Je m'en vais faire une balade

Poème du jour : Je m'en vais faire une balade

Par :Judith Pitussi

Je m'en vais faire une balade 
Le soir apaise la chaleur 

Écouter chanter les étoiles  
Les martinets siffler en cœur 

je vais flâner les yeux au ciel  
Le cœur léger et sifflotant 

Je m'en vais border le soleil  
Et m’embraser de son ardent 

Le drap du ciel en bleu de soie 
S'opacifie et s'obscurcit  

Le croissant doré devant moi  
M'éclaire et me donne l'appétit 

Le monde à enfilé sa cape 
Et tout de noir il est vêtu  

Dans le ciel pointent les étoiles 
Les anges perdent leur vertus 

La lune berce le silence  
Les oiseaux sont enfin couchés  

Les insectes entament une danse  
Une Heure festive pour araignée 
Judith Pitussi © Tous droits réservés
La promenade dont relate les faits la locutrice dans ce poème se déroule dans un futur qui peut bien être hypothétique, car elle s’incruste expressément dans le cadre du voulu ( je m'en vais faire une balade). Mais si tout voulu ne se réalise pas nécessairement , celui qui anime la poétesse s’est concrétisé au niveau linguistique par l’écriture de ce texte qui nous décrit une balade des plus vastes où le vraisemblable se mêle à l’imaginaire. Et étant donné que cette promenade est projetée dans le futur, nous pouvons dire qu’elle se passe à l’intérieur de la locutrice sous forme d’une sorte de rêve éveillé. Ce qui nous offre l’occasion de plonger dans cet intérieur pour essayer de mettre à nu ses traits caractériels les plus marqués. Le premier de ces traits est, sans aucun doute, que la poétesse possède une âme spécifiquement romantique visible dans cette fuite qu’elle entreprend dans le temps : du jour tumultueux et suffocant vers la nuit calme et douce (le soir apaise la chaleur - la lune berce le silence ). Cependant, le calme et la douceur ne sont pas recherchés ici en soi mais c'est plutôt l’ambiance qu’ils créent et lui offrent pour donner libre cours à son imagination dans monde nocturne fascinant , non dans l’espace urbain mais en pleine nature. Et du coup, se réunit dans le paysage décrit une multitude d’êtres (martinets - anges - oiseaux - insectes - araignée ) et d’objets (étoiles - ciel - soleil - croissant ) soit resplendissant de beauté, soit suscitant l’étrangeté, mais concordant tous harmonieusement les uns avec les autres et le tout qu'ils forment avec le cœur de la poétesse. A la fin , nous ne terminons ons pas ce bref commentaire sans rappeler la signification archétypale de la nuit qui symbolise dans l’imaginaire humain l’inconscient féminin avec tout ce qui le caractérise comme intuitivité créatrice , réceptivité et liquidité , à l’opposé du jour qui est typiquement masculin .

Un poème psychologique s’ouvrant sur les profondeurs du Moi et écrit avec finesse et une grade subtilité esthétique .