Trouvez des dizaines d'idées de textes pour dire bonne nuit à un (e) ami (e) ou à la personne que vous aimez, par SMS texto, messages et poèmes...

Les plus beaux textes de bonne nuit 🌙 :

image d'une nuit romantique
Bonne & Douce Nuit Romantique

Messages et SMS de Bonne Nuit 🌛 :

A l'approche de la nuit, il est important de ne pas oublier ses proches et de leur souhaiter une douce nuit. Si vous êtes toujours en manque d'inspiration, je vous invite à découvrir quelques exemples de messages de Bonne nuit :
  • Je te souhaite de belles nuits, de beaux instants, de merveilleuses aspirations, des étoiles dans les mains et des perles dans les rêves.
  • Soyeuse nuit beaux rêves et a demain mon amour
  • Dans l'espoir de vous revoir, je vous envoie mes meilleurs bisous pour cette nuit.
  • Ma petite puce je te souhaite des soirées charmantes, des nuits apaisantes, que l’éclat de tes yeux ne se perde jamais.
  • Je vous souhaite une très belle nuit, que tu t’amuses bien et beaucoup de bisous chaleureux.
  • Je n'ai jamais cesser de t'aimer, je n'ai jamais cessé de penser à toi. Bonne et douce nuit
  • Ton image est en moi à toutes les heures de la journée, de la rosée du matin au silence de la nuit.
  • Je vous souhaite une belle fin de soirée, fermez les yeux , et laissez les étoiles s'accrocher à vos doigts comme des papillons.
  • Ton corps chaud pour m'apaiser, pendant les nuits, que je meure, pour te serrer fort et t'embrasser. Je te tire, tous les quarts d'heure.
  • Une pensée pour vous souhaiter une bonne nuit, et d'avance, une bonne semaine bien sucrée !
  • Passe une merveilleuse nuit, en espèrent que tu fasse des jolies rêves de moi. Je t'aime m(a)on chéri(e) !
  • Je me suis endormi suspendu à ton souffle éveillé. bonne nuit mon trésor...
  • Je te laisse dans les bras de cette nuit, je laisse les étoiles veiller sur toi, je te confie à eux jusqu’à ce que le soleil se lève et prenne la relève, et le moment venu je prendrais soin de toi. Je t'aime fort.
  • Aimons nous les uns les autres, et par amour soyons justes, bienveillants, pardonneurs, rigoureux, et même durs quand il le faut. Douce nuit !
🎁 Je vous invite à aller lire l'articles suivant : Bonne nuit : 30 idées de SMS originaux.

Photos, Images et illustrations de Bonne nuit 🌜 :

Voici quelques images et photos de bonne nuit, avec et sans textes, gratuitement pour les partager à vos proches sur Facebook, google plus ou twitter :

image bonne nuit en hd
Bonne nuit !
Message de bonne nuit avec fleures
Jolis rêves et Douce Nuit

Des modèles de SMS pour dire bonne nuit ou douce nuit à un ami ou à la personne que vous aimez. Des messages de tous les styles.

SMS & Messages Bonne nuit 🌙 :

Bonne nuit avec ciel étoilé.
Bonne nuit avec des beaux rêves

SMS Bonne Nuit Classiques :

Voici quelques modèles de SMS pour dire bonne nuit à un ami, ou un proche ou à la personne que vous aimez :
Je viens à vous vous souhaiter une bonne soirée en espérant que votre journée fut bonne ...prenez soin de vous et par la même occasion je vous souhaite une bonne nuit gros bisous.

Coucou, mes amis(es) bien le bonsoir du soir, c'est encore moi qui arrive en douceur avec ma petite main frapper sur votre écran, juste pour vous souhaiter une très bonne soirée, une excellente nuit, quel sois bercée de beaux rêves, bleue ! Bisous tendre d'amitié.

Bien le bonsoir, du soir, à vous tou(te)s que les anges de la nuit veillent sur vos sommeil pour que votre nuit ne soit que merveille, que les étoiles scintillent de mille couleurs pour que vos rêves sois baignés de douceur et que les anges demain soient présents à votre réveil pour que votre journée soit exceptionnelle, je vous souhaite une très bonne soirée une douce nuit, et beau rêve magique, Bisous, tendre amitié.

Je vous souhaite une excellente nuit, qu'elle soit douce, remplie de tendresse et baignée de beaucoup d'amour gros bisous.

Faites de très beaux rêves qu'ils vous emportent vers le bonheur cette nuit, l'endroit où tout est permis. Au plaisir de vous retrouver demain !

Bonne Nuit - Amour :

Parce que votre moitié mérite de recevoir des textes doux en cette nuit, voici quelques SMS de bonne nuit mon amour :
Je veux te murmurer de doux mots à l'oreille 
et voir dans tes yeux que 
pour toi je suis le plus beau 
Bonne nuit mon amour.
🌙
Viens contre moi mon bel amant de la nuit étoilée 
Ton corps d'une tendresse satinée m'appelle 
Et tu te deviens un fauve dangereusement affamé 
Je deviens ta proie consentante tout en dentelles.
🌙
Je me livre à toi comme j'ai envie chaque jour et chaque nuit 
par les mots, par les regards, par les larmes.
🌙
Je te laisse dans les bras de cette nuit,
je laisse les étoiles veiller sur toi,
je te confie à eux jusqu’à ce que le soleil se lève et prenne la relève,
et le moment venu je prendrais soin de toi.
Je t'aime fort.
🌙
Viens dans mes bras je t’attends cette nuit,
Je suis Homme ou bien Femme selon ce que tu es !
Je viendrai sois en sûr(e) dès le coup de minuit,
Fais-toi beau, fais-toi belle, pour nos premiers baisers !
🌙
Quand vient l’heure des nuits fauves, 
Où mes pensées vagabondent, 
Plus rien ne me berce à part ton souffle, 
Plus rien ne m’oblige -sauf de t’aimer.

Beau SMS de bonne nuit mon amour :

Mes écrits sont des lumières qui éclairent ta nuit, un écrin de velours où se posent délicatement tes songes et tes rêves. Soumis par M. Riahi

Soyeuse nuit, beaux rêves et a demain mon amour, dors bien.

Si je ferme les yeux, j'y vois la nuit et les étoiles.... et surtout un astre brillant qui est au-dessus de mes paupières, ton amour.

Quand tu me chuchotes tout bas, ma nuit s'annonce chaude. 

Fermes les paupières de tes beaux yeux et dans l'obscurité de ta chambre, que mon amour soit comme un phare qui te conduise au pays merveilleux des rêves, dors bien mon amour.

Passe une formidable nuit, en espèrent que tu fasses des beaux rêves de moi ! Je t'aime chéri (e).

J’aimerais être là, en ce moment, tout près de toi. J’aimerais être l'oreiller sur lequel tu poseras ta tête qui t’emmènera dans le pays très lointain du sommeil. Je voudrais être à tes côtés, te chanter des berceuses ou même de raconter des histoires qui auront le pouvoir de fermer les paupières de ces sublimes yeux. Mais hélas, je suis loin. Mais j'ai pris le soin de confier tous mes vœux à cet SMS. Dors bien princesse.

Texto bonne nuit :

Le plus beau SMS de Bonne Nuit

Gros bisous remplis de rêves aux milles étoiles.
🌜
A tous et à toutes Bonne nuit
je vous embrasse.
🌜
Je dois dodo, bonne nuit, 
à demain, bisous. Je vous aime !
🌜
Les vagues de la mer, les étoiles de la nuit 
et les anges du paradis sont tous réunis autour de toi 
pour te souhaiter une merveilleuse nuit.

SMS amour les étoiles dans le ciel :

Avant de te coucher, regarde par la fenêtre,
les étoiles que tu verras dans le ciel,
sont les milliers de baisers que je t'envoie,
bonne nuit et doux rêves étoilés.

Une bonne nuit à sa chérie :

Avant la fin de ce jour
Je vous souhaite une douce nuit
Je t'aime ma chérie.
🌛
Bisous de bonne nuit
que mon amour berce ta nuit,
comme le tien bercera la mienne.

Que ta nuit soit douce :

Que ta nuit soit douce,
Que tes rêves soient tendres,
Que ton lit soit confortable,
Passes une bonne nuit mon amour !
🌛
Bonne nuit est fait bon rêve mes meilleurs amis. 
Gros bisous pour tous !
🌛
Une très belle soirée suivie d'une douce nuit. 
Bisous !

Bonne nuit mamie :

Bonne nuit mamie,
je t'aime tendrement 
et te sert fort dans mes bras.

Je t'aime bien fort :

Comme cette nuit 
Et la nuit d'avant 
Et celle d'après 
Et toutes les nuits 
Mes nuits d'insomnie 
Mes nuits de prière 
Mes nuits solitaires 
Mes nuits obscures 
Mes nuits de pleine lune 
Où rodent les loups 
Et dansent les fous 
Follement ! Je t'aime.
Soumis par M. Houmir
🌛
Douce nuit et beaux rêve bleue à demain,
dors bien mon cœur.
🌔 Proposez vos SMS en commentaires ci-dessous, afin de les partager avec tout le monde. Bonne soirée et bonne nuit à tous et à toutes !

Faites défiler les modèles de messages de remerciement et les citations pour dire merci.

Exemples de messages de merci et mots pour remercier :

Merci
Textes remerciement
#1. Roméo et Juliette vous remercient de vous être associés à la célébration de notre union et d'avoir partagés nos instants de bonheur. Nous vous adressons nos meilleurs souvenirs. Dans l'espoir de vous revoir bientôt, X et Y. Vos coordonnées.

#2. Roméo et Juliette vous adressent leurs remerciements les plus sincères pour votre présence le jour de notre mariage. X et Y. Vos coordonnées.

#3. Roméo et Juliette vous adressent leurs remerciements les plus sincères pour la délicate attention que vous nous avez témoignée pour leur mariage. X et Y. Vos coordonnée.

#4. Cette journée sera à jamais gravée dans notre cœur. Merci de vous être joint à notre bonheur. X et Y. Coordonnées.

#5. Nous vous remercions chaleureusement pour les marques de sympathie témoignées à notre égard le jour de notre mariage. X et Y. Coordonnées. (Phrases de remerciement)

#6. Nous ne saurions assez vous remercier pour votre cadeau, votre présence et vos témoignages d'affection et de sympathie le jour de notre mariage. Nous avons été très touchés et espérons vous revoir bientôt. X et Y. Coordonnées.

Carte virtuelle Remerciement :

Voici quelques cartes virtuelles gratuites pour dire Merci à vos proches :)

Jolie carte pour te dire merci
Carte de remerciement
Merci de tout cœur !
Remerciement avec texte et image
Merci Beaucoup : La Carte
Carte des fleurs et un Merci !

Nadège Ango-Obiang est une jeune écrivaine gabonaise née en 73 à Libreville, cette passionnée de l’écriture, par ailleurs étudiante en doctorat d’économie à Lille, collectionne depuis 93, des récompenses pour ses nouvelles et poèmes. Une plume rare que Poèmes & Poésie d'Amour est aujourd’hui fière de vous faire découvrir.

La fable de la honte

Ecrit par : Nadège Ango-Obiang
Nadège Ango-Obiang
Nadège Ango-Obiang
Mon âme tempête contre moi. Et moi je me détourne du monde entier. Hier, il y a dix ans, j’ai été victime d’une guerre inconnue. Avant cela. J’ai appris que l’innocence est un pêcher mortel, je l’ai vomi puis ravalé. Faute d’aide. Je m’appelle julie. Beaucoup d’entre vous savent pourquoi certains préfèrent les facilités du Diable aux affaires tortueuses du bon Dieu. Debout devant Joseph j’ai déposé des Hortensia à ses pieds. Comme cela semblait naturel et déjà vu. Hier, un homme masqué mais connu s’est invité chez moi. Je n’ai pas aimé ses manières et je le lui ai dit. Alors il est reparti et m’a détruite en m’inventant une vie que je n’aurais jamais choisit. Alors, j’ai connu les limbes de la torture, quand pleurer est dénué de tout sentiment sauf le désespoir de n’être plus personne. Plus personne. J’ai tout perdu : ma famille, mes amis, mon travail. En fait, je ne les ai pas perdu, je les ai découvert. Ils m’ont laissé me débattre contre des spectres devenus matériels sur terre. Et, toute nue, je suis tombée dans le gouffre boueux de la honte. Depuis des années, j’y patauge sous le regard attentif de mes misérables ennemis et le sourire charitable des gens soi-disant bienveillants. La boue au fond de la gorge j’ai remonté le gouffre dont je suis sortie à l’instant. Les gens s’affolent en me voyant et moi je marche en plein sur la chaussée pour ne pas les salir. Je cherche une clairière, une douche pour me laver. Mais, si près du but, je me rends compte que je n’ai rien d’autre que cette boue épaisse sur mon corps nu. Si je me lave, de quoi vais-je me vêtir ? La boue ne vaut-elle pas mieux parfois que la vérité d’un corps dévêtu ?

Et le temps impitoyable me renvoie progressivement et douloureusement ces moments de ma vie que je croyais pourvoir revivre plus tard, me croyant, comme des millions d’êtres humains, la seule à décider de ces instants précieux mais uniques. Je le vis au rythme anormal saccadé de mon cœur, je comprends que le malheur est en train de creuser ses marques et qu’il n’y a rien d’autre à faire. Que se résigner, se soumettre. C’est peut-être l’œuvre de Dieu que la main de cet homme prétentieux me frappe si fort, si mortellement. Car j’entends mon cœur respirer comme jamais je ne l’aurais pensé, et je crains désormais d’en être aux derniers soupirs de mon ancienne vie.

Alors, Je fais des vœux, je triche avec mon cœur, je falsifie les illusions qui me privent de l’espoir de retrouver un jour ma vie à jamais anéantie. Regardez-moi, regardez-moi donc. Moi, plus jamais je n’aurais de regards pour vous. Le soleil s’est caché sous des nuages épais. Heureuse dans mes malheurs je respire cet air bien lourd pourtant, et mes pensées incontrôlables dérivent vers des rêves qui ne m’appartiennent plus. Des rêves désormais impersonnels comme mes pensées divulguées. La haine m’épuise, alors je contemple mes mains. J’aimerais savoir au juste, ce que ma naissance devait apporter à ce monde, s’il n’a suffit que d’un mot, d’une phrase, d’un refus pour que mon univers soit pulvérisé. Pour que je n’existe plus que par l’infamie.

Orpheline désormais, je redescends le calvaire des humiliés sans me faire d’autres reproches car, depuis toutes ces années, c’est devenu mon élément. Sans souffrance superflue, je sais regarder les autres vivre car je sais que beaucoup non plus n’ont pas le bonheur. Pour ne pas sombrer dans la médisance, j’écris des histoires sur mon histoire. Et mes semblables me lisent en attendant que je trouve des vêtements à ma taille. Des vêtements qui signifieraient une renaissance. Il n’y a pas d’étoiles ce soir, il n’y a que ma mère la lune, la seule qui m’ait jamais comprise. Elle flotte dans le ciel, défile presqu’immobile sous mes yeux couverts de boue, l’air de me dire : Regarde mieux le monde et tu riras, petite julie.

Ce texte est la propriété de son auteur. Il est strictement interdit de le reproduire sans l’accord écrit de ce dernier.

Vous avez un anniversaire à souhaiter et vous cherchez un message de vœux sympa à envoyer. Ne cherchez plus, vous êtes sur le bon site ! Nous vous proposons un large choix de textes originaux pour souhaiter un bon anniversaire à vos amis, proches, famille, copain, copine, collègues...

Messages & textes pour souhaiter un Joyeux anniversaire

Jolie messages d'anniversaire
Les plus beaux messages d'anniversaire

Messages d'Anniversaire Originaux 🎁:

Pour le jour de ton anniversaire je souhaite que ton visage toujours sourie, que tu t’amuses bien et beaucoup de bisous chaleureux.
🎀
À l’occasion de ton anniversaire, je souhaite que ton merveilleux sourire fleurisse plus souvent sur ton visage sans qu’aucune larme ne vienne l’arroser.
🎀
Que le soleil brille pour toi, que ton sourire reste là, ne perds pas ta mine débonnaire aujourd’hui c’est ton anniversaire !
🎀
Je te souhaite de la santé, du bonheur, de la prospérité, l’accomplissement de tes rêves, ou éventuellement que tu trouves le petit génie qui exaucera trois de tes vœux les plus secrets !
🎀
Je ne peux pas venir avec un bouquet de fleur Pour te présenter mes vœux. J’invoque donc le sort et je le supplie Qu’il réalise tes rêves.
🎀
Je te souhaite : seulement des sourires, beaucoup d’amis, mille aventures, une superbe vie, un sac de cadeaux, d’innombrables plaisirs, des jours ensoleillés, un pull en cachemire.

Belles images et Cartes d'Anniversaire :

Jolie carte pour souhaiter joyeux anniversaire
Joyeux Anniversaire
Message anniversaire original
Beau message de bon anniversaire

Résumé :
Will se fait traîner à une séance de speed dating par son meilleur ami, mais il ne s'attendait pas à y faire une si étrange rencontre...

7 Minutes :

Écrit par FFRules
Numéro 7 (sept minutes)
Comme l’expliquait je-ne-sais-plus-quel scientifique, la perception du temps est aléatoire suivant les personnes ou les situations. Par exemple, sept minutes d’un moment agréable passeront relativement vite tandis que sept minutes d’un moment déplaisant en paraîtront le double. J’expérimentai en ce moment même ce sentiment, à ceci près que mes sept minutes paraissaient durer une éternité.

Je déteste les gens que je ne connais pas, je déteste être en leur compagnie. Je ne suis pas agoraphobe, mais cela y ressemble. J’aurai tout donné pour être chez moi, tranquillement installé dans mon fauteuil en train de lire un bon bouquin. Mais non, il avait fallu qu’Ethan me traîne jusqu’ici. Heureusement que c’est mon meilleur ami sinon je lui aurai probablement appris à nager avec des blocs de béton aux pieds.
Je déteste la femme qui se trouve devant moi. Elle me parle de son métier, mais je n’en ai rien à faire. Je ne pense qu’à mon chez moi. Je veux rentrer ! Et blablabla et blablabla, ça continue sans que rien ne puisse l’arrêter. Honnêtement, pour l’instant, c’est la pire des six femmes que j’ai rencontrées ce soir. 49 minutes pour 7 femmes, le speed-dating dans toute sa splendeur. Un regard bref à ma montre m’apprend que ma 41ème minute vient de s’écouler. Plus qu’une et je change d’interlocutrice, la dernière avant de rentrer.
J’ai eu de tout ce soir. Des executive women pour la plupart. Toutes plus occupées les unes que les autres, elles n’ont pas le temps de trouver chaussure à leur pied. La première travaillait dans une grande boîte de cosmétiques, Maybelline, je crois, sur la 34ème Ave. La seconde était...ah, je ne me souviens plus. Une aide-soignante dans un institut, il me semble. En fait, c’est après cette seconde rencontre que j’ai arrêté de m’intéresser à leurs vies. Je me suis mis en mode « écoute automatique » et j’ai attendu que cela passe. Je m’imaginais ailleurs, n’importe où, loin de ce hall d’hôtel luxueux.
Le speed-dating n’est pas vraiment la façon que j’imagine être la meilleure pour rencontrer ma femme. Je penche plutôt pour un coup du sort dans le genre des 101 Dalmatiens, vous savez, chacun promenant son chien dans le parc, nos laisses s’emmêlent et l’amour naît.
Ou alors, dans le style d’Un jour sans fin. Le même jour recommence sans fin, ce qui me permet d’apprendre un maximum de choses sur elle, et ensuite, la charmer de mes multiples talents.
Deux petits problèmes cependant : je hais les chiens et les jours ne se répètent que dans les films. Pas de chance. Donc, il faut en revenir aux méthodes traditionnelles et/ou dans le vent. Et le speed-dating est à la mode selon Ethan. Lui aussi est à la recherche de l’âme sœur. Mais lui n’a que 28 ans alors que j’en ai déjà 31. 31 ans au compteur et aucune liaison de plus de 12 mois au cours des dix dernières années, ce qui désespère ma mère.
- Quand aurai-je donc des petits-enfants ? me demande-t-elle sans arrêt.
Et moi, je lui réponds toujours la même phrase :
- Alors, quoi de neuf pour toi ?
Une contre-question pour éviter de donner une réponse. Très malin, très gamin, très malsain surtout, dans la mesure où j’ai pris la même habitude de ne pas répondre aux questions que l’on me pose.
- Et vous que faîtes-vous ? me demande alors mon 6ème rendez-vous.
Exemple parfait pour appliquer ma devise.
- Rien de bien intéressant. Alors qu’en ce qui vous concerne, votre travail a l’air passionnant.
Et le tour est joué. La voilà repartie dans ses explications. Un peu de liberté de gagnée.
Je disais donc que j’étais célibataire. Je pense que mon envie de partager ma vie à deux est trop souvent contrebalancée par mon envie de vivre seul. C’est la seule explication possible, sinon, j’aurai tout simplement épousé Christie il y a 3 ans. Elle était presque parfaite, à ceci près qu’elle était plus grande que moi. Je me voyais mal l’accompagner à l’autel devant tous mes amis. Simple réflexe de machisme primaire, mais j’assume. Notre relation était trop étouffante. L’intimité était étouffante. C’est pour cela que j’ai fui. Littéralement. Elle doit sans doute encore attendre que je rentre de mon footing.
Le gong salvateur met fin à la torture du 6ème rendez-vous. Elle s’apprête à me donner son numéro de téléphone, quand je prétexte une envie urgente pour m’éclipser. Et puis quoi encore ? Ces rendez-vous arrangés me mettent mal à l’aise. J’ai bien envie de profiter du changement de table pour partir mais Ethan me regarde, s’attendant à ce que je prenne la fuite. Il ne me laissera pas partir si facilement. Allez, fais un effort, Will ! Plus qu’un seul rendez-vous ! 7 minutes, c’est rien !
Je m’assois sans conviction à ma table, attendant mon dernier rendez-vous. Avec un peu de chance, je serai rentré pour le match de basket à la TV. Et je crois même qu’il me reste de la bière au frais. Parfait. De toutes façons, la soirée ne peut que s’améliorer. Mais où est-elle ? Je n’ai pas que cela à faire, moi ! Si cela se trouve, elle est partie, n’ayant même pas attendue le dernier rendez-vous. Cela ferait bien mes affaires. Je me retourne vers Ethan, assis à l’une des tables voisines. Il fait son numéro comme d’habitude. Dix contre un qu’il ramène 7 numéros de téléphone ce soir.
- Bonsoir, dit une voix dans mon dos.
Je me retourne et la vois installée en face de moi. Allez, qu’on en finisse, une bonne fois pour toute.
- Bonsoir, moi, c’est Will, j’ai 31 ans et je travaille dans une boîte de publicité. Oui, c’est intéressant. Oui, c’est épanouissant. Oui, c’est épuisant. Mais parlons un peu de vous, maintenant.
Elle semble un peu surprise. Je peux comprendre. Là, je fais très fort dans le je-m’en-foutisme.
- Vous n’aimez pas parler de vous, n’est-ce pas ?
- C’est exact. Donc parlons de vous, si vous le voulez bien.
- Non.
- Non ?
- Tout à fait, non.
Elle m’étonne.
- Bien, dans ce cas, je pense que nous n’avons rien de plus à nous dire.
- Vous croyez ?
Elle me surprend.
- Si aucun de nous deux ne veut parler, je nous vois mal attendre encore 6 minutes sans rien faire.
- Et si nous discutions d’autre chose, pour changer. De nos vies qui ont commencé depuis un bon moment, de ce que nous attendons de ces 7 minutes, de ce qui nous a poussé à venir ce soir. Qu’en pensez-vous, Will ?
- Rien du tout.
- D’accord.
Elle se tait.
Elle regarde autour de nous.
Nous sommes les seuls à ne rien faire.
- Et si je commençais par le début ? Je m’appelle Nell.
- Vous faîtes quoi dans la vie ?
- Rien de bien intéressant. Vous avez dit travailler dans la pub, cela a l’air intéressant.
- Vous ne m’avez pas répondu. Vous faîtes quoi dans la vie ?
- Vous répondez souvent aux questions par d’autres questions, Will ?
- A peu près autant que vous apparemment.
Elle sourit.
- Touchée. J’aimerai vous proposer quelque chose.
- Dites toujours.
- Vous ne me connaissez pas, je ne vous connais pas, donc, tout ce que nous pourrons nous dire ne sortira pas de cette pièce. Alors, pourquoi ne pas en profiter pour parler en toute honnêteté ?
- Super, une double psychanalyse en 7 minutes. Non 5 maintenant, dis-je en regardant ma montre
- Cela vous pose un problème ? Vous avez peur de quoi au juste ?
Elle me brusque. 
Je me lâche.
- Du pouvoir que cela vous donnerait sur ma vie.
Elle me regarde différemment.
- Eh bien voilà...Etait-ce si compliqué, Will ? Vous avez peur que cela me donne le pouvoir de quoi ?
- Le pouvoir de connaître des choses personnelles sur moi et ensuite de les utiliser contre moi.
- Vous êtes paranoïaque de nature, ou c’est juste une faveur que vous m’accordez ?
Je ne réponds pas.
Elle continue.
- Bien, c’est mon tour. Je viens ici ce soir pour trouver quelqu’un à aimer et qui m’aime en retour. Cela fait trop longtemps que je vais de mec en mec, j’ai besoin de stabilité. A vous maintenant, c’est du donnant-donnant.
- Un ami d’enfance s’est marié la semaine dernière. Il avait 30 ans, ce qui fait officiellement de moi, le dernier adulte de mon ancienne école à ne pas être casé.
- Et l’opinion des autres vous préoccupe tant que cela ? Cela pourrait être un choix de votre part. Vous n’aimez pas être en couple ?
- Je ne sais pas. C’est sûr que cela a des avantages mais je ne suis pas certain que ce soit ce dont j’ai besoin.
- Pourquoi pas ? Une femme, des enfants, une maison en banlieue, c’est attirant, non ?
- C’est ce que vous, vous voulez, non ?
- Je suis comme vous, je ne sais pas.
Elle est comme moi.
- Croyez-vous au destin, Will ?
- J’aime parfois avoir la certitude que ma vie est déjà toute tracée, c’est réconfortant. Mais je ne supporterai pas une vie où je n’ai aucune marge de manœuvre.
- Bien. Donc, on peut résolument penser que si vous êtes ici, ce soir, c’est pour une bonne raison dont vous ne saisirez les conséquences que plus tard dans votre vie.
Je réfléchis.
Je ne vois pas où elle veut en venir.
- C’est possible, oui.
Le gong sonne. Quoi cela fait déjà sept minutes ? Que faire maintenant ? Elle n’a pas été jusqu’au bout de son raisonnement et cela m’ennuie.
- Time’s up, me dit-elle.
C’est étrange, elle me semble soudain plus attirante. Je ne sais pas si c’est le fait de ne rien savoir sur elle, ou si c’est notre conversation, mais j’ai soudain envie d’en savoir plus.
- Vous n’avez pas été jusqu’au bout de votre raisonnement, Nell.
- C’était peut-être voulu comme cela. Nos 7 minutes sont terminées.
Je me lance.
- Que diriez-vous de 7 autres minutes dans un bar ?
- Désolée, mais ce sera non. En ce qui me concerne, je ne crois pas au hasard, ni aux coïncidences. Je pense que tout nous arrive pour une raison bien précise.
- Et que pensez-vous de la raison qui nous a fait nous rencontrer ?
- Je ne sais pas encore. Mais je suppose que je comprendrai en temps voulu.
- Vous êtes plutôt bizarre, Nell, vous le savez ?
Elle ne répond pas.
- Nous verrons bien quand nous nous retrouverons « par hasard » dans une galerie marchande dans sept ans. Vous serez avec votre femme et vos deux enfants, et nous nous croiserons. Vous vous rappellerez alors de notre conversation de ce soir. Et vous vous rendrez compte que, finalement, la vie à deux est bien mieux que la vie tout seul et que vous avez bien fait de la rappeler.
- Qui cela ? Je ferais mieux de rappeler qui ?
- Ne vous faites pas plus idiot que vous ne l’êtes déjà, Will.
- Admettons que je vois où vous voulez en venir, quelle serait la raison du destin de nous faire nous rencontrer comme vous venez de me le dire ?
- Qui peut le dire ? Peut-être que je serais celle avec qui vous tromperez votre femme. Ou bien, je vous reverrai, éveillant en moi le remords jusqu’à la fin de ma vie d’avoir laissé passer ce soir une belle occasion d’être heureuse.
Elle se lève et quitte la salle avant que je n’aie eu le temps d’ajouter quoi que ce soit. Je la regarde marcher et elle disparaît dans la foule des personnes présentes dans l’hôtel. C’est sans doute la conversation la plus étrange que j’ai jamais eue.
- Alors ? me dit Ethan en me tapant dans le dos. Comment s’est passée ta soirée ? Des filles en vue ?
Il doit avoir dans ses poches des numéros de téléphone à ne plus savoir qu’en faire, alors que je n’en ai qu’un seul à composer.
- Il faut que j’appelle Christie. Excuse-moi.

Résumé :
Un homme est perdu dans ses pensées. Il se rappelle comment était la vie avant la catastrophe. Mais sa femme vient interrompre ses songes pour lui rappeler qu’il leur reste au moins quelque chose...

L'unique chose qu'il nous reste

Un récit écrit par Gorman Truart
Tristesse d'amour avec un cœur brisé

Les rais lumineux du soleil apparaissaient une dernière fois derrière l’épaisse nappe nuageuse. Ils étaient gris et ternes et semblaient présager une nuit humide. Je les regardai sur la pointe d’une falaise avec amertume avant de poser mes yeux sur l’immensité immuable de la mer. Celle-ci était d’un bleu immaculé, recouvert d’une houle épisodique, légère et berçante à souhait. Je respirai l’air marin à plein poumon comme pour me redonner force, puis me promenai tout au long du rivage avec entrain et bonheur.

Je marchais lentement sur la plage et soudainement emporté par le tumultueux, mais non moins mélodieux fracas des vagues, je me couchai et criai sur le sable comme un enfant véhément. Ainsi, je me roulai de tous côtés, m’étirai en long et en large tout en humant l’odeur de la mer et du sable. J’étais littéralement enveloppé par cette atmosphère de fraîcheur et d’eau salée. Mais bientôt pris de court par ma conscience d’adulte, je me relevai et observai une nouvelle fois cet invariable infinité de liquide bleuté. Dès lors, je repris le chemin de la réalité. Une voix répéta obstinément « chéri » « chéri » ce qui m’obligea à enlever mon casque et d’éteindre mon logiciel si véridique de nostalgie.

Elle était sur le seuil de la porte et m’interpella avec lassitude :

- J’en ai ras le bol du boulot, quelle journée ! Puis me regardant bizarrement elle reprit :

- Encore sur l’une de tes créations ?

- Toujours, dis-je avec égarement.

Ne m’écoutant manifestement pas, elle s’approcha de moi et commença à se déshabiller sans préambule avant de reprendre de plus belle la parole :

- Tu pourras aller tout le temps que tu voudras sur tes logiciels, la nature ne reviendra pas. C’est fini !

- Je sais, je n’ai en somme plus qu’à me suicider.

- Mais non, insista-t-elle avec rigueur, dans ce monde il nous reste encore le plaisir de l’amour.

Je ne l’écoutai déjà plus, entièrement occupé par les songeries. J’étais pris par un étrange sentiment d’aversion après tout ce que j’avais fais pour la nature, en pure perte. Tant d’années à défendre l’environnement, tant d’années à les prévenir que la terre était en passe de changer dangereusement d’atmosphère, tant de bouteilles en résumé balancées dans l’immensité de l’océan. Et voilà le résultat aujourd’hui, nous vivons dans une sorte de bulle qui nous protège des rayons ultra violet, plus d’arbres, plus d’herbes, juste une ville géante où se retranche le reste de l’humanité. Ma femme a sûrement raison, la nature n’étant plus qu’onirique, il nous reste plus que l’amour à compenser.

Voyant son évidente impatiente, je me laissai donc faire à son étreinte de plus en plus sensuelle. Elle m’embrassa tendrement sur les lèvres d’une douceur suave et enivrante. Puis, elle déboutonna mon pantalon jusqu’à prendre mon sǝxɐ entre ses mains expertes qu’elle caressa avec plaisir et délicatesse. Je sentis celui-ci gonfler inexorablement.

- Tu as raison, j’ai fais ce que j’ai pu pour la nature. Et comme elle n’existe plus, l’amour est notre dernier refuge avant la mort.

Elle s’avança de mon visage en mettant son petit index sur ma bouche et me siffla harmonieusement à l’oreille :

- Couche toi maintenant !

Ce que je fis aussitôt pour mon plus grand bonheur.

Le résumé :
Deux personnes se retrouvent cinq ans après leur rupture dans des conditions un peu particulières.

5 ans plus tard

Écrit par FFrules
Numéro 5 brulé
CINQ ANS PLUS TARD
Mais que fait-elle ? Cela fait presque une heure que je l’attends. Je suis certain qu’elle en fait exprès. Ou alors, elle ne va pas venir. C’est le plus probable. C’est ce que je ferai aussi si je recevais une invitation d’un mec que j’ai plaqué cinq ans plus tôt.
Je fais les cent pas dans mon bureau qui est plongé dans l’obscurité seulement troublée par l’éclat bleuâtre de l’écran d’ordinateur que j’ai laissé allumé au cas où l’inspiration me viendrait sans prévenir. On pourrait croire que les écrivains préfèrent la sensation du stylo sur le papier quand ils composent de nouvelles histoires. C’est peut-être vrai pour les autres, mais pour moi, rien n’est meilleur que d’écrire sur mon vieil ordinateur, infatigable compagnon de route depuis bien des années, témoin des galères et des joies que j’ai traversés.
Elle ne va pas venir. Il est déjà plus de 21h en ce froid mois de janvier et elle n’est toujours pas là. Peut-être n’a-t-elle pas compris l’importance de cette invitation, peut-être a-t-elle cru à une plaisanterie de mauvais goût, peut-être ma carte a-t-elle finie dans une poubelle par l’action d’un mari trop possessif ? Ou alors, elle a décidé en son âme et conscience que je n’en valais pas la peine. 
Ou peut-être pas. On vient de frapper. C’est elle qui se tient sur le pas de ma porte, un peu gênée, ne sachant que faire. Elle est habillée assez élégamment et son visage est le même que dans mes souvenirs. Les pattes d’oies naissantes au coin de ses yeux lui donnent un air plus mature, plus femme ce que j’apprécie.
- Salut, dis-je d’une voix douce.
Elle ne répond pas et je sens derrière sa gêne une certaine froideur. Elle entre malgré tout et l’étonnement en découvrant mon appartement peut se lire sur son visage. Je jubile intérieurement.
- On va aller dans le bureau pour être plus tranquille, si tu veux bien, dis-je en lui montrant le chemin. Tu as trouvé facilement ?
Elle fait « oui » de la tête et me précède dans les couloirs.
- Tiens, assis-toi là. 
Je lui montre une chaise placée devant mon bureau avant d’allumer une lampe qui confère à la pièce un éclairage digne d’un fumoir des années 20. Le lambris sur les murs adoucit les tons pourpres du mobilier et des fauteuils. C’est la pièce de mon appartement dans laquelle je suis le plus à l’aise, c’est ici que j’écris.
- Il ne fait pas chaud dehors, hein ? reprends-je d’une voix que je souhaite chaleureuse.
Elle hausse les épaules. Pendant quelques minutes, nous ne disons rien, moi absorbé par la neige qui tombe dehors et elle, jouant nerveusement avec les lanières de son sac. J’ai imaginé cette rencontre un bon millier de fois et maintenant que je suis face à elle, je ne sais plus quoi dire. Je me rends compte que je n’avais strictement aucune bonne raison de la faire venir si ce n’est celle de la revoir tout simplement. Seulement, je doute que cela lui fasse autant plaisir que moi.
- Pourquoi suis-je ici Will ?
Elle dit cela avec une voix exaspérée, comme si je lui tapais déjà sur les nerfs. Je ne connais que trop bien cette voix. Elle la prenait sans cesse quand nous étions ensemble, surtout vers la fin de notre relation.
- Je vais me marier, Ann et...et j’ignore pourquoi je t’ai fait venir ici pour te le dire.
Elle prend un air étonné, bien trop vite suivi par celui outré qu’elle affectionne tant.
- Que veux-tu que cela me fasse, Will ? Cela fait cinq ans que nous sommes séparés ! Cinq ans ! Tu n’as toujours pas compris ?
- Je...Cela me paraissait important que je te le dise en face.
- Je suis au courant de ton mariage !, éclate-t-elle. Tous les journaux en parlent ! « L’auteur du plus gros best-seller de la décennie se marie avec Elvira Reyes, la présentatrice vedette » et autres « Mariage de l’année » ! J’étais peut-être même au courant avant toi ! Mais je sais très bien ce que tu voulais, Will. Tu voulais m’impressionner dans ton bel appartement avec ta belle réussite. 
Je retrouve bien là mon Ann, prête à exploser dans la seconde, passant du calme à la tempête avec une simplicité déconcertante. C’est bon de voir que dans ce monde en proie aux changements, certaines choses ne changeront jamais. Elle croise les bras avec force sur sa poitrine tandis que j’esquisse un petit sourire.
- Qu’est-ce qui te fait rire ? Tu trouves cela drôle de m’humilier en me balançant au visage toute l’étendue de ta richesse ? Richesse que, soit dit en passant, tu as obtenu en écrivant un livre sur notre relation et dans lequel je passe pour une sombre conne.
Aïe. Nous en arrivons au sujet qui fâche. Je le sentais arriver et je mentirais si je disais que je n’avais pas voulu provoquer ce choc entre nous deux. Il est temps de solder notre compte commun.
- Tu as lu mon livre ? demandé-je.
- Bien sûr. Comme 50 millions d’autres personnes dans notre pays et plus encore dans le monde entier. Pour ça, c’est sûr, c’est un best-seller. Pas de doute.
Il y a tant d’amertume dans sa voix que cela me gêne.
- Je ne vois pas pourquoi tu es en colère. C’est toi qui m’as quitté, je te rappelle. Je n’ai fait que romancer notre histoire pour pouvoir y mettre ce que je ressentais quand tu es partie. Ça a plu aux gens, je n’y suis pour rien.
Elle me jette un regard noir, celui qui veut dire « un-mot-de-plus-et-je-sors-en-trombe-de-la-pièce », très fréquemment utilisé dans la troisième année de notre couple.
- Page 49 de l’édition poche, « Elle me gonfle avec ses chaussures horribles. Si elle savait à quel point je les déteste ses chaussures. Elle m’emmène pendant des heures faire les magasins pour trouver les bottines qui iront avec sa nouvelle robe alors que moi, tout ce que je veux, c’est que l’on soit tous les deux, chez nous, entre amoureux.» Je passe pour une superficielle qui se préoccupe plus de ses chaussures que de son couple.
Je souris encore.
- Oui, j’ai forcé le trait mais ce n’est qu’un roman, Ann. Je ne prétends pas apporter la vérité vraie sur notre couple, j’extrapole, je m’interroge, je constate, je m’exprime. Ce que je ne pouvais pas faire quand nous étions ensemble.
- Quoi ? Tu te fous de moi, là, Will ? Quand t’ai-je empêché de faire ce que tu voulais ? Je n’attendais que cela, moi. Que tu me parles, et pas que tu bougonnes sans cesse.
- Et quand aurais-je pu le faire ? Tu jactais sans cesse pour nous deux, je ne pouvais qu’être d’accord ou la fermer. Parler tout le temps n’est pas forcément communiquer, Ann.
Nous nous taisons à nouveau. Je suis maintenant assis derrière mon bureau et elle me regarde intensément. Je savais lire dans ses yeux auparavant, mais je me rends compte que c’est impossible désormais. Elle avait peut-être raison tout à l’heure. J’avais sûrement envie de lui en mettre plein la vue, de lui montrer ce à côté de quoi elle était passée en me quittant.
- Pourquoi suis-je ici, Will ? répète-t-elle avec une voix plus douce.
Je ne réponds rien. Elle prend cela comme un encouragement pour continuer.
- C’est à cause du mariage n’est-ce pas ? Tu n’as jamais été emballé par cette idée quand nous étions ensemble. Cela m’a surpris de l’apprendre.
- C’est vrai qu’Elvira m’a un peu forcé la main. Mais je l’aime.
- Page 222. « Nell ne me connaît pas en fait. Nous sommes des amants qui ignorent tout de l’autre et c’est triste.» Je te connais, Will. Quoique tu en penses, je te connais, mieux que quiconque. Tu es terrifié par le mariage. C’est pour cela que je suis ici, n’est-ce pas ? Tu penses que je vais t’en dissuader par n’importe quel moyen. Mais je ne te servirai pas d’alibi, pas cette fois-là.
Touché. Elle me connaît bien en fait. Mais se pourrait-elle qu’elle ait raison ? L’idée de me marier m’effraie-t-elle tellement que je sois obligé de faire venir l’une de mes ex pour trouver un moyen de l’éviter ? Merde alors. Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Et je fais quoi maintenant ?
- Tu prends tes responsabilités, dit subitement Ann comme si elle avait lu dans mes pensées. Soit tu l’épouses, soit tu la quittes, mais tu ne lui fais pas espérer quelque chose que tu es incapable de lui offrir.
- Pourquoi m’as-tu quitté Ann ?
Elle pousse un soupir et se renfonce dans son siège.
- C’est une question bien vaste, Will et tu ne vas pas apprécier ce que je vais te dire.
- Dis toujours. Cela fait cinq ans maintenant. Je pense être capable d’encaisser.
- D’accord. Je t’ai quitté parce que, malgré ce que tu as écrit dans ton bouquin, tu n’étais pas parfait...
- Je n’ai jamais écrit que j’étais parfait, la coupé-je.
- Tu veux bien me laisser continuer, oui ? Tu as des défauts comme tout le monde, mais je ne les connaissais pas au début. Et par la suite, j’ai appris à les ignorer. Mais je ne voyais pas où nous menait notre relation. Tu es du genre statu quo et j’aime bien évoluer, tu aimes pantoufler et j’aime bouger, tu es la nuit et je suis le jour. Ça ne collait pas, voilà tout. C’est aussi simple que cela.
- Tu aurais dû m’en parler au lieu de partir du jour au lendemain.
Ma voix s’est radoucie alors que l’horloge tictaque discrètement dans la pièce. Il est bientôt onze heures. Nos non-dits et nos silences monopolisent le temps et notre discussion.
- Je sais, Will. Je regrette la façon dont je t’ai quitté mais il me fallait une coupure nette sinon je ne serai jamais partie.
- Tu regrettes ?
Je tente quelque chose mais je ne sais pas quoi. Je ne sais pas pourquoi il me faut toujours avoir le sentiment d’être regretté ou apprécié. Peut-être une tare humaine.
- Parfois. Quand je m’endors ou quand je rêve. Mais jamais quand il fait jour. Je suis le jour et tu es la nuit, souviens-toi.
- La moitié de ta vie donc.
- Beaucoup moins que la moitié, ne va pas t’imaginer des choses.
C’est elle qui sourit maintenant.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens ont acheté ton livre. L’écriture n’est pas terrible, les personnages convenus et les situations déjà vues et revues.
- C’est justement ce qui a plu aux lecteurs selon mon éditeur. Le fait que les gens se retrouvent dans notre histoire. Et crois-le ou non, mais certains aiment ma façon d’écrire, dis-je en esquissant un faible sourire.
Nous sourions tous les deux à présent. Le froid entre nous fond plus vite que la neige qui tombe dehors.
- Tu es mieux avec ta barbe, me dit-elle alors, comme si nous étions redevenu un couple.
- Merci, c’est une idée de mon attachée de presse. Il paraît que cela fait plus tourmenté.
- Cela fait surtout plus adulte. Tu es devenu un adulte, Will, et ça me fait bizarre.
Nous chuchotons presque, comme si nous ne voulions pas que les murs entendent notre conversation.
- Je n’aime pas ta fiancée, continue-t-elle. Elle semble froide, distante, tout ton contraire.
- Tu as perdu le droit de critiquer ma vie quand tu m’as quitté, Ann.
Ses lèvres forment un sourire sans joie.
- Exact. Je me rends compte que couper totalement les ponts avec toi n’était pas une bonne idée. Tu étais mon meilleur ami en plus d’être mon amant, quoiqu’en dise ton bouquin.
- Laisse mon livre où il est, tu veux. Il ne s’agit pas de lui, mais de nous. Et tu nous as tué.
Serait-ce une larme que j’entrevois au coin de ses yeux ? Bravo Will, tu as fait pleurer la femme qui comptait plus que tout pour toi il n’y a encore pas si longtemps. Devrais-je me sentir autant égoïstement fier qu’une femme pleure à cause des sentiments qu’elle éprouve encore pour moi ? Je me lève et la prend dans mes bras, elle qui pleure doucement dans mon fauteuil. Nous restons comme cela toute la nuit, l’un collé à l’autre dans l’obscurité diffuse de mon bureau.
Quand mes yeux s’ouvrent finalement sous l’action des timides rayons du soleil, elle n’est plus là. Quelques mots sont marqués sur une feuille de papier blanc posée sur la table basse devant le canapé où je me suis assoupi.

« Soleil apparu, ton souvenir disparu
Nuit revenue, mon cœur vaincu »


C’est ici que je préfère que se termine notre histoire : au petit matin, durant ce court moment entre le rêve et le réveil où l’on se souvient avoir rêvé. Je crois que c’est là que je l’aimerai toujours.

Quelqu’un frappe à la porte de mon bureau. Je dis « Entrez » d’une voix pâteuse mais je doute qu’elle ait compris ce que je disais. Elvira entre quand même et sourit en me voyant avachi dans le canapé.
- Tu as travaillé toute la nuit ? me lance-t-elle d’un air entendu.
Je fais non d’un signe de tête et elle vient m’embrasser.
- Je n’ai pas osé te déranger hier soir, tu semblais si concentré devant ton ordinateur.
Je suis parfaitement réveillé à présent et tout est clair dans mon esprit depuis bien longtemps.
- J’ai trouvé une bonne idée de suite pour mon bouquin.

Pierre Augustin Caron De 

❝ Beaumarchais ❞

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais : L’écrivain Francais
Écrivain français 
(Paris 1732 ~ id. 1799)

Les citations célèbres de Beaumarchais :

Le Mariage de Figaro :
Feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce que l'on ignore... voilà toute la politique.
Le Mariage de Figaro :
Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.
Le Mariage de Figaro, V, 3. :
Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur.
Noblesse, fortune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.
Le Mariage de Figaro, II, 21. :
Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, madame, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes.
L'amour n'est que le roman du cœur ; c'est le plaisir qui en est l'histoire.
Le Mariage de Figaro, III, 5. :
Médiocre et rampant, et l'on arrive à tout. 
En art il n'est pas nécessaire de comprendre les choses pour en discuter.
La femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : "Sois belle si tu peux, sage si tu veux, mais sois considérée, il le faut"
Il est si doux d'être aimé pour soi-même.
Pour obtenir une femme qui le veut bien, il faut la traiter comme si elle ne le voulait pas.
Le barbier de Séville :
Fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider.
La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre.
Quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut bien s'appeler à bon droit la Précaution inutile.
La Mère coupable :
L'injure ne profite à personne, elle n'est pas de bon goût.
Les larmes que l'on verse au théâtre, sur des maux simulés, qui ne font pas le mal de la réalité cruelle, sont bien douces. On est meilleur quand on se sent pleurer. On se trouve si bon après la compassion !.
Le barbier de Séville, I, 2. :
Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.
En toute espèce de biens, posséder est peu de chose ; c'est jouir qui rend heureux.
Aux qualités qu'on exige d'un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d'être adoptés ?

Résumé :
Un jeune homme est assis sur banc avec sa petite amie. Il est loin de se douter que c'est son dernier rendez-vous avec son premier grand amour ...

Ma plus belle histoire d'amour

écrit par ApoloJ
Homme assis sur banc avec sa petite amie
Les ruptures. Il n’y a rien de plus éprouvant, surtout si l’on ne s’y attend pas vraiment.
Je me souviens du jour où Céline m’a quitté… C’était un lundi et il faisait une chaleur à crever. J’étais assis sur le banc où nous nous étions rencontrés, quatre ans auparavant. Il y avait des enfants qui couraient dans le petit parc qui s’étendait devant moi. Des couples qui marchaient main dans la main, qui riaient aux éclats. L’atmosphère était emplie d’amour. On se sent toujours plus amoureux lorsqu’il fait chaud, comme si le soleil réchauffait aussi nos cœurs.

Elle m’avait appelé d’une voix assez triste. Elle m’avait dit qu’elle voulait passer chez moi, qu’on serait mieux pour discuter. Je me suis douté que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais pas alors imaginé ce qui allait suivre. 
J’ai répondu que ce serait mieux qu’on se voit là où tout avait commencé. J’ai pensé que cela lui ferait plaisir et que ses petits soucis paraîtraient moins encombrants ici… 
Mais apparemment, c’était moi qui encombrais sa vie à l’époque.

J’étais arrivé un peu en avance, et j’observais les allées et venues des passants, les jeunes couples allongés sur l’herbe, qui riaient de bonheur. Je me rappelle avoir pensé que nous avions été comme cela, nous aussi, ici même…
Lorsqu’elle est arrivée, elle ne souriait pas. 
Je l’ai invitée à s’asseoir près de moi - ce qu’elle a fait - et j’ai commencé à parler avant même qu’elle n’ait eu le temps d’entrouvrir les lèvres. C’est étrange à quel point mes souvenirs sont précis… Cela fait dix années aujourd’hui que nous nous somme séparés, et je me souviens de tout dans les moindres détails.
- Tu te souviens… ai-je dit. C’est ici qu’on s’est rencontrés.
- Bien sûr que je me souviens, mais… Nathan…
Je ne l’ai pas laissée poursuivre. Je voulais faire remonter de tendres souvenirs dans sa mémoire, histoire qu’elle se sente bien. Je voulais… la voir sourire.
- Tu étais assise sur ce banc, l’air rêveuse, et puis tu m’as regardé passer. Je t’ai fait un grand sourire… sourire que tu m’as rendu… et j’ai voulu m’approcher de toi pour discuter un peu. Mais il y avait ton chien… cette saleté de bête couchée sous le banc… et quand il m’a vu avancer vers toi, il s’est jeté à corps perdu sur mon mollet.
Je l’ai regardée. Elle souriait.
- Et il s’est mis à tirer, ai-je poursuivi. Il tirait comme un malade en agitant la tête ( J’ai commencé à vaguement mimer la scène ) alors tu as hurlé sur lui en secouant sa laisse, mais il ne me lâchait pas et il m’a fait tomber.
Je crois que toute la scène lui est revenue à ce moment là et elle s’est mise à rire.
- Tu ne m’as libéré des crocs de ton caniche que cinq minutes plus tard alors que j’étais recroquevillé sur moi-même… et il est parti s’asseoir dans un coin en mâchouillant un bout de mon pantalon. J’ai fait une splendide première impression…
Nous avons ri, tous les deux.
- Il y a tellement de souvenirs de nous dans ce parc, a-t-elle dit. Tu te souviens de ces après-midi complètes qu’on passait, serrés l’un contre l’autre, ou main dans la main à parler de tout et de rien, à refaire le monde… de tous ces gens qui nous regardaient, envieux de voir à quel point on s’aimait…
Je l’ai regardée, déconcerté par la pointe de nostalgie que je sentais dans sa voix.
-Tu en parles comme si ça faisait des lustres… Ce n’est pas si lointain. ( J’ai tendu ma main vers elle et elle m’a souri ) Allons-y ! Marchons, et refaisons le monde !
- Nathan… ( elle a soufflé ) c’est bien trop tard… On a changé, maintenant… nous ne sommes plus les mêmes…
C’est à ce moment là que je me suis posé des questions. En fait, je crois que j’ai toujours su que ça se terminerait ainsi, mais je me voilais la face.
- Plus les mêmes ? Bien sûr, c’est évident. Les gens changent… Et encore heureux ! Si tu te souviens bien, on ne faisait pas que se prendre dans les bras dans ce parc. ( J’ai désigné un petit tas d’arbustes du menton et son visage s’est illuminé d’un franc sourire ) Même si on est encore étudiant, après quatre ans ensemble, ce serait bizarre d’aller derrière des arbustes pour s’envoyer en l’air !
- Je ne parle pas de ça, Nathan, m’a-t-elle répondu en riant. On suivait des routes identiques à l’époque, et on ne se souciait pas de grand chose. ( Son sourire a disparu ) Aujourd’hui, nos chemins divergent…
Je n’ai pas voulu écouter. Je sentais que c’était la fin, mais je ne voulais pas la perdre… Ma gorge s’est nouée, mais je suis resté impassible. J’ai observé un instant le parc et cette ambiance de bonheur qui se dégageait de tous ces gens. Il y avait un groupe d’amis, près de la petite étendue d’eau. L’un d’eux jouait un air de guitare.
- C’est bien sur ce banc qu’on s’est juré de s’aimer toute notre vie… contre vents et marées… ?
- Oui, c’est bien là… Nathan…
- On s’était dit qu’on deviendrait des petits vieux, ensemble… ( J’ai souri, nostalgique à mon tour ) qu’on se regarderait vieillir et qu’on s’aimerait toujours avec la même hargne, qu’importaient les mauvais coups du sort. On a pleuré en se regardant parce qu’on était heureux de s’aimer… Je t’ai pris la main et j’ai fixé tes yeux. J’ai caressé ta joue et je t’ai dit « merci »… et tu m’as répondu quelque chose comme : « Merci pourquoi ? »… ( il y a eu un petit silence ) Merci d’exister… C’est ce que je t’ai dit. Merci d’exister parce tu es la seule personne qui a su…
- … me rendre heureux depuis que je suis venu au monde. Merci pour ce regard amoureux que tu me jette, merci pour ces mains tendres qui me caressent et pour ces bras qui m’enlacent… Merci simplement d’être là, de faire partie de ce monde et de ma vie. ( je me suis tourné vers elle. Quelques larmes roulaient sur ses joues ) Oui, je m’en souviens bien, a-t-elle conclu le regard perdu dans le lointain. Tu avais déjà tout de l’homme que j’aim… ( elle a marqué une pause ) que j’ai aimé…
Elle a baissé les yeux et nos sourires se sont évanouis. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment là. Je n’ai rien ressenti de particulier face à ces mots. Je crois simplement que, sur le coup, je n’ai pas voulu comprendre que la fin était effectivement là…
- Comment ça… ?
Elle a pris une grande inspiration. Elle semblait un peu perdue.
- Les gens changent, tu l’as dit toi-même… Il s’est passé tellement de choses dans nos vies depuis ces quatre ans… Tu as bouleversé ma vie et j’ai été l’une des femmes les plus heureuses à tes côtés, mais… ( elle a hésité, comme si dire ces mots étaient une souffrance pour elle ) … mais aujourd’hui, je crois que… que je ne t’aime plus…
- Tu crois… ? ( Je gardais toujours le même ton neutre, insensible. )
- J’en suis sûre… Nous deux… c’est fini, Nathan.
Bizarre comme certains mots ne nous font rien alors que d’autres nous font l’effet d’un coup de masse dans l’estomac. C’est seulement à ce moment là que mon pauvre cerveau a compris qu’une page de ma vie se tournait. Toutes mes craintes étaient fondées, finalement.
J’ai pleuré instantanément. 
- Non, non, non… Nathan, ne pleures pas !! a-t-elle dit.
J’ai senti l’une de ses mains attraper la mienne et je n’ai pas trouvé d’autre réconfort que celui de ses bras. Je suppose que c’est un sentiment commun à tous… Après une rupture, on se rend compte que la seule personne qui serait à-même de nous consoler est justement celle qui nous quitte.
Cela m’a fait comme un vide, un immense creux dans le cœur. J’ai éclaté en sanglot dans ses bras et elle me caressait lentement les cheveux, mais elle savait qu’elle se devait de continuer.
- Nathan, je suis désolée… ce que je ressens pour toi… ce n’est plus de l’amour, mais de la tendresse… je ne te vois plus comme je te voyais avant… j’ai juste de l’affection pour toi, c’est tout… je suis désolée de te faire souffrir comme ça, mais ça ne peut plus durer…Tous ces moments, ces souvenirs qu’on a en commun resteront en moi pour le restant de mes jours… Tu es merveilleux, mais notre histoire doit s’achever…
Je pleurais toujours plus. J’ai serré sa main comme si ma vie en dépendait. J’avais mal… physiquement mal. J’ai réellement eu l’impression que mon cœur était arraché de ma poitrine béante et découpé en multiples morceaux… avoir le cœur brisé : une expression qui a pris tout son sens à cet instant.
- Pourquoi… ai-je tenté d’articuler au travers de mes pleurs. POURQUOI ??!!
Question un peu stupide, mais que dire d’autre… ?
- Je ne sais pas, Nathan… je ne sais pas du tout. Ce ne sont pas des choses qui se commandent…
J’ai pleuré, longuement. 
Et puis on a discuté… Je l’ai pathétiquement suppliée de changer d’avis, de me laisser une chance, mais elle m’a avoué qu’il y avait quelqu’un d’autre dans sa vie. Elle m’avait déjà laissé une chance selon elle, une chance de changer le cours des choses, mais je n’avais pas su la saisir… Il était bien trop tard.
Que c’est dur de perdre son premier amour ! Surtout lorsque cela a duré quatre ans. Elle a pleuré, elle aussi. Beaucoup. Je crois que c’est le fait de me voir souffrir… Une douleur comme je n’en avais jamais connu auparavant.
C’est sur ce banc que tout avait commencé… c’est sur ce banc que notre histoire d’amour s’est achevée…

Nous sommes repartis chacun de notre côté après ça. 
Pour ma part, je me suis installé au volant de ma voiture et j’ai pleuré en rouant le volant de coups. J’ai pleuré en conduisant. J’ai pleuré dans les bras de ma famille et dans ceux de mes amis… Je n’ai été qu’une pauvre enveloppe charnelle sans vie pendant quelques mois, un dramatique déchet qui n’avait aucune utilité sinon de transmettre son interminable et déplorable déprime. Je crois qu’à cette époque, tout le monde devait me haïr… Je n’étais pas de très bonne compagnie…
De son côté, elle est partie vivre sa vie avec son nouvel amour… Nous nous téléphonions de temps en temps pour nous donner de nos nouvelles. C’était devenu un rituel, une fois par mois. Nous ne nous voyions jamais… Il nous importait juste de savoir comment l’autre allait…puis les coups de fil se sont espacés jusqu’à disparaître totalement.

Ce matin, cependant, je l’ai appelée.

Cela faisait quatre ans que je n’avais pas eu de ses nouvelles… Quatre longues années… J’en ai eu assez. Voici bien une preuve qu’un premier amour ne s’oublie jamais. Elle n’a pas semblé surprise de m’entendre lorsqu’elle a décroché. Elle semblait même heureuse. Nous avons bavardé cinq minutes et je lui ai demandé si elle voulait qu’on se voit.
Oui, elle le voulait. 
J’ai insisté pour que nous nous retrouvions sur ce banc que nous aimions tant, bien que nous n’habitions plus la même ville. J’ai entendu son rire si familier au travers du combiné et elle s’est résignée à accepter.

Je suis assis sur ce banc, en ce bel après-midi de juin. Ce n’est plus le même banc, évidemment, celui-ci est tout en métal. Le parc a bien changé lui aussi, mais les gens qui le fréquentent sont toujours les mêmes. Des couples d’amoureux qui se baladent, un ou deux joggers, des enfants qui piaillent à tue-tête et qui rient aux éclats… ce soleil resplendissant qui nous galvanise.
Comment va-t-elle être ? Aura-t-elle beaucoup changé ? Est-ce que nous serons capables de parler sans problème ? Ne serons-nous pas trop gênés, comme des étrangers, après toutes ces années ? Je n’aurais pas le temps d’imaginer les réponses à toutes ces questions…
Elle arrive.
Je vois Céline déambuler sur le petit chemin. Les ombres des platanes et des trembles défilent sur son visage à mesure qu’elle s’approche de moi. Elle me sourie déjà, mais continue à marcher lentement, mains croisées derrière elle.
Je sens mon cœur qui s’affole dans ma poitrine et mes mains tremblent d’anxiété. Je me lève un instant, mais elle est encore loin alors je me rassois. Elle rit de mon comportement, probablement pour évacuer son propre stress.
Elle s’approche de plus en plus et je découvre nettement son visage. Elle n’a pas changé. Je lui fais un grand sourire lorsque je lis une pointe d’angoisse sur son visage. Je me rends compte qu’elle appréhendait ce moment au moins autant que moi.
Elle est toujours aussi belle… Le temps lui a réussi.
- Jolie coupe de cheveux, commence-t-elle. Ça te change, c’est pas mal !
Je souris en touchant mes cheveux du bout des doigts.
- Une nouvelle coupe juste pour toi.
Elle sourit aussi. Elle s’installe à côté de moi et nous observons le parc pendant quelques minutes, sans mot dire, sans même oser croiser nos regards. On doit ressembler à deux adolescents hésitants… C’est étrange. Pourquoi cette attitude ? Probablement ces dix années sans même s’être vus…
- Alors… ( elle continue à fixer le parc ) qu’est-ce que tu deviens ? Demande-t-elle, sans doute pour briser la glace.
- Ce que je deviens… hmm… je ne suis qu’un pauvre romancier qui vit aux crochets de sa femme en espérant sortir un best-seller un de ces quatre !
Elle se met à rire.
- J’ai lu quelques-uns de tes livres, Nathan… J’aime bien, tout comme quelques millions de personnes dans ce petit monde. Tu as fait beaucoup de progrès… 
- Oui… merci…
Nouveau silence.
- Tu as des enfants ? M’interroge-t-elle.
- Une fille… Céline.
Je capte enfin son regard et ses yeux qui m’avaient tant émerveillé autrefois.
- C’est une blague ?!
- Non, c’est même ma femme qui a proposé… Elle sait à quel point notre histoire a compté pour moi. Elle aussi a vécu des moments pas très faciles avec son premier amour… ( Elle sourit, hésitante ) Et toi, tu en es où dans ta vie ?
Elle s’installe confortablement dans le banc. Derrière nous, on entend les pépiements d’oiseaux qui farfouillent dans l’herbe. Des enfants passent en courant devant nous.
- Un homme, deux enfants et un caniche… Le caniche s’appelle Nathan. ( J’éclate de rire ) Juste en ton honneur…
Elle n’a pas perdu son sens de l’humour… un aspect de sa personnalité qui m’avait fait craquer. La discussion commence enfin et nous parlons de nos vies respectives. Tout se passe plutôt bien… 
Les retrouvailles ont un goût de premier rendez-vous. Nous évoquons nos souvenirs communs, puis notre histoire… Nous nous sommes aimés si fort…
- Tu vois, dit-elle, dans un sens, on tient notre promesse… enfin pour ma part. ( Je lui lance un regard interrogateur, mais elle fixe le parc ) S’il y a bien une chose qui est commune à tous mes souvenirs… c’est ce sentiment de t’avoir aimé comme personne. J’emporterais ces souvenirs avec moi. Et dans un sens, je t’aimerais ainsi toute ma vie, je crois…
- Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?
- Rien de spécial, Nathan… Juste que depuis qu’on s’est séparé, j’ai beaucoup pensé à toi… à nous… comme tu l’as sans doute fait, puisque tu m’as appelée ce matin. Et dans mes souvenirs je t’ai aimé tellement fort… Tu es la personne que j’ai le plus aimé dans toute ma vie et parfois je me demande si je n’ai pas fait une erreur…
Je reste sans voix. Je m’attendais à tout, sauf à ça… J’ai l’impression que les rôles sont inversés. Aurait-elle des regrets ?
- Regarde-moi… ( elle s’exécute ) Qu’est-ce que tu vois quand tu me regarde ? Un homme que tu as aimé… ou un homme que tu n’aimes plus… ?
Elle sourit, encore.
- Il n’y a pas de grandes différences… si ? Mais de toutes manières… je t’aime encore, je crois… Je ne cesserai jamais de t’aimer, en fin de compte. On était jeune à l’époque et je n’avais connu que toi… Je pense que j’ai eu envie d’explorer de nouveaux horizons. Ainsi va la vie… Je ne regrette pas mon choix, les regrets n’apportent rien de bon, mais certains jours je me demande ce qu’aurait pu être ma vie avec toi… Est-ce qu’on aurait été heureux ?
Elle s’apprête à pleurer, mais je ne veux pas la voir triste. C’est inutile, on ne peut pas revenir en arrière.
- Shhh… n’y penses plus. ( Je tends mes bras vers elle et elle s’y glisse en posant sa tête sur mon épaule. ) Nous avons tous les deux nos vies aujourd’hui… il ne faut pas penser à ce genre de choses…
Nous restons un moment dans les bras l’un de l’autre et nous partageons encore ces souvenirs qui nous ont rendus si heureux. Nous rions, nous pleurons, puis nous nous levons et marchons un peu, main dans la main, au milieu des autres couples.
Tout a changé, mais tout semble si identique. Nous nous aimons encore, c’est un fait.
Ça nous fait un bien fou de nous revoir, mais nous devons en rester là. Je la raccompagne à sa voiture et je la sers dans mes bras. 
Elle m’embrasse, un baiser d’adieu…
- On ne se revoit plus, alors ? Me demande-t-elle.
- Je ne sais pas… probablement pas. Pourquoi briser des vies qui me semblent plutôt agréables ?
- Nous pourrions… essayer… Nous étions heureux à deux…
- Nous avons d’inoubliables souvenirs dans nos têtes… Ne risquons pas de gâcher notre plus belle histoire d’amour à tous les deux sur un coup de tête…On ne sait pas ce qui nous attend si on recommence. 
- Tu as sans doute raison, mais…
- …mais tes enfants et ton caniche t’attendent… (je ris) et moi j’ai ma petite Céline.
Elle me sourit, monte dans sa voiture et s’éloigne de ma vie pour toujours, sans doute.
Nous avons préféré tuer une histoire d’amour qui n’était peut-être pas tout à fait terminée, mais après tout… les plus belles histoires d’amour sont celles qui meurent comme elles viennent.

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