir de participer aux évènements n'a pas pu se réaliser: "...les colères folles me poussent vers la bataille de Paris, où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais, je suis en grève.".

Quoi qu'il en soit, c'est un Rimbaud révolté et anarchiste qui envoi de Charleville le 13 et 15 mai les fameuses lettres dites" du Voyant ", la première est adressée à Georges Izambard et la seconde à Paul Demeny. Dans ces deux lettres Rimbaud expose son programme poétique à savoir "...un long et raisonné dérèglement de tous les sens.", étape par laquelle le poète doit passer pour accéder à l'inconnu et trouver du nouveau. A Charleville, Rimbaud qui travaille à se "rendre voyant", boit, s'encanaille et scandalise son entourage.La rencontre avec Verlaine reste cruciale et va pousser Rimbaud très loin dans sa recherche poétique. Cependant, leur relation outrageuse et passionnée ne durera pas.
C'est sur les conseils d'Auguste Bretagne, un employé aux contributions indirectes de Charleville épris de poésie et ami de Paul Verlaine, que Rimbaud envoi, fin août, quelques un de ses poèmes à l'auteur des "Fêtes galantes". Séduit, Verlaine l'invite à le rejoindre à Paris en des termes enthousiastes: "Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ". A la mi-septembre, Arthur part à Paris avec en poche son poème Le Bateau Ivre. Si Verlaine accueil le jeune voyant à bras ouverts, sa belle famille (Verlaine qui vient juste de se marier avec Mathilde Mauté vit encore chez ses beaux-parents) ne supporte pas l'attitude outrageante d'Arthur qui finit par se faire héberger par les amis de Paul comme Banville, Charles Cros ou encore Ernest Cabaner. Verlaine emmène son jeune protégé au dîner des Vilains Bonshommes au cours duquel Rimbaud déclame son poème marin et impressionne la communauté parnassienne. Les deux hommes fréquentent aussi le cercle des poètes Zutiques, fondé par Charles Cros, qui se réunit à l'Hôtel des Etrangers, boulevard Saint-Michel, et collaborent à l'Album collectif du groupe. Cependant, l'attitude méprisante de Rimbaud envers les autres poètes ainsi que sa liaison scandaleuse avec Verlaine vont conduirent peu à peu à son exclusion du milieu littéraire Parisien.

Rimbaud et Verlaine hantent les cafés du Quartier Latin se saoulent à l'absinthe et mènent une vie dissolue. En janvier 1872, victime de violences conjugales, Mathilde s'enfuit à Périgueux avec son fils. Affecté par ce départ, Verlaine promet à sa femme de rompre avec Rimbaud, qui repart pour Charleville en mars, et de reprendre la vie conjugale. Elle accepte et revient à Paris, mais Rimbaud aussi. Il loge à l'hôtel rue Monsieur le Prince puis à l'hôtel de Cluny où il écrit Fêtes de la patience et raconte sa vie nocturne dans ses lettres à Delahaye. Agacé par les démêlés conjugaux entre Paul et Mathilde il décide de rompre avec Verlaine et de quitter Paris. C'est en allant poster sa lettre de rupture que Rimbaud rencontre par hasard Verlaine et lui fait part de sa décision, Verlaine abandonne tout et le suit à Bruxelles. En juillet 1872, Mathilde, accompagné par sa mère arrive à Bruxelles pour convaincre Verlaine de rentrer à la maison, celui-ci accepte mais à la gare il leur fausse compagnie et s'enfuit avec Rimbaud.

C'est lors de leur passage à Ostende que Rimbaud voit la mer pour la première fois, ils partent ensuite pour Douvres puis Londres. Ils retrouvent là bas des communards exilés, comme Eugène Vermersh et Félix Regamey qui les aident à s'installer près de Soho, 34 Howland Street. Rimbaud écrit de nombreux poèmes, sans doute les premières proses des Illuminations tandis que Verlaine compose ses Romances sans Paroles. Tourmenté par le procès en séparation de corps que Mathilde vient de lui intenter, Verlaine est accablé de remords et en pleine crise de conscience. Arthur fait appel à sa mère qui lui conseil de revenir à Charleville, il rentre fin décembre. Trois semaines plus tard, Verlaine malade appel au secours. Retour à Londres avec la mère de Verlaine cette fois. Paul et Arthur reprennent alors leur existence précaire faite d'études, de ballades et de cours de français qu'ils donnent pour survivre. Le 4 avril, Verlaine quitte Londres dans l'espoir de se réconcilier avec sa femme, mais elle refuse tout contact. Arthur rentre à Roche le 11 avril. De cette période datent les premiers textes d' "Une Saison en Enfer" qui s'appelle alors Livre Païen, ou Livre Nègre.

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIXᵉ siècle, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896. Il s'essaie à la poésie et publie son premier recueil, Poèmes saturniens en 1866, à 22 ans. En savoir plus sur Wikipédia.

Quelques ouvres de Verlaine :

Paul Verlaine : Écrivain et poète français.
Paul Verlaine

Amour, Paul Verlaine 1888 :

Recueil lyrique de Paul Verlaine (1844-1896), publié en 1888 et, avec des additions, en 1892. 

Après avoir connu les désillusions du plaisir et des ivresses charnelles, le poète sent que le retour à la foi représente vraiment pour lui le chemin du salut et, comme il l'a déjà fait dans "Sagesse", il tend à louer dans la religion l'unique bien de l'humanité. D'une âme humble et repentante, il chante la béatitude que procure la prière ("Un crucifix"), l'abandon au sentiment ineffable du divin ("Sur un reliquaire qu'on lui avait dérobé"): son amour de la religion s'attache particulièrement à mettre en évidence ce triomphe de l'ordre sur l'erreur que le poète prétend y trouver. Cette attitude, qui dans l'ensemble apparaît plutôt froide et intellectuelle, est loin d'exprimer combien, chez Verlaine il y a l' angoisse d'une vie désordonnée; elle ne révèle que peu de chose de cette inquiétude du pécheur qui cheche à se révolter contre le mal et la passion. Les sentiments de l'artiste s'épanchent avec la douceur d'un regret, dans un soupir de créature blessée ("Délicatesse") ou encore avec une admiration extatique pour les beautés de la nature et pour le mystère de la vie ("Paysages"). Une partie tristement célèbre est constituée par l'élégie qui termine le livre: "Lucien Létinois". Dédiée par Verlaine à la mémoire d'un jeune homme, précocement disparu, qui fut son élève, elle exprime avec discrétion et non sans un caractère morbide une affectation qui, sous le voile d'une inspiration mystique, apparaît comme une véritable passion, d'une sensualité assez trouble. Ces sentiments ne sont pas sans rappeler son aventure avec Rimbaud et s'enveloppent d'amour paternel, dans le souvenir même de son fils Georges, bien que la ruine de sa famille fût depuis longtemps consommée: ceci montre une fois de plus jusqu'à quel point l'âme du poète connaissait de sentiments contradictoires; dans le moment même où il aspirait à la paix religieuse, sa vie était dominée par le vice et la passion, entièrement dépourvue de toute volonté de rédemption. L'oeuvre est parmi les moins réussies du poète, à cause de ce rappel constant aux aventures de sa vie -matière qu'il n'est point parvenu à élever au royaume céleste de la poésie; toutefois elle reste intéressante en ce qu'elle est un document sur l'existence troublée d'un "poète maudit".

Chansons pour elle, Paul Verlaine 1891 :

Recueil de poèmes érotiques de Paul Verlaine (1844-1896) paru en 1891, c'est-à-dire à une époque où le poète, complètement déchu, malade, traînait une existence misérable de clochard sur les pavés de Paris. "Elle", une certaine Esther, de son vrai nom Philomène Boudin, avait largement dépassé la quarantaine; c'était plus ou moins une prostituée ("Qu'importe ton passé, ma belle, et qu'importe parbleu! Le mien!"). D'un âpreté sans merci, elle exploita le pauvre Lélian que d'autre part elle trompait effrontément ("Sans doute tu ne t'aimes pas comme je t'aime. / Je sais combien tu me trompas jusqu'à l'extrême"). Verlaine finit cependant par la quitter, pour une autre de ses pareilles (Eugénie Krantz, dite Mouton), qui fut la dernière compagne de sa vie. D'un point de vue biographique, "Chansons pour elle" marque une des dernières étapes de la déchéance de Verlaine, et l'abandon de ses tentatives de rédemption religieuse (il publiera cependant encore "Liturgies intimes".) D'un point de vue littéraire, l'intérêt du recueil est assez mince; le poète ne fait que reprendre des thèmes qu'il avait traités avec plus de bonheur dans "Parallèlement".

Les fêtes galantes, Paul Verlaine 1869 :

Recueil poétique de Paul Verlaine (1844-1896), publié à Paris chez Lemerre en 1869. Certains poèmes avaient été auparavant publiés dans diverses revues: "Clair de lune", sous le titre de "Fêtes galantes", et "Mandoline", sous le titre de "Trumeau", dans la Gazette rimée du 20 février 1867; "A la promenade", "Dans la grotte", "les Ingénus", "A Clymène", "En sourdine", "Colloque sentimental" dans l'Artiste, le 1er juillet 1868, sous le titre collectif de "Nouvelles Fêtes galantes"; "Cortège" et "l'Amour par terre" dans la même revue, en mars 1869, sous le titre "Poésie".

Verlaine compose les Fêtes galantes dans les années 1866-1868, c'est-à-dire juste après la publication des Poèmes saturniens. Tout comme le précédent, ce recueil, édité à compte d'auteur, n'éveille aucun écho. Rimbaud le lit toutefois à Charleville et écrit à Georges Izambard, le 25 août 1870: "J'ai les Fêtes galantes [...]. C'est fort bizarre, très drôle; mais vraiment, c'est adorable."

Le recueil comprend vingt-deux poèmes de formes diverses mais tous divisés en strophes identiques, à l'exception de "l'Allée" (constitué d'un ensemble continu de quatorze alexandrins aux rimes croisées) et de "Lettre" (poème aux rimes plates composé de cinq strophes d'inégale longueur). Les titres de certains textes suggèrent, de même que celui du recueil, une atmosphère festive, par le biais d'activités, d'objets ou de personnages associés au divertissement: "Pantomime", "Cortège", "Fantoche", "Mandoline", "Colombine". Dans l'univers des Fêtes galantes règnent l'oisiveté et les plaisirs: "A la promenade", "En patinant", "En bateau", "les Indolents". Un "paysage choisi" ("Clair de lune"), soigneusement policé et artistement agencé - voir aussi "l'Allée", "Dans la grotte" - sert de cadre à ces "fêtes", "galantes" dans la mesure où - des titres tels que "Cythère", "l'Amour par terre" ou "Colloque sentimental" en témoignent - elles sont dominées par les jeux du désir et la quête du plaisir amoureux.

Inspiré des peintures de Watteau et de Fragonard, l'univers des Fêtes galantes rappelle, tant par ses personnages que par ses décors, celui d'un XVIIIe siècle sensuel, spirituel, libertin, ironique, élégant, désinvolte. La nature est domestiquée en parcs - pourvus d'avenues, de boulingrins, de bassins, de grottes, de pavillons et de statues - dans lesquels évoluent des figures dont les noms conventionnels évoquent les jeux de la Préciosité, par exemple Clitandre dans "Pantomime", Clymène dans "Dans la grotte" et "A Clymène", Atys, Églé et Chloris dans "En bateau", ou Tircis et Aminte dans "Mandoline".

Johann Wolfgang von Goethe, né le 28 août 1749 à Francfort et mort le 22 mars 1832 à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, théoricien de l'art et homme d'État allemand. En savoir plus sur Wikipédia.

Quelques oeuvres de Johann Wolfgang von Gœthe :

Le poète et romancier allemand Johann Wolfgang von Goethe.
Johann Wolfgang von Gœthe

Années de pèlerinage de Wilhelm Meister, Wolfgang von Goethe 1821 :

Roman pédagogique de Wolfgang Goethe (1749-1832), conçu dès 1798 comme devant être la suite et la conclusion des "Années d'apprentissage de Wilhelm Meister". 

Ce n'est qu'en 1807 que l'oeuvre commence à prendre forme dans l'esprit de Goethe parvenu à la maturité; son élaboration demanda plusieurs années et elle fut publiée en 1821, mais cette première édition ne devait en représenter que la première partie. En même temps que ces "Années de pèlerinage", et dans un but de polémique morale, il en parut une falsification du curé Pustkuchen (1793-1834), contre laquelle s'élevèrent Tieck dans sa nouvelle, "Les fiançailles", et Immermann, en 1822, avec une "Carnavalade". Ceci conduisit Goethe à reprendre son travail en 1823-1824, mais pour très peu de temps. La rédaction du texte actuel date en effet des années 1825 à 1829; il faut y ajouter quelques appendices posthumes: "Méditations selon l'intention du Passant", "Les archives de Macarie", le poème "Testament" et ces tercets qui prirent le titre de "En contemplant le crâne de Schiller". L'oeuvre fut publiée en trois volumes. Elle parut en 1827, sans ces additions, grâce aux soins d' Eckermann, qui en avait reçu l'autorisation de Goethe de son vivant. Ce n'est que dans les dernières années de sa vie que l'auteur essaya de donner au roman une certaine unité artistique, à laquelle cependant il n'atteignit jamais, malgré la beauté des détails.

Le récit s'ouvre sur un tableau qui semble extrait d'une toile du XVIe siècle. Le chapitre, ou plutôt la nouvelle, s'intitule "La fuite en Egypte" et décrit la famille d'un artisan. Celui-ci est né et a grandi dans un ancien sanctuaire en ruines, dédié à saint Joseph: cette ambiance artistique et mystique agit peu à peu sur sa formation, et il vit sans s'en apercevoir, qu'il s'agisse de sa vie intérieure ou de son comportment extérieur, la vie du saint. Menuisier lui aussi, il épouse une jeune fille pauvre et vertueuse nommée Marie. Il reonstruit la chapelle en en respectant la beauté et le caractère sacré, et se partageant entre son travail et sa famille, il mène une vie simple, primitive et patriarcale. Telle est la première forme de vie sociale qui s'offre à l'expérience du protagoniste Wilhelm Meister. Ce dernier a entrepris un voyage pour l'instruction de son fils Félix, et a promis à Natahlie de ne pas passer plus de trois nuits sous le même toit. Dans ce roman cependant, Wilhelm n'est plus le personnage principal: il n'est qu'un prétexte, un simple moment du fragile lien tendant à donner une unité au récit, une sorte de témoin. Si, dans la "Vocation théâtrale", il est tout et s'il anime tout de son intense vie, si, dans les "Années d'apprentissage", il est toujours l'observateur placé au centre et l'expérimentateur sans lequel la construction entière du roman s'effondrerait, il n'est ici que le commentateur des théories pédagogiques et sociales énoncées et vécues par les différents personnages du roman.

Un dialogue entre Montan et Wilhelm nous fait entre d'emblée dans le vif du sujet, c'est-à-dire qu'il nous montre la fin que se propose l'auteur: le but de la vie de Wilhelm est maintenant exclusivement l' éducation de son fils Félix, qui doit, cependant, se faire différemment de celle de son père. La génération qui monte appartient au nouveau siècle; la période de cet idéal de culture encyclopédique qui embrassait un vaste domaine est terminée; maintenant, la façon de procéder est autre on travaille sur un point, en profondeur, en reliant, dans le domaine de l' utile, la partie au tout.. "Se borner à un métier est ce qu'il y a de mieux. Pour un esprit sans envergure, il restera toujours un métier, pour un esprit plus élevé, il deviendra un art.

Le meilleur des hommes, lorsqu'il fait une chose, fait tout; autrement dit, moins paradoxalement, il voit dans la chose unique qu'il accomplit le symbole de tout ce qui est fait avec rectitude", dit Montan, qui est ici la nouvelle personnification du Jarno des "Années d'apprentissage". L' éternel, le nécessaire et la loi forment la nouvelle trinité du culte goethéen. La seconde expérience de la vie patriarcale, étendue à une colonie qui prospère sous l'oeil vigilant d'un oncle bienfaisant, conduit Wilhelm et Félix dans une région plus vaste et plus harmonieuse. Ici règne la devise: "En partant de l' utile, à travers le vrai, on atteint le beau". Ii enore l'oncle, comme dans les "Années d'apprentissage", est entouré de ses neveux, Léonardo, Julie et Hersilie, qui rappellent Lothaire, Nathalie et la Comtesse, et mettent une note vivante dans la cristalline froideur du dialogue. Une idylle très pure naît entre Hersilie et Félix adolescent, telle une fraîche touffe d'herbe et de fleurs au milieu des roches alpestres. Quant à Makarie, la "belle âme", elle s'élève, pure et sublime. Elle gravite dans les sphères interplanétaires, liée à cette mathématique astronomique, loi naturelle, surhumaine et divine. Son âme ne se perd pas dans la contemplation mystique de l'harmonie suprême, mais elle s'y adapte et y adapte toutes choses humaines et terrestres, en vivant dans une sublimité universelle. A la fin du roman, l'auteur lui oppose, comme une espèce de pôle harmonique, le rabdomancien qui connaît le mystère des entrailles de la terre, fermant ainsi l'immense cosmos divin de Goethe. L'oncle fait connaître le principe social qui représente le troisième degré de l' ascèse de la prospérité d'une personne doit provenir celle de nombreuses autres. Mais il ne s'agit encore là que d'une conception de philanthrope éclairé, telle que le XVIIIe siècle nous en a donné des exemples. Par ontre, le neveu de Léonardo, qui appartient à la génération montante, ouvre la voie vers une nouvelle organisation, plus vaste et plus moderne, et qui doit amener à une collaboration mondiale. Léonardo porte aux filateurs et aux tisserands de la montagne des chargements de coton provenant des contrées lointaines, et, fixant à chaque homme et à chaque chose la place la meilleure pour le développement de la petite industrie, il crée, -dans une ambiance idyllique qui se ressent de l'influence de l'ancien piétisme allemand (le travail s'effectue au milieu des hymnes et des psaumes chantés en choeur)- l' échange commercial entre les deux mondes. Mais l' invention de la machine, venue d'Angleterre, trouble cette pacifique industrie et fait surgir le nouveau et important problème de l' émigration. Il y a un moment de désagrégation nécessaire: il faut dépasser la tradition locale, la vie tranquille du village, pour entrer dans l'engrenage du monde économique et international. Pour l'homme, deviennent alors nécessaire un degré plus élevé de culture et une nouvelle ascèse: il doit créer au dedans de lui sa patrie, portant en lui-même son harmonie, y plantant ses propres racines. L' idéal de l'humanité doit être substitué à celui de la famille et de la patrie. C'est pourquoi la "Société des compagnons de voyage", qui se prépare à émigrer, est obligée d'honorer tous les ultes. On y parvient au moyen d'une sévère discipline transmise dans la "Province pédagogique", à laquelle Wilhelm Meister onfie l' éducation de son fils Félix, et l'on prépare les hommes destinés au nouveau monde.

Si on fait la comparaison avec les "Années d'apprentissage", cette idée de l'institut pédagogique est tout à fait nouvelle. Désormais, les influences du nouveau siècle, surtout celle de Pestalozzi, se font sentir. Si tout d'abord Goeth s'était montré hostile à la nouvelle pédagogie, qui lui semblait chez son premier auteur utopique et froide, plus tard, lorsqu'il la revit appliquée par Fellenberg, à l'école de Hofwyl, il comprit qu'elle pouvait être féconde, et il embrassa sa cause. La "Province pédagogique" des "Années de pèlerinage" n'est qu'une interprétation goethéenne de cette école suisse. Les enfants sont avant tout dressés aux travaux agricoles, puis dirigés sur un métier particulier correspondant à leurs aptitudes, bien étudiées auparavant. Tout travail est accompagné de chants rythmiques afin que l'élève s'habitue à l' harmonie. Il prendra ensuite conscience de la communauté morale à laquelle il appartient grâce à un approfondissement du sentiment religieux. Mais la religion ne lui sera pas enseignée selon un catéchisme dogmatique: on fera en sorte de développer petit à petit le germe religieux primordial qui se trouve dans chaque être humain, ainsi que cela se passe dans l'histoire de l'humanité. Un principe religieux essentiel est le respect ou la crainte ("Ehrfurcht"); chez les enfants, elle doit se manifester par le respect envers ce qui leur est supérieur. En grandissant, ils apprendront à respecter aussi les bornes que la Providence impose à la nature, et à comprendre la nécessité de la douleur et du sacrifice, c'est-à-dire à respecter ce qui est inférieur. Adultes enfin, grâce à leur amour et à leur action envers la ollectivité, ils vaincront les bornes et les douleurs, en respectant ce qui est égal à eux. La religion chrétienne est le sommet auquel puisse parvenir l'humanité: elle ne peut être dépassée que par le philosophe qui, placé au centre, "doit abaisser jusqu'à lui ce qui lui est supérieur, élever à son niveau ce qui lui est inférieur, méritant grâce à cette position centrale, le nom de sage". L'homme parfiat doit réunir en lui ces trois stades dans une unité trinitaire semblable à la trinité divine, dans le rspect envers soi-même. Trois galeries de tableaux représentant l' Ancien puis le Nouveau Testament, et enfin la passion et la mort du Christ font voir aux enfants vivants dans l'histoire, ces trois stades religieux. la dernière galerie, le "saint des saints", n'est ouverte qu'une fois l'an et n'y sont admis que les élèves prêts à affronter la vie. Seuls les initiés sont appelés à pénétrer le mystère "que cache la divine profondeur de la douleur". Ces motifs hautement chrétiens peuvent être rattachés à la dernière scène de "Faust". Un autre aspect important de la nouvelle pédagogie est l'accent mis sur l'esprit de synthèse (et non pas d' analyse), auquel Meister se réfère dans ses études sur l'anatomie car Goethe juge indispensable son étude attentive et approfondie du corps humain. Le roman se termine en effet par une scène où il met sa science en pratique, en sauvant son fils Félix, qui a fait une chute de cheval.

Reliées au récit-cadre par un fil ténu -le plus souvent très artificiel- ou parfois n'ayant aucun lien avec lui, quelques nouvelles y furent insérées. Goethe plus jeune y a créé des personnages vivants, tels cette "Brune jeune fille" (1815), que cherche Léonardo et que Wilhelm retrouve vers la fin du livre: c'est une femme fidèle à son pays et à son compagnon disparu. La "Folle voyageuse" (1808) est une réminescence d'une nouvelle française. Qaunt à 'L'homme de cinquante ans" (1817), très fine étude psychologique sur l' amour illusoire qu'éprouve une petite jeune fille pour un homme mûr d'une part, et d'autre part un jeune homme pour une petite veuve fanée (situation qui trouvera une solution saine et naturelle dans le véritable amour qui naît entre les deux jeunes gens), elle se mêle dans le roman à un délicieux voyage sur le lac Majeur, où renaît le nostalgique souvenir de Mignon. "La nouvelle Mélusine" est une fable narrée par Friedrich, qui a la faculté de raconter des choses fantastiques comme s'il les avait réellement vécues. Toujours dans le premier livre, "Qui est le traître?" (1820) met en scène le jeune Lucidor qui doit épouser Julie et ne sait comment avouer son amour pour Lucinde, la soeur de cette dernière: les jeunes filles qui ont écouté ses lamentations faites à haute voix, se moquent gracieusement de lui, et jusqu'à la fin s'amusent de sa timide indécision. Dans les trois volumes de cet ouvrage sont condensés toute l'expérience sociale et la méditation philosophique et pédagogique du vieillard Goethe, e qui rend le roman lourd et morcelé. Les paysages servent de décors, ils n'ont plus de contact immédiat avec la sensibilité du poète. Ils s'harmonisent dans son âme avec le mystère divin de cette nature que Goethe recheche maintenant avec une anxiété religieuse, et ils n'apparaissent vivants que dans les réits et nouvelles, qui sont comme des espaces ouverts à la vie et au soleil. Cependant, une idée domine toute l'oeuvre, idée qui reste l'ultime conclusion de l'immense labeur de Goethe chacun doit s'intégrer dans le Tout; ainsi seulement peut-on se sentir lié à l' universel.

Ce que nous apportons, Wolfgang von Goethe 1802 :

Allégorie en un acte de Wolfgang Goethe (1749-1832), écrite à l'occasion de la réouverture du théâtre de Lauchstädt, le 26 juin 1802. 

L'ancien théâtre y est symbolisé par la chaumière de Martin et de Marthe, la commère. Grâce aux enchantements de Mercure, la vieille chaumière est changée en palais. Quant aux deux vieillards, ils prennent les noms symboliques de Philémon et Baucis. 

Le jeune Pathos (la Tragédie), Nymphe (le Sentiment de la Nature) et Phoné (l' Opéra) entrent en scène avec deux enfants, dont l'un représente l' Imagination créatrice et l'autre l'Art dramatique. Les scènes suivantes font plus ou moins clairement allusion à l'évolution du théâtre de Weimar à l'époque où Goethe en était le directeur. Mercure, par ses dons magiques, tient ensuite le rôle du héraut: "Il rassemble, analyse et interprète le tout, et met en relief les liens existant entre le public et le théâtre allemand". Illustrée par une mise en scène brillante, par l'action et les voix des acteurs, cette allégorie devait perdre à peu près tout son agrément une fois imprimée. Ainsi que l'écrivait Schiller, les passages les plus remarquables "faisaient l'effet d'un dialogue plat, d'étoiles brodées sur un manteau de gueux". D'ailleurs Goethe n'avait cédé qu'après de longues hésitations aux insistances de l'éditeur Cotta. De nouvelles scènes furent ajoutées à cette pièce, qui fut reprise lors de l'inauguration du Théâtre de Halle en 1814. Elles ont été attribuées à Goethe qui, à vrai dire, n'avait fait qu'en fournir l'argument à leur auteur véritable, Riemer, qui était son secrétaire.

Dieu, âme et monde, Wolfgang von Goethe 1815 :

Ensemble de 110 petites pièces, distiques, quatrains, etc. de Johann Wolfgang Goethe (1749-1832), se rattachant aux "Proverbes" et aux "Xénies".

Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï, né le 9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana et mort le 20 novembre 1910 à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe. En savoir plus sur Wikipédia.

Quelques oeuvres de Léon Tolstoï :

L'écrivain russe Lev Nikolaevich Tolstoy (Léon Tolstoï)
Léon Tolstoï

Anna Karénine, Tolstoï Lev Nikolaïevitch 1875-1877 :

Roman de Lev Nikolaévitch Tolstoï (1828-1910), publié en 1875-1877. 

Comme dans "La guerre et la paix", la toile de fond est constituée, en partie, par la peinture du monde des aristocrates et par l'analyse psychologique des types humains. Mais tandis que dans "La guerre et la paix" cette peinture a un fond historique plus vaste, dans Anna Karénine" les événements se déroulent dans une ambiance qui est celle de l'époque de Tolstoï, et le réalisme de la description révèle une observation directe, immédiate, de la part de celui qui y a lui-même participé. 

Parmi les différents personnages mis en scène, se détache Anna Karénine, jeune femme de la haute société, mariée sans amour à un haut fonctionnaire et qui est tombée amoureuse du brillant, mais superficiel Vronsky. Le roman se déroule autour de cette intrigue, en nous présentant les différentes phases de cette passion: la lutte d'Anna pour ne pas se laisser entraîner par ses sentiments, sa trahison envers son mari; l'abandon de son enfant pour suivre à l'étranger son amant; enfin les angoisses, les remords provoqués chez elle par son âme au fond honnête et droite. La jeune femme, en effet, est parfaitement consciente de la fausseté de sa situation, ce qui finit par susciter en elle et en Vronsky une incompréhension réciproque, pleine d'irritation qui, bien que superficielle, obscurcit progressivement l'intime union de leurs âmes. Le livre s'achève avec le récit du suicide par lequel la jeune femme met fin à l'équivoque de son existence perdue; elle se jette sous son train. Parallèlement, et par contraste avec l'amour malheureux d'Anna Karénine et de son amant, le roman décrit l' amour heureux de Kitty et de Lévine. Cette histoire semble tout d'abord secondaire, mais en réalité est essentielle pour l'équilibre du roman, car elle permet un jeu alterné de rapprochements et d'oppositions. A côté de ce brillant Vronsky dont l'existence s'écoule dans la recherche de sensations agréables, faciles et intenses, et qui perd ensuite toute son aisance dans une impasse dramatique, Tolstoï a campé Lévine. Dans ce personnage, l'auteur a mis une grande partie de lui-même. 

Lévine est l'homme à la vie intérieure pleine de luttes, incapable de se confier, revêche, tourmenté par un immense besoin d' affection et destiné cependant à parvenir, peu à peu, à une communion réelle avec ses semblables. De même, s'opposant à Anna, qui est l'expression d'une société raffinée mais incapable de se dépasser, parce qu'elle se croit justement incomparable, la douce Kitty représente la femme à la spiritualité saine, susceptible de satisfaire et de comprendre tout naturellement les exigences de l'homme, grâce à une sagesse instinctive; capable de s'élever de sa simplicité enfantine vers la vie sérieuse des adultes, sans perdre pour cela son charme féminin. Le tableau est complété par la description de la famille Oblonski qui, entre celle de Karénine et celle de Lévine, nous montre Daria, femme fidèle et résignée, épuisée par les soucis de la maternité et par le ménage, mais sur laquelle, de temps en temps, les douces affections qui l'entourent jettent un pâle reflet de tendresse; son mari est un jouisseur infidèle, mais bon enfant. Au-delà de ce triple panorama familial, l'auteur a campé encore deux autres familles; celle des Stcherbasky, les parents de Kitty et de Daria, vieille famille noble, où l'homme, assagi par le grand âge, végète en laissant à sa femme le soin de s'occuper des affaires quotidiennes; et enfin la famille illégitime d'un frère de Lévine, Nikolaï, révolutionnaire manqué, ivrogne, vivant avec une femme de basse extraction, Maria, et qui finit par mourir de tuberculose. Le véritable protagoniste de ce roman n'est donc pas un homme, mais la famille russe elle-même. Selon Tolstoï, le centre vital de la société n'est pas l' individu, mais le noyau familial. Autour de ces groupes de personnages si différents les uns des autres, l'auteur évoque des milieux et des climats sociaux très variés qui ne constituent pas seulement la toile de fond des événements, mais en sont aussi l'expression spirituelle la plus efficace. La société aristocratique de Saint-Pétersbourg, le grand monde de Moscou, qui entourent Anna et Vronsky, semblent trouver leur représentation suprême dans la grande scène des courses: Anna, bouleversée par une maternité illégitime, dont le fruit s'agit en son sein et pressentant le drame qui va fondre sur elle, s'efforce de ne pas laisser percer la confuse anxiété de ses sentiments, offerts en proie à la curiosité de cette foule mondaine et aristocratique qui l'entoure. De même une brève scène d'amour entre paysans, dans la campagne de la province russe, permet à l'auteur d'exprimer cet idéal d'une vie saine et élémentaire au sein de la nature, qui domine tout le roman et à laquelle aspire Lévine dans sa recherche tourmentée. 

Si l'oeuvre est un roman parfait, c'est en même temps une sorte de poème conçu dans ce même courant d'idées d'où allait jaillir "La guerre et la paix". C'est ainsi qu' "Anna Karénine" se décompose en une suite de grands tableaux où les personnages, les événements, les éléments de la représentation -qu'il s'agisse des foules mondaines ou des arbres, du ciel et des maisons, - sont tous plongés dans une atmosphère épique. Dès son apparition, ce roman fut considéré comme une réaction contre le mouvement naturaliste français: cette affirmation est d'autant plus inexacte que telle n'était pas l'ambition de l'auteur. A y regarder de plus près, on s'aperçoit au contraire que Tolstoï n'a pas craint de recourir aux méthodes naturalistes, la signification spirituelle de l'oeuvre dépassant infiniment les moyens employés; en effet, Tolstoï, en observant fidèlement le réel, parvient à une vérité morale qui le dépasse et le transcende. Ces principes traduisent la haute conception que Tolstoï se faisait de l'être humain, conception fort éloignée du pessimisme de l' école naturaliste: l'homme n'est pas seulement soumis à une misérable série d'événements physiques, il est avant tout le protagoniste d'un mystérieux drame moral. Tous les personnages d' "Anna Karénine" sont engagés dans ce drame, même lorsqu'ils semblent s'en évader; tous suivent une sorte d'ascèse morale, même lorsque celle-ci coïncide en apparence avec une décadence extérieure ou avec un désastre. Vronsky qui, dans les premières pages, est défini, avec une apparente superficialité, comme un de ces hommes qui se sentiraient déshonorés s'ils ne payaient pas une dette de jeu dans les vingt-quatre heures, mais qui par contre oublient de payer la facture du tailleur, Vronsky, officier brillant, frivole, manquant, semble-t-il, d'une vie intérieure, finit par accéder à cette vie intime au cours de ses terribles malheurs. Il doit renoncer à sa carrière, à son avenir. Il vit seul, en proie à une angoisse sans issue et, après la mort d'Anna, devient un soldat mercenaire. L'ouragan, qui est passé au-dessus de lui, l'a définitivement terrassé. 

Certes cette vie intérieure à laquelle il accède, est sans solution et sans lumière; mais au sein même de sa défaite, semble poindre le présage d'un univers moral, la reconnaissance de certaines exigences éthiques dont Vronsky, sans sa faute, n'aurait jamais soupçonné l'existence. Si le lieutenant Vronsky disparaît d'une façon scandaleuse des salons de Saint-Pétersbourg, si l'homme Vronsky ne parvient pas à surmonter son péché, ce personnage, dans sa capacité de souffrir, de payer de sa propre personne, finit par affirmer à nouveau qu'il existe dans l'homme une certaine bonne foi, une dignité secrète qui le rachètent, même lorsqu'il ne conquiert pas sa véritable rédemption. Se son côté, Anna, qui a sacrifié sa beauté, en se jetant sous un train, semble incarner une renonciation désespérée à tout ce monde d'apparences frivoles où elle triompherait si aisément. Ces deux amants, par leur défaite morale, sont arrivés toutefois au seuil d'un plan supérieur à celui où se déroulaient leurs succès mondains. S'ils ne parviennent pas à s'y fixer, ils proclament du moins la nécessité d'un changement et semblent apporter leur contribution de souffrance à la purification universelle. 

De ce point de vue on peut dire que Tolstoï affirmait, dans "Anna Karénine", ses idées religieuses, avec une efficacité humaine bien plus grande et une vérité artistique jamais atteinte dans ses oeuvres de la période pseudo-mystique qui va suivre, Anna et Vronsky représentent la première phase, encore négative, d'une recherche spirituelle dont Lévine et Kitty incarnent la deuxième: les premiers doivent se dépouiller de leurs ambitions mondaines, et ils y sont contraints, aveuglément, par les mêmes réactions mystérieuses que leur sensualité avide a provoqués, en se heurtant aux sollicitations encore aveugles, confuses et dispersées de leur conscience; les seconds, au contraire, déjà disposés au renoncement, peuvent prétendre à un complet renouvellement moral. C'est ainsi que Tolstoï, en partant, comme il l'avait lui-même déclaré, d'une recherche purement naturaliste: représenter la chute d'une grande dame, -parvenait à donner un accent universel, inattendu, à ce thème dont la signification véritable est contenue dans la devise qui ouvre le roman: "Le Seigneur a dit: "Je me suis réservé le droit à la vengeance"; cette vengeance que les hommes n'ont pas le droit d'exercer à partir de la faute, car celle-ci contient déjà en elle-même sa propre punition; n'est-elle pas en outre la source de toute purification?

Et la lumière resplendit dans les ténèbres, Léon Tolstoï 1880 :

Drame en cinq actes de Léon Nikolaévitch Tolstoï (1828-1910, commencé en 1880, repris en 1900 et laissé inachevé. 

Nikolaï Saryntsovn riche propriétaire, est pris de scrupules religieux et entraîné d'abord vers l'Eglise orthodoxe, puis vers l'Evangile, dont il voudrait appliquer intégralement les préceptes dans la vie de tous les jours. Mais il se heurte à l'incompréhension de sa femme, à l'hostilité de son fils aîné et de ses parents. Parmi ceux que séduisent les mêmes idées religieuses, se trouve un jeune prêtre, qui finalement se replace sous l'autorité de l'Eglise Orthodoxe; un autre adepte, le jeune prince Boris Tcheremchanov, fiancé de la fille de Saryntsov, est arrêté parce qu'il refuse de faire son service militaire. Saryntsov voudrait ensuite distribuer ses biens aux paysans pauvres, mais sa femme l'en dissuade. Ne pouvant plus supporter les contraintes de la vie bourgeoise, Saryntsov se prépare à fuir sa famille dont la vie lui semble par trop immorale; mais encore une fois il cède aux prières de sa femme; il sera tué par la princesse Tcheremchanova, désespérée par le malheur de son fils. L'action est bien menée du point de vue dramatique, mais l'intérêt du drame est surtout autobiographique: il reflète en effet la situation de Tolstoï en face de sa famille à la suite de l'évolution de ses idées religieuses, et le conflit profond et intime qui l'opposa à sa femme Sophie Andreevna.

Journal intime, Tolstoï. 1847 :

C'est en mars 1847, à l'âge de dix-neuf ans, que l'écrivain russe Lev Nikolaévitch Tolstoï (1828-1910) commença à tenir un journal intime. 

Les dernières lignes en furent écrites soixante-trois ans plus tard, à Astapovo, trois jours avant la mort de l'auteur. Durant ces soixante-trois années, il n'y eut qu'une interruption importante dans la rédaction du "Journal", entre l'automne 1865 et le printemps 1878-cette période de treize ans correspond aux premières années du mariage de l'écrivain, époque qui vit naître "La guerre et la paix" et "Anna Karénine". Le "Journal" nous rend donc compte de plus de cinquante années -avec plus ou moins de suite d'ailleurs, le "Journal" de l'année 1899, par exemple, ne s'étend que sur douze jours. Malheureusement, il n'existe pas encore d'édition complète de cette oeuvre immense. Quant aux traductions françaises, elles ne nous offrent que des fragments du "Journal": les années 1847-1865, 1895-1899, ainsi que l'année 1910. Le "Journal" des années de jeunesse de Tolstoï s'étend de 1847 à 1865. Nous y faisons d'abord connaissance d'un tout jeune homme, qui mène une vie dissipée, mais s'efforce de dominer ses passions, et nous le terminons sur l'image d'un écrivain déjà célèbre, marié et "rangé". Le grand intérêt de ce fragment est donc de nous montrer comment le petit jeune homme endetté et paresseux devint un grand romancier, le Tolstoï de la maturité. D'autre part, le début du "Journal" est écrit sans aucun apprêt et Tolstoï est alors à mille lieues de songer à un futur lecteur: il n'utilise le journal intime que comme outil de perfectionnement moral. A cet égard, le "Journal" pourrait même donner une idée par trop sombre de la vie du jeune homme, car ce sont essentiellement les actes qu'il se reproche que note Tolstoï. Avec persévérance et lucidité il s'analyse et, afin de ne pas se laisser emporter par les mauvais penchants qu'il s'est découvert, se fixe chaque jour un emploi du temps pour la journée du lendemain. Mais la passion du jeu, la paresse, la vanité et les appétits charnels viennent souvent boulverser ces beaux projets. En ces années de jeunesse, sur lesquelles il devait porter plus tard un jugement d'une extrême sévérité, nous voyons pourtant apparaître en Tolstoï des sentiments, des idées, qui annoncent l'auteur de "Résurrection": "Je suis tourmenté du désir d'être utile à l'humanité, de mieux contribuer à son bonheur. Est-il possible que je meure désespéré, sans avoir réalisé ce désir?" (20 mars 1852). Et le 30 juin de la même année il note: "La satisfaction de nos propres besoins ne constitue le bien que dans la mesure où elle peut contribuer au bien en faveur des autres." Les appels de la religion ne lui sont pas étrangers et il termine son "Journal" du 24 mars 1852 par la prière suivante: "Délivre-moi, Père, de la vanité, de la paresse, de la volupté, des maladies et de la crainte; aide-moi, Père, à vivre sans péché et sans souffrance, et à mourir sans angoisse et sans désespoir, avec foi et amour. Je me livre à ta volonté." Nous voyons aussi dans le "Journal" de ces années de formation la naissance du romancier et comment la littérature prit une place de plus en plus grande dans la vie de Tolstoï.

Un amant sérieux, ce n'est pas un amant, disait Sacha Guitry ! Consultez ces 100 meilleures citations sur avoir une maîtresse ainsi que nos proverbes sur les amants.

Amant en grand A
Proverbe : Pour un amant il n'est plus d'ami, affirmait Stendhal

Dictionnaire des citations sur amant :

Que périsse l'amant qui peut aimer avec froideur !
Citation de Properce ; Élégie, Liv. I, VI, À Tullus - Ier s. av. J.-C.  
  1. La colère des amants renouvelle leur amour.
  2. Les soupçons d'un amant sont les rêves d'un homme éveillé.
  3. Un amant, comme un flambeau, brûle davantage si on l'agite.
  4. Un amant irrité se ment beaucoup à lui-même.
  5. L'amant ne connaît que son désir, il ne voit pas ce qu'il prend.
Citations de Publilius Syrus ; Sentences - Ier s. av. J.-C.  
L'âme d'un amant vit dans le corps de l'amante.
Citation de Caton le Censeur ; Sentences - IIe s. av. J.-C.  
Un amant est une sorte de soldat.
Citation d'Ovide ; Les amours - Ier s. ap. J.-C.  
Un vieux soldat fait pitié, un vieil amant fait rire.
Citation de Jean-Benjamin de Laborde ; Pensées et maximes - 1802.  
Les plaisirs de l'amant ne se prennent que sur les douleurs de l'amante.
Citation de la Marquise de Lambert ; Réflexions nouvelles sur les femmes - 1727.  
L'amant, variété transhumante de l'époux.
Citation de Marcelle Auclair ; L'amour - 1963.  
Une femme de quarante-cinq ans n'a d'importance que par ses enfants ou par son amant.
Citation de Jacques Chardonne ; L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour - 1937.  
Un amant que l'on flatte, enflé de sa victoire, de ses soumissions perd bientôt la mémoire.
Citation de Thomas Corneille ; L'amour à la mode, II, 3 - 1651.  
La vertu d'un amant, c'est d'être amant discret.
Citation de Thomas Corneille ; L'amour à la mode, I, 2 - 1651.  
Être l'amant de cœur, cela vous autorise à ne faire que d'aimables surprises.
Citation de Sacha Guitry ; Théâtre - 1964.  
Avant qu'elle ne meure fais l'amour avec l'heure, prends-la comme une amante qui trompe son amant.
Citation de Robert Mallet ; Quand le miroir s'étonne - 1974.  
La vengeance du mari cocu, c'est faire manger à l'épouse infidèle le cœur de son amant.
Citation de Robert Sabatier ; Le lit de la merveille - 1997.  
Amant par trop respectueux, ne fut jamais bien chanceux.
Citation française ; Adages français - 1580.  
L'amant, parfois, se rêve l'assassin de ce qu'il aime.
Citation de François Mauriac ; Journal intime - 1937.  
  1. Une femme n'est puissante que par le degré de malheur dont elle peut punir son amant.
  2. Un seul sourire peut mettre un amant au comble du bonheur.
  3. Pour un amant, il n'est plus d'ami.
Citations de Stendhal ; De l'amour - 1822.  
On garde longtemps son premier amant, quand on n'en prend point de second.
Citation de François de La Rochefoucauld ; Réflexions et sentences morales, 396 - 1665. 
Dans les premières passions les femmes aiment l'amant, et dans les autres elles aiment l'amour.
Citation de François de La Rochefoucauld ; Réflexions et sentences morales, 471 - 1665. 
Un amant sérieux, ce n'est pas un amant !
Citation de Sacha Guitry ; L'illusionniste - 1917. 
Un bon mariage serait celui où l'on oublierait le jour qu'on est amant, la nuit qu'on est époux.
Citation de Jean Rostand ; Pages d'un moraliste - 1952.  
On peut changer d'amant, mais non changer d'époux.
Citation de Pierre Corneille ; Horace, I, 2 - 1640.  
Qui veut, vingt ans après le sacrement, exiger d'un mari le respect d'un amant ?
Citation de Nicolas Boileau ; Satire X, Les femmes - 1693. 
L'âme d'un amant vit dans un corps étranger.
Citation de Plutarque ; Proverbe de Caton cité par Plutarque - Ier s. av. J.-C. 
Amant - Un sourire le charme, une larme le dissuade.
Citation de George Gordon ; Heures de loisirs, A Caroline - 1805. 
Changer d'amant, n'est pas changer d'amour.
Citation de George Sand ; Lélia, XXXV - 1833. 
Il suffit d'aimer pour être amoureux ; il faut témoigner qu'on aime pour être amant.
Citation de François Guizot ; Dictionnaire universel des synonymes - 1809. 
C'est perpétuellement qu'on est l'ami d'un homme ; C'est par saccades qu'on est l'amant d'une femme.
Citation de Georges Perros ; Pour ainsi dire (Paru le 04/2004) 
Un amant exceptionnel ne peut faire qu'un mauvais mari.
Citation de Michel Audiard ; La chasse à l'homme - 1964. 
Il y a toujours à perdre pour une femme à faire son amant de son ami, Mais il y a beaucoup à gagner à faire son ami de son amant.
Citation de Madeleine de Puisieux ; Réflexions et avis sur les défauts - 1761. 
Il est bon, Madame, de ne pas laisser un amant seul maître du terrain, De peur que, faute de rivaux, son amour ne s'endorme sur trop de confiance.
Citation de Molière ; La Comtesse d'Escarbagnas, II - le 2 décembre 1671. 
Souvent d'un faux espoir un amant est nourri ; Le mieux reçu toujours n'est pas le plus chéri.
Citation de Molière ; Le dépit amoureux, I, 1 - le 16 décembre 1656. 
Gardez de négliger une amante en fureur qui cherche à se venger.
Citation de Jean Racine ; Andromaque, IV, 6 - le 17 novembre 1667. 
Vous attacheriez-vous à une femme qui change d'amant tous les jours ? Telle est la célébrité.
Citation de Saadi ; proverbe de Goulistan, VII, 40 - XIIIe siècle. 
L'amant écoute du cœur les prières de sa belle.
Citation de Pierre-Marie Quitard ; Proverbes sur les femmes - 1861. 
Un pauvre amant dit ce qu'il pense, sans trop penser à ce qu'il dit ; Le désordre est son éloquence ; quand le cœur parle, adieu l'esprit.
Citation de Charles-Albert Demoustier ; Lettres à Émilie (1786-1798) 
Que le mari se mette un peu à la place de l'amant... Puisque l'amant se met bien à la place du mari !
Citation de Sacha Guitry ; La jalousie - 1915. 
J'ai supporté les infidélités de mon mari tant que j'ai aimé mon amant.
Citation de Marcelle Auclair ; Connaissance de l'amour - 1960. 
À la naissance de l'amour, les amants parlent de l'avenir. À son déclin, ils parlent du passé.
Citation d'André Maurois ; La conversation - 1964. 
L'amant jure d'aimer toujours, et change bien vite ; l'ami ne jure point, et aime toujours.
Citation du Duc de Lévis ; Réflexions sur l'amour et l'amitié - 1808. 
Certain besoin d'aimer qui presse, L'on est ami, l'on est amant, Bien moins par choix que par ivresse.
Citation du Duc de Nivernais ; Jeune chien - 1796. 
N'a pas de saveur ce que l'amant prend de force à l'autre amant.
Citation d'André le Chapelain ; Traité de l'amour courtois, V - XIIe siècle. 
On prescrit à l'un des amants, pour la mort de l'autre, une viduité de deux années.
Citation d'André le Chapelain ; Traité de l'amour courtois, VII - XIIe siècle. 
Toute action de l'amant se termine par penser à ce qu'il aime.
Citation d'André le Chapelain ; Traité de l'amour courtois, XXIV - XIIe siècle. 
L'amant ne peut se rassasier de la jouissance de ce qu'il aime.
Citation d'André le Chapelain ; Traité de l'amour courtois, XXVII - XIIe siècle. 
Une faible présomption fait que l'amant soupçonne des choses sinistres de ce qu'il aime.
Citation d'André le Chapelain ; Traité de l'amour courtois, XXVIII - XIIe siècle. 
L'amant est toujours plus près de l'amour que de l'aimée.
Citation de Jean Giraudoux ; Amphitryon 38, I, 6 - 1929. 
Le vice est comme l'amant chéri de l'âme.
Citation de Marivaux ; Lettres sur les habitants de Paris (1717-1718) 
Chez les amants tout plaît, tout est parfait ; chez les époux tout ennuie et tout lasse.
Citation de Jean de La Fontaine ; proverbe de Belphégor - 1693. 
Une femme sent accroître son amour par toutes les vertus que son amant acquiert pour elle ; un homme devrait sentir le sien par toutes celles qu'elle perd pour lui.
Citation de Cécile Fée ; Pensées, Paris 1832. 
Un mari de talent ne suppose jamais ouvertement que sa femme a un amant.
Citation d'Honoré de Balzac ; Physiologie du mariage, LXXII - 1829. 
Un amant apprend à une femme tout ce qu'un mari lui a caché.
Citation d'Honoré de Balzac ; Physiologie du mariage, LXXIV - 1829. 
Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie ; Le mari ne donne la vie à rien.
Citation d'Honoré de Balzac ; Physiologie du mariage, LXVIII - 1829. 
Un amant a toutes les qualités et tous les défauts qu'un mari n'a pas.
Citation d'Honoré de Balzac ; Physiologie du mariage, LXVII - 1829. 
Voulez-vous être heureux amant ? Soyez guidé par le mystère ; Celui qui sait le mieux se taire, en amour est le plus savant.
Citation de Jean-Pierre Claris de Florian ; Galatée - 1783. 
Les amants affligés aiment la solitude.
Citation de Nicolas-Thomas Barthe ; Fausses infidélités - 1768. 
Un amant attendu mérite qu'on l'accuse ; il a toujours failli quand il faut qu'il s'excuse.
Citation de Philippe Quinault ; Rivales - 1653. 
Qu'il est doux de trouver dans un amant qu'on aime un époux que l'on doit aimer !
Citation de Philippe Quinault ; Armide - 1686. 
Que de douceurs charmantes font goûter aux amants les passions naissantes !
Citation de Thomas Corneille ; Festin de Pierre - 1677. 
Pour retenir le coeur de son amant ; Aimez-le bien, point d'autre stratagème Car pour donner du plaisir en aimant, il faut qu'un coeur se garde de lui-même.
Citation de Roger Bussy-Rabutin ; L'Histoire amoureuse des Gaules - 1666. 
On n'est point l'ami d'une femme lorsqu'on peut être son amant.
Citation d'Honoré de Balzac ; proverbe Maximes et pensées. 
Celle qui ménage un amant, se ménage mal elle-même.
Citation de Plaute ; proverbe de La comédie des ânes - IIIe s. av. J.-C. 
L'amant timide n'est jamais heureux. Le bonheur est le prix de l'audace.
Citation de Félix Lope De Vega ; Amour et honneur - 1612. 
Pour le parfait amant, la sincérité implique la fidélité, et la fidélité la patience.
Citation de René Nelli ; L'érotique des troubadours - 1963. 
De ses amants toujours on se méfie.
Citation de Jean de La Fontaine ; Richard Minutolo - 1677. 
Amants heureux, il n'y a que vous qui connaissiez le plaisir !
Citation de Jean de La Fontaine ; Amours de Psyché - 1669. 
Les jeunes femmes qui ont beaucoup d'amants n'ont que faire du divorce.
Citation de Stendhal ; L'amour - 1822. 
Est-ce une loi de la jalousie d'être toujours en retard d'un amant ?
Citation de François Moreau ; Carnivores - 1972. 
L'amant désire beaucoup, espère peu, et ne demande rien.
Citation de la Marquise de Lambert ; Réflexions nouvelles sur les femmes - 1727. 
Une femme qui s'en va avec son amant n'abandonne pas son mari :Elle le débarrasse d'une femme infidèle.
Citation de Sacha Guitry ; Nouveau testament - 1934. 
Pour l'amant absent, il n'est soupçon qui ne le poursuive ni crainte qui ne l'assiège.
Citation de Cervantès ; L'ingénieux hidalgo Don Quichotte - 1605. 
Baisers, baves d'amour, basses béatitudes, Ô mouvements marins des amants confondus.
Citation de Paul Valéry ; Album de vers anciens - 1920. 
Entre amants, il n'y a que les coups et les caresses.
Citation de Louise de Vilmorin ; Voici l'homme. 
Estimez vos amants selon le revenu.
Citation de Mathurin Régnier ; proverbe des Satires, XIII - 1608. 
Le soupçon d'un amant est le songe d'un homme éveilllé.
Citation de Publilius Syrus ; proverbe des Sentences - Ier s. av. J.-C. 
Les amants se perdent en s'aimant.
Citation de Jean-Jacques Goldman ; paroles de la chanson Nuit - 2003. 
La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, Tout doit être commun entre de vrais amants.
Citation de Pierre Corneille ; Cinna - 1640. 
  1. Amant, heureux amant, que l'art d'aimer soit ton bréviaire !
  2. Ménager un amant, quelle sottise et quelle faute ! c'est se ruiner soi-même.
Citations de Jules Gabriel Janin ; La poésie et l'éloquence à Rome - 1864. 
Que peut-on mieux faire, qu'aimer et que plaire ? C'est un soin charmant, que l'emploi d'un amant.
Citation de Molière ; Psyché, III, 4 - le 17 janvier 1671. 
Lorsque les amants dénudent leur corps, ils copulent. Lorsque les amants dénudent leur âme, ils goûtent au divin.
Citation de Tarun Tejpal ; Loin de Chandigarh - 2007. 
Le trésor d'un amant, c'est l'amour qu'il inspire.
Citation de Claude Joseph Dorat ; La feinte par amour - 1821. 
On peut aimer l'amour et mépriser l'amant.
Citation de George Farquhar ; proverbe de The Recruiting officer - 1706. 
Trouve-moi un amant raisonnable et je te donnerai son poids d'or.
Citation de Plaute ; proverbe Curculio. 
Un amant cela ment, une amante se lamente : que la lumière soit et la lumière déçoit.
Citation de Louise de Vilmorin ; L'Alphabet des aveux. 
Les amants ne voient les défauts de leurs maîtresses que lorsque leur enchantement est fini.
Citation de La Rochefoucauld ; Réflexions et sentences, 547 - 1665. 
Que périsse l'amant que satisfait la crainte !
Citation d'André Chénier ; Livre II, Élégies, II. 
Quand le mari et l'amant ne font qu'un, tout va bien.
Citation de Victor Hugo ; Le Rhin, Lettres, XXI, I, Légende - 1842. 
Vous avez des joues qui appellent le baiser d'une sœur, Et des lèvres qui réclament le baiser d'un amant.
Citation de Victor Hugo ; Les Misérables - 1862. 
L'amour rend tout permis ; un véritable amant ne connaît point d'amis.
Citation de Pierre Corneille ; proverbe de Cinna - 1640. 
Amant avec transport mais jaloux sans retour, sa haine va toujours plus loin que son amour.
Citation de Jean Racine ; Mithridate, I, 5 - le 13 janvier 1673. 
Permets, en ce jour, qu'en retrouvant l'amant je retrouve l'amour.
Citation de Jean Racine ; La Thébaïde, I, 6 - le 20 juin 1664. 
La nuit fait des tours de magie pour les amants de minuit.
Citation d'Axelle Red ; paroles des Amants de minuit. 
Les femmes les mieux aimées ont toujours été celles que l'amant voyait le moins.
Citation d'André Maurois ; Lettres à l'Inconnue. 
Beaucoup d'amants, c'est beaucoup de malchance.
Citation de Louise de Vilmorin ; La lettre dans un taxi. 
Plus réel, plus vivant que les amants, l'amour.
Citation de Lanza Del Vasto ; Viatique.
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Qui est maître de sa soif est maître de sa santé, dit ce proverbe ! Consultez nos 81 meilleures citations sur le maître ainsi que nos proverbes être maître.

Citations sur le maître
Proverbe : Il n'y a pas de maître qui ne puisse être élève, disait Baltasar Gracian

Dictionnaire des citations sur les maîtres :

Qu'est-ce que c'est que cet homme ? C'est le chef, c'est le maître. Tout le monde lui obéit. Ah ! tout le monde le respecte alors ? Non, tout le monde le méprise.
Citation de Victor Hugo ; Napoléon le petit - 1852. 
L'amour est un grand maître, il instruit tout d'un coup.
Citation de Pierre Corneille ; Le menteur, II, 3 - 1644. 
On aime mieux son égal que son maître.
Citation de Voltaire ; Nanine ou le préjugé vaincu, III, 2 - 1749. 
Qui que tu sois, voici ton maître : Il l'est, le fut, ou le doit être.
Citation de Voltaire ; Inscription pour une statue de l'amour. 
On n'est pas maître de ses désirs, on l'est souvent de sa volonté.
Citation de Gustave Le Bon ; Aphorismes du temps présent - 1913.
Le maître doit faire honneur à sa maison, et non la maison au maître.
Citation de Cicéron ; De officiis - Ier s. ap. J.-C.
Il faut être son maître pour devenir celui des autres.
Citation de Robert Mallet ; Apostilles ou L'utile et le futile - 1972.
Un nouveau maître est toujours dur.
Citation d'Eschyle ; Promethée enchaîné - Ve s. av. J.-C.
À bien servir et loyal être, de serviteur on devient maître.
Citation de Marguerite de Navarre ; L'Heptaméron - 1559.
Les maîtres sont ceux qui nous montrent ce qui est possible dans l'ordre de l'impossible.
Citation de Paul Valéry ; Mélange - 1934.
Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui.
Citation d'André Gide ; Journal (1889-1950)
Le temps est un grand maître et un mauvais élève.
Citation d'Albert Brie ; Le mot du silencieux - 1978.
Les maîtres d'école sont des jardiniers en intelligences humaines.
Citation de Victor Hugo ; Faits et croyances - 1840.
Rendez-vous maître de ce que vous venez d'apprendre, et apprenez toujours de nouveau.
Citation de Confucius ; Le Lun Yu ou les entretiens philosophiques - VIe s. av. J.-C. 
Dans la science de soi, nul n'est passé maître.
Citation de Georg Christoph Lichtenberg ; Aphorismen - 1799. 
Qui n'est pas maître de soi trouve bientôt un autre maître.
Citation de Robert Sabatier ; Le livre de la déraison souriante - 1991. 
La possession fait des maîtres ; la résistance des suppliants.
Citation de William Shakespeare ; Troïlus et Cressida - 1602. 
L'esclave n'a qu'un maître ; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles à sa fortune.
Citation de Jean de La Bruyère ; Les caractères, De la cour - 1688. 
  1. L'argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître.
  2. On est vengé dès qu'on est maître de l'être.
Citations de Jean-Benjamin de Laborde ; Pensées et maximes - 1802. 
Le cœur est un élève insubordonné, la raison un maître ignorant.
Citation de Louis Dumur ; Petits aphorismes sur les passions - 1892. 
  1. Les mauvais naturels n'ont jamais besoin de maître.
  2. L'usage est, en tout, le meilleur maître.
  3. La nécessité est le maître qui enseigne le mieux à prier.
Citations de Publilius Syrus ; Sentences - Ier s. av. J.-C. 
La plus parfaite éducation consiste à habituer le disciple à se passer de maître.
Citation de Robert Sabatier ; Les années secrètes de la vie d'un homme - 1984. 
Veillez sur vos pensées pour être maître de vos actions.
Citation de La Rochefoucauld-Doudeauville ; Livre des pensées - 1861. 
Une femme amoureuse est une esclave qui fait porter les chaînes à son maître.
Citation d'Étienne Rey ; De l'Amour de Stendhal - 1926. 
Un allié puissant est un maître.
Citation de Louis-Philippe de Ségur ; Pensées, maximes et réflexions - 1823. 
Il est nécessaire que la femme sente le maître dans le mari.
Citation de Georges Courteline ; La philosophie de Courteline - 1917. 
Un flatteur est un esclave qui n'est bon pour aucun maître.
Citation de Montesquieu ; Pensées diverses (1717-1755) 
Dans l'enfance de tous les peuples, le sentiment a toujours précédé la réflexion et en a été le premier maître.
Citation de Vauvenargues ; Réflexions et maximes, 155 - 1746. 
La force, quand on ne peut faire autrement : quand on est maître, justice vaut mieux.
Citation de Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821) 
En fait de goût, chacun doit être le maître chez soi.
Citation de Voltaire ; Les Guèbres, Discours historique et critique - 1769. 
N'estime l'argent ni plus ni moins qu'il ne vaut : c'est un bon serviteur et un mauvais maître.
Citation d'Alexandre Dumas, fils ; La dame aux camélias - 1852. 
Où tout est dépendant, il y a un maître ; l'air appartient à l'homme, et l'homme à l'air.
Citation de Vauvenargues ; Réflexions et maximes, 201 - 1746. 
Le titre ne fait pas le maître.
Citation d'Antoine Loisel ; Institutes coutumières - 1607. 
Qui méprise sa vie est maître de la tienne.
Citation de Sénèque ; Lettres à Lucilius, IV - Vers 64 ap. J.-C. 
À Dieu, à maître ni à parent, l'on ne peut rendre l'équivalent.
Citation de Gabriel Meurier ; Trésor des sentences - 1568. 
L'on n'est pas plus maître de toujours aimer qu'on ne l'a été de ne pas aimer.
Citation de Jean de La Bruyère ; Les caractères, Du cœur - 1688. 
Quand le maître est dehors, les valets sont au diable.
Citation de La Chaussée ; L'école des amis, I, 1 - Le 25 février 1737. 
L'amour est un grand maître : ce qu'on ne fut jamais, il nous enseigne à l'être.
Citation de Molière ; L'école des femmes, III, 4 - 26 décembre 1662. 
  1. On n'a que peu de reconnaissance pour un maître, quand on reste toujours élève.
  2. Où il y a sacrifice, service rendu et regard d'amour, il y a aussi volonté d'être maître.
Citations de Friedrich Nietzsche ; Ainsi parlait Zarathoustra - 1885. 
Le bon traitement est la meilleure chaîne qui puisse attacher le serviteur à son maître.
Citation de Fernando de Rojas ; La Célestine, I - XVIe s. 
Le temps est maître en tous arts.
Citation espagnole ; Proverbes et dictons espagnols - 1882. 
Possession vaut titre ; usage rend maître.
Citation française ; Proverbes et dictons français - 1882. 
Tant vaut le maître, tant vaut l'école.
Citation française ; Proverbes et dictons français - XVIe siècle. 
On est toujours maître de refuser.
Citation de Mirabeau ; Discours Assemblée nationale, 1er octobre 1789. 
On n'est pas maître de soi-même, amoureux comme je suis de toi.
Citation de Victor Hugo ; Hernani, III, 1 - Le 25 février 1830. 
On n'est pas libre lorsqu'on n'est pas maître de soi.
Citation de Démophile ; Sentences et sagesses grecques - VIe s. av. J.-C. 
Habere non haberi (Être maître, non esclave)
Citation d'Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime - 24 août 1852. 
Qui est maître de sa soif est maître de sa santé.
Citation d'Auguste Brizeux ; Proverbes bretons - 1860. 
La femme est, comme on dit, mon maître ; un certain animal difficile à connaître.
Citation de Molière ; Le dépit amoureux, IV, 2 - le 16 décembre 1656. 
Il est plus d'ouvriers que de maîtres.
Citation de Le Roux de Lincy ; Livre des proverbes français - 1859. 
Un homme n'est pas le maître d'un autre homme.
Citation d'Épictète ; proverbe des Entretiens, I, 29 - IIe siècle. 
Pour devenir le maître, il faut agir en esclave.
Citation de Tacite ; proverbe d'Histoires, I, 36 - IIe siècle. 
Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d'autrui.
Citation d'Aldous Huxley ; Meilleur des mondes - 1931. 
Le paresseux recherche un maître qui lui donne sept dimanches par semaine.
Citation allemande ; Livre des proverbes germaniques. 
L'esclave fait son orgueil de la braise du maître.
Citation d'Antoine de Saint-Exupéry ; Terre des hommes, chap. 6 - 1939. 
Le monde est le plus ingrat des maîtres, il n'a pas d'invalides pour ses vieux serviteurs.
Citation d'Anne Barratin ; De vous à moi - 1892. 
L'expérience qui ne s'acquiert que par des fautes est un maître qui coûte trop cher.
Citation populaire ; proverbe de La sagesse populaire, 301 - 1855. 
Un roi n'est qu'un esclave où l'amour est le maître.
Citation de Prosper Jolyot de Crébillon ; Idoménée, II, 3 - 29 décembre 1703. 
Dans le monde, on est toujours maître de son temps.
Citation de Paul de Kock ; Ni jamais, ni toujours, chap. IV - 1841. 
Le voyage est un maître aux préceptes amers : Il vous montre l'oubli dans les cœurs les plus chers.
Citation de Théophile Gautier ; Espagna, Départ - 1841. 
Un cœur n'est pas longtemps le maître de ses vœux.
Citation de Thomas Corneille ; Stilicon - 1660.
L'adversité sans doute est un grand maître ; mais ce maître fait payer cher ses leçons.
Citation de Jean-Jacques Rousseau ; Rêveries du promeneur solitaire - 1777.
La tricherie revient à son maître.
Citation française ; Proverbe du manuscrit du XIVe siècle. 
La méchanceté s'apprend sans maître.
Citation de Publilius Syrus ; Sentences - Ier s. av. J.-C. 
Quand l'amour parle, il est le maître.
Citation de Marivaux ; proverbe des Fausses confidences, I, 3 - 1737. 
Le maître était sucre brut, l'élève devint sucre raffiné.
Citation persane ; Livre des proverbes persans. 
Le maître qui redoute son serviteur devient son esclave.
Citation de Publilius Syrus ; Sentences - Ier s. av. J.-C. 
Eût-il tort, le maître a toujours raison.
Citation de Plaute ; Captivi, 132 - IIe s. av. J.-C. 
Nul ne peut servir deux maîtres.
Citation de Saint Matthieu ; L'Évangile, VI, 24 - env. 65 ap. J.-C. 
On est rarement maître de se faire aimer, on l'est toujours de se faire estimer.
Citation de Bernard Fontenelle ; Les entretiens - 1702. 
Si, maître Amour ! on apprend le métier d'amoureux.
Citation d'Anne Barratin ; De vous à moi - 1892. 
Le coeur n'a pas de maître, il n'est pas un esclave, Et de toute contrainte il sait briser l'entrave.
Citation d'Adam Mickiewicz ; Messire Thadée - 1834. 
On aime la trahison, mais le maître est odieux.
Citation de César Auguste ; Proverbe latin. 
Le temps est un grand maître, il règle bien des choses.
Citation de Pierre Corneille ; Sertorius - 1662. 
L'homme est un apprenti, la douleur est son maître.
Citation d'Alfred de Musset ; La nuit d'octobre - 1837. 
On n'est pas maître de son coeur.
Citation de Marivaux ; La double inconstance - 1723. 
L'amour des esclaves est toujours doublé de la haine des maîtres.
Citation de Victor Hugo ; Dernier jour d'un condamné - 1829.
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