L’attente

Poème du jour : L’attente 


Par :Monika Del Rio
( Poétesse et pianiste polonaise installée en Ethiopie )

Je t’attends
Je guette chacun de tes gestes,
Le rayon d’un regard,
La fleur d’un sourire.
J’attends tes baisers dispersés au vent, 
Je les attrape 
Dans les filets de mes sentiments 
Comme des papillons aux mille couleurs, 
Beaux mais éphémères.
Le chant de ton cœur
Transperce mon corps enfiévré.
Et même s’il est composé
De points d’orgues et de silences,
J’adore sa musique.
J’attends l’instant
Où l’humidité fraîche du pré
Couvert d’ivraies sauvages
Nous enivre
Et nous émerveille. 
L’amertume de l’herbe
Réveillera en nous soif et désirs.
Et malgré que tu ne sois qu’un Papillon,
Un Colibris multicolore, volage, 
Nous allons nous baigner ensemble
Dans le nectar des fleurs, 
Dans les gouttes de rosée de la prairie.
Le chant d’un cœur solitaire 
Se transformera en un duo inséparable
Dans l’opéra de la vie.
Ce concert restera gravé pour toujours
Dans la mémoire des arbres et des fleurs ,
Dans l’odeur balsamique,
Dans les larmes des pins et des cyprès
Il restera enfermé,
Emprisonné,
Dans la cage des sentiments,
Dans le cirque de la vie, 
Dans ce jardin, 
Où l’Un observe l’Autre
A travers les barreaux
De sa propre prison, 
De sa boîte d’habitudes
Par dessus les barrières des superstitions, 
Cet enclos aigu et pointu
Qui empêche l’âme de s’envoler
Vers l’azur du ciel,
Vers le soleil.
Ses ailes
Douces et tendres
Blessées douloureusement
Desséchées au soleil
Et dispersées dans l’air
S’enflammeront 
Dans le feu de la jalousie 
Et de la moquerie.
Je t’attends,
J’attends ton signal ,
J’envoie des centaines 
De colombes blanches
Transmettant mes messages.
Parfois
Le bruissement des ailes
M’oblige à lever
Mes yeux.
Le soleil est brûlant
Aveuglant ,
Fait couler mes larmes
Et les ailes restent désespérément vides
Où es-tu ?
Photo du poétesse Monika Del Rio
Monika Del Rio, l’été 2013