Biographie de Jean Cocteau (1889-1963)

Jean Cocteau, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte et mort le 11 octobre 1963 dans sa maison de Milly-la-Forêt, est un poète, graphiste, dessinateur, dramaturge et cinéaste français. En savoir plus sur Wikipédia.

Biographie de Jean Cocteau : 

Image de Jean Cocteau
Jean Cocteau
Clément Eugène Jean Maurice Cocteau est né le 5 juillet 1889 à 3h50, à Maisons-Laffitte, dans la demeure d’une famille bourgeoise. Il est le troisième enfant de Georges Cocteau, né en 1842, avocat devenu rentier, et d’Eugénie Lecomte, née en 1855. Il est le frère de Marthe (1877-1958) et de Paul (1881-1961).

Ses parents se sont mariés le 7 juillet 1875, à Paris. Cancer de signe et d’ascendant : " L’homme, malgré un attachement excessif à son enfance, malgré une vie désordonnée, s’imposera par sa personnalité et réussira dans ses amitiés plus que dans ses amours ". "Il pèse six livres et demie, est bien constitué, un vrai bel enfant avec des cheveux noirs très touffus et la tête la mieux faite que j’aie vue chez un nouveau-né. Il n’est pas laid du tout, c’est un joli petit vieux" (Lettre d’Emilie Lecomte, grand-mère de Jean.)

Le 20 juiller, Jean Cocteau est baptisé à Maisons-Laffitte La marraine, Jeanne Durand-Viel, née Régnier, est la nièce de Georges Cocteau. Le parrain, Maurice Lecomte, l’oncle de Jean.
Il passe son enfance au grès des réceptions musicales que donne son grand-père. Ce dernier, d’une grande culture artistique, n’a de cesse d’initier le petit cancre de la famille à la musique. Cette période probatoire influencera considérablement sa perception créatrice tout au long de sa vie.
En décembre 1895, son bulletin de notes du premier trimestre de cinquième C : .. Intelligent, mais faible et facilement distrait ; esprit ouvert et fin, mais un peu agité ; travail inégal.
Le 5 avril 1898, Georges Cocteau se suicide dans son lit, d’une balle dans la tête. La veille, au cours d’une longue conversation qu’il avait eu avec Georges Durand-Viel, son petit-neveu, il avait semblé préoccupé par les fluctuations de certaines valeurs boursières. La mort, le suicide et le sang vont à tout jamais préfigurer ses oeuvres (Le Sang d’un Poète, L’Aigle à Deux Têtes, Le Testament d’Orphée...). Le tragique restera l’une des préoccupations majeures du poète, une exorcisation jamais comblée. Sa mère élève donc seule cet être difficile qui refuse de grandir, trouvant dans les états pathologique un moyen de se faire choyer. Aidée par une gouvernante allemande, Jéphine (Joséphine Ebel), Cocteau découvrit, très tôt, le monde du spectacle et de l’illusion. Il s’émerveille face à la beauté du cirque, face au prestige des divertissements du Châtelet (Le Tour du Monde en 80 jours). Entre trois grippes et deux utopies, il passe des heures, dans sa chambre, à improviser des spectacles autour de son petit théâtre miniature, où il réinvente les décors. La maladie a ses jeux, dont la quintessence ranime l’âme créatrice.

De 1900 à 1904, il est èlève au Lycée Condorcet d’où il sera renvoyé pour indiscipline. Il écrit ses premiers vers. C’est dans cette cour du lycée qu’il aperçoit, pour la première fois, l’élève Dargelos, le "premier symbole des forces sauvages qui nous habitent", le fantasme qui allait habiter chaque compagnon de Cocteau, chaque personnage masculin de ses oeuvres. Sans équivoque, on retrouve le personnage de Dargelos dans Le Livre Blanc et Les Enfants Terribles". Renvoyé du lycée, Il fera sa seconde et sa première à l’école Fénelon, rue du Général-Foy.

En 1906, il entre dans ’l’atroce gâchis de sa dix-septième à sa vingt-deuxième année, selon l’expression qu’il emploiera plus tard. Il écrit des poèmes pour les siens, d’une veine sentimentale et symboliste. En avril, le grand-père Lecomte meurt. De mai à juin, il a une brève liaison avec Jeanne Reynette, une vedette de l’Eldorado.. " Si tu savais comme je t’aime, et comme j’étais heureuse dans tes bras te sentir là dans moi ! il y a si longtemps que je désirais ce moment-là ! est-ce un rêve ? Je t’adore, toute à toi. Reyne. " Il fait sa première fugue à Marseille, après un nouvel échec au baccalauréat, où il découvre les marins et l’opium. Son frère Paul va le rechercher. Il devient élève au cours privé de M. Dietz, rue Claude-Bernard. En 1907, il échoue deux nouvelle fois au baccalauréat.

En 1908, il fait la rencontre du comédien Edouard Max. Ce dernier, fasciné par l’écriture de Jean, décida d’organiser une lecture de ses poèmes au Théâtre Fémina, sur les Champs-Elysées. Il fait également la connaissance de Marcel Proust et de Reynaldo Hahn. Jean Cocteau, qui vit chez sa mère, 10 rue d’Anjou, loue une aile de l’hôtel Biron rue de Varenne, où habite Rodin.

En 1909, Cocteau est réformé pour faiblesse de constitution. Il publie son premier livre, à compte d’auteur, La lampe d’Aladin. Il fréquente Anna de Noailles, le peintre Jacques-Emile Blanche, Sacha Guitry, François Mauriac et se lie avec Diaghilev, mécène et directeur de troupe Russe, va bouleverser, irrémédiablement, tout son bel équilibre. Il se lie également à Stravinsky. Dandy, il se promènera dans les rues de Paris, affichant un style très provoquant. Il publie Le Prince Frivole en 1910.
En 1911, il dessine pour les Ballets russes l’affiche du Spectre de la rose. 
En 1912, il crée son premier spectacle avec les Ballets Russes : Le Dieu bleu. Il fait la rencontre d’André Gide et Ghéon, qui viennent d’écrire un article sur lui dans la N.R.F.
En 1913, Jean Cocteau accompagne Stravinski à Leysin en Suisse. Il y achève Le Potomak, commencé en 1912, à Offranville, chez Jacques-Emile Blanche et sous l’oeil d’André Gide.
En 1914, l’enthousiasme des premiers jours aidant, il se démène pour porter l’uniforme et devient infirmier. Il participe ensuite aux vols de Roland Garros (Le Cap de Bonne-Espérance, 1919). Il fonde le journal Le Mot avec Paul Uribe. Il rencontre Erik Satie et Paul Morand. Il publie Cap de Bonne Espérance.
En 1916, il se lie avec Picasso et les artistes de Montparnasse, Guillaume Apollinaire, Modigliani, Blaise Cendrars. 
En 1917, il donne la première de Parade au Théâtre du Châtelet avec les Ballets Russes. Par son caractère irrationnel, Parade déconcerta.
En 1918, il adaptate Roméo et Juliette. Il joue du jazz au bar Gaya avec Jean Wiener, fonde les Editions de la Sirène avec Blaise Cendrars, rencontre Raymond Radiguet chez Max Jacob,et publie Le Coq et l’Arlequin. Les années en compagnie de Radiguet sont d’une fécondité exceptionnelle
En 1919, il publie le Potomak avec ses 95 dessins dont les "Eugènes de la guerre" à la Société littéraire de France. Cette suractivité suscite la jalousie de Tristan Tzara et des jeunes gens du groupe Littérature (BretonAragon, Soupault) qui ont le sentiment d’être dépossédés par cet aîné trop brillant, trop en vue et très connu déjà. Breton, pour qui Cocteau est "l’être le plus haïssable de ce temps", lui voue très vite une haine tenace, clé de la guerre impitoyable que mènera toujours le groupe surréaliste. C’est ainsi par les épithètes de "charogne" et de "bête puante" que La Révolution surréaliste parlera plus tard de Cocteau. Outre une antipathie, née selon toute vraisemblance dans ce qu’on ne nommait pas encore "homophobie", la mort d’Apollinaire mettait en lice pour une rivalité tacite mais violente Cocteau et les futurs surréalistes, qui n’ont encore rien publié, afin de reprendre le flambeau de la modernité. De plus, l’apparition, en 1919, dans le monde littéraire de Raymond Radiguet, que Breton essaiera en vain de s’attacher mais qui préfèrera la compagnie de Cocteau, ne fera que couper encore plus définitivement les ponts entre les deux hommes.

En 1920, il publie Escales.
En 1921, il donne la première des Mariés de la Tour Eiffel. Il écrit Le Secret professionnel tandis que Raymond Radiguet achève Le Diable au corps.
En 1922, il écrit Plain chant et Thomas l’Imposteur. Il donne la première d’Antigone à l’Atelier.
En 1923, Raymond Radiguet meurt. Cocteau est effondré et n’assiste pas aux obsèques. Diaghilev l’emmène à Monte Carlo. Il commence à fumer de l’opium. 
En 1924, il donne la première de Roméo et Juliette et du Train bleu.
En 1925, il suit sa première cure de désintoxication et séjourne à Villefranche avec Christian Bérard. Il y écrit la lettre à Jacques Maritain, achève Orphée, Opéra et L’Ange Heurtebise.
En 1926, il renoue avec Stravinski qui n’avait pas apprécié Le Coq et l’Arlequin mais se brouille avec les surréalistes. Orphée est crée.
En 1927, il crée Œdipus Rex avec Stravinski à Paris, et Antigone avec Honegger à Bruxelles.
En 1928, il signe la préface de J’adore de Jean Desbordes qui soulève un tollé chez les catholiques. Il suit une seconde cure de désintoxication à Saint Cloud où il écrit Opium.
En 1929, il écrit Les Enfants Terribles. Le 19 août il apprend la mort de Serge Diaghilev. Il publie Le Livre Blanc.
Les années 30 sont beaucoup moins riches. Cocteau est toujours sous l’emprise de l’opium. Il se disperse, fait avec son nouvel ami Marcel Khill le tour du monde en 80 jours, au cours duquel il rencontre sur un paquebot Charles Chaplin et Paulette Goddard, enfin s’improvise manager du boxeur noir américain Al Brown qu’il pousse à reconquérir son titre perdu de champion du monde. Son visage amaigri, l’aspect inquiétant de son physique travaillé par la drogue et un parfum de scandales autour de lui donnent même à Robert Wiene, le réalisateur du Docteur Caligari, songeant à un remake sonore de son film de 1919, l’idée de proposer à Cocteau le rôle de Cesare, le somnambule assassin.

Le 15 février 1930, à la répétition "intime" de La Voix humaine à la Comédie Française, Paul Eluard provoque un scandale. Entre avril et septembre, il tourne Le Sang d’un poète grâce au soutien financier des Noailles.

Entre 1934 et 1936, il crée La Machine Infernale par Louis Jouvet. Arletty joue L’école des Veuves.
En juin 1937, Cocteau, qui a accepté de voir son Œdipe roi joué par les élèves du cours Raymond Rouleau, est convié à l’audition des candidats. C’est là qu’il fait connaissance avec le jeune Jean Marais, exacte incarnation du jeune homme au regard clair que Cocteau ne cesse de dessiner depuis toujours. Puis il crée ensuite Les Chevaliers. de la Table Ronde. Il est élu à l’Académie Mallarmé.
En 1938, il crée Les Parents Terribles.
En 1939, il écrit la fin du Potomak et commence La Machine à écrire. Ses vacances à Saint Tropez sont interrompues par la guerre.

Après un court exode à Perpignan, Cocteau reprend sa vie à Paris en compagnie de Jean Marais démobilisé. Le milieu dans lequel a grandi et vécu Cocteau n’a aucune tradition de résistance. On trouve toujours un arrangement avec le pouvoir en place, quelle qu’en soit la couleur ; et le pacifisme foncier du poète se trouve conforté par une attitude passive.

En 1940, il crée Les Monstres Sacrés au théâtre Michel. Edith Piaf joue Le Bel indifferent qu’il a écrit pour elle.
L’opium devenant difficile à trouver en ces années d’Occupation, et le régime de Vichy renforçant la répression contre tout ce qui peut entraver à ses yeux le relèvement moral de la France, Jean Marais arrive à convaincre Cocteau de suivre une nouvelle cure de désintoxication qui s’achève avec succès début 1941. La Machine à écrire et Les Parents Terribles sont interdits par les Allemands. Il écrit Renaud et Armide, participe aux mondanités de l’occupation tout en écrivant des textes résistants. Il se lie d’amitié avec l’occupant Arno Breker, sculpteur fétiche d’Adolf Hitler (Salut à Breker dans la revue Comoedia, 23 mai 1942).

En janvier 1943, sa mère meurt. Il écrit pour le cinéma : Juliette, la Clef des Songes, projet qu’il abandonne, Le Baron Fantôme, L’Eternel Retour. Il donne la première du ballet d’Orphée.Le 27 août, il est victime d’une agression par les membres de la L.V.F., avenue des Champs Elysées, pour avoir refusé de saluer leur drapeau. Devant cette hostilité de plus en plus ouverte, Cocteau trouve un protecteur en la personne d’Ernst Jünger, et se montre inégalement prudent dans ses relations avec l’occupant. S’il refuse de déjeuner à l’ambassade d’Allemagne, il lui arrive de se rendre à l’Institut allemand (de même que Gaston Gallimard ou Jean-Louis Barrault), reçoit chez lui en uniforme Gerhardt Heller, un jeune officier francophile, dîne chez Maxim’s avec Albert Speer, l’architecte d’élection d’Hitler. Cette conduite est payante puisque l’autorisation de reprendre Les Parents terribles est enfin obtenue en décembre, provoquant de nouveau la fureur des ultras de la collaboration. Un commando de cent-cinquante "camelots" attaque le théâtre où se joue le spectacle et, devant la réaction du public en faveur de Cocteau, lâche des rats à l’orchestre. Les Parents terribles disparaissent une fois de plus de l’affiche. Cocteau propose, à la Comédie-Française, Renaud et Armide dont le premier vers est "Réveillez-vous, Renaud, et reprenez vos armes", mais le secrétaire d’état à l’Éducation nationale et à la jeunesse de Vichy juge "indésirable" son auteur. Quand la pièce sera enfin autorisée, elle rencontrera un des plus grands succès de la scène, de ces années-là, au côté de La Reine morte de Montherlant et du Soulier de satin de Paul Claudel. La même année, son adaptation d’Antigone pour l’oratorio d’Arthur Honegger triomphe à l’Opéra et fait de Cocteau un des auteurs les plus en vue du moment. Résister pour Cocteau était pour beaucoup continuer de travailler afin de montrer que l’art était toujours bien vivant dans la zone occupée. Mais il était apparemment plus facile de s’entendre avec les occupants qu’avec les collabos ! Tandis que Je suis partout fulmine contre Cocteau, Jünger passe ses soirées avec lui pour l’entendre raconter ses souvenirs sur Proust ! Drieu la Rochelle n’épargne pas non plus Gerhardt Heller qu’il traite de décadent. Cocteau, déjà accusé de toutes les turpitudes, ne va pas hésiter longtemps à prendre une part très active dans la reconnaissance du génie, si éloigné du sien, de Jean Genet et la publication de Notre-Dame des Fleurs, son premier roman. Il se démène pour sauver le jeune écrivain délinquant de la prison, le tire à de nombreuses reprises d’autres mauvais pas, témoigne en sa faveur devant la Haute Cour de Justice. Cette occupation bouleverse les amitiés et les inimitiés tissées avant la guerre. Cocteau, par l’intermédiaire de Picasso (interdit d’exposition et suspect car sa mère était à demi juive), renoue avec ceux qui l’avaient insulté et traîné dans la boue. Breton étant parti aux Etats-Unis, Cocteau n’est plus le pestiféré qu’il a été pour Paul Éluard, ou Valentine Hugo, et même Robert Desnos, d’autant que les attaques venimeuses et constantes de la presse collaborationniste lui valent un prestige certain.

Fin 1943, une lettre de Max Jacob lui annonce que son frère a été arrêté et envoyé en Allemagne, que sa sœur aînée en est morte de chagrin. 
En janvier 1944, Cocteau intervient sans succès pour sauver une autre sœur de Max Jacob et, en février, c’est au tour de Max Jacob d’être arrêté. Cocteau sonne à toutes les portes qui pouvaient lui apporter quelque secours, dit s’être offert à la Gestapo pour prendre sa place, fait circuler une pétition dans tout Paris. Celle-ci arriva entre les mains des Allemands alors que Max Jacob expirait à Drancy le 4 mars. Je suis partout écrivit alors de celui qui vivait depuis plus de vingt ans retiré du monde à Saint-Benoît sur Loire : "Le personnage réalisait la plus caractéristique figure de Parisien qu’on pût imaginer, de ce Paris de la pourriture et de la décadence, dont le plus affiché de ses disciples, Jean Cocteau, demeure l’échantillon également symbolique [...] Car, hélas !, après Jacob, on ne tire pas l’échelle". Son ami Jean Desbordes,en qui Cocteau avait reporté tout son amour après la mort de Radiguet, meurt torturé par la Gestapo.

Défendu par Jean Genêt, Paul Éluard et Louis Aragon, en novembre 1944, Cocteau passe devant le Comité de libération du cinéma français. Il est acquitté et ne se présente même pas devant le Comité d’épuration des écrivains français qui le mett également hors de cause. Sans aucune rancune envers ceux qui l’avaient si violemment attaqué dans Je suis partout, Cocteau signera la pétition demandant la grâce de Brasillach, puis de Rebatet et interviendra en faveur de Céline à son procès. Dans son journal de tournage de La Belle et la Bête Cocteau écrira : "Cinq ans de haine, de craintes, de réveils en plein cauchemar. Cinq ans de honte et de boue. Nous en étions éclaboussés, barbouillés jusqu’à l’âme."

Entre 1945 et 1946, il écrit les dialogues des Dames du Bois de Boulogne, tourne La Belle et la Bête, donne la première du Jeune Homme et la Mort au théâtre des Champs-Elysées, termine La Difficulté d’Etre, et crée L’Aigle à deux Têtes au théâtre Hébertot. La Belle et la Bête est mal accueilli au festival de Cannes en 1946, et ne reçoit que le prix Louis Delluc.

En 1947, La Voix Humaine est portée à l’écran par Roberto Rosselini. A la recherche d’une demeure tranquille près de Paris, Cocteau est informé par des amis qu’une propriété ayant appartenu à la comtesse de Virelle est à vendre. Au fond de la rue du Lau, avec une double porte romane et deux tourelles rouge, la maison du Bailli séduit immédiatement Jean Cocteau et Jean Marais. Son charme est incontestable et jouxtant le château de l’Amiral de Graville et ses douves, son jardin derrière la passerelle, qui enjambe la rivière, s’ouvre sur le bois de la Garenne. Jean Marais que Jean Cocteau aimera toujours, est souvent absent, et il s’y retrouve la plupart du temps très seul. Il tourne Ruy Blas et L’Aigle à deux Têtes avec Jean Marais en 1948. Il porte à l’écran Les Parents Terribles. Il donne la première de L’Amour et son amour au théâtre des Champs-Elysées. Il publie la Lettre aux Américains et adapte Un Tramway nommé Désir.

Entre 1950 et 1953, mort de Christian Bérard. Il tourne Orphée et Les Enfants Terribles. Il participe à l’inauguration du Festival de Menton, le 5 août 1950 où il rencontre Benjamin Britten. Il polémique avec François Mauriac à propos de Bacchus. Il écrit Clair-Obscur, publie Journal d’un Inconnu, dessine Opéra et le décor pour une reprise d’Œdipus Rex. Cocteau est président du Jury du Festival de Cannes.

Le 10 juin 1954, Cocteau est victime d’un infarctus du Myocarde.
En 1955, il entre à l’Académie Française.
Entre 1956 et 1959 : La Machine à écrire est reprise à la Comédie Française. Il décore la Chapelle de Villefranche, la salle des mariages de la Mairie de Menton puis la chapelle de Milly- la-Forêt. Il crée La Voix Humaine (monologue téléphoné d’une femme à son amant qui la quitte) sur une musique de Francis Poulenc. Il publie Poésie Critique.
En 1959, il écrit , à la suite d’une nouvelle crise cardiaque, Requiem, testament poétique.
Entre 1960 et 1962 : il tourne Le Testament d’Orphée, monté grâce à l’aide financière de François Truffaut, et écrit le scénario de La Princesse de Clèves pour Jean Delannoy. Il écrit sa dernière œuvre théâtrale, L’Impromptu du Palais Royal pour la Comédie Française. Il publie Le Requiem, poèmes écrits en 1959 pendant la convalescence d’une maladie, son testament poétique en quelque sorte, et Le Cordon Ombilical.

En 1960, il est proclamé Prince des Poètes.
En 1961, son frère Paul meurt.
Le 11 octobre 1963, c’es dans sa retraite de la Maison du Bailli à Milly-la-Forêt que Jean Cocteau -ménagé par sa cuisinière qui connaît parfaitement la fragilité de son état de santé- , apprend la mort quelques heures plus tôt de sa grande amie Edith Piaf qu’il avait fait débuter au théâtre dans sa pièce « Le Bel Indifférent » (1940). Au même moment, à Paris, nombre d’artistes et de personnalités s’étonnent que l’écrivain et académicien, si proche de la chanteuse défunte, mette autant de temps à témoigner ses souvenirs et à lui rendre hommage. Peu de personnes savent en réalité que, déjà victime de deux crises cardiaques et trop ému, il vient de déclarer à son proche entourage : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre. » Un heure après, il s’éteint à son tour sans avoir eu la force d’écrire l’article que le magazine Paris-Match vient de lui commander pour être publié dès le lendemain de cette si pénible journée. Il repose dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt, décorée par ses soins.

Cette rubrique liste une biographie détaillée de Jean Cocteau ainsi qu'une chronologie complète de ses œuvres.