Poèmes d'amour de nos plus grands poètes français

L'amour, c'est le cri de l'aurore, l'amour c'est l'hymne de la nuit. Qu'elle est belle la poésie quand nos poètes nous parlent d'amour. De Victor Hugo, Louis Aragon, Paul Verlaine à Charles Baudelaire, découvrez leurs meilleurs poèmes d'amour.

Poésie française & Poèmes d'amour français :

Auteurs français classiques
Poètes romantiques français
De merveilleux poèmes de Victor Hugo, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Germain Nouveau, Charles Cros et de Jean-Claude Brinette.

Vous aurez la possibilité de lire toute la biographie de nos plus grands poètes en visitant des sites consacrés à leur vie et leur parcours.
  • Victor-Marie Hugo dit Victor Hugo, considéré comme l'un des plus importants poètes et écrivains de tous les temps, est né à Besançon en 1802.
  • Charles Baudelaire, poète controversé et violemment attaqué de son vivant, a été salué après sa mort comme "le vrai Dieu" par Arthur Rimbaud.
  • Anna de Noailles, poétesse française, est la première femme devenue commandeur de la Légion d'honneur et fut honorée par l'Académie française.
  • Louis Aragon, poète majeur du vingtième siècle, romancier et écrivain français, fut l'un des créateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme.
  • Voltaire : Poète, écrivain et philosophe français, François Marie Arouet, dit Voltaire a marqué notre histoire littéraire au XVIIIe siècle.
  • Paul Marie Verlaine, poète des clairs-obscurs, est à la base de la notion des "poètes maudits" qui désigne ainsi les hommes incompris.
  • Germain Nouveau est un poète français né dans le Var en 1851 et dont l'oeuvre, profondément mystique, fut admirée par les surréalistes.
  • Charles Cros est le fils d'un instituteur de Narbonne. Charles Hortensius Emile Cros est né en 1842 à Fabrezan, dans l'Aude.
  • Jean-Claude Brinette : Poète contemporain et ancien religieux, J.-C. Brinette est l'auteur des poèmes L'art d'aimer et de L'effet d'un sourire.

Anthologie de la poésie française classique :

Que c'est beau la poésie quand nos poètes nous parlent d'amour ! Nous vous présentons, dans ce recueil de poésie française, les plus beaux poèmes de poètes français.

1. Les femmes sont sur la terre...

Victor Hugo (1802-1885)
(Recueil : Les contemplations)

Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L'univers est un mystère
Que commente leur baiser.

C'est l'amour qui, pour ceinture,
A l'onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N'est, au fond, que l'ornement.

Tout ce qui brille, offre à l'âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n'avait fait la femme,
Il n'aurait pas fait la fleur.

A quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;

Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.

Tout objet qui charme ou rêve
Tient des femmes sa clarté ;
La perle blanche, sans Eve,
Sans toi, ma fière beauté,

Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N'est plus que la maladie
D'une bête dans la nuit.

2. Les bijoux :

Charles Baudelaire (1821-1867)
(Recueil : Les fleurs du mal)

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

3. Je ne veux plus aimer que ma mère Marie :

Paul Verlaine (1844-1896)
(Recueil : Sagesse)

Je ne veux plus aimer que ma mère Marie.
Tous les autres amours sont de commandement.
Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement
Pourra les allumer aux coeurs qui l'ont chérie.

C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis,
C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice,
Et la douceur de coeur et le zèle au service,
Comme je la priais, Elle les a permis ...

C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins,
C'est pour Elle que j'ai mon cœur dans les Cinq Plaies,
Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies,
Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins.

Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie,
Siège, de la Sagesse et source des pardons,
Mère de France aussi, de qui nous attendons
Inébranlablement l'honneur de la patrie.

Marie Immaculée, amour essentiel,
Logique de la foi cordiale et vivace,
En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse,
En vous aimant du seul amour, Porte du ciel ?

4. Soir :

Charles Cros (1842-1888)
(Recueil : Le coffret de santal)

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu'y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

Chauves-souris disséminées,
Mes tristesses s'en vont en l'air
Se cacher par les cheminées.
Noires, sur le couchant vert-clair.

Le gaz s'allume aux étalages...
Moi, je crois, au lieu du trottoir,
Fouler sous mes pieds les nuages
Ou les tapis de son boudoir.

Car elle suit mes courses folles,
Et le vent vient me caresser
Avec le son de ses paroles
Et le parfum de son baiser.

5. Une allée du Luxembourg :

Gérard de Nerval (1808-1855)

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C'est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !

Mais non, - ma jeunesse est finie...
Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !

6. Plaisir d'amour :

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

J'ai tout quitté pour l'ingrate Sylvie,
Elle me quitte et prend un autre amant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

Tant que cette eau coulera doucement
Vers ce ruisseau qui borde la prairie,
Je t'aimerai, me répétait Sylvie ;
L'eau coule encor, elle a changé pourtant !

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,
Chagrin d'amour dure toute la vie.

7. Air :

Jean de La Fontaine (1621-1695)

Tout l'univers obéit à l'amour ;
Belle Psyché, soumettez-lui votre âme.
Les autres Dieux à ce Dieu font la cour,
Et leur pouvoir est moins doux que sa flamme.
Des jeunes coeurs c'est le suprême bien :
Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.

Sans cet amour, tant d'objets ravissants,
Lambris dorés, bois, jardins, et fontaines,
N'ont point d'appas qui ne soient languissants,
Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines,
Des jeunes coeurs c'est le suprême bien :
Aimez, aimez ; tout le reste n'est rien.

8. Sonnet de Philis :

Honoré d'Urfé (1567-1625)

L'amour ne brûle plus, ou bien il brûle en vain ;
Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées,
Il a ses dards rompus, leurs pointes émoussées,
Et son arc sans vertu demeure dans sa main.

Ou, sans plus être Archer d'un métier incertain,
Il se laisse emporter à plus hautes pensées,
Ou ses flèches ne sont en nos coeurs adressées,
Ou bien, au lieu d'amour, nous blessent de dédain.

Ou bien, s'il fait aimer, aimer c'est autre chose
Que ce n'était jadis, et les lois qu'il propose
Sont contraires aux lois qu'il nous donnait à tous.

Car aimer et haïr, c'est maintenant le même,
Puisque pour bien aimer il faut être jaloux.
Que si l'on aime ainsi, je ne veux plus qu'on m'aime.

9. A George Sand :

Alfred de Musset (1810-1857)

Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées,
Bel ange aux yeux d'azur, aux paupières voilées,
Amour, mon bien suprême, et que j'avais perdu !
J'ai cru, pendant trois ans, te vaincre et te maudire,
Et toi, les yeux en pleurs, avec ton doux sourire,
Au chevet de mon lit, te voilà revenu.

Eh bien, deux mots de toi m'ont fait le roi du monde,
Mets la main sur mon coeur, sa blessure est profonde ;
Élargis-la, bel ange, et qu'il en soit brisé !
Jamais amant aimé, mourant sur sa maîtresse,
N'a sur des yeux plus noirs bu la céleste ivresse,
Nul sur un plus beau front ne t'a jamais baisé !

10. Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer :

Victor Hugo (1802-1885)

Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer
À tout ce qui reluit malgré de sombres voiles,
Aux bois pleins de rayons, aux nuits pleines d'étoiles.
L'esprit en la voyant s'en va je ne sais où.
Elle a tout ce qui peut rendre un pauvre homme fou.
Tantôt c'est un enfant, tantôt c'est une reine.
Hélas ! quelle beauté radieuse et sereine !

Elle a de fiers dédains, de charmantes faveurs,
Un regard doux et bleu sous de longs cils rêveurs,
L'innocence, et l'amour qui sans tristesse encore
Flotte empreint sur son front comme une vague aurore,
Et puis je ne sais quoi de calme et de vainqueur !
Et le ciel dans ses yeux met l'enfer dans mon cœur !

Que j'ai sur votre vie un empire suprême, que vous ne respiriez qu'autant que je vous aime ?
Citation de Jean Racine

Dans ce recueil de poésie, vous trouverez les plus beaux poèmes d'amour des grands poètes romantiques français.