Poème : Génie

Poète : Arthur Rimbaud / Oeuvre : Illuminations 1886.

Génie : Poème d'Arthur Rimbaud
Génie - Arthur Rimbaud
Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase. 

Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie... 

Et nous nous le rappelons, et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !" 

Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé. 

O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action. 

O fécondité de l'esprit et immensité de l'univers. 

Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ! 

Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite. 

Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense. 

Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions. 

O lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues. 

O monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux ! 

Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour. 

Poème : Entends comme brame

Poète : Arthur Rimbaud / Oeuvre : Derniers vers

Entends comme brame : Poème d'Arthur Rimbaud
Entends comme brame - Rimbaud
Entends comme brame
près des acacias
en avril la rame
viride du pois ! 
Dans sa vapeur nette,
vers Phoebé ! tu vois
s'agiter la tête
de saints d'autrefois... 

Loin des claires meules 
des caps, des beaux toits,
ces chers Anciens veulent
ce philtre sournois... 

Or, ni fériale
ni astrale ! n'est
la brume qu'exhale
ce nocturne effet. 

Néanmoins ils restent,
- Sicile, Allemagne,
dans ce brouillard triste
et blêmi, justement ! 

Poèmes : Ce qui retient Nina

Poète : Arthur Rimbaud / Œuvre : Poésies d'Arthur Rimbaud 1892

Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud
Les réparties de Nina 1

LUI - Ta poitrine sur ma poitrine,
Hein ? nous irions,
Ayant de l'air plein la narine,
Aux frais rayons

Du bon matin bleu, qui vous baigne
Du vin de jour ?...
Quand tout le bois frissonnant saigne
Muet d'amour

De chaque branche, gouttes vertes,
Des bourgeons clairs,
On sent dans les choses ouvertes
Frémir des chairs :

Tu plongerais dans la luzerne
Ton blanc peignoir,
Rosant à l'air ce bleu qui cerne
Ton grand oeil noir,

Amoureuse de la campagne,
Semant partout,
Comme une mousse de champagne,
Ton rire fou :

Riant à moi, brutal d'ivresse,
Qui te prendrais
Comme cela, - la belle tresse,
Oh ! - qui boirais

Ton goût de framboise et de fraise,
O chair de fleur !
Riant au vent vif qui te baise
Comme un voleur,

Au rose, églantier qui t'embête
Aimablement :
Riant surtout, ô folle tête,
A ton amant !...
Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud 2
Ce qui retient Nina 2
Dix-sept ans ! Tu seras heureuse !
Oh ! les grands prés,
La grande campagne amoureuse !
- Dis, viens plus près !...

- Ta poitrine sur ma poitrine,
Mêlant nos voix,
Lents, nous gagnerions la ravine,
Puis les grands bois !...

Puis, comme une petite morte,
Le coeur pâmé,
Tu me dirais que je te porte,
L'oeil mi-fermé...

Je te porterais, palpitante,
Dans le sentier :
L'oiseau filerait son andante :
Au Noisetier...

Je te parlerais dans ta bouche ;
J'irais, pressant
Ton corps, comme une enfant qu'on couche,
Ivre du sang

Qui coule, bleu, sous ta peau blanche
Aux tons rosés :
Et te parlant la langue franche...
Tiens !... - que tu sais...

Nos grands bois sentiraient la sève,
Et le soleil
Sablerait d'or fin leur grand rêve
Vert et vermeil.
Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud 3
Ce qui retient Nina 3 - Rimbaud
Le soir ?... Nous reprendrons la route
Blanche qui court
Flânant, comme un troupeau qui broute,
Tout à l'entour

Les bons vergers à l'herbe bleue,
Aux pommiers tors !
Comme on les sent toute une lieue
Leurs parfums forts !

Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l'air du soir ;

Ca sentira l'étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d'un lent rythme d'haleine,
Et de grands dos

Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
A chaque pas...

- Les lunettes de la grand-mère
Et son nez long
Dans son missel ; le pot de bière
Cerclé de plomb,

Moussant entre les larges pipes
Qui, crânement,
Fument : les effroyables lippes
Qui, tout fumant,

Happent le jambon aux fourchettes
Tant, tant et plus :
Le feu qui claire les couchettes
Et les bahuts.

Les fesses luisantes et grasses
D'un gros enfant
Qui fourre, à genoux, dans les tasses,
Son museau blanc

Frôlé par un mufle qui gronde
D'un ton gentil,
Et pourlèche la face ronde
Du cher petit...

[Noire, rogue au bord de sa chaise,
Affreux profil,
Une vieille devant la braise
Qui fait du fil ;]*

Que de choses verrons-nous, chère,
Dans ces taudis,
Quand la flamme illumine, claire,
Les carreaux gris !...

- Puis, petite et toute nichée,
Dans les lilas
Noirs et frais : la vitre cachée,
Qui rit là-bas...

Tu viendras, tu viendras, je t'aime !
Ce sera beau.
Tu viendras, n'est-ce pas, et même...

ELLE - Et mon bureau ? 

15 août 1870

Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes, et mort le 10 novembre 1891 à l'âge de trente sept ans.

Résumés et analyses des principales oeuvres de Rimbaud :

Arthur Rimbaud - Auteur et poète français

1. Le bateau ivre, Arthur Rimbaud 1871 :

Célèbre poème d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrit en 1871 et publié pour la première fois par Verlaine, dans son étude sur "Arthur Rimbaud" parue dans la revue "Lutèce" du 2-9 novembre 1883 et reprise dans les "Poètes maudits" ("Trisan Corbière-Arthur Rimbaud-Stéphane Mallarmé"), Vanier, 1884. "Le bateau ivre" fut par la suite inclus dans les diverses éditions des "Poésies", dont la première ("Reliquaire, Poésies", 1891) préfacée par Rodolphe Darzens, fut faite à l'insu de l'auteur, alors qu'il agonisait à l'hôpital de Marseille. Ernets Delahaye, amis du poète, rapporte que sur la fin de septembre 1871, se trouvant à Cherleville, en compagnie de Rimbaud, ce dernier, à la veille de partir pour Paris, lui confia: "Voici ce que j'ai fait pour leur présenter en arrivant" et il lui récita "Le bateau ivre"; puis il ajouta tristment: "Oui, on n'a rien écrit de semblable, je le sais bien... Et cependant, ce monde des lettres, d'artistes! Les Salons! Les élégances!... Je ne sais pas me tenir... je ne sais pas parler... Oh! pour la pensée, je ne crains personne...". Pourtant, Rimbaud, qui avait à peine dix-sept ans, n'en était pas à son premier poème ni à son premier départ. Cette interrogation ne devait rien à la crainte; il faut y voir plutôt le pressentiment d'un échec, le sentiment profond d'une incompatibilité qui déjà se manifestait à travers les strophes du "Bateau ivre" et qu'un autre poème, celui de sa propre vie, allait dévoiler.

Car la poésie fut pour lui un geste naturel que par probité il se refusa d'exploiter; une démarche qu'il abandonna comme inefficace, ou plutôt, qui se modifia d'elle-même lorsqu'il atteignit, à l'âge d'homme, une nouvelle conscience du monde et de sa propre réalité.
On a beaucoup écrit sur ses sources présumées, et les amateurs de rébus n'ont pas manqué d'en situer l'inspiration, pour le thème et même pour le langage, dans les collections de magazines illustrées tels que le "Magasin pittoresque", dans les poèmes de Gautier, "La ballade du vieux marin", de Coleridge, "Les travailleurs de la mer", les romans de Jules Verne. Peu nous importe après tout de savoir que l'adolescent poète n'avait jamais vu la mer avant d'écrire le "Bateau ivre"; il nous suffira d'y apprendre qu'il aimait contempler les flaques et y découvrait autant de mystères et d'enchantements que dans tous les Océans réunis le moindre moreau de matière, le moindre reflet, une coloration, lui permettaient de connaître et de savourer d'avance les qualités possibles de l'univers. Les publications illustrées, certes il s'en nourrissait, mais plus omme supports de son imagination que comme modèles, les appréciant en tant qu'objets ayant une valeur d'excitants, ne retenant, comme preuve, que les motifs où il se reconnaissait lui-même. "Le bateau ivre" est une préfiguration de la destinée de Rimbaud dans la mesure où celui-ci demeura fidèle aux impulsions et aux images fondamentales qui commandèrent son comportement et firent sa personnalité. En fait, déjà nanti d'une expérience vécue, il tenta de donner avec ce poème, et pour la première fois dans son oeuvre, une synthèse à la fois allégorique et sensible de ses aspirations et de ses contradictions. Tous ses poèmes antérieurs, à l'exclusion du "Cœur volé", ébauche du "Bateau ivre", sont parfois visionnaires, mais demeurent en quelque sorte "réalistes", peints d'après nature, se définissant dans l'espace et le temps familiers. Ici par contre, nous entrons dans la durée où le présent devient une éternité qui engage l'être de façon totale, connaissance immédiate, voyage intérieur que le poète épuisera avec "Les illuminations" et "Une saison en enfer": "Elle est retrouvée? - Quoi? - l' éternité. C'est la mer mêlée au soleil".
Pour l'instant, s'il a cédé à l'appel des sirènes, s'il s'est choisi "voyant", il pressent, au premier pas de cette fugue d'un nouveau genre, tout ce qu'il risque et perd. Car ses aventures spirituelles ne furent jamais pour lui un jeu sans conséquences. En ce sens, après Nerval et Baudelaire, Rimbaud chargeait la vocation de Poète d'une signification et d'une gravité nouvelles.

Il redonnait aux mots un poids de chair, poussé par le même besoin de sincérité que cet autre adolescent, Lautréamont, bien que ce dernier ait oeuvré sur un autre plan, infiniment plus littéraire. Il n'était pas nouveau le symbole du "bateau voyageant sur l'océan de la vie" et les "Bâteaux-fantômes" hantaient depuis longtemps les mers de la littérature, mais jamais on ne l'avait chargé d'autant de réalité. Ce n'est plus un noble voilier que ce "Bateau ivre", mais une péniche, faite pour les fleuves et les haleurs; une embaration passive, abandonnée, inutile, Bateau amoureux de l'élément que par destination il doit vaincre, au point de s'y livrer, de s'en griser et de s'y perdre. Thème de l' Irresponsabilité (cher à la littérature de tous les temps mais à qui le XIXe siècle avait donné une valeur personnelle), avec ses corollaires de Malédiction, de Condamnation, et de Paradis perdu; ses attitudes justifiatrices de protestation, d'inspiration et d'inconscience, d'orgueil et de révolte; refus de participation que la sincérité envers soi-même transforme en une liberté plus concrète, à laquelle, dans ses propres limites, Rimbaud atteindra. La même lucidité qui lui faisait écrire à son ami Demeny, quelques mois avant de composer le "Bateau ivre": "Ne sachant rien de ce qu'il faut savoir, résolu à ne rien faire de ce qu'il faut faire, je suis condamné dès toujours, pour jamais", semble lui avoir dicté la conclusion du poème: "Si je désire une eau d' Europe, 'est la flache - Noire et froide où, vers le crépuscule embaumé - Un enfant accroupi, plein de tristesse, lâche - Un bateau frêle comme un papillon de mai - Je ne suis plus, baigné de vos langueurs, o lames, - Enlever leur sillage aux porteurs de cotons, - Ni traverser l' orgueil des drapeaux et des flammes, -Ni nager, sous les yeux horribles des pontons!" Mais entre temps, mêlant un exotisme aujourd'hui usé, qu'il a su cependant fixer dans sa forme naïve, à l'extase d'une communion avec les éléments, "plus soeurs que les cerveaux d'enfants", "Libre, fumant, monté de brumes violettes", baigant dans "le Poème de la Mer, infusé d'astres", il a vécu en raffiné un univers barbare et fantastique, et a "vu quelquefois ce que l'homme a cru voir".

Voilà pour la signification. Quant au langage, il lui est intimement associé. Rimbaud s'était créé sa matière. La forme fait corps avec le fond. Les assoiations de mots et d'images ne sont pas seulement des combinaisons de sonorités, l'expression d'une émotion musicale, mais la restitution d'un état consistant; ce qui explique la puissance évocatrice du poème et le différencie de la production des symbolistes contemporains. Et si quelques images sont trop dans le goût de l'époque, trop entachés encore de romantisme et de préciosité verbale (ce "baroque" s'incère toutefois assez bien dans le climat étrange, la tonalité inouïe dont le poème est imprégné), il en est d'autres qui, s'imposant avec la violence d'un jaillissement spontané, n'en sont pas moins d'une perfection définitive. Rimbaud pouvait dire: "On n'a rien écrit de semblable"; en effet, il échappait au discursif, à l'effusion sentimentale et musicale, utilisant un autre mode d'expression, plus riche, plus complet, opérant la mise au jour de ces "Correspondances" que Baudelaire avait révélées. Poème d'évasion et d'emprisonnement, témoignage de suave et d'amère perdition, et, en même temps, effort et désir d'échapper à ces obligations contradictoires en conservant sa propre intégrité: tel apparaît le "Bateau ivre".

2. Illuminations, Arthur Rimbaud 1886 :

Recueil poétique en prose d'Arthur Rimbaud (1854-1891), publié à Paris dans la Vogue, et en volume aux Éditions de cette revue en 1886. Dans l'édition des Poésies complètes (Paris, Léon Vanier, 1895), figurent des textes découverts plus tard et absents dans l'édition de la Vogue ainsi que dans la première effectuée par Vanier en 1892. Dans chacune de ces éditions, le recueil est précédé d'une "Notice" ou "Préface" de Paul Verlaine.

En 1875, lors d'une dernière rencontre à Stuttgart, Rimbaud remit à Verlaine le manuscrit des Illuminations, qui passa ensuite entre de nombreuses mains, avant d'être publié en 1886. Rimbaud, qui avait depuis longtemps renoncé à la poésie et vivait en Abyssinie, ignora cette publication. Selon le témoignage de Verlaine, l'ouvrage "fut écrit de 1873 à 1875" (Notice de l'édition 1886).
En effet, si quelques poèmes en prose sont antérieurs à ceux d'Une saison en enfer, il est désormais généralement admis que la plupart sont contemporains ou postérieurs. Cela n'interdit toutefois nullement de voir dans Une saison en enfer une sorte de testament poétique que les Illuminations corrigent ou prolongent.

Biographie de Victor Hugo (Résumé) :

Nouvelle photo de Victor Hugo
Les plus beaux poèmes d'amour de Victor Hugo

Un fils de la République :

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802 de Sophie Trébuchet, nantaise, royaliste et de Léopold Hugo, lorrain, révolutionnaire, général de l’Empire et honoré du titre de Comte par Napoléon. Il a deux frères Abel né en 1798 et Eugène né en 1800. Ses parents se séparent alors qu’il a deux ans, Sophie ayant une relation avec le général Victor Lahorie, un des meilleurs amis du couple et parrain de Victor. Il suit d’abord son père dans ses déplacements militaires en Italie et en Espagne ou il est page du Roi Joseph Bonaparte et élève au séminaire des nobles de Madrid. 

Après que Victor Lahorie ait été fusillé, en 1812, pour avoir conspiré contre Napoléon, Victor habite avec sa mère, rue des Feuillantines. En compagnie de ses frères il profite d’une vie libre. Il lit beaucoup et s’intéresse aussi aux mathématiques. Il rencontre Adèle Foucher dont il tombe passionnément amoureux. Recherchant la stabilité affective, il envisage rapidement de sa marier avec elle, mais sa mère s’y opposant, ce projet ne se réalisera qu’après la mort de celle ci en 1821. 

Dès 14 ans, Victor Hugo, curieux et stimulé par son environnement familial, soutient qu’il sera «Chateaubriand ou rien». Il est déjà distingué par l'Académie française en 1817 pour une pièce sur les Avantages de l'étude. En 1820 il est récompensé par la société littéraire des Jeux Floraux. Il abandonne alors l’étude des mathématiques pour se vouer entièrement à la littérature. 

Doté d’une grande intelligence et d’une énergie fabuleuse, il est honoré dès sa jeunesse :

À vingt ans, Victor Hugo publie le recueil des Odes (remanié et publié en 1828 sous le titre Odes et Ballades). Louis XVIII, touché, lui octroi une pension de 2000 francs. Il fréquente Nodier, Vigny et son idole Lamartine. Il obtient la légion d’honneur en 1825. 

S’étant réconcilié avec son père révolutionnaire, il use de son titre de Baron d’Empire. Victor fait feux de tout bois. Il prend part dans le journal Le Conservateur littéraire, publie les romans Han d'Islande (1823), contant une légende du « royaume d’Islande » et Bug-Jargal (1826, écrit en 1818), «dont le fond est emprunté à la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791». En 1827, il obtient une certaine notoriété publique en offrant Cromwell, une pièce injouable mais dont l’audace est appréciée. En 1828, il écrit pour le théâtre Amy Robsart et propose le recueil de vers Ballades. Son drame en vers, Marion de Lorme, est interdit par la censure (et sera joué après la révolution de 1830). En 1829 il publie les Orientales. 

Son autre grand projet de vie se joue avec sa femme, dont il est toujours très amoureux. Elle lui donne quatre enfants Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830). Néanmoins, Adèle souffre du trop plein d’énergie de son mari et de la charge familiale et finit par lui montrer un certain désintérêt. 

A moins de 30 ans Victor Hugo est un écrivain audacieux, apprécié des grands comme du peuple :

En 1830 Victor Hugo déchaîne le monde littéraire en faisant jouer Hernani à la Comédie Française car c’est une pièce qui ne respecte ni l’unité de lieu ni l’unité de temps. Il rencontre le succès populaire grâce entre autre au roman Notre Dame de Paris (1831), le recueil de poésies Feuilles d’automne (1831), les pièces le Roi s’amuse (interdite par la censure en 1832), Lucrèce Borgia, Ruy Blas et Mary Tudor en 1833, Angelo (en prose) en 1835 et Ruy Blas, en vers en 1838. 

Dans Lucrèce Borgia joue une comédienne considérée médiocre, Juliette Drouet, qui tombe amoureuse et lui offre une liaison sensuelle. Elle sera sa maîtresse pour la vie. Victor mène grand train. Il fait partie de la « cour » du Roi Louis Philippe, est nommé Vicomte. En 1841, il est accepté à l’Académie Française (à sa cinquième tentative). 

Victor Hugo doit financer sa double vie et augmente sa production. Son talent d’écrivain romantique est encore affirmé par la publication des recueils de poésies Chants du crépuscule (1835), les Voix intérieures (1837), Rayons et Ombres (1840) ainsi que Le Rhin, impressions de voyage (1842). 

Premiers coups du destin :

En 1843, le malheur frappe à sa porte. En mars, la mauvaise réception de sa pièce les Burgraves l’éloigne du théâtre. En septembre, au cours d’un voyage près de Soubise en compagnie de Juliette, il apprend, en consultant Le Siècle, la mort de sa fille Léopoldine. Elle s’est noyée dans la Seine en compagnie de Charles Vacquerie, son récent époux . 

Le 5 juillet 1845 il est pris en flagrant délit d’adultère avec sa nouvelle maîtresse Léonie Biard. C’est un scandale public. Victor échappe à la prison, ayant été nommé Pair de France en début d’année par Louis-Philippe, il n’en est pas de même pour sa maîtresse. La réputation de Victor Hugo est entachée et il s’éloigne de la vie publique pour commencer la rédaction des Misères (renommé par la suite Les Misérables). 

Victor Hugo prend parti contre Louis-Napoléon Bonaparte :

Respectant d’abord la tradition familiale, il est partisan de Louis-Napoléon Bonaparte. Il est élu député de Paris à l’Assemblé Constituante le 4 juin 1848. Néanmoins, le régime se durcit et il fait part de son désaccord. En juillet 1849, il prononce à l’Assemblée un discours sur la misère qui fait scandale. Après le coup d’état du 2 décembre 1851, il s’oppose franchement à Louis-Napoléon en prononçant plusieurs discours à l’Assemblée. 

Toute la famille s’engage dans l’opposition et son fils Charles est écroué à la Conciergerie en juillet 1851, suivi par François-Victor en novembre. Il doit fuir le régime et Juliette Drouet l’aide à s’installer à Bruxelles en décembre. La Belgique ne peut plus lui offrir refuge lorsqu’il publie le pamphlet Napoléon le Petit le 5 août 1852. Il part alors à Jersey 

L’exile dans les îles anglo-normandes :

Victor Hugo exprime alors son désaccord en rédigeant les 98 poèmes des Châtiments en 1853. 

Dans son exil, à Marine Terrace, il reçoit ses amis parisiens. Delphine de Girardin l’initie au spiritisme en septembre 1853. Victor est persuadé que sa fille Léopoldine s’exprime grâce à la table qui lui dicte jusqu’à 4000 mots par séance. Son fils Charles semble posséder un « fluide » plus puissant que quiconque. Les séances prennent fin en 1854, Victor ayant le sentiment d’avoir épuisé les révélations de la table. 

Les autorités de Jersey l’expulsent en Octobre 1855. Il s’installe à Gernesey où il achète une grande maison Hauteville-House. Il vit principalement avec Juliette Drouet. 

Sa colère contre la République Française s’exprime encore dans les Misérables (1862 ), mais la vie sur cette belle île sauvage, profitant de nombreuses maîtresses lui inspirent des œuvres beaucoup plus sereines. Dans le recueil de poésies les Contemplations (1856) il revient sur le traumatisme de la mort de sa fille et s’intéresse à tous les domaines de la connaissance humaine. Il fait une étude de la totalité de l’histoire dans La Légende des siècles (1859) et s’intéresse à William Shakespeare (1864). Il s’exalte pour la luxuriance de l’île et le monde marin qui lui inspirent les Travailleurs de la mer (1866) ainsi que l'Homme qui rit (1869). 

Après l’amnistie de 1859, il ne rentre pas à Paris, néanmoins il séjourne régulièrement à Bruxelles ou son fils Charles s’établit. En 1867 Charles à un fils Georges qui ne vivra q’un an. Adèle meurt à Bruxelles en août 1868. Jeanne, fille de Charles naît en 1869. 

Un patriarche humaniste de retour à Paris :

Le 5 septembre 1870, au lendemain de la chute du troisième Empire, Victor Hugo rentre à Paris. Il est acclamé par la foule. Élu député de Paris en février 1871, il prend parti pour l’abolition de la peine de mort. Il veut réformer la magistrature, défendre les droits de la femme, instituer une éducation obligatoire et gratuite, créer les États-Unis d'Europe... 

Fatigué des violences révolutionnaires il démissionne le 8 mars 1871. Il se réfugie à Bruxelles où il offre asile aux communards. Son fils Charles est abattu lors de la Commune, le 13 mars. En février 1872, sa fille Adèle, est internée dans un asile à Saint-Mandé. En avril il exprime sa peine dans le recueil de poésies l'Année terrible. Victor s’en retourne à Gernesey en août. Son fils François-Victor meurt en décembre 1873. 

A un âge avancé, Victor Hugo continue à enchaîner les conquêtes. A partir de 1873, la lingère de Juliette Drouet, Blanche Lanvin, qui a alors 23 ans est sa dernière aventure. 

En janvier 1876, il est élu sénateur de Paris. Il discourt en faveur de l'amnistie des communards. En juillet, il publie le troisième volume d'Actes et Paroles (Depuis l'exil). 

En 1877 Victor Hugo publie la deuxième série de la Légende des Siècles, l'art d'être grand-père et la première partie de l'histoire d'un crime. En 1878 paraît la deuxième partie de l'histoire d'un crime et le Pape. 

En 1878, après une congestion cérébrale, il s'installe avenue d'Eylau et n’écrit pratiquement plus. Il publie la Pitié Suprême en 1879. Il intervient à nouveau au sénat en faveur de l'amnistie des communards. En 1880 est publié Religions et religion (écrit en 1870). 

Pour ses quatre-vingt ans, le peuple (des centaines de milliers de personnes), lui rend hommage en défilant sous ses fenêtres dans l’avenue qui a sera rebaptisée à son nom. 

En 1883, meurt Juliette Drouet. En juin est publié le troisième Tome de la Légende des Siècles. 

Le 22 mai 1885, Victor Hugo va finalement « Voir Dieu ! Lui parler ! Quelle grande chose ! …». Des centaines de milliers de personnes suivront le «corbillard des pauvres», de l'étoile jusqu'au Panthéon."

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Les plus beaux poèmes de Victor Hugo :

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Autres sources : Biographie de Victor HUGO.

Poème : Viens ! - une flûte invisible

Poète : Victor Hugo / Oeuvre : Les contemplations (1856)

Poème : Viens ! - une flûte invisible de Victor Hugo
V Hugo : Viens ! - une flûte invisible - Les contemplations (1856)
Viens ! - une flûte invisible
Soupire dans les vergers. -
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.

Le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux. -
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.

Que nul soin ne te tourmente.
Aimons-nous! aimons toujours ! -
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours.

Les Metz, août 18...

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Austin Jack

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