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André Gide : Écrivain français, né à Paris le 22 novembre 1869, meurt dans la même ville le 19 février 1951.

Résumés et analyses des principales oeuvres d'André Gide :

L'écrivain français : André Gide
André Gide (1869-1951), prix Nobel de littérature en 1947

1. Bethsabé, André Gide 1903 :

Oeuvre dramatique d'André Gide (1869-1951), publiée pour la première fois dans une revue en 1903 et, en volume en 1912, avec le "Retour de l'Enfant prodigue" et autres "essais". Le récit biblique est présenté par Gide en trois scènes, qui sont trois longs monologues du roi David, les deux premiers sont coupés de brèves réponses de son confident Joab. David raconte la longue et angoissante nuit d'insomnie durant laquelle l'ont assailli la pensée de son déclin et la crainte que Dieu ne s'éloigne de lui comme il l'avait déjà fait avec Saül; il nous confie comment il l'a vu, au matin, alors qu'il regardait d'une terrasse située à l'extrémité de son palais, une jeune femme se baignant dans la fontaine d'un jardin mystérieux. Invité par Uriel, un soldat qui lui est très attaché, dans son humble demeure, David reconnaît en sa femme, Bethsabé, la femme qui se baignait; le désir l'égare et il enlève Bethsabé, mais il s'aperçoit bien vite qu'elle ne peut lui donner cette joie pure et simple, ce bonheur tranquille qu'il avait respirés dans la maison d'Uriel. Puisque ce dernier ne sait rien encore, il s'apprête à renvoyer la femme, il espère ainsi effacer son acte, comme s'il ne s'était pas produit, gardant pour lui seul l'amertume et la désillusion; mais le trop zélé Joab a déjà envoyé Uriel sur le champ de bataille afin qu'il y trouve la mort.

Cette très délicate interprétation du thème biblique est présentée avec une simplicité de style suggestive, qui évite tout accent réaliste et atteint directement à des visées morales, puisque nous ne prenons connaissance des faits qu'en les découvrant dans la conscience de David qui parle. C'est donc
un "essai" dans le sens gigien: c'est-à-dire une variation lyrique par l'intermédiaire de laquelle un problème moral se transforme en "mythe", acquérant ainsi une pleine signification humaine qu'il ne pourrait jamais posséder s'il se limitait simplement à un exposé aride et théorique.

2. Mallet Robert, Correspondance de Claudel et de Gide 1949 :

Réunie, préfacée, annotée par Robert Mallet, cette "Correspondance" fut publiée en 1949. Elle comprend 167 lettres, 46 d'André Gide (1869-1951) et 121 de Paul Claudel (1868-1955), qui furent écrites entre 1899 et 1926. Le nombre plus restreint de lettres de Gide s'explique assez bien. Au cours
du tremblement de terre de Tokio en 1923, Claudel perdit une partie de ses archives; mais indépendamment de ce fait, Claudel écrivait plus fréquemment et plus longuement que Gide. Celui-ci reconnaissait ne pas être un bon correspondant: "C'est à cause du branle-bas que cause en moi chacune de vos lettres", répond-il à Claudel, qui lui reproche ses longs silences. Ces lettres nous retracent l'histoire d'une conversion manquée. 
C'est en 1899, chez Marcel Schwob, que les deux écrivains firent connaissance alors que Gide venait d'envoyer à Claudel son "Prométhée mal enchaîné" et son "Philoctète". La vie itinérante de Claudel favorisa cette correspondance. Très souvent ce que Gide n'osait ou ne voulait pas dire à son convertisseur, nous le trouvons dans son "Journal". Après son entrevue avec Claudel en novembre 1905, Gide y note qu'il "a l'ait maintenant d'un marteau-pilon". Analysant son attitude devant lui, il écrit encore : "J'étais occupé un peu trop à me défendre et n'ai répondu qu'à demi à ses avances". Claudel veut convaincre à tout prix, quitte même à passer pour "un zélote et un fanatique". Gide, lui, veut se protéger et défendre son indépendance intellectuelle. Mais Claudel revient toujours à la charge: "Pourquoi ne vous convertissez-vous pas?", ne cesse-t-il pas de demander à son ami. Partant pour l'Extrême-Orient, il lui laisse un "Abrégé de toute la doctrine chrétienne". Gide ne manque pas d'être touché par l'affection véritable qui motive la conduite de son ami; cependant, chaque fois qu'il le peut il tient à dire qu'il n'est toujours pas converti. C'est ainsi que peu de temps après la publication du "Retour de l'enfant prodigue" qui a déchaîné la colère de Francis Jammes, il écrit à Christian Beck: "Peut-être ne savez-vous pas que Claudel, après avoir trouvé en Jammes une brebis facile à ramener au Seigneur, a voulu m'entreprendre à mon tour. Cela s'appelle, n'est-ce pas convertir". Claudel est conscient de l'irritation que peut faire naître son prosélytisme dans l'esprit de Gide.
Il s'en excuse: "J'ai toujours peur que vous n'interrompiez votre correspondance". La "Porte étroite" parue en 1909, est une nouvelle occasion de dialoguer. Gide critique l'état de repos auquel incline le catholicisme, mais Claudel lui répond en soutenant qu'il est au contraire un combat perpétuel. Claudel profite de la mort de Charles-Louis Philippe, auteur de "Bubu de Montparnasse", qui cherchait à se convertir, pour revenir à la charge: "Je me reproche de n'être pas assez fanatique et prédicant". Un an se passe avant que Claudel n'entonne son Magnificat à l'occasion de la Noël: "Je vais communier demain..., de quelles immenses joies vous vous privez." Claudel cherche, semble-t-il, à toucher la sensibilité de son ami. Au cours de l'année 1911, le sujet brûlant paraît évité, mais brusquement en fin d'année la conversion au catholicisme d'une belle-sœur de Gide ranime tous les espoirs de Claudel : "La nouvelle de cette conversion dans votre famille m'émeut grandement. A quand la vôtre, mon cher ami?" A nouveau, Claudel assiège Gide, le pressant d'adhérer "à une chose aussi vaste que la voûte étoilée où l'océan lui-même a place pour se mouvoir". Car, pour lui, demeurer incroyant c'est "ne disposer que d'un monde rétréci, amputé de moitié". Mais Gide se déclare empêché d'abandonner le protestantisme au nom de "la fidélité qu'exigent de lui ces figures de parents et d'aînés qu'il a vu vivre dans une communion avec Dieu si constante, si souriante, si belle...". Claudel veut rencontrer Gide, afin d'avoir avec lui une conversation décisive: "Il faudra que nous causions un de ces jours comme ces personnages de Dostoïevski qui se disent des choses tellement confidentielles que le lendemain ils n'osent plus se regarder et sont pris d'une haine mortelle l'un contre l'autre". A l'occasion d'une polémique qui l'oppose à des catholiques peu chrétiens, Gide écrit à Claudel l'aversion qu'il ressent pour tous ceux "qui se servent du Crucifix comme d'un casse-tête". Claudel lui répond brutalement que "ce n'est pas avec les pailles qu'on trouve dans l'oeil du prochain qu'on construit la maison de Dieu, mais avec les poutres que l'on ôte du sien" (15-1-1912). Gide paraît las de ce dialogue: "Je voudrais n'avoir jamais connu Claudel, écrit-il dans son "Journal"; son amitié pèse sur ma pensée et l'oblige et la gène".

Austin Jack

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