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François-René de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain et homme politique français.

Quelques œuvres de Chateaubriand :

F. R de Chateaubriand
Chateaubriand

1. Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert 1801 :

Récit en prose de François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848), publié à Paris chez Migneret en 1801; réédition dans le tome III du Génie du christianisme en 1802. L'édition définitive, précédée d'une «Préface d'Atala», publiée à Paris chez Le Normant en 1805, réunit en un même volume Atala et René. Le premier manuscrit date probablement de 1791, faisant partie du vaste ensemble dont sortiront, outre Atala, les Natchez, René, et le Voyage en Amérique.

Sur les bords du Meschacebé, une nuit de pleine lune, Chactas, un vieillard de la tribu des Natchez, entreprend de raconter à René, un Français émigré en Louisiane en 1725, et pour lequel il s'est pris d'affection, les aventures de sa jeunesse. Capturé, à l'âge de vingt ans, par une tribu ennemie, condamné au bûcher, il a été délivré par une jeune Indienne éprise de lui, Atala. Alors qu'ils s'abritent dans la forêt contre un violent orage, celle-ci lui révèle qu'elle est en réalité la fille d'un Espagnol nommé Lopez et qu'elle a été élevée dans la religion chrétienne. Hébergés par un missionnaire, le père Aubry, dans la communauté que celui-ci a fondée, les deux jeunes gens paraissent promis au mariage. Pourtant, au retour d'une visite de la mission, Chactas et le prêtre retrouvent Atala mourante. Vouée dès sa naissance par sa mère à la virginité, la jeune fille a préféré le suicide au parjure. Ignorant qu'elle pouvait, au nom d'une passion légitime, être relevée de ses voeux, elle s'est empoisonnée et meurt dans la souffrance sous les yeux du père Aubry et de son amant, auquel elle a fait promettre de devenir chrétien. Éperdu de douleur, Chactas refuse pour Atala les pompes d'un enterrement solennel. Avec l'aide du prêtre, il roulera son corps dans une pièce de lin et le couchera à l'entrée d'une grotte de la mission, sur un lit d'herbes et de fleurs, répondant par un silence recueilli aux oraisons de son protecteur. Ce dernier périra plus tard lors du massacre de sa communauté par les Indiens et Chactas recueillera ses ossements avec ceux d'Atala.

Oeuvre à résonances autobiographiques (Chateaubriand a connu lui-même cette nature américaine et se présente, dans l'Épilogue, comme un «voyageur aux terres lointaines»), oeuvre qui répond surtout à la demande d'exotisme que son auteur avait retirée de l'Histoire générale des voyages de l'abbé Prévost, de Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, et du roman anonyme Odérahi (1795), Atala est un texte à plusieurs destinées, dont aucune d'ailleurs ne lui fut fatale. Une année à peine après le retour de l'auteur de son exil anglais, Atala, son début littéraire, eut un succès foudroyant. Mais c'est aussi le texte qui, dans le Génie du christianisme, devait illustrer les «Harmonies de la religion chrétienne avec les scènes de la nature et les passions du coeur humain» (III, V), quoique ces «harmonies», et ces «passions» s'accordent mal, précisément, dans Atala. Dès 1801, Chateaubriand devait subir la critique de l'abbé Morellet, homme des Lumières, qui s'attaquait à l'invraisemblance et au style. L'auteur sut y répondre _ en corrigeant ce style et en défendant la vraisemblance du récit.

C'est que la société que nous présente l'auteur n'est aucunement sauvée par la religion ni par ses propres «bonnes» forces. Elle est détruite par des guerres intestines, civiles. Le bon prêtre, lui aussi, succombe. Et le passionné Chactas, face à la vierge mourante, s'insurge contre la religion du père Aubry. Le malheur de Chactas deviendra le mal de René, et le premier «mal du siècle», ressenti par ceux qui souffrent des désaccords et des déchirures de cette époque. Chateaubriand lui-même n'échappe pas à ces soucis et s'engage dans le débat en faisant croire aux lecteurs que le mal tient à l'ignorance des deux amants: ce n'est pas Dieu, finalement, «qui contrarie la nature» des passions, mais l'homme qui doit, encore et toujours, apprendre à connaître les voies du Seigneur. «C'est votre éducation sauvage et le manque d'instruction nécessaire qui vous ont perdue», déclare sévèrement le père Aubry. L'excès de passion tue Atala, comme elle «tuera», dans René, Amélie, qui entre en religion.

Il faudra donc faciliter «le triomphe du christianisme sur la vie sauvage». Ce sera le projet de Chateaubriand avec le Génie du christianisme. En attendant, il est légitime de voir, dans Chactas, l'image de l'auteur lui-même, et de relever telle réplique faite par Chactas qui aurait pu être dite par Chateaubriand: «Au lieu de cette paix [avec Atala] que j'osais alors me promettre, dans quel trouble n'ai-je point coulé mes jours! Jouet continuel de la fortune, brisé sur tous les rivages, longtemps exilé de mon pays, et n'y trouvant, à mon retour, qu'une cabane en ruine et des amis dans la tombe.» Tel sera exactement le destin de Chateaubriand revenant en France en 1800. Vous ne perdez rien, dit le père Aubry consolant Atala, «en abordant sur les rivages de l'Europe, votre oreille eût été frappée de ce long cri de douleur, qui s'élève de cette vieille terre [...] tout souffre, tout gémit ici-bas [...].» Bien que transportée en Amérique et reculée jusqu'en 1725, il semble bien que l'action d'Atala cadre avec la situation de la France sous la Révolution.

Atala, cette «sorte de poème» _ c'est Chateaubriand qui le dit, mais lui aussi a du mal à classer le texte _, est donc, en même temps qu'un roman exotique et un texte apologétique, un témoignage autobiographique et politique. Oeuvre de vérité, elle rehausse la force des passions, l'exil, la nécessité de la religion. Elle tient, en outre, son influence explosive d'un mélange de tons: classique par ses références à Antigone (Atala), moderne par son atmosphère ossianique, elle exerce une fascination jusqu'alors inconnue par le détour poétique de l'Amérique qui permet à Chateaubriand de consacrer de longs développements, dans son Prologue en particulier, à la nature exotique... qu'il n'a guère vue lui-même, mais dont il a lu la description chez d'autres auteurs. Cette nature lui a permis de réfléchir dans son texte d'autres textes littéraires, parmi lesquels le Werther de Goethe occupe une grande place. Il n'est plus question de la nature de Rousseau ou des Philosophes, mais d'une nature symbolique, mirage de l'homme en quête d'identification, et perdu dans la solitude postrévolutionnaire. Il a été possible à Chateaubriand, lui-même recherchant la vie heureuse des sauvages, et exilé au moment où il écrit Atala, de vivre une nature qu'il s'imaginait édénique, sorte de paradis terrestre peuplé de sauvages non corrompus. Cependant, pour bien juger de la valeur de cette image, il faut l'insérer dans l'ensemble constitué des Natchez et de René, où se combattent les civilisations et meurent ceux qui étaient reliés par des liens familiaux ou amoureux. Atala est, selon l'interprétation de J.-Cl. Berchet, le premier texte publié de la grande épopée de la Chute chez Chateaubriand.

2. Essai sur les révolutions 1797 :

Ouvrage de François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848), dont le titre complet est: Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française, publié à Londres chez Deboffe en 1797.

Ce premier ouvrage de Chateaubriand est, essentiellement, un livre d'Histoire, mais la Notice et l'Introduction proprement dite de l'édition originale, la Préface et les notes de l'édition de 1826, de même que certains chapitres et passages du texte, font de celui-ci un amalgame d'Histoire, d'autobiographie et de récit de voyage. Influencé par le Rousseau de Du contrat social et de l'Émile, par le Montesquieu de De l'esprit des lois, s'inspirant d'autres ouvrages de l'époque sur l'histoire des civilisations et sur la Révolution (Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, de l'abbé Barthélemy, Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, de l'abbé Raynal, Considérations sur la nature de la Révolution en France, 1790, de Mallet du Pan), Chateaubriand, dans son exil anglais, commence l'oeuvre en 1793 pour la terminer en 1796. Elle est accueillie assez favorablement en Angleterre et en France; en revanche, en 1810-1812, elle fera l'enjeu d'une discorde autour des «Prix décennaux» et de l'entrée de l'auteur à l'Académie française: selon certains, elle est trop sceptique à l'égard de l'évolution politique, selon d'autres, trop critique à l'égard des Lumières. En 1826, Chateaubriand prendra lui-même ses distances par rapport à son texte tout en profitant de l'occasion pour préciser ses positions politiques et religieuses.

Dans une «Vue de [son] ouvrage», l'auteur annonce un vaste plan, incluant un examen des causes historiques et politiques des révolutions, ainsi que des moeurs et sciences des peuples ayant vécu une révolution. Il veut considérer l'établissement et la fin des républiques en Grèce et à Rome, puis en Europe et en Amérique. L'Essai historique ne réalisera que la première moitié de ce projet, celle qui se rapporte à la Grèce et à l'Europe. La première partie renferme l'histoire de la Grèce depuis la révolution républicaine jusqu'à la subversion de la république athénienne par les Trente Tyrans (vers l'an 404 avant JC.). On lit l'histoire des grands chefs politiques tels Pisistrate et Lycurgue, celle des poètes et philosophes tels Anacréon et Solon, ainsi que l'histoire de Carthage et de la Sicile, tout cela comparé à l'histoire moderne de la France (république d'Athènes / Révolution française), à celle de l'Angleterre (Carthage / Constitution anglaise), à la Suisse (la Scythie primitive / la Suisse indépendante); les guerres entre la Grèce et la Perse et celles entre la France et l'Allemagne sont également mises en parallèle.

Dans la seconde partie, les tyrans d'Athènes sont comparés à Robespierre, les rois en exil (Denys de Syracuse à Corinthe) et les rois exécutés (Agis de Sparte) à Charles Ier d'Angleterre et à Louis XVI. Le parcours de l'histoire antique s'arrête à l'intervention de Philippe et d'Alexandre (vers l'an 336). Chateaubriand réserve le reste de l'ouvrage aux philosophes grecs, qu'il compare aux philosophes plus modernes, et donne un aperçu de l'histoire des religions depuis le déclin du polythéisme grec jusqu'à celui de la religion chrétienne du XVIIIe siècle en passant par Constantin, Rome, la Réforme, et l'influence des Philosophes.

Une «Nuit chez les Sauvages de l'Amérique» clôt l'ouvrage, consacrant l'image de la liberté chez le jeune Chateaubriand.

L'auteur de l'Essai sur les révolutions est un homme issu du siècle des Lumières, bien qu'il l'attaque sévèrement. Le souci d'explication, l'entrée de l'Histoire comme source capitale pour la compréhension du monde moderne révolutionné, la mise en rapport même du politique et des moeurs, tout cela relève du siècle de Voltaire. Le «système» de Chateaubriand est clair: il s'agit de jeter de la lumière sur la Révolution en remontant aux révolutions survenues depuis l'Antiquité, et en maintenant la Révolution française comme le «foyer commun, où viendront converger tous les traits épars de la morale, de l'Histoire et de la politique». En dépit des différences relevées, les parallèles et autres comparaisons mènent à un constat de non-changement et d'autonomie de l'Histoire; celle-ci apparaît comme un cercle dont on ne peut pas sortir. Il semble donc que les révolutions proviennent «des choses», théorie défendue par Mallet du Pan, c'est-à-dire, principalement, des moeurs. Mais Chateaubriand n'en est pas sûr: il s'éloigne de la théorie de la Providence, mais n'exclut pas l'intervention d'un Dieu; il impute aux Philosophes, et nommément au Rousseau de l'Émile, d'avoir provoqué la Révolution française, tout en se présentant lui-même comme un élève et admirateur du philosophe genevois, qu'il distingue des Encyclopédistes dont le but était la simple destruction. Ce dernier point de vue semble l'emporter.

Le premier résultat de l'enquête est donc d'ordre politique. On voit bien l'influence de Rousseau, lorsque Chateaubriand hésite à croire en la formation d'une république où les citoyens seraient libres et heureux. L'auteur s'en félicite, en 1826, lorsqu'il déclare, dans sa nouvelle Préface, que «la monarchie représentative est mille fois préférable à la république représentative», conviction énoncée, en réalité, à plusieurs reprises dans le texte de 1797. Le problème de la liberté est capital dans l'Essai sur les révolutions, et surtout cette «soif de liberté» toujours mêlée à «celle de la tyrannie», comme l'atteste l'histoire récente (Lycurgue égale les Jacobins, mais l'oeuvre du Lacédémonien s'arrête à temps, celle des Jacobins va trop loin).

La solution politique se trouve ainsi en-deçà des temps révolutionnaires, mais la question du bonheur, question éminemment dix-huitiémiste, trouve sa solution au-delà de toute société établie. Chez l'homme primitif, en Scythie antique avant l'influence des Grecs, en Suisse avant l'influence exercée par les lettres et les arts, ou encore chez les Indiens d'Amérique, le bonheur règne pleinement. Or, dans ses notes de 1826, Chateaubriand se reproche d'avoir trop insisté sur le rôle des moeurs dans la réalisation, ou plutôt la décadence, de la liberté, et non pas assez sur les possibilités réservées à l'homme éclairé. En 1797, il était en effet persuadé que «plus nous avancerons vers les temps de corruption, de lumières et de despotisme, plus nous retrouverons nos temps et nos moeurs», c'est-à-dire les temps modernes. Regardant la France de la Terreur, il pouvait comparer les tyrans d'Athènes aux hommes de la Convention. Mais si «l'homme est né libre», comme il le dit avec Rousseau, et s'il est vrai que la liberté sort du droit de la nature, Chateaubriand doit conclure que la «liberté civile», politique, est une chose impossible dans les temps de décadence qui étaient les siens.

Mais c'est sur ce point que l'Essai sur les révolutions brise les fers de l'homme _ et du siècle des Lumières _ et ouvre une perspective toute «romantique». Chateaubriand hésite encore quant à sa propre foi chrétienne: Dieu est pour lui un «architecte de l'univers», donc le Dieu des déistes, mais il avoue dans le même passage que toute la nature parle en faveur de Dieu, donc que celui-ci est présent dans la Création. Voilà le ton et presque les paroles de Paul et Virginie et du Génie du christianisme. Chateaubriand considère la nature comme le seul lieu où l'homme moderne, avide de liberté, peut trouver le bonheur, en fuyant une société qui tout à la fois prétend unir les hommes, et les exclut de son sein. Aux «infortunés» exilés (deuxième partie, chap. 13), Chateaubriand parle en ces termes: «Il faut éviter la société, lorsqu'on souffre», annonçant par là l'attitude et le destin de René, image de l'auteur, présent donc dans l'Essai, comme il l'avoue dans sa Notice précédant le texte: «On y voit presque partout un malheureux qui cause avec lui-même [...]. Le "moi" se fait remarquer chez tous les auteurs qui, persécutés des hommes, ont passé leur vie loin d'eux. Les solitaires vivent de leur coeur [...].» Et Chateaubriand de raconter son voyage en Amérique comme un exemple de l'expérience du bonheur originel et de la liberté primitive. Cette fuite hors de la société moderne, de la «civilisation», rendue nécessaire pour qui n'y trouve pas la liberté convoitée, reste jusque dans les Mémoires d'outre-tombe, un thème essentiel de Chateaubriand. L'Essai sur les révolutions annonce ainsi les Mémoires, autobiographique dans ses motivations essentielles, et déjà très romantique dans sa thématique profonde.

3. La monarchie selon la Charte 1816 :

Il n'est aucun des textes de Chateaubriand (1768-1848) auquel se trouve attaché le qualificatif de "politique" qui n'apparaisse d'abord comme un écrit de circonstance, inséparable du contexte historique le plus immédiat dans lequel il a été rédigé.

François-René de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain et homme politique français.

Biographie de Chateaubriand

F. R de Chateaubriand
François-René de Chateaubriand

Biographie : 

Né le 4 septembre 1768, à Saint-Malo, en nourrice pendant trois ans, Chateaubriand est le fils d’Apolline de Bedée, dame de Chateaubriand (qui décédera en 1798) et de René-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg (qui décèdera en 1786). François René est le cadet de dix enfants, dont quatre sont morts en bas-âge. Il a un frère Jean-Baptiste de Chateaubriand (qui sera guillotiné en 1794) et quatre soeurs : Marie-Anne, Bénigne, Julie de Chateaubriand, comtesse de Farcy (qui décèdera en 1799) et Lucile de Chateaubriand, madame de Caud (qu’il aimera tant et qui décèdera en 1804).
  • Dès son jeune âge, il est confié aux soins de sa grand-mère maternelle, Mme de Bédée qui habite Plancoët.
  • En 1771, à 3 ans, François René revient à Saint-Malo. Il est élevé par La Villeneuve, une domestique qu’il évoque dans les Mémoires.
  • Il suit sa famille qui s’installe au château de Combourg en 1777, après l’incendie de leur hôtel particulier de Saint-Malo.
  • Il étudie au collège de Dol à partir de 1777 jusqu’en 1781, année de sa première communion, puis au collège de Rennes.
  • En 1783, le jeune homme se présente à Brest à l’examen de garde de la marine, une épreuve ardue qui lui donnerait accès, après quelques années de formation, au prestigieux corps des officiers de la marine royale. Chateaubriand échoue et se décide alors à entrer dans les ordres, au collège de Dinan, projet auquel il renonce bientôt en 1785.
  • En 1786, il commence une carrière militaire comme sous-lieutenant dans le Régiment de Navarre stationné à Cambrai. François-René est présenté au roi le 17 février 1787 et participe à une chasse avec Louis XVI. En mars a lieu à Combourg le partage de la succession. Selon la tradition, son frère, l’aîné, reçoit les deux tiers de l’héritage. En septembre, il rejoint son régiment qui est stationné à Dieppe. Il prend à la fin de l’année un congé pour retrouver ses sœurs à Fougères puis à Paris. Sa sœur Julie y tient salon. Il fait la connaissance de plusieurs écrivains, dont Chamfort, la Harpe et Parny. Il côtoie également quelques hommes politiques, marmi lesquels le ministre Malesherbes, dont son frère a épousé la petite-fille.
  • Il est retiré du service actif en mars 1788 et est nommé « Cadet-gentilhomme » le 10 septembre. Tonsuré, il est fait Chevalier de Malte. Il assiste, à 20 ans, à l’ouverture des États de Bretagne, à Rennes, préparatoires des États Généraux où en janvier, il participe aux Etats de Bretagne à Rennes avec violences qui couteront deux morts.
  • Chateaubriand s’installe à Paris au moment des désordres, parfois sanglants, qui accompagnent la mutation sociale et politique inaugurée par les États Généraux. Après la prise de la Bastille, c’est le 6 octobre 1789 sur les Champs-Élysées que Chateaubriand aperçoit la famille royale qui rentre à Paris, plutôt de force que de gré.
  • En 1790, il publie son premier texte intitulé, L’Amour de la Campagne dans l’Almanach des Muses. Ce texte est signé : Chevalier de C***.
  • Encouragé par Malesherbes, le 8 avril 1791, Chateaubriand part pour l’Amérique. Il arrive à Baltimore le 9 juillet. Il visite la côte est de Philadelphie jusqu’à Boston, puis se rend à New-York. Il en rapporte de volumineuses notes qui allaient nourrir ses œuvres littéraires, notamment son Voyage en Amérique en 1826.
  • Après 5 mois en Amérique et une tempête, de retour en France le 2 janvier 1792, il retrouve sa mère et ses sœurs à Saint-Malo qui ont prévu de le marier avec Céleste Buisson de la Vigne, une amie de Lucile. La messe de mariage a lieu le 19 mars. Chateaubriand passe à Paris en mai et décide d’émigrer à Bruxelles avec son frère Jean-Baptiste le 15 juillet . Blessé au siège de Thionville, il est licencié de l’armée des émigrés le 16 octobre et s’embarque pour Jersey.
  • En janvier 1793, Louis XVI est décapité. Chateaubriand est en exil à Londres. Il va rester sept ans en exil et va connaître l’existence du "paria infortuné. Il habite dans un grenier de Holborn.
  • En 1794, il va dans le comté de Suffolk, où il donne quelques leçons de français. Il reçoit de douloureuses nouvelles de France : l’exécution de son frère le 22 avril, et l’emprisonnement de sa mère, de son épouse et de ses sœurs Julie et Lucile.
  • En 1796, il s’éprend de Charlotte Ives, la fille d’un pasteur, mais leur idylle est contrariée. Il revient à Londres en juin.
  • Le 18 mars 1797, François-René y publie l’Essai sur les révolutions.
  • Sa mère meurt le 31 mai 1798.
  • Sa sœur Julie meurt le 26 juillet 1799. Le 9 novembre, c’est le coup d’État du 18 Brumaire.
  • Le 6 mai 1800, il débarque à Calais et revient à Paris avec un faux passeport, avec l’identité d’un "sieur Lassagne, natif de Neufchâtel, en Suisse". Il s’apprête à publier le Génie du christianisme.
  • En 1801, il bénéficie d’une mesure de clémence et est radié de la liste des émigrés. Il rencontre Pauline de Beaumont, avec qui il séjourne de mai à novembre à Savigny sur Orge. Il publie Atala le 1er avril.
  • En 1802, il publie René et le 14 avril sort Le Génie du christianisme (reprenant Atala et René) qui est l’expression d’une foi sincère, mais aussi un tremplin : Chateaubriand y montre que le christianisme a été un facteur de progrès dans l’histoire, qu’il est seul capable de dire l’âme torturée de l’homme moderne en proie au vague des passions. Bonaparte apprécie. Le même mois, la présentation au Premier Consul grâce à l’appui d’une de ses connaissances, ainsi qu’une dédicace opportune, lui permettent d’obtenir les faveurs de Bonaparte.
  • Bonaparte le nomme secrétaire de légation à Rome en mai 1803, auprès du cardinal Fesch, l’oncle de Bonaparte. Pauline de Beaumont, très malade qui est venue le rejoindre en octobre, meurt de la phtisie le 4 novembre.
  • Après un séjour à Naples en janvier, il revient à Paris en février 1804, s’installe à l’hôtel de France, mais donne sa démission après l’exécution du Duc d’Enghien le 21 mars 1804. En avril, Chateaubriand emménage avec son épouse, Céleste, à Paris. Le 10 novembre, sa sœur Lucile se suicide probablement.
  • En juillet 1805, Chateaubriand fait la connaissance de Natalie de Noailles. En juillet Chateaubriand fait la connaissance de Natalie de Noailles. Le 21 août, il rend visite à Mme de Staël, exilée à Coppet.
  • En 1806, a lieu son voyage en Orient (Venise, Athènes, Constantinople et Jérusalem). Céleste son épouse ne l’accompagne que jusque Venise. Il est fait chevalier de l’ordre du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, le 4 Octobre.
  • Natalie de Noailles le rejoint à Cordoue le 10 Avril 1807.
  • Il rentre le 5 juin 1807 à Paris. Le 7 juillet il publie un violent réquisitoire contre Napoléon, alors à l’apogée de sa gloire. Suite à la publication de ce pamphlet, Chateaubriand est prié de s’éloigner de Paris. Il achète une résidence, la Vallée aux loups, à Chatenay-Malabry. Il s’y installe avec Natalie de Noailles en octobre.
  • Il parvient à publier Les Martyrs le 27 mars 1809. Le 31 mars, son cousin Armand de Chateaubriand, accusé d’espionnage au profit de l’armée des princes est fusillé, et ceci malgré son intervention.
  • Il est élu à l’Académie française en 1811, année de la publication de son Itinéraire de Paris à Jérusalem ; il croyait pouvoir garder son indépendance, mais les hardiesses contenues dans son discours de réception, où il critiquait les idées de son prédécesseur, flétrissait le régicide, exaltait la liberté, émurent l’Institut ; le discours fut soumis à l’appréciation de l’Empereur qui, n’ayant pu faire fléchir la conscience de l’auteur, en interdit la lecture. Chateaubriand fut exilé à Dieppe, tandis que ses amies Mme Récamier et Mme de Staël étaient exilées de France ; il n’occupa son fauteuil que sous la Restauration et devint dès lors un homme politique.
  • Après l’Empire, en 1814, Chateaubriand est nommé ministre en Suède, fait Croix-de-Saint-Louis et colonel de cavalerie par la Restauration. Il publie en avril De Buonaparte, des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes, qui lui ouvre la carrière d’homme d’Etat.
  • Pendant les cent jours, il est nommé ministre de l’intérieur par interim accompagnant le roi Louis XVIII dans sa fuite. Après les cent jours, il est nommé ministre d’État et pair de France.
  • En 1816, il est privé de sa pension de ministre d’État pour avoir publié De la monarchie selon la Charte.
  • En 1817, il retrouve Juliette Récamier qu’il a rencontrée en 1801.
  • En 1818, il est contraint de vendre La Vallée aux loups. Au mois d’octobre 1818, aux côtés de Louis de Bonald et Félicité de Lamennais, il fonde un journal semi- périodique, Le Conservateur. Cette feuille politique, au tirage modeste (7.000 à 8.000 exemplaires), a néanmoins une grande influence sur l’opinion. Elle paraîtra pendant les deux années qui suivent.
  • En 1821, Chateaubriand est ministre plénipotentiaire à Berlin, mais il démissionne la même année. Il est nommé membre du Conseil privé, encore une fois ministre d’État et fait Chevalier de la légion d’honneur.
  • En 1822, il est ambassadeur à Londres, puis ministre des Affaires étrangères, le 8 décembre, pour avoir plu à Georges IV et au Tzar Alexandre. Il organise l’année suivante une expédition de l’armée française en Espagne, destinée à restaurer le roi Alphonse VII dans ses droits face à la poussée libérale. Chateaubriand contribue ainsi, suivant ses convictions politiques, à la réaction absolutiste dans l’Europe du Congrès de Vienne.
  • Le 6 juin 1824 Chateaubriand doit quitter le ministère. L’écrivain mène alors dans Le Journal des Débats une inlassable campagne d’opposition à sa politique trop mesquinement financière, à sa volonté de limiter la liberté de la presse. L’écrivain se consacre également à la publication de ses œuvres complètes. À la mort de louis XVIII, Chateaubriand participe au sacre du roi Charles X.
  • En 1826, il vend ses Oeuvres complètes, s’installe à Lausanne, puis rentre à Paris, où il habite rue d’Enfer. Il s’oppose à la censure : « la liberté de la presse a été presque l’unique affaire de ma vie politique ». Il publie Les Natchez et Le Dernier Abencérage.
  • Il est ambassadeur à Rome en 1828. Il a une liaison avec Hortense Allart, femme de lettres.
  • Il démissionneen 1829 pour s’opposer à la formation du ministère Polignac.
  • Il est à Dieppe avec Mme de Récamier lorsqu’éclate la révolution de Juillet 1830. Chateaubriand, idole de la jeunesse royaliste, proclame une dernière fois avec panache son intransigeance légitimiste et refuse de prêter serment à Louis-Philippe, roi bourgeois des Français, ce qui mit fin à sa carrière politique.
  • En 1831, il publie Publication d’Etudes Historiques, De la Restauration et de la monarchie élective.
  • Inquiétée lors de l’équipée de la duchesse de Berry à qui il apporte son soutien, Chateaubriand est accusé de complot contre l’État au mois de juin 1832. Il effectue d’ailleurs un cours séjour en prison quelques mois plus tard à la suite de la publication de son Mémoire sur la captivité de la Duchesse de Berry.
  • En 1836, il prépare la publication des Mémoires d’Outre-Tombe. Il voyage à Clermont, Toulouse, Cannes, Lyon et rentre à Paris, où il réside dans l’ancien hôtel de Clermont-Tonnerre, rue du Bac. Il publie Essai sur la Littérature anglaise.
  • En 1838, il publie Le Congrès de Vérone.
  • En 1841, Chateaubriand appuie son ami Lammenais emprisonné.
  • En 1843, c’est à la Trappe de Soligny que Chateaubriand prépare la Vie de Rancé, qu’il publie en 1844.
  • Il voyage à Venise en 1845, demeure quelque temps à Marseille.
  • De retour à Paris, il a un accident de voiture en 1846.
  • Sa femme Céleste meurt en 1847.
  • La deuxième République est proclamée le 25 février 1848. Il meurt le 4 juillet et est enterré le 19 Juillet, selon ses dernières volontés, sur le rocher du Grand-Bé, dans la rade de Saint-Malo.
  • Il est suivi en 1849 de son amie de toujours madame Récamier.

Austin Jack

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