Histoire d'amour courte : Calienté - Quelque chose en toi

Le résumé :
Beyoncé doit partir demain matin. Hilary, sa meilleure amie depuis toujours, ne supporte pas cette séparation. Ce soir, c'est la dernière occasion de se dire adieu. Mais quelque chose en elle se réveillera les amenant à la frontière entre l'amitié et l'amour. Dans de telle condition, que doit-on écouter ? Le cœur ou la conscience ?

Calienté - Quelque chose en toi…

écrit par AngeliriumComment différencier l'amour de l'amitié

Depuis combien d’année se connaissaient-elles ? 5 ans peut-être bien ? Le temps passait si vite. Sa meilleure amie, elle avait eu si peur de la perdre. Hilary et Beyoncé se connaissaient depuis le début de leurs études secondaires. Elles s’étaient rencontrées alors qu’elles étaient dans la même classe, l’une près de l’autre. Deux filles biens actives qui aimaient la vie sociale. Elles étaient toujours entourées de beaucoup d’amis, toujours en bande. Mais Hilary n’avait eu qu’une seule vraie amie dans sa vie et c’était Beyoncé. Ses joies, ses peines, seule Beyoncé les avait partagées. Les meilleures amies, voilà ce qu’elles étaient, voilà ce qu’elles s’étaient jurées de toujours être.

Mais l’Université approchait. Beyoncé partait étudier à Toronto, soit à 8 heures de route du Québec. Elles ne se verraient presque plus. Ça avait été dur pour Beyoncé de dire adieu à son amoureux, mais de le dire à Hilary avait été la chose la plus dure de toute sa vie. Après tout, un amoureux, elle rencontrerait des tas d’hommes intéressants dans sa vie, mais une meilleure amie, ça ne s’échangeait pas.

Elles s’étaient données rendez-vous chez Hilary, qui vivait avec ses parents, mais ceux-ci n’était pas là ce soir. Discuter, prendre le temps de se dire au revoir, c’était leur plan pour la soirée. Hilary s’attendait aux sanglots, s’attendait aux accolades et s’attendait aux souvenirs déchirants. Mais elle ne s’était pas attendu à ça…

Tout les deux, elles étaient couchées dans le lit de l’hôte, nue, sous les couvertures, leur corps encore chaud se caressant, la tête de Beyoncé reposant sur sa poitrine. Elles l’avaient fait. Après 5 ans d’amitié sans ce genre d’attirance, elle l’avait fait. Ça avait été une surprise pour Hilary, elle ne s’attendait pas à ça d’elle-même et encore moins de Beyoncé. Pourtant, ça s’était fait naturellement, sans alcool. Ça s’était passé de la même manière que la fois où elle avait perdue sa virginité avec son ancien petit ami, un joueur de football, comme si ce n’était pas déjà assez cliché. Elles avaient commencées par se parler, chassant les pleurs, avaient discutées du passé, de leur vie, de tout ce qu’elles avaient vécu ensemble. Puis les accolades s’étaient enchaînées l’une après l’autre, Beyoncé avait pleurée sur une épaule d’Hilary, elle sentait toujours les larmes chaudes. Puis les doigts avaient accidentellement glissé sous son t-shirt, Hilary ignorait si les gestes de Beyoncé étaient calculés, mais ça l’avait réveillés d’une façon insoupçonnée. Elles s’étaient ensuite embrassées sur la joue, banale, habituelle, rien de sensuelle là-dedans. Mais les lèvres s’étaient touchées et Hilary avait sut qu’à ce moment précis elles avaient franchie le chemin du non-retour. Les mains, les lèvres et toute cette chaleur, elle avait peu d’expérience en la matière mais suffisamment pour expliquer ce qu’elle ressentait : Elle avait envie de sa meilleure amie. Elle voulait que leur corps ne fasse qu’un, que leurs lèvres ne se lâche plus, qu’elles ne pensent plus à rien d’autre qu’à la personne tant aimée.

Elles l’avaient donc fait. Combien de temps cela avait-il prit ? Hilary l’ignorait. Il était maintenant dix heures du soir, mais elle ignorait quand elles avaient réellement commencée et ignorait encore plus comment elles avaient passées du salon à la chambre alors qu’elle ne se souvenait pas d’avoir bougée. Mais c’était fait. Elles l’avait fait. Elles avaient fait l’amour, brisée une amitié pour débuter une relation insoupçonnée. 

Beyoncé ne dormait pas, elle devait être aussi terrorisée et excité en même temps. Elles n’étaient pas comme deux étudiantes qui expérimente leur sexualité. C’était plus que ça. Ça n’avait rien à voir avec le sexe, c’était de l’amour pur et simple. Un amour profond, un amour qui détruit. Dans quelques heures, Beyoncé quitterait la ville d’Hooligan City pour Toronto où elle devait étudier.

- À quoi tu pense ? Fini par demander Hilary.

Question souvent exploitée dans ce genre de situation, clichée, souvent demandé par la femme à l’homme. Normalement, l’homme ne pense pas après l’acte, enclin à une crise de sommeil après un effort épuisant. Mais Hilary et Beyoncé étaient tout les deux parfaitement réveillée.

- Que c’est dommage que ça se termine ainsi. Avoua t’elle. J’ai peur, terriblement peur, de passer à coté de quelque chose de merveilleux en te quittant.
- Ne part pas. Implora Hilary.

Beyoncé se redressa, plaquant sa tête entre les deux seins d’Hilary.

- Tu sais bien que c’est impossible ! Ton père est le maire de cette ville et il ne pourra pas accepter que sa fille en aime une autre. Il ne comprendra pas notre histoire.
- Je ne la comprends pas plus que lui. Avoua Hilary. Deux filles ensembles, c’est contre nature, je le crois toujours. Une femme est faite pour aller avec un homme. Mais je ne peux empêcher mon cœur de battre pour toi et, pour une fois, c’est mon cœur que je veux écouter.
- Écoute-le encore quelques heures, après, mon train partira pour toujours.

Simultanément, les deux femmes versèrent une larme, réalisant la dureté de la situation. Un amour impossible, voilà ce qu’elles vivaient. Loin des yeux, loin du cœur. Chacun avait leur vie qui les attendait.

Beyoncé poussa son corps sous les draps pour rejoindre la hauteur d’Hilary, les yeux dans les yeux, Hilary gardait une main sur ses hanches, caressant sa chair nue sans relâche, sans s’épuiser. Elle n’avait pas besoin de parler, le simple regard suffisait pour traduire toute sa passion envers Beyoncé.

Cette dernière posa ses mains de chaque coté du visage de sa douce et l’embrassa tendrement, que le son de leurs lèvres se caressant brisait le silence de la maison. 

C’est à ce moment que la porte de la chambre s’ouvrit et que son père fit irruption.

- Chérie, nous sommes… OH MON DIEU ! Hurla t’il.

Couvrant leur nudité honteusement, les deux jeunes femmes restèrent cote à cote dans le lit.

Ce fut une séance de pleur et de hurlement qui s’en suivit. La mère d’Hilary restait silencieuse, outrée, alors que son père faisait tout le discours. Hilary arrivait à placer un mot une fois de temps en temps, en sanglot, n’arrivant pas à se faire comprendre. L’ouverture d’esprit n’était pas dans le vocabulaire de son père et, étant maire de cette ville, son image comptait pour beaucoup. Hilary avait beaucoup de prétendant, surtout à cause de son statut beaucoup plus que pour son physique. Beyoncé était une amie de la famille depuis toujours mais était originaire d’une famille modeste, parents divorcés, portrait typique de la civilisation d’aujourd’hui. Elle ne craignait pas les reproche de ses parents. Hilary l’avait suppliée de partir, elle s’occuperait de ses parents seule.

N’en pouvant plus d’entendre son père, Hilary s’enferma dans sa chambre et s’assit sur le lit encore chaud du corps de sa maîtresse. 

Caressant les draps, elle n’avait plus qu’une seule idée : Fuir. Fuir avec Beyoncé. Son train partait au petit matin. Mais était-ce la décision la plus sage ? Est-ce que le cœur était la voie à prendre en cas de bouleversement émotionnel ? Hilary l’ignorait. 

Les cris de son père parvenaient toujours à ses oreilles alors qu’il discutait avec son épouse au premier étage de leur résidence. Hilary ferma les yeux, pleurant en silence. L’amour, l’élément qui apporte la vie mais qui peut aussi la détruire. Elle ne pouvait pas s’imaginer vivre sans Beyoncé, que ce ne soit qu’en amie ou en tant qu’amoureuse. Elle avait toujours fait partie de sa vie et elle désirait que ça continue comme cela.

Hilary enleva sa robe de chambre, seul vêtement qu’elle portait et commença à s’habiller à une vitesse fulgurante. Elle saisit ensuite un sac et y enfouie tout ce qu’elle trouva qui pourrait lui être utile. Elle fouilla les tiroirs, le plus silencieusement possible et en extirpa tout l’argent qu’il contenait pour récolter un jolie petit magot. Être la fille du maire était parfois payant.

Avec les hurlements de son père, Hilary n’eut pas de mal à quitter la maison par la fenêtre de sa chambre malgré le bruit qu’elle engendra. Alors qu’elle courait dans les rues, elle huma l’air un bon coup, la froideur de la nuit caressant ses jambes nues sous une jupe. Elle suivait son instinct, ses habitudes, il était trop tôt pour aller à la gare et elle ne risquerait pas d’aller chez Beyoncé si toutefois ses parents se rendaient compte de sa disparition.

Mais elle ne fut pas tellement surprise lorsqu’elle arriva au viaduc de la rue Cardinal de voir Beyoncé, penchée par-dessus la balustrade à regarder les voitures passées : elles le faisaient souvent tout en discutant. Hilary resta loin, reprenant son souffle et la regarda, alors qu’elle ne l’avait pas vue.

- J’espère que tu ne compte pas sauter parce que j’aurai tout fait ça pour rien.

Beyoncé regarda Hilary, le sac sur l’épaule, ses joues rosées par le froid.

- Et ta vie ?
- Elle t’appartient. Dit simplement Hilary. Le cœur est toujours ce qu’il faut écouter dans la vie, pas la conscience.
- Mais la conscience nous empêche de faire des erreurs, pourtant. Résonna Beyoncé.
- La conscience m’aurait fait faire une erreur monumentale, ce soir.

Un sourire, c’était tout ce qu’il suffisait pour traduire leurs pensées. Hilary s’avança et elles restèrent de longues minutes l’une face à l’autre à se dévisager, sans gêne, acceptant leur différence. Quand l’aube se lèverait, leur train serait parti depuis longtemps.

L’amour est l’une des rares bonnes choses qui existent en ce monde. Malgré les guerres, les conflits, la haine, l’amour survivra toujours, peu importe qui vous êtes et comment vous la vivez. 

Et personne ne peut l’arrêter…

Le Copyright © Angelirium

Voilà donc un récit assez court, de bonne qualité tout comme l'auteur nous y avais déjà habitué et donc à découvrir.