Poème : Amour Secret 

Poétesse : Marie France Gobé

Histoire d'amour impossible - amour secret
AMOUR  SECRET  - Histoire d'amour impossible
Mon Dieu qu'il est difficile de vivre au quotidien 
Garder le Secret de ce bel Amour lointain

Mon cœur est partagé entre Bonheur et Chagrin 
Et ne peut ignorer qu'il est sans lendemain

Personne ne peut imaginer l'Amour que j'ai pour Lui 
Mes larmes je ne peux retenir, j'ai si peur qu'il m'oublie

L'Amour est si beau quand on le vit à Deux 
Ce n'est pas notre cas - Comment être heureux
J'aimerai vivre à ses côtés ce grand Amour 
Le posséder et le chérir pour toujours

Mais Impossible de vivre avec Lui 
Et Impossible de vivre sans Lui

Mon Amour mes pensées te sont dédiées 
Saches que nos destins sont à jamais liés

Tu es mon Inspiration - Tu es ma Folie 
Mais cet Amour fou a bouleversé ma vie

Nous ne pourrons Jamais nous aimer au grand jour 
Pourtant tu es ma Vie - mon véritable Amour

Ce sentiment me remplit de Bonheur 
Mais mon Cœur, à cette frustration, pleure

Pourtant ton Cœur a su me prendre 
De lui, je ne peux m'en défendre

Ton âme a su me faire écrire
Tous ces Mots que je ne peux te dire

Il faut que j'arrête de pleurer 
De penser que la vie est un miroir Brisé

Je ne veux pas que cet Amour ne soit qu'un rêve 
Mon Dieu - Accordez nous une trêve

Comment faire pour qu'il devienne Réalité 
Pour nous permettre Enfin de nous AIMER

Biographie de Arthur Rimbaud :

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Arthur Rimbaud

Un enfant précoce :

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né au 12, rue Napoléon à Charleville (Ardennes) le 20 octobre 1854. Sa mère, Vitalie Cuif, est une paysanne aisée, et son père, Frédéric Rimbaud est capitaine d’infanterie. Il a un frère aîné Frédéric, né en 1853 et aura trois sœurs Vitalie (née en 1857, elle vécut un mois), Vitalie (1858) et Isabelle (1860). 

Il est élevé avec autorité par Vitalie alors que son père, qui fait la bataille de Crimée en 1855-56, est constamment en déplacements. Le couple se sépare en 1860. Arthur est très précoce et il réussit brillamment à l’institution Rossat, puis au Collège de Charleville. Arthur Rimbaud a pour ami Ernest Delahaye. A quinze ans, soutenu par son professeur Monsieur Duprez, il publie des vers en latins dans le Moniteur de l’enseignement secondaire. Ce sont Ver erat, L’Ange et l’Enfant et Jugurtha, qui lui vaut le premier prix du Concours Académique (1869). 

En 1870 Arthur Rimbaud fait paraître dans la Revue pour tous son premier recueil de poèmes en français, Les Etrennes des orphelins. Il fait parvenir à Théodore de Banville les poèmes Par les beaux soirs d’été (renommé par la suite Sensation), Ophélie, Credo in Unam (qui deviendra Soleil et Chair) puis Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs. Ses lettres restent sans réponse. 

Un feu incontrôlable :

Son professeur de lettres (qui est aussi poète), Georges Izambard, le prend en affection. Il lui présente le poète Paul Demeny. Dans un pays excité par la guerre éclatant contre la Prusse, l’énergie de Rimbaud explose. Ne tenant pas en place, il fugue en août et en octobre 1870. Il écrit les poèmes du Cahier de Douai. Il publie le poème Trois Baisers (renommé par la suite Comédie en trois baisers puis Première Soirée), dans la revue satirique La Charge. 

En février 1871, Arthur Rimbaud, voulant absolument intégrer le milieu littéraire, se rend à Paris. Il erre quinze jours dans les rues. A son retour dans Charleville occupée il trouve un emploi au journal Le Progrès des Ardennes. En mars il rejoint les communards. Cette expérience lui inspire les lettres du voyant (comportant notamment Chant de guerre Parisien) qu’il adresse à Georges Izambard et Paul Demeny. 

L’aventure avec Verlaine :

C’est enfin Paul Verlaine qui apprécie son génie. Verlaine lui paie un billet de train et après l’avoir logé brièvement dans l'hôtel particulier de ses beaux-parents, il l’adresse à ses amis artistes dont Charles Cros et Théodore de Banville. 

En octobre 1871, Arthur Rimbaud dîne avec les Vilains Bonshommes et collabore à l’Album du Cercle Zutique. Le Parnasse l’acclame lorsqu’il dit son Bateau Ivre. 

Rimbaud encanaille Verlaine qui se met à boire. Ils s’adonnent à l’absinthe et leur liaison fait scandale. Début 1872, Verlaine se dispute violemment avec sa femme Mathilde. Elle le quitte une première fois pour se réfugier à Périgueux. 

En mars Rimbaud se montre très «Vilains Bonshommes» en blessant l’artiste Etienne Carjat avec une canne-épée et Verlaine lui demande de rentrer à Charleville. 

En mai Henri Fantin-Latour expose au Salon Le coin de Table, sur lequel figurent entre autres poètes Verlaine et Rimbaud. 

En juillet 1872 Rimbaud et Verlaine partent pour Bruxelles ou Mathilde les rejoint pour tenter de récupérer son mari. Les deux hommes s’installent à Londres en septembre, aidés par les communards en exil. Enthousiasmé par le voyage, Rimbaud écrit une partie de son recueil des Illuminations. 

Ils alternent les séjours à Londres et sûr le continent, Verlaine essayant de récupérer sa femme et Rimbaud obéissant à sa mère. Lors d’un séjour dans la ferme maternelle de Roche, Rimbaud se met à rédiger un Livre Païen ou Livre Nègre qui deviendra Une Saison en Enfer. 

A Londres, ils vivent en donnant des cours de français et grâce à l’aide de la mère de Verlaine. Alcoolisés, drogués, ils se disputent régulièrement. Le 10 juillet 1873 Verlaine tire sur Rimbaud et l’atteint au poignet. Verlaine est arrêté puis condamné le 8 août à deux ans de prison. 

Rimbaud vagabonde en Europe :

En août 1873 Arthur Rimbaud fait publier Une Saison en Enfer chez Jacques Poot à Bruxelles, mais, ne pouvant le financer, il n’en édite qu’une poignée, à compte d’auteur. 

En novembre, Arthur Rimbaud fait la connaissance du poète Germain Nouveau avec qui il part à Londres en mars 1874. Ils travaillent ensemble aux Illuminations. Nouveau, craignant la mauvaise réputation de Rimbaud, repart en Juillet. 

En 1875, Rimbaud commence à voyager, en gueux, dans toute l’europe. En 1875 il se rend à Stuttgart ou il rencontre Verlaine récemment libéré. Ils se disputent une dernière fois et Rimbaud lui remet le manuscrit des Illuminations. En mai et juin il voyage en Italie. En décembre il est grandement attristé par la mort de sa sœur Vitalie. 

En 1876 il se fait détrousser en allant à Vienne puis s’engage à Rotterdam dans l’armée coloniale Hollandaise. Il déserte après quelques semaines. En 1877 il voyage à Cologne et Brême, est engagé comme traducteur dans un cirque et tente de s’engager dans la marine américaine. Il fait un séjour à Rome. 

Un aventurier au Moyen Orient :

Son père décède en 1878. Il s’embarque pour Alexandrie et travaille comme chef de chantier dans une carrière à Chypre. Atteint de typhoïde il rentre à Charleville en mai 1879. Il supervise la construction du palais du gouverneur britannique à Chypre en mars 1880. 

En août 1880 Arthur Rimbaud est engagé à Aden (Arabie) par la compagnie Mazeran, Viannay et Bardey pour surveiller le conditionnement du café puis il est affecté à l’agence d’Harar. 

Fin 1883, Verlaine publie des poèmes de Rimbaud dans la revue Lutèce et présente l’homme aux semelles de vent parmi sa série Les Poètes Maudits.

En février 1884, la Société de Géographie publie à Paris le Rapport sur l’Ogadine (une région près d’Harar) rédigé par Rimbaud. En octobre 1885, Pierre Labatut engage Rimbaud afin de vendre des armes d’occasion au roi Ménélik II. La caravane qu’il mène séjourne longuement dans le port de Tadjoura (Mer rouge). Peut-être mêle t’il le trafic d’esclaves au trafic d’armes. 

En avril 1886 Verlaine fait publier dans la revue La Vogue plusieurs poèmes de Rimbaud, dont Les Premières Communions et le recueil des Illuminations. Une Saison en Enfer est réédité en septembre. Ceci va permettre de faire enfin connaître le poète. Rimbaud n’est pas au courant de ces publications. 

A partir de 1888, après la mort des associés Pierre Labatut et Paul Soleillet, Rimbaud fait des affaires au Caire. Il a pour ami et partenaires d’affaires César Tian et Alfred Ilg, ingénieur suisse, qui devient Empereur d’Abyssinie en 1889. Le quotidien le Bosphore Egyptien publie ses aventures. Il s’ennui. Taciturne et toujours plus associable, il voudrait néanmoins fonder une famille. 

En février 1891, une douleur au genou l’empêche de marcher. Il se fait transporter en civière sur 300 kilomètres dans le désert. Arrivé à l’hôpital européen d’Aden il est rapatrié à Marseille où on l’opère d’un cancer, le 27 mai 1891. C’est une maladie familiale qui a déjà emporté sa sœur Vitalie et qui touchera Isabelle en 1925. 

Arthur Rimbaud est soigné par sa sœur Isabelle et sa mère mais son état se dégrade rapidement et il meurt de gangrène le 10 novembre à Roche. Il est enterré à Charleville. 

En 1895, Verlaine fait publier chez Vanier les poésies complètes der Rimbaud.

Les Poèmes de Arthur Rimbaud :

Autres sources : Biographie de Arthur RIMBAUD

Poème : Roman

Poète : Arthur Rimbaud / Recueil : Poésies d'Arthur Rimbaud 1892

Roman, poème d'Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud, Poésies
I

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II

-Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête ...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête ...

III

Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père ...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif ...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines ...

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade. 

29 septembre 1870

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Poème : Rêvé pour l’Hiver

Poète : Arthur Rimbaud / En wagon, le 7 octobre 1870

Rêvé pour l'hiver, poème d'Arthur Rimbaud
Rêvé pour l’Hiver - Arthur Rimbaud En wagon, le 7 octobre 1870
L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras : "Cherche !", en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup... 

7 octobre 1870

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Poème : Ophélie

Poète : Arthur Rimbaud / Recueil de Douai

Ophélie, poème d'Arthur Rimbaud
Ophélie - Arthur Rimbaud
I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. 


15 mai 1870

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Poème : Aube

Poète : Arthur Rimbaud / Œuvre : Illuminations, 1886 :

Aube, poème d'Arthur Rimbaud
Illuminations - Aube - Rimbaud 
J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

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Poème : Le Cœur supplicié, Le Cœur du pitre, et Le Cœur volé

Poète : Arthur Rimbaud, 1871/ Oeuvre : Le bateau ivre, Arthur Rimbaud (1871)

Le Cœur Volé : Poème d'Arthur Rimbaud
Le Cœur Volé - Arthur Rimbaud
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur couvert de caporal :
Ils y lancent des jets de soupe
Mon triste cœur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon cœur couvert de caporal.

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé.
Au gouvernail, on voit des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques
Prenez mon cœur, qu'il soit lavé.
Ithyphalliques et pioupiesques 
Leurs quolibets l'ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô cœur volé ?
Ce seront des hoquets bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques 
J'aurai des sursauts stomachiques
Moi, si mon cœur est ravalé:
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ? 

Mai 1871

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Poème : La Maline

Poète : Arthur Rimbaud / Charleroi, Octobre 1870

La Maline : Poème d'Arthur Rimbaud
La Maline - Arthur Rimbaud
Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel mets
Belge, et je m'épatais dans mon immense chaise. 
En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi.
La cuisine s'ouvrit avec une bouffée,
Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coiffée 

Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue, 

Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m'aiser ;
- Puis, comme ça, - bien sûr pour avoir un baiser, -
Tout bas : "Sens donc, j'ai pris une froid sur la joue..." 

Octobre 1870

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Poème : Génie

Poète : Arthur Rimbaud / Oeuvre : Illuminations 1886.

Génie : Poème d'Arthur Rimbaud
Génie - Arthur Rimbaud
Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase. 

Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie... 

Et nous nous le rappelons, et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !" 

Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé. 

O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action. 

O fécondité de l'esprit et immensité de l'univers. 

Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ! 

Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite. 

Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense. 

Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions. 

O lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues. 

O monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux ! 

Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour. 

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Poème : Entends comme brame

Poète : Arthur Rimbaud / Oeuvre : Derniers vers

Entends comme brame : Poème d'Arthur Rimbaud
Entends comme brame - Rimbaud
Entends comme brame
près des acacias
en avril la rame
viride du pois ! 
Dans sa vapeur nette,
vers Phoebé ! tu vois
s'agiter la tête
de saints d'autrefois... 

Loin des claires meules 
des caps, des beaux toits,
ces chers Anciens veulent
ce philtre sournois... 

Or, ni fériale
ni astrale ! n'est
la brume qu'exhale
ce nocturne effet. 

Néanmoins ils restent,
- Sicile, Allemagne,
dans ce brouillard triste
et blêmi, justement ! 

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Poèmes : Ce qui retient Nina

Poète : Arthur Rimbaud / Œuvre : Poésies d'Arthur Rimbaud 1892

Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud
Les réparties de Nina 1

LUI - Ta poitrine sur ma poitrine,
Hein ? nous irions,
Ayant de l'air plein la narine,
Aux frais rayons

Du bon matin bleu, qui vous baigne
Du vin de jour ?...
Quand tout le bois frissonnant saigne
Muet d'amour

De chaque branche, gouttes vertes,
Des bourgeons clairs,
On sent dans les choses ouvertes
Frémir des chairs :

Tu plongerais dans la luzerne
Ton blanc peignoir,
Rosant à l'air ce bleu qui cerne
Ton grand oeil noir,

Amoureuse de la campagne,
Semant partout,
Comme une mousse de champagne,
Ton rire fou :

Riant à moi, brutal d'ivresse,
Qui te prendrais
Comme cela, - la belle tresse,
Oh ! - qui boirais

Ton goût de framboise et de fraise,
O chair de fleur !
Riant au vent vif qui te baise
Comme un voleur,

Au rose, églantier qui t'embête
Aimablement :
Riant surtout, ô folle tête,
A ton amant !...
Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud 2
Ce qui retient Nina 2
Dix-sept ans ! Tu seras heureuse !
Oh ! les grands prés,
La grande campagne amoureuse !
- Dis, viens plus près !...

- Ta poitrine sur ma poitrine,
Mêlant nos voix,
Lents, nous gagnerions la ravine,
Puis les grands bois !...

Puis, comme une petite morte,
Le coeur pâmé,
Tu me dirais que je te porte,
L'oeil mi-fermé...

Je te porterais, palpitante,
Dans le sentier :
L'oiseau filerait son andante :
Au Noisetier...

Je te parlerais dans ta bouche ;
J'irais, pressant
Ton corps, comme une enfant qu'on couche,
Ivre du sang

Qui coule, bleu, sous ta peau blanche
Aux tons rosés :
Et te parlant la langue franche...
Tiens !... - que tu sais...

Nos grands bois sentiraient la sève,
Et le soleil
Sablerait d'or fin leur grand rêve
Vert et vermeil.
Ce qui retient Nina : Poème d'Arthur Rimbaud 3
Ce qui retient Nina 3 - Rimbaud
Le soir ?... Nous reprendrons la route
Blanche qui court
Flânant, comme un troupeau qui broute,
Tout à l'entour

Les bons vergers à l'herbe bleue,
Aux pommiers tors !
Comme on les sent toute une lieue
Leurs parfums forts !

Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l'air du soir ;

Ca sentira l'étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d'un lent rythme d'haleine,
Et de grands dos

Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
A chaque pas...

- Les lunettes de la grand-mère
Et son nez long
Dans son missel ; le pot de bière
Cerclé de plomb,

Moussant entre les larges pipes
Qui, crânement,
Fument : les effroyables lippes
Qui, tout fumant,

Happent le jambon aux fourchettes
Tant, tant et plus :
Le feu qui claire les couchettes
Et les bahuts.

Les fesses luisantes et grasses
D'un gros enfant
Qui fourre, à genoux, dans les tasses,
Son museau blanc

Frôlé par un mufle qui gronde
D'un ton gentil,
Et pourlèche la face ronde
Du cher petit...

[Noire, rogue au bord de sa chaise,
Affreux profil,
Une vieille devant la braise
Qui fait du fil ;]*

Que de choses verrons-nous, chère,
Dans ces taudis,
Quand la flamme illumine, claire,
Les carreaux gris !...

- Puis, petite et toute nichée,
Dans les lilas
Noirs et frais : la vitre cachée,
Qui rit là-bas...

Tu viendras, tu viendras, je t'aime !
Ce sera beau.
Tu viendras, n'est-ce pas, et même...

ELLE - Et mon bureau ? 

15 août 1870

Retour à la liste des poèmes d'Arthur Rimbaud :

Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes, et mort le 10 novembre 1891 à l'âge de trente sept ans.

Résumés et analyses des principales oeuvres de Rimbaud :

Arthur Rimbaud - Auteur et poète français
Oeuvres poétiques - Arthur Rimbaud

Sommaire : 

1. Le bateau ivre, Arthur Rimbaud 1871 :

Célèbre poème d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrit en 1871 et publié pour la première fois par Verlaine, dans son étude sur "Arthur Rimbaud" parue dans la revue "Lutèce" du 2-9 novembre 1883 et reprise dans les "Poètes maudits" ("Trisan Corbière-Arthur Rimbaud-Stéphane Mallarmé"), Vanier, 1884. "Le bateau ivre" fut par la suite inclus dans les diverses éditions des "Poésies", dont la première ("Reliquaire, Poésies", 1891) préfacée par Rodolphe Darzens, fut faite à l'insu de l'auteur, alors qu'il agonisait à l'hôpital de Marseille. Ernets Delahaye, amis du poète, rapporte que sur la fin de septembre 1871, se trouvant à Cherleville, en compagnie de Rimbaud, ce dernier, à la veille de partir pour Paris, lui confia: "Voici ce que j'ai fait pour leur présenter en arrivant" et il lui récita "Le bateau ivre"; puis il ajouta tristment: "Oui, on n'a rien écrit de semblable, je le sais bien... Et cependant, ce monde des lettres, d'artistes! Les Salons! Les élégances!... Je ne sais pas me tenir... je ne sais pas parler... Oh! pour la pensée, je ne crains personne...". Pourtant, Rimbaud, qui avait à peine dix-sept ans, n'en était pas à son premier poème ni à son premier départ. Cette interrogation ne devait rien à la crainte; il faut y voir plutôt le pressentiment d'un échec, le sentiment profond d'une incompatibilité qui déjà se manifestait à travers les strophes du "Bateau ivre" et qu'un autre poème, celui de sa propre vie, allait dévoiler.

Car la poésie fut pour lui un geste naturel que par probité il se refusa d'exploiter; une démarche qu'il abandonna comme inefficace, ou plutôt, qui se modifia d'elle-même lorsqu'il atteignit, à l'âge d'homme, une nouvelle conscience du monde et de sa propre réalité.
On a beaucoup écrit sur ses sources présumées, et les amateurs de rébus n'ont pas manqué d'en situer l'inspiration, pour le thème et même pour le langage, dans les collections de magazines illustrées tels que le "Magasin pittoresque", dans les poèmes de Gautier, "La ballade du vieux marin", de Coleridge, "Les travailleurs de la mer", les romans de Jules Verne. Peu nous importe après tout de savoir que l'adolescent poète n'avait jamais vu la mer avant d'écrire le "Bateau ivre"; il nous suffira d'y apprendre qu'il aimait contempler les flaques et y découvrait autant de mystères et d'enchantements que dans tous les Océans réunis le moindre moreau de matière, le moindre reflet, une coloration, lui permettaient de connaître et de savourer d'avance les qualités possibles de l'univers. Les publications illustrées, certes il s'en nourrissait, mais plus omme supports de son imagination que comme modèles, les appréciant en tant qu'objets ayant une valeur d'excitants, ne retenant, comme preuve, que les motifs où il se reconnaissait lui-même. "Le bateau ivre" est une préfiguration de la destinée de Rimbaud dans la mesure où celui-ci demeura fidèle aux impulsions et aux images fondamentales qui commandèrent son comportement et firent sa personnalité. En fait, déjà nanti d'une expérience vécue, il tenta de donner avec ce poème, et pour la première fois dans son oeuvre, une synthèse à la fois allégorique et sensible de ses aspirations et de ses contradictions. Tous ses poèmes antérieurs, à l'exclusion du "Cœur volé", ébauche du "Bateau ivre", sont parfois visionnaires, mais demeurent en quelque sorte "réalistes", peints d'après nature, se définissant dans l'espace et le temps familiers. Ici par contre, nous entrons dans la durée où le présent devient une éternité qui engage l'être de façon totale, connaissance immédiate, voyage intérieur que le poète épuisera avec "Les illuminations" et "Une saison en enfer": "Elle est retrouvée? - Quoi? - l' éternité. C'est la mer mêlée au soleil".
Pour l'instant, s'il a cédé à l'appel des sirènes, s'il s'est choisi "voyant", il pressent, au premier pas de cette fugue d'un nouveau genre, tout ce qu'il risque et perd. Car ses aventures spirituelles ne furent jamais pour lui un jeu sans conséquences. En ce sens, après Nerval et Baudelaire, Rimbaud chargeait la vocation de Poète d'une signification et d'une gravité nouvelles.

Il redonnait aux mots un poids de chair, poussé par le même besoin de sincérité que cet autre adolescent, Lautréamont, bien que ce dernier ait oeuvré sur un autre plan, infiniment plus littéraire. Il n'était pas nouveau le symbole du "bateau voyageant sur l'océan de la vie" et les "Bâteaux-fantômes" hantaient depuis longtemps les mers de la littérature, mais jamais on ne l'avait chargé d'autant de réalité. Ce n'est plus un noble voilier que ce "Bateau ivre", mais une péniche, faite pour les fleuves et les haleurs; une embaration passive, abandonnée, inutile, Bateau amoureux de l'élément que par destination il doit vaincre, au point de s'y livrer, de s'en griser et de s'y perdre. Thème de l' Irresponsabilité (cher à la littérature de tous les temps mais à qui le XIXe siècle avait donné une valeur personnelle), avec ses corollaires de Malédiction, de Condamnation, et de Paradis perdu; ses attitudes justifiatrices de protestation, d'inspiration et d'inconscience, d'orgueil et de révolte; refus de participation que la sincérité envers soi-même transforme en une liberté plus concrète, à laquelle, dans ses propres limites, Rimbaud atteindra. La même lucidité qui lui faisait écrire à son ami Demeny, quelques mois avant de composer le "Bateau ivre": "Ne sachant rien de ce qu'il faut savoir, résolu à ne rien faire de ce qu'il faut faire, je suis condamné dès toujours, pour jamais", semble lui avoir dicté la conclusion du poème: "Si je désire une eau d' Europe, 'est la flache - Noire et froide où, vers le crépuscule embaumé - Un enfant accroupi, plein de tristesse, lâche - Un bateau frêle comme un papillon de mai - Je ne suis plus, baigné de vos langueurs, o lames, - Enlever leur sillage aux porteurs de cotons, - Ni traverser l' orgueil des drapeaux et des flammes, -Ni nager, sous les yeux horribles des pontons!" Mais entre temps, mêlant un exotisme aujourd'hui usé, qu'il a su cependant fixer dans sa forme naïve, à l'extase d'une communion avec les éléments, "plus soeurs que les cerveaux d'enfants", "Libre, fumant, monté de brumes violettes", baigant dans "le Poème de la Mer, infusé d'astres", il a vécu en raffiné un univers barbare et fantastique, et a "vu quelquefois ce que l'homme a cru voir".

Voilà pour la signification. Quant au langage, il lui est intimement associé. Rimbaud s'était créé sa matière. La forme fait corps avec le fond. Les assoiations de mots et d'images ne sont pas seulement des combinaisons de sonorités, l'expression d'une émotion musicale, mais la restitution d'un état consistant; ce qui explique la puissance évocatrice du poème et le différencie de la production des symbolistes contemporains. Et si quelques images sont trop dans le goût de l'époque, trop entachés encore de romantisme et de préciosité verbale (ce "baroque" s'incère toutefois assez bien dans le climat étrange, la tonalité inouïe dont le poème est imprégné), il en est d'autres qui, s'imposant avec la violence d'un jaillissement spontané, n'en sont pas moins d'une perfection définitive. Rimbaud pouvait dire: "On n'a rien écrit de semblable"; en effet, il échappait au discursif, à l'effusion sentimentale et musicale, utilisant un autre mode d'expression, plus riche, plus complet, opérant la mise au jour de ces "Correspondances" que Baudelaire avait révélées. Poème d'évasion et d'emprisonnement, témoignage de suave et d'amère perdition, et, en même temps, effort et désir d'échapper à ces obligations contradictoires en conservant sa propre intégrité: tel apparaît le "Bateau ivre".

2. Illuminations, Arthur Rimbaud 1886 :

Recueil poétique en prose d'Arthur Rimbaud (1854-1891), publié à Paris dans la Vogue, et en volume aux Éditions de cette revue en 1886. Dans l'édition des Poésies complètes (Paris, Léon Vanier, 1895), figurent des textes découverts plus tard et absents dans l'édition de la Vogue ainsi que dans la première effectuée par Vanier en 1892. Dans chacune de ces éditions, le recueil est précédé d'une "Notice" ou "Préface" de Paul Verlaine.

En 1875, lors d'une dernière rencontre à Stuttgart, Rimbaud remit à Verlaine le manuscrit des Illuminations, qui passa ensuite entre de nombreuses mains, avant d'être publié en 1886. Rimbaud, qui avait depuis longtemps renoncé à la poésie et vivait en Abyssinie, ignora cette publication. Selon le témoignage de Verlaine, l'ouvrage "fut écrit de 1873 à 1875" (Notice de l'édition 1886).
En effet, si quelques poèmes en prose sont antérieurs à ceux d'Une saison en enfer, il est désormais généralement admis que la plupart sont contemporains ou postérieurs. Cela n'interdit toutefois nullement de voir dans Une saison en enfer une sorte de testament poétique que les Illuminations corrigent ou prolongent.

Biographie de Victor Hugo (Résumé) :

Nouvelle photo de Victor Hugo
Les plus beaux poèmes d'amour de Victor Hugo

Un fils de la République :

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802 de Sophie Trébuchet, nantaise, royaliste et de Léopold Hugo, lorrain, révolutionnaire, général de l’Empire et honoré du titre de Comte par Napoléon. Il a deux frères Abel né en 1798 et Eugène né en 1800. Ses parents se séparent alors qu’il a deux ans, Sophie ayant une relation avec le général Victor Lahorie, un des meilleurs amis du couple et parrain de Victor. Il suit d’abord son père dans ses déplacements militaires en Italie et en Espagne ou il est page du Roi Joseph Bonaparte et élève au séminaire des nobles de Madrid. 

Après que Victor Lahorie ait été fusillé, en 1812, pour avoir conspiré contre Napoléon, Victor habite avec sa mère, rue des Feuillantines. En compagnie de ses frères il profite d’une vie libre. Il lit beaucoup et s’intéresse aussi aux mathématiques. Il rencontre Adèle Foucher dont il tombe passionnément amoureux. Recherchant la stabilité affective, il envisage rapidement de sa marier avec elle, mais sa mère s’y opposant, ce projet ne se réalisera qu’après la mort de celle ci en 1821. 

Dès 14 ans, Victor Hugo, curieux et stimulé par son environnement familial, soutient qu’il sera «Chateaubriand ou rien». Il est déjà distingué par l'Académie française en 1817 pour une pièce sur les Avantages de l'étude. En 1820 il est récompensé par la société littéraire des Jeux Floraux. Il abandonne alors l’étude des mathématiques pour se vouer entièrement à la littérature. 

Doté d’une grande intelligence et d’une énergie fabuleuse, il est honoré dès sa jeunesse :

À vingt ans, Victor Hugo publie le recueil des Odes (remanié et publié en 1828 sous le titre Odes et Ballades). Louis XVIII, touché, lui octroi une pension de 2000 francs. Il fréquente Nodier, Vigny et son idole Lamartine. Il obtient la légion d’honneur en 1825. 

S’étant réconcilié avec son père révolutionnaire, il use de son titre de Baron d’Empire. Victor fait feux de tout bois. Il prend part dans le journal Le Conservateur littéraire, publie les romans Han d'Islande (1823), contant une légende du « royaume d’Islande » et Bug-Jargal (1826, écrit en 1818), «dont le fond est emprunté à la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791». En 1827, il obtient une certaine notoriété publique en offrant Cromwell, une pièce injouable mais dont l’audace est appréciée. En 1828, il écrit pour le théâtre Amy Robsart et propose le recueil de vers Ballades. Son drame en vers, Marion de Lorme, est interdit par la censure (et sera joué après la révolution de 1830). En 1829 il publie les Orientales. 

Son autre grand projet de vie se joue avec sa femme, dont il est toujours très amoureux. Elle lui donne quatre enfants Léopoldine (1824), Charles (1826), François-Victor (1828) et Adèle (1830). Néanmoins, Adèle souffre du trop plein d’énergie de son mari et de la charge familiale et finit par lui montrer un certain désintérêt. 

A moins de 30 ans Victor Hugo est un écrivain audacieux, apprécié des grands comme du peuple :

En 1830 Victor Hugo déchaîne le monde littéraire en faisant jouer Hernani à la Comédie Française car c’est une pièce qui ne respecte ni l’unité de lieu ni l’unité de temps. Il rencontre le succès populaire grâce entre autre au roman Notre Dame de Paris (1831), le recueil de poésies Feuilles d’automne (1831), les pièces le Roi s’amuse (interdite par la censure en 1832), Lucrèce Borgia, Ruy Blas et Mary Tudor en 1833, Angelo (en prose) en 1835 et Ruy Blas, en vers en 1838. 

Dans Lucrèce Borgia joue une comédienne considérée médiocre, Juliette Drouet, qui tombe amoureuse et lui offre une liaison sensuelle. Elle sera sa maîtresse pour la vie. Victor mène grand train. Il fait partie de la « cour » du Roi Louis Philippe, est nommé Vicomte. En 1841, il est accepté à l’Académie Française (à sa cinquième tentative). 

Victor Hugo doit financer sa double vie et augmente sa production. Son talent d’écrivain romantique est encore affirmé par la publication des recueils de poésies Chants du crépuscule (1835), les Voix intérieures (1837), Rayons et Ombres (1840) ainsi que Le Rhin, impressions de voyage (1842). 

Premiers coups du destin :

En 1843, le malheur frappe à sa porte. En mars, la mauvaise réception de sa pièce les Burgraves l’éloigne du théâtre. En septembre, au cours d’un voyage près de Soubise en compagnie de Juliette, il apprend, en consultant Le Siècle, la mort de sa fille Léopoldine. Elle s’est noyée dans la Seine en compagnie de Charles Vacquerie, son récent époux . 

Le 5 juillet 1845 il est pris en flagrant délit d’adultère avec sa nouvelle maîtresse Léonie Biard. C’est un scandale public. Victor échappe à la prison, ayant été nommé Pair de France en début d’année par Louis-Philippe, il n’en est pas de même pour sa maîtresse. La réputation de Victor Hugo est entachée et il s’éloigne de la vie publique pour commencer la rédaction des Misères (renommé par la suite Les Misérables). 

Victor Hugo prend parti contre Louis-Napoléon Bonaparte :

Respectant d’abord la tradition familiale, il est partisan de Louis-Napoléon Bonaparte. Il est élu député de Paris à l’Assemblé Constituante le 4 juin 1848. Néanmoins, le régime se durcit et il fait part de son désaccord. En juillet 1849, il prononce à l’Assemblée un discours sur la misère qui fait scandale. Après le coup d’état du 2 décembre 1851, il s’oppose franchement à Louis-Napoléon en prononçant plusieurs discours à l’Assemblée. 

Toute la famille s’engage dans l’opposition et son fils Charles est écroué à la Conciergerie en juillet 1851, suivi par François-Victor en novembre. Il doit fuir le régime et Juliette Drouet l’aide à s’installer à Bruxelles en décembre. La Belgique ne peut plus lui offrir refuge lorsqu’il publie le pamphlet Napoléon le Petit le 5 août 1852. Il part alors à Jersey 

L’exile dans les îles anglo-normandes :

Victor Hugo exprime alors son désaccord en rédigeant les 98 poèmes des Châtiments en 1853. 

Dans son exil, à Marine Terrace, il reçoit ses amis parisiens. Delphine de Girardin l’initie au spiritisme en septembre 1853. Victor est persuadé que sa fille Léopoldine s’exprime grâce à la table qui lui dicte jusqu’à 4000 mots par séance. Son fils Charles semble posséder un « fluide » plus puissant que quiconque. Les séances prennent fin en 1854, Victor ayant le sentiment d’avoir épuisé les révélations de la table. 

Les autorités de Jersey l’expulsent en Octobre 1855. Il s’installe à Gernesey où il achète une grande maison Hauteville-House. Il vit principalement avec Juliette Drouet. 

Sa colère contre la République Française s’exprime encore dans les Misérables (1862 ), mais la vie sur cette belle île sauvage, profitant de nombreuses maîtresses lui inspirent des œuvres beaucoup plus sereines. Dans le recueil de poésies les Contemplations (1856) il revient sur le traumatisme de la mort de sa fille et s’intéresse à tous les domaines de la connaissance humaine. Il fait une étude de la totalité de l’histoire dans La Légende des siècles (1859) et s’intéresse à William Shakespeare (1864). Il s’exalte pour la luxuriance de l’île et le monde marin qui lui inspirent les Travailleurs de la mer (1866) ainsi que l'Homme qui rit (1869). 

Après l’amnistie de 1859, il ne rentre pas à Paris, néanmoins il séjourne régulièrement à Bruxelles ou son fils Charles s’établit. En 1867 Charles à un fils Georges qui ne vivra q’un an. Adèle meurt à Bruxelles en août 1868. Jeanne, fille de Charles naît en 1869. 

Un patriarche humaniste de retour à Paris :

Le 5 septembre 1870, au lendemain de la chute du troisième Empire, Victor Hugo rentre à Paris. Il est acclamé par la foule. Élu député de Paris en février 1871, il prend parti pour l’abolition de la peine de mort. Il veut réformer la magistrature, défendre les droits de la femme, instituer une éducation obligatoire et gratuite, créer les États-Unis d'Europe... 

Fatigué des violences révolutionnaires il démissionne le 8 mars 1871. Il se réfugie à Bruxelles où il offre asile aux communards. Son fils Charles est abattu lors de la Commune, le 13 mars. En février 1872, sa fille Adèle, est internée dans un asile à Saint-Mandé. En avril il exprime sa peine dans le recueil de poésies l'Année terrible. Victor s’en retourne à Gernesey en août. Son fils François-Victor meurt en décembre 1873. 

A un âge avancé, Victor Hugo continue à enchaîner les conquêtes. A partir de 1873, la lingère de Juliette Drouet, Blanche Lanvin, qui a alors 23 ans est sa dernière aventure. 

En janvier 1876, il est élu sénateur de Paris. Il discourt en faveur de l'amnistie des communards. En juillet, il publie le troisième volume d'Actes et Paroles (Depuis l'exil). 

En 1877 Victor Hugo publie la deuxième série de la Légende des Siècles, l'art d'être grand-père et la première partie de l'histoire d'un crime. En 1878 paraît la deuxième partie de l'histoire d'un crime et le Pape. 

En 1878, après une congestion cérébrale, il s'installe avenue d'Eylau et n’écrit pratiquement plus. Il publie la Pitié Suprême en 1879. Il intervient à nouveau au sénat en faveur de l'amnistie des communards. En 1880 est publié Religions et religion (écrit en 1870). 

Pour ses quatre-vingt ans, le peuple (des centaines de milliers de personnes), lui rend hommage en défilant sous ses fenêtres dans l’avenue qui a sera rebaptisée à son nom. 

En 1883, meurt Juliette Drouet. En juin est publié le troisième Tome de la Légende des Siècles. 

Le 22 mai 1885, Victor Hugo va finalement « Voir Dieu ! Lui parler ! Quelle grande chose ! …». Des centaines de milliers de personnes suivront le «corbillard des pauvres», de l'étoile jusqu'au Panthéon."

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Autres sources : Biographie de Victor HUGO.

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