Poèmes de Germain Nouveau, poète français (1851-1920)

Germain Nouveau est un poète français né dans le Var en 1851 et dont l'oeuvre, profondément mystique, fut admirée par les surréalistes. Consultez ses plus beaux poèmes: Soif d'un baiser - Les mains - L'âme - Le baiser...

Poèmes d'amour et poésie de Germain :

Germain Nouveau
Germain Nouveau

La biographie de Germain Nouveau : Poète français (1851-1920)

Poète français (1851-1920) dont l'oeuvre, profondément mystique, fut admirée par les surréalistes.
Né à Pourrières dans le Var, Germain Nouveau entre en 1863 au petit séminaire d'Aix, puis au collège Bourbon de la même ville ou il obtient de nombreux prix et passe le baccalauréat en 1870. Il arrive à Paris en 1872 et collabore à l'album zutique. En 1874, il part pour Londres avec Rimbaud, et revient en Angleterre, ou il retrouve Paul Verlaine, en 1875. Il se convertit au catholicisme et écrit alors des poèmes religieux. Il devient, en 1878, employé au ministère de l'instruction publique. Il commence à rédiger La Doctrine de l'Amour, qu'il achève en 1881. Pour avoir voulu se battre en duel, il perd son emploi en 1882. Devenu professeur au Liban, il y mène une vie difficile.

De retour à Paris en 1885, Germain Nouveau tombe amoureux d'une jeune femme qui lui inspire les poèmes de Valentines. Il est ensuite professeur dans différents postes, mais une crise de folie mystique entraîne son internement à Bicêtre en 1891. Il mène, après sa libération, une vie de vagabondage et de mendicité, et se plonge de plus en plus dans le mysticisme. De nouveau à Paris en 1904, il publie Savoir Aimer. Le ministère lui refusant son secours financier, il reprend son existence errante à travers l'Europe du Sud et l'Algérie. En 1911, il se retire définitivement dans son village natal de Pourrières ou il achète une maison. Il est découvert mort à son domicile et inhumé dans la fosse commune. Son recueil Valentines ne sera publié qu'en 1922. Consultez la biographie de Germain Nouveau sur Wikipédia.

Découvrez ses plus beaux poèmes :

1. Soif d'un baiser :

Germain NOUVEAU (1851-1920)
(Recueil : Valentines)

Comme une ville qui s'allume
Et que le vent vient embraser,
Tout mon coeur brûle et se consume,
J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser.

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Pleins de délices et de fièvres,
Ah ! j'ai soif d'un baiser !

Baiser multiplié que l'homme
Ne pourra jamais épuiser,
O toi, que tout mon être nomme,
J'ai soif, oui d'un baiser.

Fruit doux où la lèvre s'amuse,
Beau fruit qui rit de s'écraser,
Qu'il se donne ou qu'il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

Baiser d'amour qui règne et sonne
Au coeur battant à se briser,
Qu'il se refuse ou qu'il donne
Je veux mourir de ce baiser.

2. Les mains :

Germain NOUVEAU (1851-1920)
(Recueil : Poésies d'Humilis)

Aimez vos mains afin qu'un jour vos mains soient belles
Il n'est pas de parfum trop précieux pour elles
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux
Il n'est pas d'instruments trop délicats pour eux

C'est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles,
Elles ont pris leur neige aux lys des Séraphins
Au jardin de la chair, ce sont deux fleurs pareilles,
Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.

Il circule un printemps mystique dans les veines
Où court la violette, où le bleuet sourit,
Aux lignes de la paume ont dormi les verveines:
Les mains disent aux yeux les secrets de l'esprit.

Les peintres les plus grands furent amoureux d'elles,
Et les peintres des mains sont les peintres models

Comme deux cygnes blancs l'un vers l'autre nageant,
Deux voiles sur la mer fondant leurs pâleurs mates,
Livrez vos mains à l'eau dans les bassins d'argent,
Préparez-leur le linge avec les aromates.

3. Le baiser (III) :

Germain NOUVEAU (1851-1920)
(Recueil : Valentines)

" Tout fait l'amour. " Et moi j'ajoute,
Lorsque tu dis : " Tout fait l'amour " :
Même le pas avec la route,
La baguette avec le tambour.

Même le doigt avec la bague,
Même la rime et la raison,
Même le vent avec la vague,
Le regard avec l'horizon.

Même le rire avec la bouche,
Même l'osier et le couteau,
Même le corps avec la couche,
Et l'enclume sous le marteau.

Même le fil avec la toile
Même la terre avec le ver,
Le bâtiment avec l'étoile,
Et le soleil avec la mer.

Comme la fleur et comme l'arbre,
Même la cédille et le c,
Même l'épitaphe et le marbre,
La mémoire avec le passé.

La molécule avec l'atome,
La chaleur et le mouvement,
L'un des deux avec l'autre tome,
fut-il détruit complètement.

Un anneau même avec sa chaîne,
Quand il en serait détaché,
Tout enfin, excepté la Haine,
Et le coeur qu'Elle a débauché.

Oui, tout fait l'amour sous les ailes
De l'Amour, comme en son Palais,
Même les tours des citadelles
Avec la grêle des boulets.

Même les cordes de la harpe
Avec la phalange du doigt,
Même le bras avec l'écharpe,
Et la colonne avec le toit.

Le coup d'ongle ou le coup de griffe,
Tout, enfin tout dans l'univers,
Excepté la joue et la gifle,
Car... dans ce cas l'est à l'envers...

4. L'âme :

Germain NOUVEAU (1851-1920)
(Recueil : Valentines)

Comme un exilé du vieux thème,
J'ai descendu ton escalier ;
Mais ce qu'a lié l'Amour même,
Le temps ne peut le délier.

Chaque soir quand ton corps se couche,
Dans ton lit qui n'est plus à moi,
Tes lèvres sont loin de ma bouche ;
Cependant, je dors près de Toi.

Quand je sors de la vie humaine,
J'ai l'air d'être en réalité,
Un monsieur seul qui se promène ;
Pourtant je marche à ton côté.

Ma vie à la tienne est tressée
Comme on tresse des fils soyeux,
Et je pense avec ta pensée,
Et je regarde avec tes yeux.

Quand je dis ou fais quelque chose,
Je te consulte, tout le temps ;
Car je sais, du moins, je suppose,
Que tu me vois, que tu m'entends.

Moi-même je vois tes yeux vastes,
J'entends ta lèvre au rire fin.
Et c'est parfois dans mes nuits chastes
Des conversations sans fin.

C'est une illusion sans doute,
Tout cela n'a jamais été ;
C'est cependant, Mignonne, écoute,
C'est cependant la vérité.

Du temps où nous étions ensemble,
N'ayant rien à nous refuser,
Docile à mon désir qui tremble,
Ne m'as-tu pas, dans un baiser,

Ne m'as-tu pas donné ton âme ?
Or le baiser s'est envolé,
Mais l'âme est toujours là, Madame ;
Soyez certaine que je l'ai.

Le jour est moins charmant que les yeux de la nuit.
Citation de Germain Nouveau
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