Poème du jours : Nomades, sont mes yeux 

Par :Arezki Hatem 

Nomades, sont mes yeux
Sur la folia de velum très fin,
Roi d’entre les parchemins,
Où les mots sont brodés 
Dans la soie, relique de 
La perle d’orient,
Ornant dans un jadis fleurissant 
Le corps rebelle d’Ipomée , 
Reine de toutes les passions.
Nomades, sont mes yeux
Dans le ciel vierge d’aout,
Dans la mer timidement contrite de mai,
Dans la liberté d’un cheval 
Galopant les talents nus 
Vers son jumeau en rut,
Prés de pistils et d’étamines 
Libertins sous le ciel de juin.
Nomades sont mes yeux 
Ici et là, dans les prés et au-loin…
Nomades dans le désert avec poème
Nomades, sont mes yeux 
L’auteur de ce poème y aborde la question très importante du regard du poète, le vrai, qui ,selon une croyance très ancienne chez les peuples dont la tradition poétique est millénaire et prospère comme ceux du Croissant fertile ( du Nil à l’Euphrate), diffère aussi bien sensiblement que structurellement de celui de l’homme commun, du fait qu’il voit ce que ne voit pas les autres, surtout pendant le moment crucial et douloureux de la créativité et de l’inspiration qui ressemble de très près à celui de l’accouchement. Sans philosopher ou se perdre dans un discours scientifique qui n’est pas le sien, le poète nous livre d’une manière spontanée et directe sa façon de voir le monde et de se voir pendant l’acte de l’écriture. Et ce que nous pouvons déduire de la multitude d’images qu’il a conçues pour faire part de son expérience dans cette activité cognitive est que le regard du poète se caractérise premièrement par sa force de pénétration qui lui permet d’atteindre l’essence des choses, ensuite par une sorte de flair ou de sixième sens qui le pousse à parcourir tous les espaces et les temps en des va-et-vient incessants et à fouiner dans les détails insignifiants, aux yeux des hommes qu’on qualifie de « normaux », ou même invisibles à la recherche d’idées ou d’images insolites ou plus précisément ,selon le terme des poéticiens, d’«écarts éblouissants ». Ce qui lui vaut d’être considéré comme le quêteur de sens par excellence qui ,grâce aux fruits de ses investigations sans relâche , s’embellit la langue et s’enrichit d’expressions nouvelles.

Sur le plan du style, le poète, soucieux de précision, a usé d’un lexique comportant des mots quelque peu rares tels que « folia » ( nom féminin Danse portugaise qui s'apparente à la chaconne ou à la passacaille, et dont le thème, très connu sous le nom de folie d'Espagne, a donné matière à de nombreuses variations ), « Ipomée » (plante grimpante de la famille des convolvulacées comportant une centaine d'espèces . Littéraire. Objet témoin du passé auquel on attache le plus grand prix), « pistil » (organe femelle d’une fleur).
Un autre poème réussi ,ce qui lui a valu cette sélection et ce commentaire. Bravo Arezki !

Poème du jour : À la lumière des chandelles 

Par : Patricia Royet 

Dans la maison blanche, 
Que chaque printemps nourrit, 
En senteurs et joliment fleurie, 
Les roses pleurent, 
La poésie d'une couleur, 
En ce dimanche matin, 
Pas de bleu, 
Pas de soleil, 
La triste brume a caché, 
La douceur du ciel,
Une flamme s'envole, 
La pluie se met à tomber, 
Une lumière s'éteint, 
Il est dix heures vingt,
Dans la chambre aux volets clos, 
Quatre-vingt-deux ans de souvenirs retrouvent l'éternel,
En effleurant la poussière de vieux rideaux, 
Allongée sur le lit, 
Belle âme en repos,
Éclairée par des chandelles, 
Mamie Louise s'est endormie,
Dans sa main fragile, 
Une photo jaunie, 
Contre sa poitrine, 
Le sourire de Lucien, 
Pour l'éternité, 
Elle rejoint. 
Poème de Patricia Royet
Copyright © Patricia Royet
Voici un poème qui s’inscrit parfaitement dans la lignée tragique, en réunissant l’Amour, l’un des plus forts liens d’attache à ce bas-monde et la Mort qui est la négation même de la vie .Néanmoins, cette dualité, qui est dans son essence oppositive, se transforme, sous la plume de l’auteure, en une occasion faste et prometteuse pour une victoire de l’Amour sur la Mort , non sur terre mais dans l’au-delà .Et du coup , le cadre naturel triste que la poétesse s’est évertué, dans les quinze premiers vers, à mettre en évidence ,du fait qu’il abrite une scène mortuaire, s’avère n’être qu’un simple subterfuge technique pour intensifier l’effet de surprise finale que susciteront les préparatifs faits par la défunte, avant de rendre l’âme pour rencontrer son bien-aimé qui l’avait précédée (Mamie Louise s'est endormie, dans sa main fragile, une photo jaunie, contre sa poitrine, le sourire de Lucien, pour l'éternité, elle rejoint ) , une surprise, qui rend la scène, pour le lecteur croyant, moins tragique et lui confère une nouvelle dimension : celle de la fidélité en amour.

En plus de ce renversement inattendu de la situation décrite, le poème retient l’attention par sa langue hautement poétisée grâce à la texture métaphorique dont il a été doté surtout dans la description du cadre naturel qui laisse filtrer une sensibilité romantique effilée et un talent réel dans la personnification des éléments de la nature.

Un autre poème réussi de la part de cette charmeuse de muses qui ne finit pas de nous étonner agréablement. Bravo Patricia et à la prochaine !

Poème Parlant d'Amour :

Image parlant d'amour
Bon alors...
Et tout d'abord,

L'Amour qui dure 
Et pour toujours 
L'Amour qui, pour de vrai 
Donne et crée 
L'Amour qui franchit les Monts 
L’Amour des purs Amants 
Et grandit tout en fleur 
Et coule doucement 
D’Aval en Amont..

Parlons d'Amour..
L’Amour qui défit tous les Temps 
Qui se sent en présent 
Et demeure en absent 
Qui ne change et remonte 
Ne dérange ni descend 
L’Amour fleurissant 
Donne naissance au Bonheur 
Qui germe en Honneur..

Parlons d'Amour..
L’Amour qui parcourt tous les Temps 
L’Amour aussi grand, aussi beau 
L’Amour jamais vieux 
Ne distingue, ni choisit,
Et n’écarte aucun cas 
L’Amour des Valeurs 
L’Amour qui, comme l’Odeur,
De Cœur, il passe, en Cœur..

Parlons d'Amour..
L’Amour sans chagrins 
L’Amour sans les freins 
L’Amour qui ne connait,
Ni Corps, ni Couleurs.
L’Amour de toutes les Langues.

Parlons d'Amour..
L’Amour de chez soi,
L’Amour de tous les Rois.
L’Amour des Pauvres,
L’Amour des Riches.
L’Amour des Palais,
L’Amour des Niches.
L’Amour des uns,
L’Amour des autres.
L’Amour sans fin,
L’Amour qui erre.

Parlons d'Amour..
L’Amour des neutres,
Ni avec, ni contre.
Et libre d’être ce qu’il voulait.
L’Amour qui plane dans les Airs,
Libre d’être ce qu’il fallait.

Parlons d'Amour..
L’Amour qui flâne à toutes Allures,
A mille à l’Heure.
Qui rend bon,
Toutes des Sœurs, tous des frères.
Tous égaux devant l’Amour
Que cet Amour de tout autour.
Ne connait de haines ni guerres.

Parlons d'Amour..
L’Amour qui charme,
Et brûle les Armes.
L’Amour qui règne sur ses Sujets,
Sans Consignes ni décrets.
Et tout Etat est son Etat,
Et toute Contrée est son Domaine.

Parlons d'Amour..
L’Amour humain des Âmes humaines.
Ni Cruel ni tyran,
Jamais féroce mais ne gêne…

N’en déplaise aux poètes 
Tout s’achète tout se vend 
N’en déplaise aux biens pensants

Si tu paies comptant 
T’auras un gouvernement 
Pas question de crédit 
La mort à un prix

Tout se vend tout s’achète 
N’en déplaise aux poètes 
Tout s’achète tout se vend  
N’en déplaise aux biens pensants

Tout est à vendre 
Tout est à prendre 
De l’enfant innocent 
A mr. Le président

Refrain
Si tu fais miroite
r Des petits bouts de papiers
Tu peux tout acquérir
Même les souvenirs

Refrain
Faut y mettre les formes
L’argent seul transforme
Les bonnes consciences
En cornes d’abondance

Refrain
C’est qu’une question de prix
L’argent n’a pas d’odeur
Il cautionne les horreurs
Il arme les fusils

Refrain
L’âme humaine est sans prix
Elle n’a pas de pays
Elle se vend au plus offrant
C’est une question d’argent

N’en déplaise aux poètes
N’en déplaise aux biens pensants
Tout se vend tout s’achète
Tout s’achète tout se vend

Ariel Boucher
Engagée de son état, acquise totalement aux hautes valeurs humaines et défentrice des grandes causes, l’auteure de ce poème s’attaque, cette fois, à l’une des sources principales des maux qui rongent aujourd’hui l’humanité : la cupidité. Et si l’attachement aux biens terrestres fait partie intégrante de l’instinct de survie chez l’être humain, les proportions démesurées qu’il a prises à notre époque surtout depuis l’avènement de la mondialisation et la main mise des multinationales sur toutes les richesses du monde ont fait de lui un véritable fléau à l’échelle planétaire, du fait qu’il est devenu la valeur dominante régissant les relations entre les états, les groupes et les individus, une valeur, à vrai dire dégradée étant purement mercantile et spéculative. Bien consciente de la gravité de cette transformation déshumanisante , la poétesse élève la voix pour la dénoncer, en énumérant les mauvaises pratiques qu’elle a engendrées ( fraudes électorales- vol d'enfants -armement – dévalorisation de l’être humain –cautionnement des horreurs… ) sous le regard impuissant des poètes et de tous les autres biens pensants qui ne peuvent, tout comme elle, que la réprimander mais sans espérer lui mettre fin tellement elle s’est enracinée dans le tissu social et la politique internationale.

Stylistiquement, la poétesse a opté, comme à son accoutumée , pour une langue proche du parler populaire, conformément aux règles du genre qu’elle s’est choisi et un discours ironique acerbe visant à ridiculiser le système capitaliste dans son essence : le principe de profit .

Poème du jour : Je ne suis pas encore mort
Par :Paul Nwesla Biyong 

Je ne suis pas encore mort 
Les nuages se sont arqués 
Pressant leurs poumons aqueux pour vomir sur moi 
Un août noyé tant il n’a cessé de pleuvoir sur Douala 
Et tous ces commieksants sinois 
Qui nous rongent de l’intérieur comme une toux virale 
Des ombrelles qui ne résistent même pas au vent 
Des caniveaux qui débordent à la première pisse des cieux 
Le string qui s’effiloche dès qu’elle gratte où ça démange 
Des chaussures qui perdent leurs semelles quand on presse le pas 
Tellement trivial alors passons 
Je ne suis pas encore mort 
Crains-tu la menace Rouge 
J’ébola par-ci par-là Boko Haram 
Comme la terre d’Ariel Charogne aussi je tue 
Sous le nez des Gendarmes tus qui soupirent pour l’A-fric 
Qui elle se re-belle tant ses formes attirent et son sein riche 
Arrache un surprenant taux de croissance 
Pourtant le prix de l’essence flambe 
Le pas peuple crie 
Il n’y a pas de travail mais des demeures détruites…à raison 
Passons 
Je ne suis pas encore mort 
Innocent attend la préface de son recueil 
Le Phénix se demande bien si je ferai carrière littéraire 
La fermeture des frontières avec le Nigeria coupe ma course vers un autre titre 
Julienne et ses frères iraient facilement à l’école 
Si je ne m’investissais pas autant en babioles 
C’est bien décousu tout ça je sais 
Mais je ne suis pas encore mort 
Seulement je commence franchement à détester ce mois 
Out.
NWESLA BIYONG
Ce poème a été écrit dans un contexte purement local au cours du mois d’août .Et cela se constate dans les multiples références aux divers aspects de la vie de tous les jours pendant ce mois dans la capitale camerounaise, citée de nom : Douala. Mais cette pluralité thématique, doublée de l’usage d’un style presque délirant, débordant d’images réelles puisées dans ce contexte spatio-temporel – ce que reconnaît le poète lui-même (tellement trivial alors passons - c’est bien décousu tout ça je sais) a été ramené, au niveau des structures profondes du texte, à un thème unificateur :la critique de la réalité dégradée en Afrique en général .Et cela apparaît dans les jugements acerbes et ironiques que le locuteur émet sur tout ce qu’il voit et partout où il pose son regard ( hégémonie des chinois dans le secteur commercial –détérioration de l'infrastructure de l'assainissement – l’inondation du marché par des produits de mauvaise qualité ( le string qui s’effiloche dès qu’elle gratte où ça démange -
des chaussures qui perdent leurs semelles quand on presse le pas) introduits, sans doute, illégalement par des réseaux de contrebande - cherté du prix de l’essence -chômage – la passivité des états africains vis-à-vis des exploitants étrangers ( l’A-fric qui elle se re-belle tant ses formes attirent et son sein riche ) – l’absence de conscience chez le peuple qu’il appelle « pas peuple » …).

Ce tableau désolant que brosse l’auteur de sa ville est, en réalité, presque le même dans tout le continent. Stylistiquement, ce poème s’inscrit dans le genre dit réalisme critique dont l’objectif selon le canadien F.Dufour est de dévoiler les mécanismes d’oppression et de permettre leur modification (Dufour, 2013, p.57) mais sans verser à aucun moment dans la reproduction photographique du réel. Bravo Nwesla !

Poème du jour :OragePar : José Le Moigne

Orage 
Que faire 
que dire 
que désirer en somme 
dans l’effroi des murailles 
l’orage a dégainé 
sa puissance de feu 
l’ombre fait face avec ardeur 
à la tourmente des sous bois 
mais je suis prisonnier 
des mâchoires du bruit.
©José Le Moigne - La louvière
Ce nouveau mini-poème-calligramme de José Le Moigne qui semble se spécialiser dans ce genre médian entre le haïku et le poème ordinaire , s’articule autour d’une émotion aussi forte qu’étrange que le locuteur lui-même reconnaît son incapacité de la gérer, en ouvrant son texte sur trois interrogations ( que faire - que dire- que désirer) qui resteront sans réponse jusqu’à l’ultime vers.

Cette émotion s’apparente à une phobie angoissante (effroi- tourmente) liée à deux contextes :l’un est spatial restreint, fermé : ( l’effroi des murailles - je suis prisonnier ) et situé en bas (sous bois) et l’autre est sonore, désagréable , astreignant et agressif (mâchoires du bruit ) .Ce qui équivaut à une prison auditive. Il s’agit donc d’un double sentiment d’enfermement qui peut s’expliquer aussi bien par un retour inconscient à la vie utérine prénatale ou par la sensation d’étouffement habituelle qu’on éprouve dans le milieu urbain ou par la suffocation de claustration existentielle dans ce bas-monde, lesquels sont tous des interprétations possibles valides.

Quant au style employé dans ce texte, il ne s’écarte pas de l’orientation de l’auteur sur ce plan et qui consiste à privilégier les écarts et les connotations au détriment des sens dénotatifs, faisant baigner son discours dans une pénombre sémantique propice à activer la réflexion et à faire participer le lecteur à l’élaboration du poème.

Le Poème du jour : T'AIMER
Par : Iman Omar

J'ai faim 
J’ai envie 
de t’aimer fort 
fort très fort 
t’aimer sans souffrir 
t’aimer à en mourir 
t’aimer à voix haute 
et sans rien dire 
aimer t’aimer et 
dans tes yeux luire 
aimer sans jamais te fuir 
aimer te lire et t’écrire mes 
pensées et mes fantasmes 
aimer ta laideur 
tes soucis, tes excuses 
tes mensonges 
faux et vrais 
et leur immensité 
aimer ta délicatesse 
comme ta grossièreté 
enfin de journée 
j'ai faim 
j'ai envie de 
t’aimer rare 
t'aimer pur,  
t’aimer brut, stoné 
énervé et des fois 
comme un enfant excité 
j’ai envie d’aimer tes 
amours passés 
tes regrets et 
tes souvenirs 
aimer ton égo et  
les autres 
qui le nourrissent  
au point de l'étouffer…
les aimer …moi ?  
ah! non non,  
de quel droit ? 
mon étoile intérieure 
d’amour exige 
soulagement, voyages 
larmes de joie et soupirs 
flammes en feu 
sans flamme 
l'amour réclame 
faut le croire, le saisir  
et à sa source revenir 
rire rire pour panser 
nos maux et ne jamais 
plus par amour souffrir…
tu as faim de mon  
appétit sans fin 
tu m’appelles volcan 
enfant volant 
que puis-je en corps et  
encore de mes pores 
t'offrir et te dire.. 
sauf ces trois mots 
très précieux  
que de coeur et cerveau 
viennent… 
“je nous aime “… 
Et tu protestes ? !
 au delà d’aimer
Photo d'Iman Omar : Poétesse égyptienne
Tous droits réservés @ Iman Omar
Tout en demeurant dans son thème de prédilection, à savoir l’amour total et fusionnel englobant aussi bien l’âme que le corps et sans tenter de le définir en une formule taxinomique brève et rigide à la manière des scientifiques, l’auteure donne cours à ses envies les plus délirantes (j’ai envie de t’aimer fort, fort très fort ) à l’égard du bien-aimé qui, selon ses dires, partage ses sentiments ( tu as faim de mon appétit sans fin tu m’appelles volcan enfant volant ). Et étant donné que l’envie d’amour n’est pas l’amour proprement dit, le discours de la locutrice laisse entendre que cet amour est souhaité de sa part et non point réel, contrairement à son partenaire qui l’aime follement. Et la question qui se pose ici : comment as-t-on avoir envie d’aimer quelqu’un quelque soit le degré de ce sentiment alors que ce qui passe effectivement dans le domaine des sentiments est soit aimer soit ne pas aimer. 

Cependant, n’essayons pas, malgré tout, de trop forcer la dose dans la critique de ce poème car la contradiction est l’un des tares inévitables en art qui a son propre logique et qui appartient à la même zone de l’irréel que la folie. En effet, bien que le texte entier ait été placé sous le mode du souhait, les conditions nécessaires à l’existence du vrai amour énumérées, tout au long du poème, semblent acceptables et convaincantes, surtout le fait d’aimer les défauts du partenaire ( aimer ta laideur tes soucis, tes excuses tes mensonges faux et vrais et leur immensité aimer ta délicatesse comme ta grossièreté) qui constitue le point de différence fondamental entre l’Amour et l’admiration ; entre l’Amour et le désir. 

Côté style, ce poème vaut surtout par sa texture rythmique très soutenue grâce à la répétition du verbe « aimer », et à l’usage massif de l’asyndète ( absence ou faible usage des conjonctions de coordination ) .

Poème du jour : Chaque heure se ferme sur les regretsPar : France Bernard

J’ouvre l'enveloppe 
je lis le mot
Point d'appui de mon désarroi
La confidence noie la douleur
Les rêves meurent dans le souvenir
Je ferme les yeux 
Flux et reflux de sensations
Délice dans ma bouche gourmande
Je ferme les yeux
Flux et reflux d'images
Le passé féconde le présent
Comment raconter ?
J'écoute le mot
Je m'accroche à mon chapelet
Je l'égrène avec ferveur
Tranche de vie jaillit de ma pensée
Versets grandioses du coran
Paroles consolatrices
Se disputent mon attention
Miracle joyeux
Miracle ténébreux
Chaque heure se ferme sur les regrets
Au temps du rire
Au temps de l'amour
Au temps de la tristesse...
Photo du France Bernard
Copyright © France Bernard
Dans ce poème, l’auteure esquisse un portrait psychologique dans lequel elle met en évidence les traits les plus marquants d’une âme féminine qui se révèle à nous d’une sensibilité à fleur de peau, laquelle se manifeste dans une tendance à se laisser entraîner par des afflux d’affects contradictoires bouillonnants qui la prennent d’assaut du début du texte jusqu’à sa fin .Ces affects sont d’un côté négatifs ( «désarroi » , « douleur » - ) et de l’autre positifs («je ferme les yeux flux et reflux délice dans ma bouche gourmande »- « je ferme les yeux flux et reflux d'images le passé féconde le présent » ) .Cette hypersensibilité , naturelle, chez les artistes en général, se trouve doublée ici d’une spiritualité profonde ( « je m'accroche à mon chapelet , l'égrène avec ferveur » - « versets grandioses du coran » ) qui dévoile un autre aspect de soumission, celle de l’âme devant son créateur ,une soumission qui lui procure une sensation de sécurité , de confiance et de plénitude ( « Paroles consolatrices » - « Miracle joyeux » ) . 

Sur le plan du style, la poétesse en procédant, à la manière des impressionnistes, par de petites touches juxtaposées, a réussi à créer une atmosphère purement abstraite, celle de l’intérieur de l’âme humaine.

Poème du jour : l'infinie solitude
Par :Claude Donnay

L'heure où les poussières hésitent à se poser sur le bois ciré, où la main n'appelle plus que le repos – personne dans la rue pour t'entendre gémir, rien que le silence qui précède ou suit les grandes catastrophes.

L'heure que les montres emportent à moins qu'on ne les brise pour fixer le temps sur l'aiguille. L'heure des pierres dressées pour dire au ciel les vérités qu'il noie sous la pluie.

On émiette des secondes trop intenses – elles crépitent sur le sol comme des balles perdues – et on reste accroupis en cercle, les yeux emmêlés pour tenir à l'écart l'infinie solitude.
Mais que dire aux oliviers orphelins du rire des enfants ?
Photo de Claude Donnay (poète)
© Claude Donnay 29/08/2014
L’idée maîtresse de laquelle a été généré ce texte empreint d’une forte sensation de non accommodation avec soi-même et avec le monde est , bien qu’elle tourne autour de la notion de « temps », l’impossibilité pour l’être humain d’être conscient de son essence profonde sauf dans la solitude absolue et que sa confrontation en solitaire avec le milieu externe n’est nullement aisée parce que l’univers lui apparaît, à ce moment-là, sous son véritable visage, celui d’une masse amorphe dénuée de sens et baignant dans un chaos temporel absurde (l'heure que les montres emportent à moins qu'on ne les brise pour fixer le temps sur l'aiguille - on émiette des secondes trop intenses – elles crépitent sur le sol comme des balles perdues).

Dans cette position, le sujet se rend compte de deux réalités amères et fort inquiétantes :

  1. La première est que le temps cosmique que comptent les aiguilles de la montre est illusoire, du fait qu’il ne relève pas de mesures intrinsèques spécifiques mais de mesures purement spatiales;
  1. La seconde est que l’Homme est emprisonné totalement dans son intériorité la plus radicale. D’où ces remarques insolites que formule le poète, tout au long du texte, sur les relations qu’entretiennent les objets entre eux ou avec les êtres humains (les poussières hésitent à se poser sur le bois ciré - l'heure des pierres dressées pour dire au ciel les vérités qu'il noie sous la pluie - que dire aux oliviers orphelins du rire des enfants ?).
Enfin, si cette expérience phénoménologique et profondément existentielle révèle l’une des préoccupations de l’auteur que nous retrouverons peut-être chez lui dans d’autres textes, le plus important, à notre avis, est sa formulation esthétique qui retient l’attention par une sensibilité effilée, doublée d’une tendance constante à l’accumulation des écarts et à la condensation des signifiés pour donner une impression générale de flou ,d’opacité e et d’incertitude conformaient à la nature du thème abordé.

Lire aussi : Poème en prose : Le corps est en trop

Hurle par-dessus les toits
Par : +karmanda maghi 

Plus rien ne semble m'inspirer à part l'amour...
désolée si j'abuse : rires++ D’une simple amourette 
Je ne demande pas si tu m’aimes 
Mais offre-moi l’amour débordant d’un regard 
Un seul venant de toi est déjà un poème 
Invente des mots nouveaux avant qu’il soit trop tard. 

Tu avances lentement sans brûler les étapes 
Tu glisses à pas de loup et la vie nous échappe 
Dans la hâte d’aimer nous occultons les mots 
Ils sont pourtant l’écrin du plus beau des joyaux.

Hurle par-dessus les toits quand ton cœur en déborde 
Bouscule les non dits ; liée à toi par l’acier ou la corde 
Je ne veux échapper ni à ta bouche ni à tes mains 
Vois en moi une offrande, une âme et un destin.

Qu’il-est doux de t’aimer quand un seul mot m’apaise 
Quand un autre, en suivant, vient attiser les braises 
Élans incontrôlés quand la passion submerge 
Tu dis n’appartenir qu’à une île encore vierge

Il est vrai qu’avec toi j’efface le passé,
Pour la première fois, j’ai conscience d’aimer 
Et comme tous les amants surpris au pas du jour 
Dans tes bras nous allons réinventer l’amour.

Un souffle passager soulève des tempêtes 
Que sais-tu du futur de l’instant partagé ?
Car l’amour se cultive en mots édulcorés 
Qui transforment en joyau une simple amourette.

Poétesse karmanda maghi

Ce poème pose au lecteur qui connaît même globalement les écrits précédents de son auteure un problème initial qu’il doit résoudre au préalable sous peine de ne pouvoir avancer dans sa tentative de saisir les véritables visées du texte. En effet, la stratégie qu’adopte cette poétesse dans presque la totalité de ses poèmes consiste à endosser, à la manière des acteurs, un personnage masculin ou féminin et parler par sa voix. Ce qui laisse l’essentiel de la personnalité de l’auteure à l’ombre bien que le choix des personnages et des situations dans lesquelles elle les place révèlent quelque peu son mode de réflexion et sa vision de l’Autre et du monde. 

Dans ce nouveau poème, les quelques lignes introductives veulent apparemment dire le contraire : c’est d’elle-même que la poétesse parle et non d’une autre. Adoptons sans discussion cette acception et passons au contenu. A ce niveau, le poème dont il est ici question est thématiquement un poème à thèse. Et cette thèse est qu’un amour ne doit jamais être dissimulé, quelles que soient les pressions et d’où qu’elles puissent venir et qu'il faut l’exprimer aussi bien implicitement par le regard qu’explicitement par le langage. Et l’auteure va loin dans l’apologie de cette idée jusqu’à présenter l’amour déclaré à haute voix comme un amour sublime, puissant et bouleversant en l’absence duquel nul ne peut éprouver le bonheur, la quête de tout humain sur cette terre. 
Une philosophie à respecter en elle-même mais combien de personnes ont le courage de le faire ? Sans compter les sociétés où l’amour est entouré d’idées préconçues et de tabous. Mais le plus important pour nous ici est de savoir si la poétesse nous expose une idée à laquelle elle croit vraiment ou elle ne fait que jouer la comédie comme elle en a l’habitude de faire . 

Sur le plan de la forme, le poème a été embelli par l’usage massif des hyperboles qui accompagnent le lecteur du début jusqu’à la fin .

Austin Jack

{picture#https://4.bp.blogspot.com/-VtRi_63TCq4/WAagBTSsGTI/AAAAAAAAFL8/b5VAA4seTRwoiPm8AwgwGcCdOiCDFuyHwCLcB/s1600/Austin-jack.jpg} Vers la poésie, je l'écris en cris, a l'encre des qualités de mon âme, et des fautes - et des défauts de ma vie. {facebook#https://www.facebook.com/austin.jack.3158} {twitter#https://twitter.com/poemedamours} {google#https://plus.google.com/u/0/+AustinJackCA} {

marie france gobé

{picture#https://4.bp.blogspot.com/-4UQ1Hh4jdfg/WAagBns4dGI/AAAAAAAAFMA/NXwKQRfIlmwg5qyz86_TGXIPZMJU0bccACLcB/s320/Marie-France-Gob%25C3%25A9-Po%25C3%25A8tesse.jpg} Marie France Gobé : Auteure et modératrice chez Poèmes & Poésie d'Amour. {facebook#https://www.facebook.com/mariefrance.gobe} {twitter#https://twitter.com/GobeMariefrance} {google#https://plus.google.com/+mariefrancegobé}

Modvareil

{picture#https://4.bp.blogspot.com/-hZb80yI5I9E/WAagBdMVovI/AAAAAAAAFL4/jMCPfVreDmcVFjTcmlGMVj_0iDsVvmbDwCLcB/s320/Dominique-Elivra-Po%25C3%25A8tesse.jpg} Ma vie n'est qu'une reproduction de l'affrontement d'une femme ouverte dans un métier d'hommes qui sait se faire obéir et respecter... {facebook#https://www.facebook.com/dominique.elvira.9 } {twitter#https://twitter.com/modvareil} {google#http://plus.google.com/108692639683437720445}

Mohamed Salah Ben Amor

{picture#https://1.bp.blogspot.com/-BoerHdzKX3s/WAagCGhU0YI/AAAAAAAAFME/GIm-HcD1i3g7rDZJH8g0td-TFdCZjVeNgCLcB/s320/Med-Salah-b-Amor.jpg} Professeur d'enseignement supérieur chez institut supérieure de langues, orienté depuis 2009 vers le suivi de la poésie arabe et mondiale en tant que critique et traducteur. {facebook#https://www.facebook.com/mohamedsalah.benamor.16} {linkedin#https://tn.linkedin.com/in/mohamed-salah-ben-amor-91b4322a} {google#https://plus.google.com/105346205953520526606}
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