Poème : Tu m'avais promis mille baisers

Baiser Amoureux d'une belle femme, Image & Photo
TU M'AVAIS PROMIS MILLE BAISERS

Sous des chênes qui nous prêtent leur ombre,
Tu m'avais promis mille baisers l'autre jour 
Et des caresses, sans compter leur nombre,
Car le nombre ne peut suffire à l'amour.

J'ai une faim de loup durant ces jours !
Pourquoi souvent je m'étonne, madame,
Est-ce que tu caches ton jeu, par amour ?
Je sais que tu m'aimes, je te jure mon âme.

Ta grâce, ta beauté et ta tendresse !
Brûlent le cœur et l'âme tour à tour
Est-ce que mes caresses te blessent ?
Excuse-moi, si mes mots sont trop lourds.

Le drap ébranle ta fine peau satinée 
Et ton corps sème son parfum de roses 
Viens, laisse-moi dévorer cette beauté
Lorsque l'onde du ciel retrouve sa dose.

Ah ! Je suis comblé, j'ai jeté mes armes
Je ne compte les maux, mais les plaisirs.
Même si s’entremêlent baisers et larmes 
Fantasmes, désirs, rêves, plaisirs et soupirs.

Tous droits réservés à l'auteur © Riahi Med

J’aimerais partir 
Vers des cités 
Où le soleil ne fane jamais 
Des cités qui ne détiennent 
Que le clair de la lune 
Et où le vin nocturne s’est enivré
***
Vers des plages 
Où le sable fidèle 
Prie pour un reflux 
Qui s’est échu,
Vers un lieu sans meurtrissures 
Ni bulles creuses,
Vers un flux blanc et généreux 
Qui au cours d’un débordement 
S’est oublié lui-même.
***
J’aimerais étreindre un souhait 
Embu de ton parfum,
Jeter l’ancre sur un baiser 
Aussi violent 
Que la tempête des saisons,
Tourner avec lui ,
Danser telle une vie passionnée,
Me balancer comme une fillette 
Défiant les limites du ciel.
***
J’aimerais filer la soie de l’envie 
Dans les bras de ma patrie.
Je voudrais tisser passionnément 
La transparence d’un corps,
Faire accoster mes vagues 
Sur la chaleur d’un pouls,
Mes vagues fondant en soupirs 
Dans l’éveil de mes gémissements.
***
Ah si la patience dans l’exil 
Possède une entité semant la rosée 
Tel un silence printanier !
Mais tu es mon temple
Et j’y suis une ascète .
Que mon encens 
Ne brûle jamais à vive voix
Dans mes corridors 
Pour un souvenir 
Autre que le tien !

Poétesse Rachel Chidiac


Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’amour spirituel fusionnel, l’auteure de ce poème que l’on peut, de ce fait, classer parmi les poètes dits « à expérience » c.à.d. ceux qui sont habités par des préoccupations profondes et constantes mais qui ne se répètent, par contre, pas au niveau du style, conçoit, comme on le voit, son nouveau texte sous la forme d’un poème amoureux dans lequel le discours émane d’une locutrice éprise follement d’un bien-aimé (j’aimerais étreindre un souhait embu de ton parfum,/jeter l’ancre sur un baiser/ aussi violent que la tempête des saisons, / tourner avec lui ,/ danser telle une vie passionnée,/ me balancer comme une fillette défiant les limites du ciel ). 

Mais un seul vocable placé intentionnellement dans le 26 ème vers (j’aimerais filer la soie de l’envie dans les bras de ma patrie ) fait découvrir au lecteur que c’est plutôt de l’amour de la patrie ( Watan – mawten : masculin en arabe) qu’il s’agit et qu’il a, dès le début, affaire à un poème patriotique. 
Ce subterfuge artistique constitue ainsi le premier coup d’éclat majeur dans ce texte qui se renforce, ensuite, par la métaphore du temple et de l’ascète sur laquelle se clôture le poème ( tu es mon temple et j’y suis une ascète . que mon encens ne brûle jamais à vive voix dans mes corridors pour un souvenir autre que le tien !). 
Néanmoins, la construction de ce texte n’est pas aussi simpliste que l’on penserait ,car la poétesse l’a conçu, sur un autre plan, dès le début aussi, sous la forme d’un acte de langage promissif selon le terme de John Searle (Les promissifs : promettre, faire vœu de, garantir, parier, jurer de…). Et cela ne manque pas de nous faire poser de sérieuses questions sur les raisons des souhaits de la poétesse de quitter le pays qu’elle adore vers d’autres horizons (j’aimerais partir vers des cités… vers des plages… vers un lieu sans meurtrissures ni bulles creuses…) ? 

Le reste du poème montre que le départ souhaité s’accomplit dans le rêve et non dans un espace réel, donc vers une situation plus favorable où la patrie serait plus stable, plus sereine et portée vers un avenir prometteur. Une hymne ayant la forme d’une chanson lyrique , écrite avec passion, finesse et une grande sensibilité.

Face à la laideur du monde 
Je cherche dans l'immonde

Une place au soleil.
Il est couleur vermeil

Celui qui trouve le ciel 
D'un savoir universel.

L'ignorance est trop triste 
Quand l'inculture assiste

La vie, et son chemin.
Quittons donc le destin

Qui vit sans lendemain 
Pour atteindre enfin

La beauté de ce monde 
Et reposer dans l'onde

Ou vécut Ophélie 
Jeune nymphe enfouie 

Dans les méandres de la vie.
Je cherche l'univers 
Ou le monde à l'envers

Trouvera sans répit 
Culture et esprit.
Image de culture colorée avec une femme

Je crois que cette brillante lune 
N'est que le reflet de ta beauté 
Et que le Sahara et ses dunes 
Sont les territoires de ta liberté.

Je pense que c'est toi qui adore 
Les coquelicots des champs 
Tu as un très joli sourire fort 
Et une âme douce d'enfants.

Je pense que les louanges 
A ton visage montent mieux,
Là où se rassemblent les anges 
Ils ne peuplent pas que les cieux.

Ah ! Puisque tu entends de loin 
Tu sais que de toi j'ai besoin 
Alors aime moi sans cesse.

Ton amour Divin est un don !
Que chaque jour tu fais éclore
Je ne lasse de crier ton nom 
Tout le temps,le soir et à l'aurore.

Tu es le destin que j'espère
Toi que je nomme à genoux
En courbant le front par terre 
Toi, dont le cœur est si doux.
Protection des anges
Les droits sont réservés à Riahi Med

Poème : Mes vœux sont si nombreux

Vœux d'amour et de bonheur
Mes Vœux sont si Nombreux
Que mon corps n'y peut suffire 
Pourtant je ne vis que pour eux,
Même si des fois me font souffrir.

L'avenir est rayonnant et blanc 
Je n'ai qu'à le poursuivre 
Comblé, heureux et content : 
Je ne veux qu'avec elle vivre.

Grand bonheur, joie et rire 
Yeux noirs, ciel azur bleu 
C'est aux regards qu'on peut dire.

En forme, plus d'amour, je veux
Vivre, chanter,composer et écrire
Jusqu'au parfum de tes cheveux,
Jusqu'à la beauté de ton sourire.

Je veux voyager avec toi, tout voir 
Te peindre, te décrire en un livre 
Beau et réel comme ton miroir 
Content, je tiens vraiment à vivre.

Tout droit réservé à l'auteur : Riahi Med

A toi ma lune d'espoir
Un poème de Sonia Garcia :

Une lune d'espoir et d'amour, sous forme d'un coeur


Embrassons ce monde 
Sans perdre une seconde 

A toi ma source de magie 
Plus belle chose de ma vie 

Tu es l'écrin de ma traîne 
Le sang dans mes veines

Ne détourne plus ton regard 
Pas de peine surtout ce soir

Ta douce lumière me berce 
De milles et une caresses

Guide et poète de mes runes 
Toi le fils de la plus belle lune

Tu es mon croissant d'argent 
Le plus beau de tous les diamants

Mon matin pur fait de satin 
S'il te plaît croyons aux lendemains

Ma lune si mystérieuse 
Dans ce ciel tu me rends heureuse

Sur ce fleuve d'argent 
Que tout redevienne comme avant

Sous ce bel astre princier 
Que s'allume la lumière tamisée

Ma poussière de lune 
Sous ta délicate plume

Essuie les larmes de nos chagrins 
De ton plus bel éclat cristallin

Copyright © Sonia Garcia

"Sonia Garcia" dont le nom et le prénom sonnent respectivement arabe et espagnol est bel et bien française et sa particularité la plus saillante est son ton mystique presque constant qui rappelle bien le soufisme musulman. Ce que nous constatons encore une fois dans ce nouveau poème où elle assimile son bien-aimé à un astre ( lune) , le place dès le début haut dans le ciel et se met à lui quémander désespérément un peu de lumière .Il y a aussi ce désir de s’unir avec lui (embrassons ce monde - essuie les larmes de nos chagrins ). 

Mais bien entendu, il n’y s’agit point de soufisme religieux mais plutôt d’un emprunt métaphorique pour exprimer sa flamme à l’égard de l’élu de son cœur. Et cette flamme est, selon ses propos, dramatique (essuie les larmes de nos chagrins) non seulement parce qu’elle n’est pas partagée (ne détourne plus ton regard ) mais aussi du fait qu’elle se poursuive après une rupture (que tout redevienne comme avant sous ce bel astre princier). 

Voici donc réunis dans ce poème tous les ingrédients de l’amour passionné unilatéral. Ce qui s’est projeté sur le style utilisé que l’on voit dominé de bout en bout par l’hyperbole dans le but d’amplifier trois qualités bien déterminées dans le bien-aimé : élévation (lune : 4 fois – croissant – astre-ciel ), luminosité ( lumière : 2 fois- éclat ), préciosité ( l'écrin de ma traîne – argent : 2 fois – diamants -. Satin ). Et si nous prenons en considération le fait d’avoir placé ce bien-aimé dans le ciel et sa propre personne en bas, l’image qu’elle donne de lui paraît être celle d’un dieu. 

Un poème amoureux d’une grande qualité ,simple, certes et d’une communicabilité facile mais habilement structuré et profondément émouvant.

Ni Papa ni Noël

Ma vie est cruelle 
Que le Froid 
Que la rue 
Tel un chien 
D’autrefois

Ni papa ni noël 
Que la vie est cruelle 
Ni câlin ni allô 
Ni toit ni ombrelle

Ni papa ni noël 
Que ma vie est cruelle 
Ni sel ni miel 
Ni chocolat ni caramel

Ni godasse ni babouches 
Que mépris que taloches 
Ni fiston ni mon fils 
Et moi fils de la rue 
Et la rue c’est les couteaux 
Et Mille et Une peurs 
Et leur mère la Terreur !
Celui-ci est de la police 
Celui-là est violeur ...

Noël joyeux mais aussi un peu triste
Noël triste ...

Les larmes de Noël

Nous voilà chantant petit Papa Noël 
Le sourire aux lèvres 
La voix assurée 
Regardant d’un œil attendrit 
Notre petite famille 
Laissant échapper une larme de…
C’est beau n’est-ce pas la magie de Noël !
Mais où est-elle passée ?
Chaque matin je ne lis que des textes 
Aux cœurs lourds 
Tout le monde a l’air si triste,
Si désemparé. 
Dos courbé vers l’avenir 
Apeuré vers le passé,
Oubliant le présent.
Que s’est-il passé ?
A quel instant l’homme a-t-il oublié 
Qui il était ?
Il ne pleure que des larmes amères,
Ne sourit que contraint et forcé,
Et son cœur est si sombre 
Que la lumière n’y passe plus.
Il attend.
J’aimerais trouver les mots 
Pour le réconforter 
Mais il est des silences 
Qu’il lui faut comprendre 
Pour sourire à nouveau.
Je n’aurais jamais ce pouvoir.
Alors toi qui a pris le temps de lire 
Ces quelques pensées nostalgiques 
Redresse-toi !
Soupire, respire, souris,
Et avance !
Demain ne peut pas être plus sombre qu’hier 
A toi de donner la lumière 
Chaque cœur est une lanterne d’espoir 
Pense au ciel étoilé et à sa beauté 
Et dis-toi que tu peux être aussi une étoile 
Qui brille de mille feux.
Sois la joie, 
Sois toi-même 
Et rêve !
(© Laure bolatre)

Une journée monotone, douze sur douze 
Le climat est lourd, le poète évite le combat ! 
Tout le monde sait que la beauté est jalouse, 
Là où il y a tristesse, elle n'habitera pas.

A Midi, le ciel, verse sa lessive blanche,
Les flaques dans les ruelles se laissent voir 
Les oiseaux sautent de branche en branche,
Rasant les allées semées de gazon vert noir.

La jolie femme marche sur la pelouse 
Malgré l'épaisse neige, le froid et la pluie. 
Quand l'ouvrier à midi jette sa blouse 
Ses lourds pas sur le pavé font du bruit.

Avec sa très courte robe sans manches, 
Le rapide zéphyr soulève ses cheveux,
Il cherche à prendre vraiment sa revanche 
Ayant peur du regard perçant de ses yeux.

C'est pourquoi les arbres de la terre entière 
Laissent tomber facilement leur feuillage, 
Elles n'aiment pas le vent et son mystère,
Ni même les bourrasques et les orages.

Belle femme dans l'automne
 JOURNÉE AUTOMNALE

La femme est dans ce monde charmant 
Un oiseau, une rose, une belle mélodie 
Une lumière, une eau vive,un chant 
Un ange qui me pénètre et m'envahit.

Un cœur si tendre, une gracieuse voix,
Un bonheur,une délicatesse,une vie.
Seul,en fin de soirée il m'arrive parfois,
De sentir mon corps frémissant de folie.

Son parfum est une douceur fort lente 
Et mon esprit qui n'a jamais touché le feu,
S'agite sur des idées et envies brûlantes.
Mon amour pour elle, est grand et pas peu.

Sur les refrains d'une romance infinie 
Cette cadence est un appel joyeux mêlé, 
A des plaintes d'amour et à des rires unis 
Flottant harmonieusement, jamais troublés.

La sueur coule et les yeux bien ouverts,
Le buste droit et les lèvres couleurs sang.
Elle se repose à l'ombre des arbres verts
Les pieds posés sur mon genou tremblant.

Femme Romantique a un coeur tendre
La femme dans ce monde 

Le vent tourbillonne,siffle et rabat les volets, 
Courbe les roseaux comme une chevelure 
Le bruit pareil aux vagues rouleuses de galets 
Monte dans mon salon comme un murmure.

Le silence règne, même si le vent au couloir 
Pleure et tient à emporter les persiennes faciles, 
Mais les vitres en cristal tout comme mon miroir 
Résistent et restent des heures immobiles.

C'est la morne saison, pas trop féconde, 
C'est mon avis, et je le présente à ma façon, 
Car les périodes façonnent ce vaste monde 
Et font apparaître en nous de gros frissons.

Devant ma cheminée près du feu qui meurt, 
Je respire et j'aspire et transpire l'air vif, 
Dehors l'orage gronde et fait vraiment peur 
Me laissant sans voix, hagard et pensif.

Tout le monde dépose masque et fardeaux, 
Quand il s'agit d'une pluvieuse journée 
L'âme flotte avec les plis de mes rideaux 
La neige aussi nous montre son bout de nez.

Pour avoir sa part de cafard en cet instant 
Lorsque le corps éclate, ruisselle et flamboie 
Trop ivre d'un bon vin de la terre, et laissant 
L'esprit cumuler en parallèle craintes et foi.

Le mois de décembre sous la neige
Copyright © Med Riahi


Ou en Lune de Miel 
Souriante Zineb était elle 
En blanc était vêtue 
Charmante Zineb la belle 
Chez elle m'avait elle invité 
Vêtu de Mille et une Ailes 
J'ai chanté dans la Cité 
Que nos Rêves 
Avaient un jour 
Dans un Jardin planté 
Et Rayonnante Zineb était elle 
Telle la belle Sirène 
Et Reine des Roses 
Dans des Prés d'Eden 
Et Quelles Chansons 
Aux Rythmes des Vagues 
Aux multiples jolis Sons 
Zineb m'avait elle chantées 
Les Flammes de mille Bougies 
Y avaient elles danser 
Et sans même pouvoir penser 
Nos deux Coeurs 
S'étaient ils mis à danser 
Et toute pleine de Bonheur 
Et Sans même pouvoir penser 
Zineb avait elle danser 
Ainsi tout autour commençait  
A danser  
La Fête de Noce avait commencé 
Les Abeilles et les Pigeons 
Avaient ils été très Charmer 
Par quel Honneur 
De voir Zineb chanter  
Avec quelle clarté 
Avec quelle Lueur 
En pleine Senteur des Lys 
En pleine splendeur des Roses 
Et en Paradis étaient ces Lits 
De quelles Rivières de Miel 
Jamais vu en Rêves des Belles  
De quelles Rivières de Rhum 
Jamais bu par un Homme 
De quelles Rivières d’une Eau 
Jamais coulée de tout en haut

Copyright © M. INOKANE

Une femme vient jouer et s'asseoir 
Quand mon esprit et le désir rodent 
Je m'impatiente et je tremble de voir,
Son corps et sa peau satinée,chaude.

L'envie dans les airs se déploie 
Et m'a jeté dans les bras de ma timide 
Silencieux, dans ses rondeurs je me noie 
Sa chaleur m'a brûlé d'une façon rapide.

Je goûte et prends ce que j'ai sous la main, 
L'odeur de son parfum se lève de sa chair,
Et presse mon âme à la croisée du chemin 
La nuit est abondante et pure, l'air désaltère.

L'esprit a échauffé mes sens qui blessent 
Semble se concentrer pour hâter le plaisir 
En m'apportant trop de fougue et d'ivresse 
Heureux, mes pulsations ont pu s'en saisir.

Combien sa voix fait entendre mon cœur ?!
La vie,mélange les joies et la souffrances 
Pour moi, il y va vraiment de mon honneur, 
Et mes étreintes me réduisent au silence.

Une femme dame dans un cœur rouge
Une Dame De Cœur

Je recense des ombres 
Par grand froid et grand nombre

Les fleurs ont des poux 
Les anges spéculent

Le ciel parle vert de gris aux statues 
Avec le recule 

Je recense une âme nue 
Un squelette étendu 

Aux quatre coins des rues 
Ses cinq phalanges tendues

Aux avaries du temps 
De vaches maigres 

Il pleut des trombes 
Des éclairs d’argent

Un son de cloche d'enfer 
Dont le seul tintement fait songer

À la clôture de Wall Street 
Dans mon esprit antinucléaire

Je recense des ombres 
Par grand froid et grand nombre

Les fleurs ont des poux 
Et ça me pique un peu partout !

© Tous droits réservés à Nicodème Camarda

Bien qu’engagé et militant pour les grandes causes humaines, l’auteur de ce poème affectionne le style symbolique, du fait de ses effets esthétiques attractifs qui incitent le récepteur à participer activement à la création du texte, comme il est clair dans ce nouveau poème où la compréhension est tributaire de l’interprétation des significations des vers et strophes dans leur relation avec le sens global du poème. D’ou la nécessité d’y trouver quelque part un signe pouvant guider le lecteur ou l’auditeur vers le noyau à partir duquel a été généré le Tout. 
Ce signe peut bien être ici le vocable « mon esprit antinucléaire » ( le vers 18 ) qui dénote une opposition franche et farouche contre la détention des armes nucléaires par quel pays que ce soit y compris bien entendu les grandes puissances qui se réservent le droit de les posséder tout en les prohibant aux autres. 

Un deuxième éclairage important nous est apporté dans ce même vers : ces armes meurtrières qui avaient causé en 1945 au Japon un cataclysme humain sans précédent ( près de 250.000 victimes) préoccupent profondément le poète car à n’importe quel moment un accident peut survenir et la catastrophe serait encore plus tragique ,vu le progrès réalisé dans leur fabrication depuis cet événement douloureux et inoubliable dans la mémoire collective de l’humanité. 

Cette préoccupation s’est exprimée tout au long du texte sous la forme d’images lugubres et cauchemardesques (je recense des ombres - les fleurs ont des poux - un squelette étendu aux quatre coins des rues ses cinq phalanges tendues - il pleut des trombes des éclairs d’argent un son de cloche d'enfer - et ça me pique un peu partout !). D’autre part, l’allusion aux USA dans les vers 16 et 17 est claire (un son de cloche d'enfer dont le seul tintement fait songer à la clôture de Wall Street ).

Un poème engagé mais qui ne verse point dans la platitude, la sécheresse et la banalité du langage courant parce qu’il est adressé aux connaisseurs et non à une masse à conquérir .

La trahison 
plus haute que le mensonge …

Abîmées, les lumières. 
Arrêtées, les possibles civilisations …

Interdites, les bâtisses 
et sombres, les murs de révolutions …

S’en suit le viol de la liberté 
aux noms si simples 
des guerres voulues.

Aux marches fugitives 
jusqu’aux frontières d’Orient.

Voici la Syrie et ses sœurs 
à souffrir la trace assassine.

À l’exil des frères,
se dénonce le monde impuissant.

Les cœurs vont pleurer 
là, aux déserts …

De grands oiseaux 
sur les sables bruns 
dessinent les nouvelles ombres 
de la paix dépeinte

et si seule, au loin 
des lumières épuisées.

Il se peut que les assassins 
s’arrangent d’autres tranchées.

Là, si prêt des gorges 
historiques des cris 
de passion révoltée !

Au loin, des mirages 
invisibles et secrets 
comme si rien n’était.

Il y a un décor 
aux silencieux murs 
du monde.

Le Poète
Copyright © Patrick Berta Forgas & N.A.D.A

Rarement l’auteur de ce poème spécifie les lieux où se déroulent les événements dont il parle ou les personnes qui y prennent part, du fait que sa vision tente d’approcher l’âme humaine dans sa globalité et d’y creuser profondément pour mettre à nu le mal qui l’habite afin d’éclairer les causes du comportement nuisible de l’homme sur lui-même, sur son prochain et sur l’environnement.

Cette fois, il nomme expressément la Syrie et ses sœurs qui sont les autres pays arabes ayant subi des agressions( Irak – Libye –Tunisie- Egypte- Algérie – Yémen …) soit de la part des grandes puissances ( Irak – Libye ) soit émanant d’états arabes qui leur sont dépendants ( les autres su-citées ). Et la notion d’agression est la plus appropriée ici parce qu’elle constitue le noyau sémantique du texte et elle est composée donc de deux éléments formant une dualité: Agresseur/Agressé.

L’agresseur est responsable d’une série d’actes destructeurs ( abîmées, les lumières./arrêtées, les possibles civilisations/ viol de la liberté/ guerres voulues / trace assassine/ les assassins s’arrangent d’autres tranchées) et inhibiteurs (Interdites, les bâtisses). Quant à l’agressé, il est toujours en position de passivité (souffrir la trace assassine - Les cœurs vont pleurer là, aux déserts - des gorges historiques des cris de passion révoltée ). Mais ce qui semble tourmenter le poète le plus est l’indifférence du reste du monde qui pense que les malheurs sont ailleurs et qu’il s’en bat l’œil tant que sa tête est en sécurité ( au loin, des mirages invisibles et secrets comme si rien n’était/ il y a un décor aux silencieux murs du monde ). 

Quant au style et comme d’habitude, il s‘appuie sur le pouvoir évocateur des mots grâce auquel le lecteur ou l’auditeur baigne dans une atmosphère magique formée de connotations et de métaphores inédites.

Poème : Je suis ravie d’être femme 

Par : Solène de la Marlier

Étonnante nature que celle des inégaux 
Nous sommes grands ou petits 

Nous sommes vilains ou beaux 
Parfois ceux qui dominent sont les deux 

Intelligent ou bête, vil ou saint 
Charitable ou pervers, jeune ou vieux 

Il n'est qu'une nature qui s'égale vraiment 
Etre femme n'est pas être mâle 

Elle et lui est égal à aimant 
Mais si lui est bel homme, grand et saint 

Que je ferme les yeux un peu 
Car je sais qu'il me tient 

Je suis ravie de n'être que femme à ses yeux 
D'aimer quand il est bête 

Si c'est l'heure et le lieu 
L'abandon me transforme et je pleure 

Il est jeune et pervers 
Et dans ses bras je meure

Photo d'une belle femme dans un lac
Ravie d’être femme

Bien que parisienne de souche, l’image que la poétesse donne d’elle-même à travers ce nouveau texte qui est le dernier qu’elle a écrit est celle d’une femme bien contente de sa situation et de son sort vis-à-vis de l’autre sexe et qui n’aspire pas dans sa relation avec lui à un idéal lointain et inaccessible.

Cette attitude que l’on peut qualifier de réaliste la différencie clairement des adeptes de l’ultra-féminisme de notre époque qui militent pour la suprématie de la femme sur l’homme et dont les fiefs sont généralement les grandes villes telles que Paris.

Dès les six premiers vers , elle entreprend une réflexion « raisonnable » sur les créatures humaines, reconnaissant leur diversité comme une donnée très naturelle pour nous préparer à accepter son opinion à propos de la relation homme/femme qui consiste à ne pas tenir compte de ces différences ( si lui est bel homme, grand et saint - quand il est bête - Il est jeune et pervers ) à condition que l’amour y soit présent (Elle et lui est égal à aimant ), arguant que le lien sentimental entre une femme et un homme est suffisant pour la faire vivre pleinement sa féminité, le but essentiel auquel elle aspire parce qu’il est le seul à lui donner satisfaction et la rendre heureuse (Je suis ravie de n'être que femme à ses yeux ).

C’est donc l’idée classique de la complémentarité entre les deux sexes qu’il s’agit ici , une idée bien postérieure à celle de leur égalité prônée par les premiers féministes à la fin du XIXème siècle. Et Cette attitude ne nous surprend guère si l’on sait que l’auteure, bien qu’elle soit jeune ,est issue d’une descendance noble, donc appartient à un milieu conservateur.

Sur le plan du style, si le contenu intellectuel du poème n’a pas offert suffisamment d’occasions pour concevoir des métaphores finement filées, la façon inattendue dont les idées se sont enchaînées ne manque pas d’attrait .

Emmène-moi au bout de tes rêves 
Emmène-moi ou l’amour n’as pas de trêve 

Je veux goûter aux plaisirs défendus 
Me donner a toi sans retenue

J’aimerais entendre tous tes soupirs 
Être tout ton désir

Emmène-moi au pays des songes 
Ou ni la misère ni la maladie ne rongent

Je veux que tu sois maître 
Des plaisirs de mon être

Oui que tu me pénètres 
Tu peux tout te permettre

Toi tu veux mon bien-être 
J'ouvre grand la fenêtre

Viens me faire l'amour 
Viens jouer dans ma cour

Ne prends pas de détours 
Du plaisir à l'amour

Prends un aller-retour 
Prends et donne en retour

Je veux que tu me prennes 
Je veux que tu m'emmènes

Que tes mains se promènent 
Et en moi que tu viennes

Je sais que tu me mènes 
Où la douceur est reine
N’attend pas, emmène moi…

emmène moi avec toi, femme triste sortir d'une tasse
Poème Emmène-Moi
Copyright  © Mariejose Tanesie

Solitude, sais-tu pourquoi je t'aime ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t'attends ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t'espère ?
Solitude, sais-tu pourquoi je t'ai apprise ?

En toi, je trouve le refuge face au regard étranger,
En toi, je trouve le silence face à l'inexplicable,
En toi, je trouve la paix face à l'épuisement,
En toi, je trouve celle que je suis devenue.

Avec toi, j'ai parcouru des chemins inconnus,
Avec toi, j'ai parcouru l'espoir et la désespérance,
Avec toi, j'ai parcouru la vie et sa souffrance,
Avec toi, j'ai appris à tout réapprendre.

Alors, Solitude, quand ma main tu lâcheras
Et qu'une main nouvelle viendra se tendre,
Alors, Solitude, vers toi mon cœur reviendra,
Car pour Aimer, il faut savoir attendre.


Image de l’auteure du poeme
Copyright ® Elisabeth LAFONT

Voici un thème sur lequel les philosophes et les psychologues ont longuement débattu sans toutefois parvenir à s’accorder sur sa véritable nature : est-ce un état d’exclusion et d’abandon que l’individu a mille raisons de craindre, à cause des affects négatifs auxquels on l’associe souvent surtout l’angoisse, l’anxiété et la sensation de vide ou bien une occasion de se retrouver avec soi-même et de profiter de sa richesse intérieure dont on est généralement peu conscient ? 

Devant cette divergence théorique, il est toujours utile d’écouter les avis et les témoignages des solitaires et parmi eux les poètes, du fait que l’acte qu’ils accomplissent au moment de l’écriture met en œuvre toutes les facultés de l’esprit et de l’âme. 

Dans ce poème, les réponses que nous donne l’auteure ne nous aident pas à aller dans cette direction ou dans l’autre, car elles ne font que confirmer la nature problématique de la solitude (avec toi, j'ai parcouru des chemins inconnus, / avec toi, j'ai parcouru l'espoir et la désespérance, avec toi/ j'ai parcouru la vie et sa souffrance). Et cette nature dépend, en réalité, du fait qu’elle soit choisie ou imposée. Dans le premier cas, on la recherche comme source de richesse intérieure , à la manière du poète Rainer Rilke ( 1875-1926 ) qui la présente en ces mots : "Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir ". Mais cela ne paraît pas être le cas dans ce texte étant donné que notre poétesse déclare expressément qu’elle l’envisage comme refuge (en toi, je trouve le refuge face au regard étranger, /en toi, je trouve le silence face à l'inexplicable, / en toi, je trouve la paix face à l’épuisement). Et comme tout refuge, la solitude ne procure pas toujours la protection escomptée, d’où cette sensation d’instabilité et de mal à l’aise exprimée dans la troisième strophe. 

Un poème psychologique dans lequel l’auteure a réussi, avec des mots simples et sans aucun artifice de langage, à traiter l’un des problèmes les plus cruciaux de notre temps.
Analyse publiée par : Mohamed Salah Ben Amor

Passent les ans ! J'aime cet âge sauveur 
Où coulera mon sang dans mes veines,
Et du désir et du plaisir je n'ai plus peur, 
Je vivrai facilement avec ma belle Reine.

L'amour augmente avec ses baisers 
Qui me brûlent pour que je me taise 
Je n'aurais plus besoin de ma liberté 
Afin qu'elle aura ma tendresse à l'aise.

Cette dame est venue sur mon chemin 
Elle m'a montré les sentiers de l'école 
Superbe, quand je la tiens par la main 
Elle m'aime, je rêve, je plane et je vole.

Gardant ma fougue, je n'ai pas oublier
Ce que j'ai senti quand mon cœur vibre,
Sa beauté à l'honneur m'a fait plier,
Même si je suis un homme libre.

Elle a eue tout, mon âme et mon temps
Le mieux n'est autre que délicatesse 
Et je m'approche d'elle, en l'observant
La chaleur en mon corps renaisse.

photo livre ouvert avec coeur
P A S S E N T  L E S  A N S

L'hiver cette morne saison :

Un poème de : M. Riahi
Image d'un hiver triste & parapluie rouge
Tout se mêle au noir et à l'obscurité couverte 
Le mauvais temps morose me désenchante 
Je m'endors des fois la fenêtre grande ouverte 
Tout en sachant que la foudre est méchante.
C'est un monde amer plein de rage 
Et pendant que la pluie ruisselle à flots,
Le tonnerre des grands soirs d'orage 
Gronde et me donne envie d'éclater en sanglots !
Les vents froids pourchassent le brouillard 
Ils tiennent à explorer les cœurs incompris 
Je suis pour le printemps qui arrive en retard 
Même si de se savoir poète et objet de mépris !!
Toute la saison froide cherche sa gloire,
L'Idéal m'ouvre ses longs bras dorés 
Il tient à découvrir ma jeunesse noire !
Heureusement que je n'ai pas pleuré.
Puis-je effacer la tristesse de ces jours ?
Janvier où tous les oiseaux en chœur 
Passent et repassent encore et toujours,
Donnant ainsi de l'espoir à mon cœur.
Oh ! Hiver ! Pourrai-je retrouver mon chemin ?
Lucide, pourrai-je avoir le droit de vivre ?
Toi, qui me dédaignes et repousses ma main !
Je ne me tiens pas debout, sans être ivre.
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Droit d'auteur réservé a Riahi Med 
© Janv 2014.

Austin Jack

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