La beauté touche les âmes

Poème du jour  : La beauté touche les âmes 

Malgré des soupirs retenus 
Des paroles cachées au fond de soi 
Chaque rayon de soleil batifole quand, enfin,
le matin se lève 
Et la brise comme un souffle caressant 

Vient défroisser les cicatrices des cœurs souffrants…
La beauté touche les âmes :
Contempler le nuage discret qui se déplace
Un oiseau inconnu se poser sur une brindille
S’abandonner 

Selon la saison, se vêtir de la couleur du ciel
Comme l’eau de la mer
Pleurer la vie avec un regard encore émerveillé 
De découvrir au loin Une ligne fragile… 
À peine ourlée…
Là où se dessine l’horizon…
l'Artiste peintre : Arcadio Cancio nature
Copyright © Francine Fortier Alberton
& l'Artiste peintre : Arcadio Cancio

Analyse & Commentaire :

L’auteure de ce poème n’est pas nouvelle sur ma liste d’amis mais, comme à mon accoutumée, il me faut suffisamment de temps pour saisir la spécificité de l’écriture d’un poète ou D'un écrivain que je n’ai pas lu auparavant.

Dans la page de cette poétesse, ses amis peuvent lire plusieurs poèmes noués en intertextualité avec des tableaux de peinture mais qui ne visent nullement à reproduire, par le biais de mots, les images, les couleurs et les formes qui y sont déposées .Ils se présentent, par contre, comme des discours expressifs centrés sur le « je », jaillissant de l’intérieur de la locutrice et à travers lesquels une âme très sensible ,passionnée se met, au cours du temps de l’énonciation, lequel est toujours un moment d’exaltation et de magnificence, à créer des liens invisibles et à établir des accords insoupçonnables entre des détails contenus dans les paysages peints d’un côté et une source de beauté sublime et mystérieuse cachée dans toute chose y compris l’intérieur de l’être humain de l’autre (des paroles cachées au fond de soi chaque rayon de soleil batifole quand, enfin, le matin se lève et la brise comme un souffle caressant vient défroisser les cicatrices des cœurs souffrants…).

Quel est donc ce lien secret qui lie « le rayon de soleil » , « le matin qui se lève » , « la brise » et « les cœurs souffrants » et « les âmes » , « le nuage discret » et « l’oiseau inconnu » , « l’eau de mer » et « l’horizon » ? Les romantiques allemands nous répondent que c’est « l’éternel devenir » ou, si vous voulez, Dieu. D’où le caractère en même temps ambigu et profond de ce discours qui essaie de dire l’indicible.

Enfin nous sommes lâ devant un dialogue indirect mais de toute beauté entre une jongleuse de mots et un artiste peintre, l’auteur de ce beau tableau : Henri Valachman.

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