Tout s’achète tout se vend

N’en déplaise aux poètes 
Tout s’achète tout se vend 
N’en déplaise aux biens pensants

Si tu paies comptant 
T’auras un gouvernement 
Pas question de crédit 
La mort à un prix

Tout se vend tout s’achète 
N’en déplaise aux poètes 
Tout s’achète tout se vend  
N’en déplaise aux biens pensants

Tout est à vendre 
Tout est à prendre 
De l’enfant innocent 
A mr. Le président

Refrain
Si tu fais miroite
r Des petits bouts de papiers
Tu peux tout acquérir
Même les souvenirs

Refrain
Faut y mettre les formes
L’argent seul transforme
Les bonnes consciences
En cornes d’abondance

Refrain
C’est qu’une question de prix
L’argent n’a pas d’odeur
Il cautionne les horreurs
Il arme les fusils

Refrain
L’âme humaine est sans prix
Elle n’a pas de pays
Elle se vend au plus offrant
C’est une question d’argent

N’en déplaise aux poètes
N’en déplaise aux biens pensants
Tout se vend tout s’achète
Tout s’achète tout se vend

Ariel Boucher
Engagée de son état, acquise totalement aux hautes valeurs humaines et défentrice des grandes causes, l’auteure de ce poème s’attaque, cette fois, à l’une des sources principales des maux qui rongent aujourd’hui l’humanité : la cupidité. Et si l’attachement aux biens terrestres fait partie intégrante de l’instinct de survie chez l’être humain, les proportions démesurées qu’il a prises à notre époque surtout depuis l’avènement de la mondialisation et la main mise des multinationales sur toutes les richesses du monde ont fait de lui un véritable fléau à l’échelle planétaire, du fait qu’il est devenu la valeur dominante régissant les relations entre les états, les groupes et les individus, une valeur, à vrai dire dégradée étant purement mercantile et spéculative. Bien consciente de la gravité de cette transformation déshumanisante , la poétesse élève la voix pour la dénoncer, en énumérant les mauvaises pratiques qu’elle a engendrées ( fraudes électorales- vol d'enfants -armement – dévalorisation de l’être humain –cautionnement des horreurs… ) sous le regard impuissant des poètes et de tous les autres biens pensants qui ne peuvent, tout comme elle, que la réprimander mais sans espérer lui mettre fin tellement elle s’est enracinée dans le tissu social et la politique internationale.

Stylistiquement, la poétesse a opté, comme à son accoutumée , pour une langue proche du parler populaire, conformément aux règles du genre qu’elle s’est choisi et un discours ironique acerbe visant à ridiculiser le système capitaliste dans son essence : le principe de profit .