FIASCO ou l’illusion du savoir

Poème du jour : FIASCO ou l’illusion du savoir ! 

Par : Patrick Berta Forgas

L’attaque 
n’est pas une défense.
C’est l’agression 
qui déprime le monde.
Refaire l’Histoire 
ne nous revient pas.
Ni de devoir, ni de droit.
C’est la question 
de l’interrogatoire…
Aux murs des pieds 
des jours …
Qui saignent, qui barbotent 
aux boues des complices …?
Et puis, toujours 
la tentation sombre 
de la trahison !
Pourquoi nourrir 
des propos de provocation 
négative, voire inutiles ?
Le temps est précieux …
Partager, il faut mieux.
Le sable des conquêtes 
rassemblent des plages 
de mensongères commémorations.
Oubliés, les massacres … ?
Sevrez les méprises du temps.
Calquées, la bêtise des propos 
et ses sœurs, à vocation de folie !
Réalisons bien, 
ce soupçon d’attention. 
Il est temps 
que l’avenir s’éveille !
Et de ressusciter les enfants ...

Le poète !
© Patrick Berta Forgas & N.A.D.A
Comme d’habitude, l’auteur de ce poème qu’il faut classer, à juste titre, parmi une catégorie qui a toujours été rare dans l’histoire de la poésie : celle des poètes philosophes, s’adonne à porter son regard perçant et interrogatif sur la condition humaine à notre époque, s’arrêtant sur les contradictions qui commandent l’âme de l’Homme qui , malgré le progrès important qu’il ne cesse de réaliser dans les domaines scientifique et technologique, n’a pas avancé d’un poil dans sa psychologie où il est demeuré cloué au bas niveau de l’animal. Ce qui laisserait croire que son évolution externe n’est que le fruit du hasard. Et la preuve en est que sur le plan humain pur , l’histoire de l’espèce qualifiée d’humaine n’est qu’une série d’échecs (FIASCO), car, à aucun moment, le monde n’a connu une paix réelle, tellement les guerres et les tensions se succèdent à un rythme effréné. Partant de ce constat problématique, le poète effectue une introspection de l’âme humaine qui l'a guidé jusqu’aux maux profonds dont elle souffre, à savoir l’animalité originelle dont elle est issue et dont le principal trait caractériel est l’agressivité innée (attaque - agression - saignent - provocation négative - conquêtes – massacres - folie -tentation sombre de la trahison ).

Quant au développement de la connaissance, il n’est qu’apparent car s’il est vrai que l’Homme a collecté une multitude d’informations sur le monde et sur son propre corps, l’essentiel de son âme lui est toujours inconnu . Et à la différence de ce qui est presque toujours énoncé, soit expressément, soit par allusion, dans les poèmes précédents, ce poème-ci nous apporte un brin d’optimisme dans les trois derniers vers où l’auteur semble insinuer que la guérison de ce mal intrinsèque reste, malgré tout, possible. Est-ce vrai ? Ou le sens de ces vers est antiphrastique ?

Au niveau stylistique, le poète excelle comme toujours dans l’exploitation à fond des significations connotatives des mots et contextuelles des phrases , offrant, de la sorte, au lecteur, une marge interprétative importante.