Sollicitation

Poème du jour : Sollicitation...

Par :M. El Qoch
2 Cœurs rouge
Quand je me noie 
Dans tes yeux, si bleus,
Tes vagues me submergent 
De fond en comble
Ma barque frêle, exténuée, 
Défie toutes tes ondes
S'y accroche à tes cils 
Comme à une natte joliment tressée
Tu fus cette bouffée d’air,
Souffle brusque, la vie même
Femme, tu fus feu et flamme
L’éclat d’une lumière bénie
Allons cueillir ces sourires sans balafres
Ces regards si doux, rêveurs, 
Ouvrons cette issue cadenassée
Apprivoisons ce destin macabre
Et vivons ce temps qui nous est offert
Avant la fermeture des portes.

Analyse & Critique :

Ce poème est conçu sous le forme d’un discours émanant d’un acte de langage du genre « directif » par le biais duquel le locuteur , un amoureux passionné, tout en se plaçant au même niveau que la bien-aimée adopte deux stratégies de séduction successives : lui faire part de la flamme qu’il lui voue puis lui adresser une série de demandes versant dans un même but : répondre à son amour et se joindre à lui pour en profiter au maximum , des stratégies, à vrai dire, très courantes dans la poésie amoureuse arabe par lesquelles l’amoureux vise d’abord à attendrir le cœur de la dulcinée puis à lui louer le bonheur qu’elle éprouverait si elle partageait son amour. Mais si tout dans le texte va dans le sens de cette lecture, les deuxième et troisième vers de la dernière strophe :
Ces regards si doux, rêveurs,
Meublés d’espoir et d'amour ...
Laissent entendre que l’amour décrit par le locuteur est plutôt partagé par l’allocutaire. Et si cela est vrai, le poème prendra, bien entendu, un sens tout à fait différent, car il ne s’agirait que d’une simple exaltation d’un amour qui, bien que partagé, n’a pas atteint, chez la bien-aimée, son degré suprême à cause de son hésitation et le discours du poète aurait ainsi un autre objectif : inviter cette bien-aimée à plus de courage et de détermination. 

Côté style, le poète a usé d’abord massivement de l’hyperbole pour amplifier les symptômes de son état amoureux ensuite le discours injonctif pour amener la partenaire à répondre à ses désirs.

Un poème léger bien construit véhiculant un sentiment humain pur à une époque où le vrai amour est tombé en décadence.