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André Breton est un poète et écrivain français, né le 19 février 1896 à Tinchebray dans l'Orne, mort à Paris le 28 septembre 1966. En savoir plus sur wiki.

Quelques oeuvres d'André Breton 

André Breton : Poète et écrivain français
André Breton

1. Anthologie de l' humour noir, André Breton 1940 :

Oeuvre de l'écrivain français André Breton (1896-1966), publiée en 1940.

Nouvelle édition remaniée en 1950, reprise telle quelle en 1966. L'humour noir est l'un des thèmes essentiels du surréalisme, et Jacques Vaché en avait donné cette définition: le sens de l'inutilité théâtrale -et sans joie- de tout".

Définition que Breton élargira et précisera en faisant appel aux études de Freud: "l' humour représente une revanche du principe de plaisir attaché au surmoi sur le principe de réalité attaché au moi, lorsque ce dernier est en trop mauvaise posture". L' humour serait donc une sorte de réaction de compensation devant les difficultés de l'existence, qui permet au surmoi, à tout le moins, de sauvegarder les apparences: en même temps, il est principe de contestation et frappe le réel d'inexistence, pour faire surgir une forme de surréel. Ainsi dans "Les chants de Maldoror", Lautréamont définit la beauté: "la rencontre fortuite, sur une table de dissection, d'une machine à coudre et d'un parapluie". Ce sentiment d'une "notable qualité d'importance nulle" (Lautréamont) pénètre, à des degrés divers, tous les auteurs que le surréalisme a annexés pour constituer son Panthéon; on les retrouve presque tous cités et analysés dans son "Anthologie de l'humour noir". La liste comprendra donc aussi bien Swift et Sade que certains surréalistes comme Prévert, Rigaut, Dali et Duprey. L'humour noir est même le seul point commun que l'on puisse raisonnablement trouver entre Quincey, Nietzsche et Kafka, par exemple: on se demande si, à la limite, l' humour noir ne se réduirait pas à cette vertu de contestation de la littérature, commune au dadaïsme et au surréalisme, qui se manifeste dans le Harrar de Rimbaud comme dans les pélerinages de Germain Nouveau. L' humour noir est la vertu de conciliation des contraires, thème qui revient dans le "Second manifeste du surréalisme ("la recherche du point où le haut et le bas cesseraient d'être perçus contradictoirement)- voir "Manifestes du surréalisme", comme dans les analyses critiques de l'anthologie. Ainsi on ne pourra pas trouver trace d'humour dans les oeuvres où la contradiction ne se manifeste pas, les romans fantastiques anglais par exemple. Par contre il dominera chez Lautréamont, où la contradiction entre "Les chants de Maldoror" et "Poésies" est criante : avec Lautréamont "c'en est fait des limites dans lesquelles les mots pouvaient entrer en rapport avec les mots, les choses avec les choses. Un principe de mutation perpétuelle s'est emparé des objets comme des idées, tendant à leur délivrance totale qui est celle de l'homme... L'unité de "Maldoror" et des "Poésies" est l' humour: les diverses opérations que sont ici la démission de la pensée logique, de la pensée morale, puis des deux nouvelles pensées définies par opposition à ces dernières, ne se reconnaissent en définitive d'autres facteurs communs: surenchères sur l'évidence, appel à la cohue des comparaisons les plus hardies, torpillage solennel, remontage à l'envers, ou de travers, de "pensées" ou maximes célèbres, etc." Cet humour ne rend compte, parfois, que d'un aspect minime ou fugitif des oeuvres: ainsi pour Sade ou Rimbaud, que d'ailleurs Vaché, "humoriste professionnel comme on dirait révolutionnaire professionnel", condamanait; parfois au contraire il est essentiel; ainsi dans le dandysme de Baudelaire, le "revolver braqué au centre des plus beaux poèmes" de Charles Cros, ou le Non-sens de Lewis Caroll. Cette parenté que Breton détermine dans les auteurs que le surréalisme s'est choisi comme ancêtres n'est pas entièrement artificielle. Que Charles Cros soit volontairement devenu mendiant, acceptant l' aumône de Cézanne sous le porche de Saint-Sauveur à Aix, et que Jarry ait voulu toute sa vie incarner Ubu, on peut y voir le signe d'une même inquiétude et la recherche d'un même but.

Réduire cette inquiétude et ce but à la contestation de la littérature est sans doute illégitime: montrer l'unité des deux démarches est justifié. L' humour noir, pour Breton, se manifeste également chez les auteurs qu'on s'attendait peu à voir figurer entre Lautréamont et Duchamp: Gide par exemple, dont on oublie qu'il fut baptisé un certain temps, l'Oncle de Dada. Le "Prométhée mal enchaîné" ou "Paludes" font cependant partie des oeuvres que cite Breton, qui, comme les autres membres du groupe surréaliste, a mal pardonné à Gide d'avoir trahi Lafcadio en écrivant "Les faux monnayeurs". 
Enfin certains surréalistes s'illustrèrent notoirement dans l' humour: le plus grand et les plus secret d'entre eux, Marcel Duchamp, dont les tableaux et les machines ("La mariée mise à nu par ses célibataires, même" (voir "Marchand de sel")- ou les "Ready-Made sont un véritable exercice de style humoristique, ou Prévert avec "Le dîner de têtes à Paris-soir" ou "La bataille de Fontenoy" -voir "Paroles". La définition de l'humour noir, Breton le prouve, n'est pas possible: on ne peut arriver qu'à une approximation, en accumulant les exemples, en étudiant comment il se manifeste dans les différentes oeuvres. Il permet en tout cas à Breton de citer quelques textes rares ou peu connus (passages de Jean-Paul Brisset, de Jarry), et de dégager une parenté certaine entre les écrivains qui influencèrent le surréalisme.

2. Arcane 17, André Breton 1944 :

Ouvrage d'André Breton (1896-1966), publié à New York chez Brentano's en 1944. C'est au cours de l'automne et de l'été 1944, pendant qu'il séjourne aux États-Unis et au Canada, que Breton entreprend la rédaction d'Arcane 17. Ouvrage de l'exil né de la guerre, le livre est aussi, dans la même veine que l'Amour fou, un texte qui, tout en mêlant lyrisme et réflexion, autobiographie, poésie et philosophie, célèbre la femme aimée, Élisa, et médite sur les exigences de la vie et le destin de l'homme.

A partir de la description d'un magnifique spectacle naturel _ la côte de la Gaspésie, au Canada _, le texte instaure un va-et-vient, fondé sur une sorte de dérive analogique, entre le paysage extérieur et le paysage intérieur. La mystérieuse beauté du rocher vibrant d'oiseaux et surplombant la mer est comme le reflet de la beauté de la femme aimée. Par contraste, cette contemplation engendre l'évocation de la barbarie destructrice qui frappe l'Europe. L'amour, la poésie et la liberté apparaissent alors comme les trois voies du salut de l'homme. Breton présente la femme-enfant, incarnation de l'éternelle jeunesse et porteuse d'une féminité enchanteresse et féconde, comme une figure rédemptrice. Les mythes de Mélusine et d'Isis, longuement examinés, sont, à cet égard, riches d'enseignements.

Par son titre, l'ouvrage se place sous le sceau du secret et de l'ésotérisme.
Arcane 17 est en effet un texte qui consomme la rupture avec les principes d'explication marxistes. Désormais, Breton se tourne vers un autre mode de compréhension du monde: le mythe. Maints textes de cette époque en témoignent. En particulier, le premier numéro de la revue VVV (juin 1942), à l'organisation de laquelle le poète participe à New York, consacre de nombreuses pages à la recherche d'un mythe susceptible de proposer une nouvelle interprétation du monde et de penser l'avenir de l'humanité. Arcane 17, organisé autour de la figure récurrente (elle apparaissait déjà dans Nadja) et centrale de Mélusine, cherche à décrypter le mythe et à recueillir les enseignements qu'il propose à l'homme. La légende montre que le salut terrestre passe par la femme. Breton, en accordant à Mélusine une renaissance victorieuse, modifie la fin tragique de l'histoire pour la muer en message d'espoir.

Austin Jack

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