Oui mon Amour – Pour oublier ton visage
Tout cet  Amour  et puis ce naufrage
Les étoiles dans tes yeux – nos baisers
Nos rêves et nos caresses-  ne plus s’aimer

Comment imaginer ma vie sans Toi
Que seront mes demains sans tes bras
Dans le vent et la tourmente je pense à Toi
Et j’avoue sans problème que je vis par Toi

J’ai beau chercher l’oubli  tu vis au fond de moi
Si tu savais comme je te sens loin de moi
Ton absence m’étreint le cœur plein de chagrin
Mon corps empli de toi – Fantôme entre mes mains

Je me réfugie avec toi dans le fond de mon cœur
Quand trop lasse de ton absence  Je me meurs
Toi par qui j’existe  Je t’appelle au secours
Toi mon Docteur d’amour aux yeux de velours

Toi l’irremplaçable – Toi par qui je saigne
Reçois ce message pour te dire Je t’aime
Ce cri de détresse – ce dernier mot d’amour
Ce qui nous lie Trésor est au-delà des jours

Vas sans moi puisque déjà tu vis sans moi
Je verrai si je peux me passer de Toi
Pourtant notre histoire était si belle
Malgré ses Je t’aime et ses aveux irréels

Pleures mon Cœur sur cet amour perdu
Amour de rêve  -  Amour défendu
Toi qui es le plus précieux de mes secrets
Toi que j’aime et que j’aimerai à jamais

Copyright MF.  Gobé



Poème : Interdit - Toi qui étais ma vie

De te chérir mon Amour -  j'y suis condamnée
Te caresser- t’embrasser – Plus le droit d’y penser
Te désirer et dans l'infini de mes nuits t’aimer 
        Penser à l’amour toujours – ne plus pouvoir rêver  
De t’appeler – fini nos mots tendres murmurés
De rêver vivre cet amour au grand jour
De désirer ce corps tant convoité     
  D’être ton soleil qui éclairait tes jours  

L’espoir de te voir – de me blottir dans tes bras
De sentir la chaleur de ta peau – tout contre moi
Sachant que même si cet Amour me ronge
Interdit les fantasmes et les songes
Dans mon cœur ce qui n’est qu’illusion
De dévoiler la moindre lueur de cette passion
Pour Toi et cet Amour qui me damne
Saches que le chagrin envahit mon âme
Aujourd'hui  malgré tous ces interdits- Je t’aime
J’aimerai les braver jusqu'au bout de mes peines
Par raison  j'ai suivi ce chemin bien tracé
Je suis perdue sans Toi – Mais je survivrai

Poèmes sur interdit - Poésie d'amour
Poème : Interdit ©️ Copyright / 2016 / MF.Gobé

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Poème : Amour Secret 

Poétesse : Marie France Gobé

Histoire d'amour impossible - amour secret
AMOUR  SECRET  - Histoire d'amour impossible
Mon Dieu qu'il est difficile de vivre au quotidien 
Garder le Secret de ce bel Amour lointain

Mon cœur est partagé entre Bonheur et Chagrin 
Et ne peut ignorer qu'il est sans lendemain

Personne ne peut imaginer l'Amour que j'ai pour Lui 
Mes larmes je ne peux retenir, j'ai si peur qu'il m'oublie

L'Amour est si beau quand on le vit à Deux 
Ce n'est pas notre cas - Comment être heureux
J'aimerai vivre à ses côtés ce grand Amour 
Le posséder et le chérir pour toujours

Mais Impossible de vivre avec Lui 
Et Impossible de vivre sans Lui

Mon Amour mes pensées te sont dédiées 
Saches que nos destins sont à jamais liés

Tu es mon Inspiration - Tu es ma Folie 
Mais cet Amour fou a bouleversé ma vie

Nous ne pourrons Jamais nous aimer au grand jour 
Pourtant tu es ma Vie - mon véritable Amour

Ce sentiment me remplit de Bonheur 
Mais mon Cœur, à cette frustration, pleure

Pourtant ton Cœur a su me prendre 
De lui, je ne peux m'en défendre

Ton âme a su me faire écrire
Tous ces Mots que je ne peux te dire

Il faut que j'arrête de pleurer 
De penser que la vie est un miroir Brisé

Je ne veux pas que cet Amour ne soit qu'un rêve 
Mon Dieu - Accordez nous une trêve

Comment faire pour qu'il devienne Réalité 
Pour nous permettre Enfin de nous AIMER

Biographie de Arthur Rimbaud :

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Arthur Rimbaud

Un enfant précoce :

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est né au 12, rue Napoléon à Charleville (Ardennes) le 20 octobre 1854. Sa mère, Vitalie Cuif, est une paysanne aisée, et son père, Frédéric Rimbaud est capitaine d’infanterie. Il a un frère aîné Frédéric, né en 1853 et aura trois sœurs Vitalie (née en 1857, elle vécut un mois), Vitalie (1858) et Isabelle (1860). 

Il est élevé avec autorité par Vitalie alors que son père, qui fait la bataille de Crimée en 1855-56, est constamment en déplacements. Le couple se sépare en 1860. Arthur est très précoce et il réussit brillamment à l’institution Rossat, puis au Collège de Charleville. Arthur Rimbaud a pour ami Ernest Delahaye. A quinze ans, soutenu par son professeur Monsieur Duprez, il publie des vers en latins dans le Moniteur de l’enseignement secondaire. Ce sont Ver erat, L’Ange et l’Enfant et Jugurtha, qui lui vaut le premier prix du Concours Académique (1869). 

En 1870 Arthur Rimbaud fait paraître dans la Revue pour tous son premier recueil de poèmes en français, Les Etrennes des orphelins. Il fait parvenir à Théodore de Banville les poèmes Par les beaux soirs d’été (renommé par la suite Sensation), Ophélie, Credo in Unam (qui deviendra Soleil et Chair) puis Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs. Ses lettres restent sans réponse. 

Un feu incontrôlable :

Son professeur de lettres (qui est aussi poète), Georges Izambard, le prend en affection. Il lui présente le poète Paul Demeny. Dans un pays excité par la guerre éclatant contre la Prusse, l’énergie de Rimbaud explose. Ne tenant pas en place, il fugue en août et en octobre 1870. Il écrit les poèmes du Cahier de Douai. Il publie le poème Trois Baisers (renommé par la suite Comédie en trois baisers puis Première Soirée), dans la revue satirique La Charge. 

En février 1871, Arthur Rimbaud, voulant absolument intégrer le milieu littéraire, se rend à Paris. Il erre quinze jours dans les rues. A son retour dans Charleville occupée il trouve un emploi au journal Le Progrès des Ardennes. En mars il rejoint les communards. Cette expérience lui inspire les lettres du voyant (comportant notamment Chant de guerre Parisien) qu’il adresse à Georges Izambard et Paul Demeny. 

L’aventure avec Verlaine :

C’est enfin Paul Verlaine qui apprécie son génie. Verlaine lui paie un billet de train et après l’avoir logé brièvement dans l'hôtel particulier de ses beaux-parents, il l’adresse à ses amis artistes dont Charles Cros et Théodore de Banville. 

En octobre 1871, Arthur Rimbaud dîne avec les Vilains Bonshommes et collabore à l’Album du Cercle Zutique. Le Parnasse l’acclame lorsqu’il dit son Bateau Ivre. 

Rimbaud encanaille Verlaine qui se met à boire. Ils s’adonnent à l’absinthe et leur liaison fait scandale. Début 1872, Verlaine se dispute violemment avec sa femme Mathilde. Elle le quitte une première fois pour se réfugier à Périgueux. 

En mars Rimbaud se montre très «Vilains Bonshommes» en blessant l’artiste Etienne Carjat avec une canne-épée et Verlaine lui demande de rentrer à Charleville. 

En mai Henri Fantin-Latour expose au Salon Le coin de Table, sur lequel figurent entre autres poètes Verlaine et Rimbaud. 

En juillet 1872 Rimbaud et Verlaine partent pour Bruxelles ou Mathilde les rejoint pour tenter de récupérer son mari. Les deux hommes s’installent à Londres en septembre, aidés par les communards en exil. Enthousiasmé par le voyage, Rimbaud écrit une partie de son recueil des Illuminations. 

Ils alternent les séjours à Londres et sûr le continent, Verlaine essayant de récupérer sa femme et Rimbaud obéissant à sa mère. Lors d’un séjour dans la ferme maternelle de Roche, Rimbaud se met à rédiger un Livre Païen ou Livre Nègre qui deviendra Une Saison en Enfer. 

A Londres, ils vivent en donnant des cours de français et grâce à l’aide de la mère de Verlaine. Alcoolisés, drogués, ils se disputent régulièrement. Le 10 juillet 1873 Verlaine tire sur Rimbaud et l’atteint au poignet. Verlaine est arrêté puis condamné le 8 août à deux ans de prison. 

Rimbaud vagabonde en Europe :

En août 1873 Arthur Rimbaud fait publier Une Saison en Enfer chez Jacques Poot à Bruxelles, mais, ne pouvant le financer, il n’en édite qu’une poignée, à compte d’auteur. 

En novembre, Arthur Rimbaud fait la connaissance du poète Germain Nouveau avec qui il part à Londres en mars 1874. Ils travaillent ensemble aux Illuminations. Nouveau, craignant la mauvaise réputation de Rimbaud, repart en Juillet. 

En 1875, Rimbaud commence à voyager, en gueux, dans toute l’europe. En 1875 il se rend à Stuttgart ou il rencontre Verlaine récemment libéré. Ils se disputent une dernière fois et Rimbaud lui remet le manuscrit des Illuminations. En mai et juin il voyage en Italie. En décembre il est grandement attristé par la mort de sa sœur Vitalie. 

En 1876 il se fait détrousser en allant à Vienne puis s’engage à Rotterdam dans l’armée coloniale Hollandaise. Il déserte après quelques semaines. En 1877 il voyage à Cologne et Brême, est engagé comme traducteur dans un cirque et tente de s’engager dans la marine américaine. Il fait un séjour à Rome. 

Un aventurier au Moyen Orient :

Son père décède en 1878. Il s’embarque pour Alexandrie et travaille comme chef de chantier dans une carrière à Chypre. Atteint de typhoïde il rentre à Charleville en mai 1879. Il supervise la construction du palais du gouverneur britannique à Chypre en mars 1880. 

En août 1880 Arthur Rimbaud est engagé à Aden (Arabie) par la compagnie Mazeran, Viannay et Bardey pour surveiller le conditionnement du café puis il est affecté à l’agence d’Harar. 

Fin 1883, Verlaine publie des poèmes de Rimbaud dans la revue Lutèce et présente l’homme aux semelles de vent parmi sa série Les Poètes Maudits.

En février 1884, la Société de Géographie publie à Paris le Rapport sur l’Ogadine (une région près d’Harar) rédigé par Rimbaud. En octobre 1885, Pierre Labatut engage Rimbaud afin de vendre des armes d’occasion au roi Ménélik II. La caravane qu’il mène séjourne longuement dans le port de Tadjoura (Mer rouge). Peut-être mêle t’il le trafic d’esclaves au trafic d’armes. 

En avril 1886 Verlaine fait publier dans la revue La Vogue plusieurs poèmes de Rimbaud, dont Les Premières Communions et le recueil des Illuminations. Une Saison en Enfer est réédité en septembre. Ceci va permettre de faire enfin connaître le poète. Rimbaud n’est pas au courant de ces publications. 

A partir de 1888, après la mort des associés Pierre Labatut et Paul Soleillet, Rimbaud fait des affaires au Caire. Il a pour ami et partenaires d’affaires César Tian et Alfred Ilg, ingénieur suisse, qui devient Empereur d’Abyssinie en 1889. Le quotidien le Bosphore Egyptien publie ses aventures. Il s’ennui. Taciturne et toujours plus associable, il voudrait néanmoins fonder une famille. 

En février 1891, une douleur au genou l’empêche de marcher. Il se fait transporter en civière sur 300 kilomètres dans le désert. Arrivé à l’hôpital européen d’Aden il est rapatrié à Marseille où on l’opère d’un cancer, le 27 mai 1891. C’est une maladie familiale qui a déjà emporté sa sœur Vitalie et qui touchera Isabelle en 1925. 

Arthur Rimbaud est soigné par sa sœur Isabelle et sa mère mais son état se dégrade rapidement et il meurt de gangrène le 10 novembre à Roche. Il est enterré à Charleville. 

En 1895, Verlaine fait publier chez Vanier les poésies complètes der Rimbaud.

Les Poèmes de Arthur Rimbaud :

Autres sources : Biographie de Arthur RIMBAUD

Poème : Roman

Poète : Arthur Rimbaud / Recueil : Poésies d'Arthur Rimbaud 1892

Roman, poème d'Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud, Poésies
I

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...

II

-Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête ...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête ...

III

Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père ...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif ...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines ...

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...

- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade. 

29 septembre 1870

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Poème : Rêvé pour l’Hiver

Poète : Arthur Rimbaud / En wagon, le 7 octobre 1870

Rêvé pour l'hiver, poème d'Arthur Rimbaud
Rêvé pour l’Hiver - Arthur Rimbaud En wagon, le 7 octobre 1870
L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras : "Cherche !", en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup... 

7 octobre 1870

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Poème : Ophélie

Poète : Arthur Rimbaud / Recueil de Douai

Ophélie, poème d'Arthur Rimbaud
Ophélie - Arthur Rimbaud
I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. 


15 mai 1870

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Poème : Aube

Poète : Arthur Rimbaud / Œuvre : Illuminations, 1886 :

Aube, poème d'Arthur Rimbaud
Illuminations - Aube - Rimbaud 
J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

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Poème : Le Cœur supplicié, Le Cœur du pitre, et Le Cœur volé

Poète : Arthur Rimbaud, 1871/ Oeuvre : Le bateau ivre, Arthur Rimbaud (1871)

Le Cœur Volé : Poème d'Arthur Rimbaud
Le Cœur Volé - Arthur Rimbaud
Mon triste cœur bave à la poupe,
Mon cœur couvert de caporal :
Ils y lancent des jets de soupe
Mon triste cœur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon cœur couvert de caporal.

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé.
Au gouvernail, on voit des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques
Prenez mon cœur, qu'il soit lavé.
Ithyphalliques et pioupiesques 
Leurs quolibets l'ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô cœur volé ?
Ce seront des hoquets bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques 
J'aurai des sursauts stomachiques
Moi, si mon cœur est ravalé:
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô cœur volé ? 

Mai 1871

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Poème : La Maline

Poète : Arthur Rimbaud / Charleroi, Octobre 1870

La Maline : Poème d'Arthur Rimbaud
La Maline - Arthur Rimbaud
Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel mets
Belge, et je m'épatais dans mon immense chaise. 
En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi.
La cuisine s'ouvrit avec une bouffée,
Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coiffée 

Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue, 

Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m'aiser ;
- Puis, comme ça, - bien sûr pour avoir un baiser, -
Tout bas : "Sens donc, j'ai pris une froid sur la joue..." 

Octobre 1870

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Poème : Génie

Poète : Arthur Rimbaud / Oeuvre : Illuminations 1886.

Génie : Poème d'Arthur Rimbaud
Génie - Arthur Rimbaud
Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, lui qui a purifié les boissons et les aliments, lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase. 

Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie... 

Et nous nous le rappelons, et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !" 

Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé. 

O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action. 

O fécondité de l'esprit et immensité de l'univers. 

Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle ! 

Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite. 

Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense. 

Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions. 

O lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues. 

O monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux ! 

Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour. 

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Austin Jack

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