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Honoré de Balzac, né Honoré Balzac à Tours le 20 mai 1799, et mort à Paris le 18 août 1850, est un écrivain français. romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur. En savoir plus sur Wikipédia.

Quelques oeuvres de Honoré de Balzac :

Honoré de Balzac : Écrivain & Romancier
Honoré de Balzac : Écrivain & Romancier Français (Tours 1799 ~ Paris 1850)

1. La peau de chagrin, Honoré de Balzac 1830 :

Roman d'Honoré de Balzac (1799-1850), publié à Paris en fragments dans la Caricature en décembre 1830, la Revue de Paris et la Revue des Deux Mondes en mai 1831, et en volume sous la signature Honoré de Balzac (première apparition du de) chez Gosselin et Canel en 1831.

Premier succès de Balzac, deuxième roman paru sous son nom (après les Chouans,signés Balzac sans particule), ce texte relie, selon son auteur, les Études de mœurs aux Études philosophiques. La veine fantastique, aboutissement des récits précédents, exprime et illustre par ses symboles une vision de la société, sans verser dans un ésotérisme où résideraient les ultimes vérités : c'est ce que toute une critique balzacienne a appelé le «fantasme social».

La Peau de chagrin. Fin octobre 1830, ayant perdu son dernier napoléon au jeu, un jeune homme, Raphaël de Valentin, décide de se donner la mort. Il entre par hasard chez un vieil antiquaire, qui lui offre une peau de chagrin magique: ce talisman, figurant la vie de son possesseur, lui permettra de réaliser tous ses désirs mais se rétrécira à chaque vœu exaucé. En sortant de la boutique, Raphaël rencontre trois amis et participe à une orgie chez le banquier Taillefer, notamment en compagnie de la courtisane Aquilina. Pressé par son ami Émile Blondet, il raconte les événements qui l'ont conduit à envisager le suicide («le Talisman»).

Après avoir hérité une petite somme à la mort de son père, Raphaël avait voulu se consacrer à une Théorie de la volonté. En 1826, ayant loué une chambre au Quartier latin, il s'était lié avec Pauline, la fille de la maison. Trois ans plus tard, Rastignac, qui lui vantait les vertus de la «dissipation», lui fit rencontrer la riche veuve russe Foedora. Il idéalisa cette comtesse froide et calculatrice qui le tint à distance. Il se lança alors dans la débauche et s'endetta. Après la soirée chez Taillefer, un héritage lui parvient: il est riche, mais la peau a rétréci («la Femme sans cœur»).

Raphaël retrouve Pauline, devenue riche elle aussi. Ils vivent un temps heureux, mais la peau, cet objet dont il ne peut se débarrasser, en dépit des savants les plus illustres, va diminuant toujours. Malade, Raphaël se retire à Aix, puis au Mont-d'Or, menant une vie végétative. A la dernière extrémité, il revient à Paris. Un soir, pris d'un dernier désir pour Pauline, il meurt sur son sein. Pauline devient folle, mais Foedora, ou «si vous voulez, la
société», continue de briller («l'Agonie»).

Fascinant paradoxe du roman: la possession de la mystérieuse peau ornée d'un texte arabe, censé être du sanskrit, allant s'amenuisant comme la vie de son détenteur, le fait accéder au plus profond de la terrifiante société réelle du Paris de 1830, qui se révèle être le véritable lieu du fantastique moderne.
Ainsi le regard de Raphaël, unique protagoniste au début du récit, métamorphose-t-il la maison de jeu en cauchemar et l'orgie en champ de bataille.

Homme de science et de poésie, solitaire, doué comme Louis Lambert, cet autre philosophe balzacien de la volonté, d'une intuition qui confine à la seconde vue, Raphaël est pris au coeur d'un tragique dilemme: vivre à l'économie, sans plaisirs, et ainsi durer, ou exister intensément en dépensant son capital d'énergie. Essentiellement conservatrice, la société pratique l'égoïsme généralisé, du faubourg Saint-Germain aux curistes d'Aix, de Foedora aux créanciers et à Raphaël lui-même, soucieux de repousser l'échéance que lui avait d'ailleurs prédite l'antiquaire: «Votre suicide n'est que retardé.» L'or et les prestiges de l'illusion matérialisent cet égoïsme social, d'où l'importance symbolique de la séduisante et fascinante Foedora, cette inaccessible «statue d'argent».

Ce dilemme est d'autant plus insoluble que la négation du désir, qui finira par emporter Raphaël, équivaut à refuser la vie même. Voilà pourquoi le roman ne saurait conclure: vivre c'est mourir, ne pas vivre revient au même. Comme Sarrasine, Raphaël est confronté aux inconciliables exigences de la création et de l'amour. Croisement de mythes romantiques, de Manfred à Faust en passant par Melmoth (voir ci-après), cette contradiction exprime aussi le désenchantement de 1830, nouvelle forme du mal du siècle. L'ancrage dans l'actualité suffit à articuler l'impuissance dont souffre Raphaël au thème politique mettant en scène une société vouée aux seuls calculs d'intérêt.

D'une certaine façon roman à thèse, bien que totalement exempt des inconvénients ou des lourdeurs du genre, la Peau de chagrin s'ordonne autour d'un mythe. Jouant en virtuose de l'ambiguïté, le romancier se garde bien d'attribuer au fantastique tout ce qui concerne la peau elle-même. Des explications rationnelles, ou le hasard, qui peuvent rendre compte de ses effets, se mêlent au constat de son très réel rétrécissement. Surtout, pour exprimer le drame d'un individu tenté et effrayé par une société soumise à l'implacable loi de son propre développement, Balzac fait de la peau la preuve tangible que vouloir et pouvoir n'aboutissent qu'à la destruction: «Vouloir nous brûle, pouvoir nous détruit.» Dans ce contexte, le savoir, fût-il scientifique, se trouve dévalorisé par le jeu fictionnel et compte peu face à la comptabilité des besoins et désirs de Raphaël. Toute décision se révèle irréversible: la peau n'est que la somme des possibilités offertes à un homme donné. L'argent condense alors le temps: le dépenser, et donc vivre, accélère le rythme fatal. Ce fatalisme, provisoire dans la pensée balzacienne, est daté et s'oppose aux élans romantiques d'après 1830.

Foisonnant, baroque par certains aspects, le roman, ou plutôt cette «fantaisie» pour reprendre le terme de Balzac, développe une esthétique des contrastes. Recourant fréquemment aux prestiges de la poésie, de la couleur orientale, aux bouffonneries rabelaisiennes (plus nombreuses dans la version originale), célébrant la volupté (ainsi la mort de Raphaël intervenant à l'acmé d'une scène fortement érotique), il oppose aussi deux figures féminines, la douce et évanescente Pauline et l'inaccessible Foedora. Toute frémissante de la jeune énergie de son créateur, la Peau de chagrin se déploie à l'orée, mais aussi hors de la Comédie humaine, non seulement parce que ses principaux personnages ne réapparaîtront guère, mais aussi parce que le Rastignac apologiste de la «dissipation» ne ressemble guère à l'ambitieux calculateur sorti de la pension Vauquer (voir le Père Goriot). Le thème central parcourra le grand oeuvre balzacien, qui peut se définir aussi comme une réécriture continue et sans cesse approfondie de la Peau de chagrin.

D'autres textes de la Comédie humaine exploitent la veine fantastique. En dehors des grandes oeuvres à vocation philosophique comme la Recherche de l'absolu (1834) ou la mystique Séraphîta (1835), on peut citer trois récits.

L'Elixir de longue vie est publié à Paris dans la Revue de Paris en octobre 1830, et en volume dans les Romans et Contes philosophiques chez Gosselin en 1831.

L'Élixir de longue vie. A Ferrare au XVe siècle, Bartolomeo Belvidere a composé un élixir de longue vie, dont il a appris le secret. Sur son lit de mort, il demande à son fils don Juan de l'enduire de cet élixir dès qu'il aura expiré. Le fils enduit l’œil du cadavre, puis l'écrase en constatant qu'il le regarde, et conserve l'élixir pour lui. Plus tard, sentant la mort venir il donne à son fils Philippe le même ordre que lui avait donné son propre père.
Philippe ne parvient à ressusciter que la tête avant de briser le flacon dans son épouvante. On crie cependant au miracle, et un abbé décide de canoniser le duc don Juan. La tête, débitant des impiétés, se détache du corps et mord le crâne de l'abbé.

Jésus-Christ en Flandre, «conte philosophique», est publié à Paris chez Gosselin en 1831 et, fondu avec un autre conte (l'Église, initialement paru en 1831) pour son entrée dans la Comédie humaine en 1845. Proche des idées de Balzac lui-même, ce texte étrange affirme la nécessité de défendre l'Église pour le bien de l'ordre social.

Jésus-Christ en Flandre. Après la révolution de juillet 1830, sur les lieux d'une histoire légendaire située dans la Flandre du XVe siècle, un narrateur fait un rêve, où lui apparaît une Église ruinée, dont l'incarnation sous les traits d'une belle jeune fille lui ordonne de voir et de croire.

Melmoth réconcilié, publié dans le collectif Livre des conteurs en juin 1835, et dans les Études philosophiques, emprunte, cas unique dans la Comédie humaine, un de ces héros à un autre écrivain: Maturin, auteur du célèbre Melmoth the Wanderer, traduit dès sa parution en 1820. A l'instar de la Peau de chagrin, ce récit relie les oeuvres fantastiques au réalisme des Études de moeurs, en introduisant un pacte avec le démon au coeur de la maison Nucingen.

Melmoth réconcilié. Nouveau Faust, Melmoth parvient à vendre ses pouvoirs acquis auprès du diable à Castanier, caissier de la banque Nucingen. Castanier, pris entre sa femme et Aquilina, sa maîtresse, qui a pour amant de coeur un des «quatre sergents de La Rochelle» (voir laPeau de chagrin), se lasse de ses pouvoirs surnaturels, et veut les restituer à Melmoth. Ce dernier, «réconcilié» _ autrement dit sauvé _ vient de mourir. Castanier transmet alors ses pouvoirs au financier Claparon _ que l'on retrouvera mêlé à la spéculation immobilière de César Birotteau (voir Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau). Celui-ci paie ses créanciers, mais revend son pouvoir à un notaire. Ainsi sauvé à son tour, Castanier peut mourir assisté des secours de la religion.

2. Eugénie Grandet, Honoré de Balzac :

Roman d'Honoré de Balzac (1799-1850). Le premier chapitre parut dans l'Europe littéraire le 19 septembre 1833 sous le titre Eugénie Grandet, histoire de province. L'édition originale en six chapitres constitue le premier volume du tome V des Études de moeurs au XIXe siècle (Paris, chez Mme Charles Béchet, 1834). Après une édition séparée sans chapitres, (Paris, Charpentier, 1839), le roman figure dans le tome V de la Comédie humaine, premier volume des "Scènes de la vie de province" (Paris, Furne, Dubochet et Hetzel, 1843). Fort librement adaptée du roman, une comédie-vaudeville, la Fille de l'Avare, de J.-F. A. Bayard et P. Duport, fut représentée au théâtre du Gymnase le 7 janvier 1835.
Dérogeant au principe de récurrence des personnages, la clôture du roman, conforme aux conventions du genre, explique en partie son succès considérable.
Caricaturé par le discours scolaire, il passe encore trop souvent pour le roman de l'avarice, le père Grandet apparaissant comme la version balzacienne d'Harpagon. En fait, Balzac met d'abord en scène une jeune fille aliénée, sans possibilité d'agir, condamnée à vivre sur le mode du fantasme; quant à son père, tyran domestique, qui traite les êtres comme des choses, il se montre redoutable spéculateur, donc personnage économiquement moderne.

"Physionomies bourgeoises". A Saumur, l'ancien tonnelier Félix Grandet (le père Grandet), né en 1750, s'est constitué à coup de spéculations foncières une énorme fortune. Fort avare, il régente son aimante femme, sa fille unique, la modeste Eugénie, et la grande Nanon, servante aveuglément dévouée. Les familles Cruchot et Des Grassins convoitent la dot d'Eugénie et concoctent des stratégies matrimoniales rivales. Nous sommes en novembre 1819, et les familles prétendantes sont réunies dans la maison Grandet pour l'anniversaire d'Eugénie. Arrive inopinément Charles, un cousin de Paris.

"Le cousin de Paris". Mis en faillite, Guillaume Grandet, le père de Charles, s'est suicidé, et explique dans une lettre adressée à son frère qu'il lui a envoyé son fils. Eugénie, séduite par la beauté et les manières raffinées du dandy, est aux petits soins pour son cousin, lequel s'étonne devant l'aspect misérable du logis. Sa présence illumine la vie de la fille recluse. "Amours de province". Alors qu'Eugénie tombe décidément amoureuse de Charles, le père Grandet décourage ses espoirs. Une union avec le rejeton d'un failli, donc d'un homme déshonoré, est en effet exclue.

"Promesses d'avare, serments d'amour". Alors que Grandet manœuvre habilement et rachète les créances de son frère, Eugénie lit deux lettres que Charles vient d'écrire, apprend ainsi qu'il a une maîtresse, Annette, et qu'il est dans la misère. Elle remet en cachette à Charles son "douzain" de pièces d'or, que son père lui a données une à une. Charles, après lui avoir offert un coffret ayant appartenu à sa mère, pourra ainsi partir aux Indes pour faire fortune et l'épouser à son retour.

"Chagrins de famille". Le jour de l'an suivant, le père Grandet s'aperçoit de la disparition du douzain et, laissant éclater sa fureur, séquestre Eugénie dans sa chambre. Mais, apprenant que sa fille pourrait exiger le partage de la succession à la mort de sa mère, il se réconcilie avec elle. Mme Grandet meurt après un long martyre, épuisée par les scènes continuelles (1822), mais Grandet obtient d'Eugénie une renonciation à l'héritage maternel. Il s'éteint à son tour (1827) en contemplant fiévreusement ses écus.

"Ainsi va le monde". La riche Eugénie reçoit une lettre de Charles, qui, fortune faite, a réussi de son côté un mariage d'argent. Elle se résigne alors à épouser le vieux président Cruchot de Bonfons, à condition cependant que le mariage reste blanc, et paie les dettes de son oncle.
"Conclusion". Bientôt veuve à trente-trois ans, Eugénie vit petitement chez elle, continuant les habitudes imposées par son père, tout en consacrant sa fortune à des oeuvres de charité. On l'appelle Mlle Grandet.

La structure d'Eugénie Grandet s'organise selon l'un des schémas les plus courants de la composition balzacienne, déjà utilisé dans le Curé de Tours (1832): une lente exposition, une importante partie centrale, une phase dramatique plus rapide. La description de Saumur donne à voir mais aussi à comprendre. L'exposition procède également par retour en arrière, et permet de confronter passé et présent, tout en expliquant l'ascension du père Grandet, liée à la Révolution. La partie centrale est la montée d'un drame dont l'intensité repose sur des détails parfois infimes. Tout conduit à l'implacable conflit entre le père et la fille, paroxysme qui ne dure que quelques semaines. Après l'acmé, Eugénie sera tout entière à son amour attachée. Le dénouement ne nécessite pas un long développement. Il correspond à la logique d'un caractère et aux effets d'une passion.

Grâce à cette intrigue ramassée, Balzac présente la vie de province et étudie le caractère d'un personnage d'exception, qui consacre toute son énergie à la passion de l'or, et exerce sur son entourage un pouvoir tyrannique et magnétique, en maître omniscient entouré de mystère, à l'habileté diabolique qui le constitue en Vautrin de province. Ne possède-t-il pas un refuge, son "laboratoire" bourré d'or, asile inviolable et centre mythique de ses calculs et de sa puissance? Le romancier traite une autre passion, celle d'Eugénie, qui va naître à l'amour. On peut accorder au mot "passion" son sens religieux, car Eugénie, convertie aux vertus de l'amour, voue un véritable culte à Charles, et reste seule, abandonnée. Veuve, elle "marche au ciel accompagnée d'un cortège de bienfaits". Proposant une vision pessimiste d'un monde étouffant, déshumanisé par l'implacable loi des intérêts, d'un monde aliéné et sans âme où l'amour s'étiole, Eugénie Grandet tisse sur la trame de la quotidienneté provinciale une tragédie digne des Atrides.

Félix Grandet, à qui toute une tradition critique s'est exténuée à trouver des modèles réels, doit être élevé à la dignité de chercheur d'absolu qui ne peut prendre sa véritable dimension qu'en province. Terre des passions matérielles, mais impitoyable pour le coeur et l'esprit, la province balzacienne génère l'avarice. Grandet, s'il a fait fortune lentement, au rythme provincial, est un conquérant. Soumettant tout et tous à la loi de son égoïsme, il n'a en vue que le rendement et le profit. Économisant ses actes, jouant magistralement de son bégaiement, il résiste à la dégradation, fatalité éminemment provinciale selon Balzac. Grandet élargit même son champ d'action en achetant de la rente sur Paris. Il passe donc du foncier à l'immobilier tout en dupant les créanciers de son frère. Investisseur avisé, Grandet fait de l'or, au contraire de Goriot, ce père dilapidateur.

Le vieux Grandet aime à contempler son or et ce bonheur justifie son prénom. Cette extase ne contredit pas l'expansion de sa richesse, ce mouvement d'appropriation perpétuelle. Pour lui, l'or c'est la vie. Dès lors, le métal précieux n'est pas un objet, mais un être vivant doté d'une inépuisable fécondité. Par le don annuel de pièces rares, le vieillard tente de faire partager à sa fille cette conception génératrice d'émotion quasi sacrée.
L'avarice proprement dite, semblable à celle d'Harpagon, ne se manifeste véritablement qu'à la fin, lorsque Grandet en est réduit à une sorte de voyeurisme, une orgie du regard. Il affirme même que l'or le réchauffe. L'or apparaît alors autant comme un bien tangible et une inépuisable source de vitalité que comme un prodigieux aliment pour l'imaginaire. Il accède pour son bienheureux possesseur à la grandeur du mythe. Le père Grandet lui voue un culte, dont il devient une sorte de prêtre, détenteur de la vérité absolue, ultime, celle-là même du monde moderne retourné à l'adoration du Veau d'or.

Dans l'amour d'Eugénie, on décèle un rapport d'identité au père. En effet, Eugénie va se transformer en une sorte d'avare de l'amour. Comme Félix Grandet, elle est une monomane. Comme l'argent, l'amour s'avère un investissement passionnel. Eugénie fonde tout sur la parole donnée et les fiançailles privées, intimes, et sur l'échange des cadeaux à forte valeur sentimentale. Elle ne cesse de penser à ce voyageur, qui se révèlera volage, à ce trésor lointain, comme son père se consacre exclusivement à faire fructifier son capital. Le véritable drame du roman réside donc dans l'affrontement entre ces deux investissements, qui se ressemblent tellement.
Le père et la fille possèdent une même volonté inébranlable, qui mènera Eugénie au sublime.

L'arrivée de Charles, événement romanesque par excellence, s'inscrit dans la fatalité d'une existence de Belle au bois dormant qui n'attend pour se métamorphoser en vraie vie qu'une étincelle. L'amour va donc se développer avec une extraordinaire rapidité, envahir tout l'être, et se révéler l'une de ces idées ou de ces sentiments uniques qui possèdent l'individu dans l'univers balzacien, guidant Eugénie de la résurrection à l'insurrection. Comme rien ne peut venir le combattre, et comme Eugénie ne peut imaginer aucun moyen de sortir du cercle étroit où elle végète, il prend la forme du culte de la fidélité et du souvenir. L'amour transforme la vie d'Eugénie en destin. Murée dans son attente, cantonnée dans sa maison, l'héroïne gère son existence avec parcimonie. Condamnée à la stérilité par la trahison de l'être aimé, elle ne peut plus vivre que sur les pauvres souvenirs d'un passé constitué de promesses inaccomplies. La fiancée solitaire se condamne à la solitude définitive. A la fin du roman, elle demeure, douce et désespérée, semblable à la jeune fille du début, nimbée de malheur, figée par le temps. Ses largesses réparent les méfaits de l'avarice paternelle, à moins qu'elle ne se venge ainsi de son despotique géniteur. Elle n'est plus qu'une ombre, qui, malgré la transgression représentée par la charité, accepte la loi du père disparu, non par soumission mais par indifférence, dans le désert de l'habitude. Elle rejoint ainsi d'autres héroïnes balzaciennes vouées à l'effacement dans la fidélité, dont la passion déçue ou meurtrie a fait des nonnes apaisées, mais sans espoir, telles Mme de Beauséant (le Père Goriot et la Femme abandonnée, voir Étude de femme), Mme de La Chanterie (l'Envers de l'histoire  contemporaine), Antoinette de Navarreins (la Duchesse de Langeais) ou Laurence de Cinq-Cygne (Une ténébreuse affaire).

Quoique presque entièrement situé à Saumur, le roman établit une double tension entre la province et Paris. D'une part, Guillaume Grandet, le père de Charles, a dû s'humilier devant son frère Félix. D'une certaine façon, le Parisien Charles venge son père en dressant Eugénie contre le sien. L'intrus perturbe le milieu, et, même s'il laisse échapper une considérable fortune en se mariant ailleurs, il le détruit définitivement. D'autre part, Félix Grandet tient les créanciers parisiens en échec. Dans toute la Comédie humaine, seul l'Illustre Gaudissart présente un tel cas de provincial bernant Paris. En outre, la province offre au romancier une temporalité, un espace, des mentalités propices à l'investigation "réaliste". Il s'agit de montrer, de révéler. D'où l'importance dans le roman des traits définitionnels de la province dont la maison Grandet, cette villa des mystères, concentre tous les traits.

Le secret est inhérent à la province, mais les voisins, ou plus largement la société, finissent toujours par décrypter le comportement des personnages.
Seul un Charles ignorant des moeurs provinciales et incapable de déchiffrer les signes se laisse prendre au piège du dénuement affecté d'un intérieur misérable. C'est d'ailleurs sur cette erreur toute parisienne que repose la cohérence du roman: averti de la fortune dont Eugénie doit hériter, Charles aurait sans doute épousé la jeune fille. Le roman peut donc être décrit comme l'affrontement du secret et de la curiosité. Les relations familiales obéissent parfaitement à cette loi.

Comme dans Saumur, petite ville de province archétypale, l'espionnage est continuel chez les Grandet. Mme Grandet est experte dans l'art d'interpréter les signes, et elle devine l'intensité de la réflexion chez son mari. Eugénie n'est pas moins instruite par l'expérience. Le moindre bruit parvient à des oreilles attentives et exercées. Seules, les absences du maître absolu du foyer offrent quelque répit et procurent aux femmes, ces victimes résignées, l'occasion de vivre un peu. Eugénie est la plus traquée de tous, car elle se trouve au centre de convergence des trois regards. Même séquestrée, il lui faut subir le regard de son père, qui se cache pour l'observer.

Dans Eugénie Grandet, ce roman de la lenteur, la durée joue un rôle capital. En effet, si tous les détails deviennent des enjeux (un sucrier, un nécessaire de toilette), des signes qui prennent une valeur capitale, la description de l'immobilité prend sens en fonction de tous ces événements minuscules. Le temps devient un acteur. Pour que l'argent fructifie, pour que l'amour naisse, et surtout se développe, il faut du temps. Mais le temps détruit. Alors prend toute sa force le vieillissement final. Plus généralement, la loi provinciale la plus implacable est celle de l'érosion, à laquelle Félix Grandet seul échappe, tant est intense sa passion de thésauriser. S'il détruit, le temps provincial rythme un univers en apparence calme et mécanique, qui cache sous sa léthargie de grandes capacités éruptives, d'autant plus violentes qu'elles étaient insoupçonnées. Peut-être Eugénie Grandet demeure-t-il le roman balzacien qui démontre le mieux cette loi, qui justifie la célèbre formule de Thibaudet: "Le roman, c'est la province."

3. Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, Honoré de Balzac 1837 :

Roman d'Honoré de Balzac (1799-1850), publié à Paris chez Boulé en 1837, avant d'entrer dans la Comédie humaine (tome X, 2e vol. des «Scènes de la vie parisienne», chez Furne, Dubochet et Hetzel, en 1844).

Parodiant le titre de Montesquieu (Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence), Balzac transfigure un parfumeur assez bête et médiocre, frère de François, cette autre victime (voir le Curé de Tours), en un personnage épique. Héros en tout point digne des Études philosophiques, César meurt, tué par la volonté et l'énergie d'une idée fixe, la probité. Telle est la vraie dimension d'un roman par ailleurs consacré à la peinture du milieu des boutiquiers parisiens, déjà évoqué dans la Maison du Chat-qui-pelote.

En 1818, le parfumeur César Birotteau, alors à son apogée, décide de donner un bal pour fêter sa Légion d'honneur et la libération du pays. Légitimiste, adjoint au maire du 2e arrondissement de Paris, il est parvenu à cette position par le travail et l'honnêteté. Entré comme commis chez Ragon, il a pu, grâce au soutien de celui-ci, prendre à son compte son affaire, épouser Constance-Barbe Pillerault, qui lui sera fidèle et dévouée, et prospérer.
Saisi par la folie des grandeurs, il veut, contre l'avis de Constance, se lancer dans le grand commerce et embellir son magasin. Le notaire Roguin lui propose une spéculation immobilière dont l'instigateur est Du Tillet, un ancien commis des Birotteau, qui leur avait jadis volé de l'argent. Dernier feu de la prospérité, le bal est un succès.

Endetté pour l'achat des terrains, harcelé par les créanciers, César est anéanti par la fuite de Roguin. Après avoir fait appel en vain aux banquiers Keller, prévenus par Du Tillet plus que jamais acharné à le ruiner, il doit se déclarer en faillite en 1819. Il prend alors un emploi dans un bureau, Constance se place comme caissière et Césarine, leur fille, comme vendeuse. Le jour même de la faillite, Anselme Popinot, un autre ancien commis, qui a pu monter sa propre affaire grâce à Birotteau, demande la main de Césarine, et accepte de ne l'épouser qu'après le règlement de toutes les dettes. En trois ans de labeur acharné, Birotteau est réhabilité: il peut mourir après ce dernier «triomphe de César».

«C'est la probité venue sur terre, cet homme-là»: ainsi Constance la bien nommée définit-elle son mari. Si Balzac a lui-même connu les affres de la dette, si de nombreux modèles réels se trouvent à l'origine du roman, Birotteau est avant tout un type dont l'écrivain fixe les traits. Encore faut-il relativiser cette honnêteté proverbiale: il fait fortune avec des produits à l'efficacité douteuse et dupe sa clientèle; de plus, il se lance dans la spéculation, au grand dam de sa femme («Votre affaire me fait l'effet d'un vol»). Épris de considération, César échoue cependant par naïveté et surtout par bonté, ce qui le condamne face à des Du Tillet ou des Roguin, figures traditionnelles de l'arrivisme sans scrupule. Profondément religieux, il doit sa réhabilitation à la Providence et à la protection royale. Plus qu'une leçon édifiante, le roman propose en fait un amer constat: l'argent est désormais roi. Césarine le comprend bien, qui épouse le laid mais habile Popinot. Son mariage est avant tout un marché.

Honoré de Balzac, né Honoré Balzac à Tours le 20 mai 1799, et mort à Paris le 18 août 1850, est un écrivain français. romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur. En savoir plus sur Wikipédia.

Honoré de Balzac : Écrivain & Romancier
Honoré de Balzac : Écrivain & Romancier Français (Tours 1799 ~ Paris 1850)

Biographie & Vie de Balzac :

Sa famille paternelle est originaire du Tarn, et son véritable nom était Balssa. Ce nom avait été porté par ses ancêtres, de rudes paysans du village de la Nougayré ; Anne-Charlotte, sa mère, née Sallambier, appartient à une famille de la bourgeoisie parisienne. La mère de Balzac a trente-deux de moins que son mari. Le père Bernard François Balzac, tout jeune, était venu à pied de sa province méridionale ; devenu clerc de procureur, puis plus tard secrétaire au conseil du Roi, directeur des vivres de la 27ème région militaire, il est mort le 19 juin 1829.

Sevré d’amour maternel dès son enfance, Honoré est un enfant élevé sans mère et en souffre beaucoup. A ce propos il dira plus tard " elle me haïssait avant que je ne fusse né ". Anne-Charlotte Sallambier lui préfére toujours un frère, Henry, né en 1807, dont la naissance est douteuse (le père serait Jean de Margonne, Chatelain de Saché). Cependant l’affection de sa sœur Laure, née le 29 septembre 1800, le console de bien de chagrins. Cette tendresse quasi incestueuse, à l’âge des hochets et des poupées, berce l’éveil d’Honoré à la vie et exalte sa soif de cajoleries féminines. Sa mère fait donc élever Honoré loin d’elle (il est confié à une nourrice) et, jusqu’à la mort de son fils, restée sa créancière, se montre d’une singulière âpreté. Le 18 avril 1802, naît sa sœur Laurence. 

En 1804, il est plaçé à la pension Le Guay de Tours.
De 1807 à 1813, pensionnaire au Collège oratorien de Vendôme, il est : élève médiocre, mais constamment plongé dans des lectures bien au-dessus de son âge, il développe un intérêt précoce pour la philosophie et un véritable génie de l’observation. Balzac revient une seule fois dans sa famille. Il a évoqué ces années de collège dans Louis Lambert. 

En 1814, il rejoint sa famille à Paris et poursuit ses études au Lycée Charlemagne, puis à la faculté de Droit. Il fait un stage chez un avoué Me Guyonnet de Merville, qui servira de modèle au Derville de ses romans. Que les femmes n’aient pas particulièrement encouragé le jeune étudiant inconnu, cela se comprend assez. " Un jeune homme très sale ", c’est ainsi que Vigny commence sa description, et c’est celle d’un contemporain. Comme il néglige son talent, il néglige son extérieur en ces année-là et ses camarades eux-mêmes se sentent mal à l’aise en apercevant une grosse couche de graisse sur sa chevelure, des dents gâtées qui laissent passer les postillons quand il parle trop vite, une barbe de plusieurs jours et des lacets dénoués.v Appelé par la vocation littéraire et certain de son propre génie, il s’installe, en 1819, dans une mansarde, rue Lesdiguière, et écrit, entre autre, un assez pitoyable Cromwell en vers. Il prête à plusieurs de ses personnages ces débuts austères d’écrivain. Leur liaison durera dix ans.

En 1820, il habite chez ses parents à Villeparisis. Sa soeur Laure épouse Eugène Surville tandis que Laurence épouse M. de Montzaigle. A Villeparisis, Balzac fait la connaissance d’une femme qui aura une influence décisive sur sa formation : Mme Laure de Berny, de 22 ans son aînée. Mme de Berny éveille lentement et doucement l’artiste, c’est par " ses conseils d’expérience " que Balzac est devenu le vrai Balzac. " Elle a été une mère, une amie, une famille, un ami, un conseil", déclarera-t-il plus tard. "Elle a fait l’écrivain, elle a consolé le jeune homme, elle a crée le goût, elle a pleuré comme une sœur, elle a ri, elle est venue tous les jours comme un bienfaisant sommeil endormir les douleurs...sans elle, certes, je serai mort ". Le sentiment qu’il avait d’avoir trouvé dans cette rencontre l’unique bonheur de sa vie, il l’a exprimé dans cette formule devenue depuis immortelle :" Il n’y a que le dernier amour d’une femme qui satisfasse le premier d’un homme ". Balzac la surnomme " la Dilecta ". Devenu son amant en 1822, il la fait beaucoup souffrir, mais lui garde une profonde tendresse. Balzac est à la fois un écrivain précoce et tardif. 

En 1825, Balzac tente d’assurer sa fortune : il s’improvise éditeur. Mal conseillé, il rachète une imprimerie peu rentable et s’installe dans un petit appartement au-dessus de l’atelier. Ses affaires marchent mal. Il décide avec Barbier de s’associer avec son fournisseur et de racheter une fonderie. Au début de février 1828, Barbier se retire, pressentant la catastrophe. Balzac reste seul propriétaire de l’imprimerie, et une nouvelle société est fondée pour l’exploitation de la fabrique de caractères. Il se retrouve avec soixante mille francs de dettes ! Balzac n’a plus d’autre solution que de reprendre la plume. La fonderie de caractères sera reprise par les enfants de Mme de Berny, et devint la célèbre fonderie Deberny. C’est autant d’échecs cuisants et de faillites, où Balzac compromet les ressources de sa famille, et celles de " la Dilecta ". Jusqu’à la fin de sa vie il devra traîner le poids des énormes dettes contractées dans ces aventures commerciales.

La première œuvre signée de son nom Les Chouans parait qu’en 1829, suivie de près par la Physiologie du mariage. Mais il avait gardé en portefeuille deux romans philosophiques Sténie et Falthurne. Il avait également écrit toute une série de romans faciles, historiques ou populaires, seul ou avec la collaboration d’une équipe de fabricants de littérature. Dès 1822, dans une lettre à sa sœur, il parlait d’un de ces ouvrages comme " d’une véritable cochonnerie littéraire ". Il refusera toujours de les republier sous son nom, mais il est certain qu’à cette fabrication " il se fit la main " et qu’ainsi, quand vient le temps de son œuvre véritable, il était entraîné à la technique romanesque : citons La Dernière Fée en 1822, Du droit d’aînesse, Histoire impartiale des jésuites, Annette et le criminel en 1825 et Code des gens honnêtes en 1826. Mais, écrit Stefan Sweig, "Balzac ne s’est jamais tout à fait débarrassé dans ses romans de cette facilité du feuilleton, des ses invraisemblances, de son épaisse sentimentalité. Et si le style, si la langue de Balzac restent irrémédiablement impurs tout le temps de sa vie, c’est simplement parce qu’à l’époque décisive de sa formation, il a négligé la propreté de sa personne ". Les Chouans, en 1829, ouvrent la période de quelques vingt ans, au cours de laquelle Balzac compose, remanie sans cesse, et publie environ 85 romans, longs ou brefs. Cette prodigieuse production littéraire, qui semble dépasser les forces d’un seul homme, ne l’empêche pas de mener une vie mondaine très active, de faire de grands voyages, d’avoir des aventures amoureuses, de tenter sa chance (sans succès) dans la politique et d’échafauder encore les plus extravagantes combinaisons financières. L’écho rencontré par Les Chouans et plus encore le bruit fait par la Physiologie du mariage, lui ouvre la porte des salons parisiens et les salles de rédaction : lié avec la duchesse d’Abrantès, reçu chez Mme Récamier, chez Sophie Gay, chez la princesse Bagration et le baron Gérard, il fréquente aussi le milieu des demi-mondaines et des gens de théâtre. Tout ces lieux lui permettront de rencontrer Victor Hugo, Alfred de Vigny, Alexandre Dumas et le peintre Delacroix. Il collabore activement aux journaux La Silhouette, La Mode, Le Voleur, et surtout La Caricature dont il est le principal rédacteur.

❝ Honoré de Balzac ❞

Écrivain & Romancier Français 
(Tours 1799 ~ Paris 1850)

Honoré de Balzac : écrivain et romancier
Honoré Balzac : écrivain français

Voici quelques-unes de ses meilleures citations :

Physiologie du mariage :
La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste.
En toute chose, l’on ne reçoit qu’en raison de ce que l’on donne.
Flâner est une science, c'est la gastronomie de l'œil.
Le grand secret de l'alchimie sociale, c'est de tirer tout le parti possible de chacun des âges par lesquels nous passons, d'avoir toutes ses feuilles au printemps, toutes ses fleurs en été, tous ses fruits en automne.
Pierrette :
La bêtise a deux manières d'être : elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable.
Modeste Mignon :
Pour savoir jusqu'où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles.
A dix-huit ans, l'amour ne jette-t-il pas son prisme entre le monde et les yeux d'une jeune fille ?
César Birotteau :
Le malheur est un marche-pied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.
En France, le provisoire est définitif.
ILLUSIONS PERDUES :
Un journal n'est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions.
Les gens généreux font de mauvais commerçants.
La résignation est un suicide quotidien.
L' Interdiction (1836) :
Son linge avait ce ton roux contracté dans l'armoire par un long séjour, et qui annonçait en feu madame Popinot la manie du linge suivant la mode flamande, elle ne se donnait sans doute que deux fois par an l'embarras d'une lessive.
Ursule Mirouët (1841) :
Si les idées sont une création propre à l'homme, si elles subsistent en vivant d'une vie qui leur soit propre, elles doivent avoir des formes insaisissables à nos sens extérieurs, mais perceptibles à nos sens intérieurs quand ils sont dans certaines conditions.
LA MAISON NUCINGEN :
Les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites.
La Peau de chagrin (1831) :
Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
Chacun à la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres.
L'amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d'un moelleux tissu d'Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat
Depuis la mollesse d'une éponge mouillée jusqu'à la dureté d'une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l'homme.
Madame Firmiani (1832) :
La perpétuité de l'envie est un vice qui ne rapporte rien.
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