ERRANCE

Poème du jour : ERRANCE 

Par : Abdellatif  Bhiri

Aux mornes heures creuses de ma vie
Quand les nuages gris masquent l’envie

Quand les aurores ne sourient plus
Je me cantonne dans un coin reclus

Alors la muse me vient en courant
Aidée par de beaux nectars secourant

Hors de moi, l’âme enchantée, rescapée
Se nourrit de rêves au vol rattrapés

Et de beaux souvenirs forts lancinants 
Des échos lointains ou d’autres imminents

Fuyant de lourds fardeaux terriens, moroses
L’assaillant de toutes parts, névrose

Délivrée, s’élançant vers l’infini
Elle côtoie étoiles et l’indéfini

Élixirs exquis et fort enivrant
Se jouant de l’esprit et jubilant

Elle chante l’amour sans le requiem
Ravie d’avoir engendrée ce poème
L'Errance dans une image
ERRANCE Par A. BHIRI
Bien que l’auteur de ce poème figure dans ma liste d’amis depuis longue date, c’est la première fois que lui vient l’idée de commencer à publier ses textes sur mes pages, m’offrant ainsi l’occasion de faire la connaissance de son univers poétique. 

A première vue et si l’on s’en tient à ce qui est énoncé dans ce premier texte, l’impression générale qui s’en dégage est que nous avons affaire à une atmosphère purement romantique, du fait que tous les ingrédients du romantisme sont bel et bien là. Et vous n’avez qu’à vous en rendre compte par vous même : la mélancolie qui empreint le discours du locuteur de bout en bout, consécutive à des sensations de solitude, de vide et d’étouffement (mornes heures creuses de ma vie - nuages gris masquent l’envie - les aurores ne sourient plus - je me cantonne dans un coin reclus - lourds fardeaux terriens, moroses l’assaillant de toutes parts - ), la fuite des tracas du quotidien aussi bien dans le temps et plus précisément vers le passé lointain (de beaux souvenirs forts lancinants des échos lointains ) que dans l’espace et tout particulièrement l’espace illimité (s’élançant vers l’infini elle côtoie étoiles et l’indéfini ) enfin le sentiment compensatoire de bien-être que lui procure ce refuge illusoire (de beaux nectars secourant hors de moi, l’âme enchantée, rescapée - Élixirs exquis et fort enivrants se jouant de l’esprit et jubilant ). 
Et ce qui confirmerait la nature romantique de l’univers de ce poète est que l’atmosphère qu’il nous décrit n’est pas le résultat d’un état d’âme passager mais il s’agit plutôt de l’ambiance dans laquelle il reçoit l’inspiration (alors la muse me vient en courant - elle chante l’amour sans le requiem ravie d’avoir engendrée ce poème ), donc elle représenterait une constante dans son expérience poétique. 

Cependant, il est, à notre avis, encore très tôt pour tirer une telle conclusion définitive. Attendons donc l’examen de ses autres poèmes pour y voir plus clair.