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Sidonie-Gabrielle Colette est une femme de lettres française, née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, et morte le 3 août 1954 à Paris, connue surtout comme romancière, mime, actrice et journaliste. En savoir plus sur Wikipédia.

Présentation des œuvres de Colette :

Colette : La femme de lettres française.
Colette : La femme de lettres.

1. Chéri, Colette 1920 :

Roman de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Paris en feuilleton dans la Vie parisienne du 3 janvier au 5 juin 1920, et en volume chez Fayard la même année.

Conçu par Colette dès 1912, le personnage de Chéri s'inscrit tout d'abord dans un projet théâtral. Lorsque, en 1919, l'écrivain reprend Chéri, c'est pour en faire une oeuvre romanesque. Le récit de Chéri n'est nullement autobiographique mais la réalité vécue est venue, après coup, donner à la fiction un accent de vérité: «Une création littéraire peut comporter une part de magie», écrit l'auteur dans la Préface de 1949. Ce n'est en effet qu'après la publication du roman que commença la liaison de Colette avec son beau-fils Bertrand de Jouvenel, âgé de dix-sept ans; ce dernier apportera son témoignage dans la Vérité sur «Chéri»: «C'est [...] un personnage qu'elle avait inventé.

Et, plus tard, elle me dira: "Ce que l'on écrit arrive".» Colette composa, en 1921, une adaptation théâtrale du roman. La pièce fut créée la même année et, en 1925, la romancière reprit le rôle de Léa. La version dramatique de Chéri remporta un certain succès, mais c'est surtout le roman qui fut apprécié et valut à son auteur de nombreux hommages, notamment celui de Gide, jusque-là peu enclin à apprécier l'art de Colette. Il écrit à celle-ci, le 11 décembre 1920: «J'ai dévoré Chéri tout d'une haleine. De quel admirable sujet vous vous êtes emparée! et avec quelle intelligence, quelle maîtrise, quelle compréhension des secrets les moins avoués de la chair!...D'un bout à l'autre du livre, pas une faiblesse, pas une redondance, pas un lieu commun.» En 1926, Colette publia chez Flammarion une suite à son roman: la Fin de Chéri.

Chéri. Léa, une demi-mondaine de quarante-neuf ans, est, depuis six ans, la maîtresse de Chéri, un «très beau et très jeune homme» de vingt-cinq ans.
Chéri doit épouser bientôt une jeune fille nommée Edmée. Léa, qui est intelligente et bonne, est favorable à ce mariage, bien que la perspective de devoir renoncer à Chéri l'attriste quelque peu. Chéri épouse Edmée, et Léa, s'apercevant que cette nouvelle situation lui cause une réelle souffrance, quitte Paris. Edmée aime Chéri mais le jeune homme, égoïste et capricieux, regrette à ses côtés la tendresse maternelle et la savante sensualité de Léa. Il ne supporte pas que celle-ci soit partie sans l'avoir prévenu. Il quitte bientôt le domicile conjugal pour mener une vie dispendieuse et joyeuse de célibataire, sans parvenir pour autant à vaincre sa tristesse. Lorsque, après de nombreux mois, il apprend le retour de Léa, il retourne auprès de sa femme, puis va rendre visite à son ancienne maîtresse et passe la nuit auprès d'elle.

La vie semble devoir reprendre comme avant pour les amants. Léa, qui mesure
soudain la profondeur de son amour pour Chéri, qu'elle se reproche d'avoir traité jusque-là avec trop de légèreté, échafaude, durant la nuit, des projets d'avenir. Au matin, Chéri et Léa réalisent que la différence d'âge est soudain devenue entre eux un obstacle insurmontable. Ils se séparent.

La Fin de Chéri. Quelques années se sont écoulées... Chéri, appelé désormais Fred, a fait la guerre et a maintenant une trentaine d'années. Il n'a pas revu Léa et partage, sans amour, la vie d'Edmée. Sa mère, Mme Peloux, s'inquiète de l'état dépressif de Chéri et lui ménage une entrevue avec Léa. La rencontre est désastreuse. Léa est devenue une vieille femme et ne souffre plus du tout d'être séparée de Chéri: elle est «finie et consolée». Chéri se réfugie chez une vieille camarade, la Copine. Celle-ci, qui connaît bien l'ancienne maîtresse de Chéri et l'admire, possède de nombreuses photos de Léa, prises à l'époque où elle était jeune et belle. Chéri, empli du souvenir des jours heureux passés auprès de Léa, met fin à ses jours.

Chéri est le seul roman de Colette dont le titre met l'accent sur un personnage masculin. Ce dernier est toutefois privé d'emblée de toute dimension héroïque par la frivolité de son surnom. Le mot tendre par lequel il est désigné souligne la dépendance du jeune homme dont l'identité est inféodée à la relation amoureuse. Chéri, à qui sa jeune épouse reproche de se comporter en «cocotte», est un enfant gâté narcissique et sensuel. Volontiers cynique et cruel, ce personnage est traité par Colette avec une profondeur, une subtilité et une tendresse qui interdisent de le confondre avec le type littéraire du gigolo, fort à la mode dans la période de la Première Guerre mondiale. Chéri est capable d'accents pathétiques et a parfois des allures de héros tragique: lorsqu'il dit à sa femme: «On est quelque chose comme orphelins, nous, pas?», celle-ci crie «de saisissement, car il renversait vers le lustre un visage magnifique et désespéré». La Fin de Chéri exploitera davantage cette dimension du personnage.

Loin des conventions ou des excès, ce que cherche avant tout Colette, c'est la nuance de la vie. Léa, dont Chéri est en quelque sorte la créature, bien qu'elle ne l'ait pas voulu, est la véritable héroïne du roman. A travers cette figure féminine fictive mais qui, par certains traits, n'est pas sans rappeler Colette, cette dernière décrit avec simplicité l'inexorable trajet du vieillissement et la toujours jeune nouveauté du sentiment amoureux: «Pardonne-moi, Chéri: je t'ai aimé comme si nous devions, l'un et l'autre, mourir l'heure d'après. Parce que je suis née vingt-quatre ans avant toi, j'étais condamnée, et je t'entraînais avec moi.» Le miroir, figure récurrente, quasi obsessionnelle dans l'oeuvre de Colette, atteste la marche objective du temps pour une subjectivité inchangée: «Une vieille femme haletante répéta, dans le miroir oblong, son geste, et Léa se demanda ce qu'elle pouvait avoir de commun avec cette folle.»

C'est cette tragédie, toute humaine, que dépeint Colette dans Chéri, avec lucidité mais sans révolte, avec résignation mais non sans douleur. Gide fait, avec raison, l'éloge du «dépouillement» de l'oeuvre, de «son dévêtissement, de sa nudité» (lettre à Colette du 11 décembre 1920). Ce roman marque l'accession de Colette à une pleine maîtrise de son art, ainsi qu'elle le remarquera dans l'Étoile Vesper: «Pour la première fois de ma vie, je me sentais intimement sûre d'avoir écrit un roman dont je n'aurais pas à rougir ni à douter, un roman qui naissant massait autour de moi partisans et adversaires.»

2. Claudine à l'école, Colette 1900 :

Roman de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Paris chez Ollendorff en 1900, sous la signature de Willy, pseudonyme littéraire d'Henry Gauthier-Villars, mari de la romancière.

En 1936, dans Mes apprentissages, Colette a retracé la genèse de ce premier livre dont l'idée lui fut inspirée par son époux qui s'en appropria la paternité. La romancière, peu soucieuse de parer d'une quelconque aura mythique la naissance de sa vocation d'écrivain, ne cache pas que Claudine à l'école doit le jour à des soucis pécuniaires ainsi qu'à la tristesse d'une jeune femme déçue par son mariage et nostalgique de son enfance. Le jugement de Willy est d'abord négatif: «Je m'étais trompé, ça ne peut servir à rien», tranche-t-il après avoir lu les cahiers de Colette. Plus tard, retrouvant par hasard le manuscrit de Claudine à l'école, Willy s'avise de son erreur et s'empresse de confier l'ouvrage à un éditeur, non sans avoir invité Colette à lui donner un tour plus leste et provincial. Devant le succès remporté par le livre, Willy demande à sa femme d'écrire une suite. La série des Claudine, toujours signée par Willy, se poursuit donc avec Claudine à Paris, Claudine en ménage et Claudine s'en va (Ollendorff, 1901, 1902 et 1903).

Claudine à l'école évoque la vie quotidienne d'une jeune écolière de campagne, avec ses rites, ses émotions, ses jeux, anodins ou pervers. Très proche de la nature, Claudine y puise matière à l'éveil d'une sensualité qui se découvre aussi dans l'émoi suscité par une jeune institutrice.

Claudine à Paris. L'héroïne a quitté sa province natale et vit à la capitale en compagnie de son père. Elle est amoureuse de Renaud, un homme plus âgé qu'elle, et l'épouse bientôt.

Claudine en ménage relate une aventure venue troubler quelque temps la vie du couple: la rencontre de Rézi, une jeune femme qui séduit Claudine sous le regard curieux, complaisant et quelque peu malsain de Renaud.

Claudine s'en va (Journal d'Annie). L'héroïne s'efface pour céder le devant de la scène et la narration à son amie Annie qui conte son difficile affranchissement d'un lien conjugal oppressant.

Dans Mes apprentissages, Colette confie qu'elle n'a jamais beaucoup estimé ses premières oeuvres. Il est vrai que Claudine à l'école, ouvrage uniforme dans son développement et dans son style, au demeurant fort alerte, témoigne d'une certaine inexpérience romanesque. En outre, bien que Claudine annonce qu'elle va donner à lire son journal _ «C'est décidément un journal, ou presque, que je vais commencer» _, le texte reste assez superficiel dans sa manière d'aborder le personnage: la fillette rapporte la chronique, souvent scandaleuse, de son village et de son école, mais ne livre guère ses réflexions intimes. Dépourvue d'une réelle intériorité, Claudine est avant tout une spectatrice, il est vrai subtile et impitoyable. Enfin, la composition du roman est assez sommaire et déséquilibrée: la première partie, la seule qui s'apparente à un journal, forme un bon tiers de l'oeuvre; dans la seconde, l'écolière évoque le souvenir de l'examen du brevet et de la visite du ministre de l'Agriculture au village natal de Montigny.

Ces réserves émises, les Claudine ne manquent pas de qualités. Le succès de la série tient sans doute à la clairvoyance à la fois ingénue et perverse du personnage, ainsi qu'au caractère brillant et spontané d'une écriture habile à souligner le trait marquant d'une formule percutante. Comme le lui fit remarquer Catulle Mendès, Colette, avec Claudine, a créé, sinon un mythe, du moins un «type». Claudine devint en effet un personnage célèbre et lança de nombreuses modes, notamment celle du fameux col qui porte encore son nom. L'adaptation théâtrale de l'oeuvre accrut encore la notoriété du personnage. Il eut de multiples interprètes mais Polaire fut, selon Colette, la seule «vraie Claudine». Or Willy, soucieux de rentabiliser au maximum l'affaire des Claudine, avait fait confectionner, pour son épouse et l'actrice, des tenues semblables et s'exhibait volontiers en compagnie des deux jeunes femmes, rendues jumelles par le vêtement. La publicité faite autour de Claudine enracina donc, de façon durable, l'idée que Claudine et Colette ne faisaient qu'une. La romancière, ainsi que l'avait prédit Catulle Mendès, dut effectuer un long parcours, tant littéraire que personnel, pour échapper à cette identification tenace.

3. Douze dialogues de bêtes, Colette 1930 :

Recueil de brefs textes en prose de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Paris au Mercure de France en 1930. Le même éditeur avait auparavant publié deux versions moins fournies de l'ouvrage: Dialogues de bêtes en 1904, et Sept Dialogues de bêtes en 1905. Les textes avaient tout d'abord paru en revue.

Dans Mes apprentissages, Colette évoque en ces termes la genèse des Dialogues de bêtes: «Je m'éveillais vaguement à un devoir envers moi-même, celui d'écrire autre chose que les Claudine. Et, goutte à goutte, j'exsudais les Dialogues de bêtes, où je me donnais le plaisir, non point vif, mais honorable, de ne pas parler de l'amour.» La Paix chez les bêtes (1916), nouvel ouvrage consacré, mais cette fois sous une forme non dialoguée, à la vie des animaux familiers, renouera peu après avec la même inspiration. En 1949, pour ses Œuvres complètes (Flammarion), Colette rassemble, sous le titre Autres Bêtes, diverses pièces publiées entre 1929 et 1944.

Les deux protagonistes principaux des Dialogues de bêtes sont Toby-chien et le chat Kiki-la-doucette. Doués de parole, ils commentent, à travers l'évocation de scènes de la vie quotidienne, l'attitude de leurs maîtres, Elle et Lui.

Compagnes favorites de Colette, les bêtes sont souvent présentes dans son oeuvre. Les Douze Dialogues de bêtes et la Paix chez les bêtes en font les protagonistes principales d'un univers entièrement perçu et jugé à travers elles. Ce regard animal, qui met soudain la réalité en perspective et manifeste le caractère relatif de notre point de vue, est une sorte de posture philosophique de l'altérité. En outre, grâce à leur innocence et à la finesse de leur perception, les bêtes apparaissent comme porteuses d'une sagesse universelle. Elles sont, pour Colette, les ambassadrices d'un «paradis terrestre» plus fort que la barbarie humaine des temps de guerre: «J'ai rassemblé des bêtes dans ce livre, comme dans un enclos où je veux qu'"il n'y ait pas la guerre"», explique l'auteur dans l'Avertissement de la Paix chez les bêtes.

Ce sont toutefois le pittoresque et l'humour qui l'emportent dans ces bestiaires. Observatrice attentive et aimante des bêtes, Colette sait repérer telle posture caractéristique, telle habitude singulière. La polémique favorite des deux protagonistes sur les mérites comparés du chien et du chat comme les diverses situations anecdotiques évoquées confèrent à l'oeuvre une atmosphère de comédie légère. L'originalité du recueil réside dans cet art du trait vrai, du détail habilement croqué, teintés d'un humour à la fois badin et critique.

4. Gigi, Colette 1944 :

Recueil de nouvelles de Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954), publié à Lausanne, à la Guilde du Livre en 1944. Le texte intitulé «Gigi», nouvelle ou petit roman, était alors suivi de «Noces», «Flore et Pomone» et de «la Dame du photographe». En 1945, les Éditions Ferenczi rééditent le recueil: Colette remplace alors «Noces» par un autre récit intitulé «l'Enfant malade».

Publié durant la guerre, dans une période d'épreuves tant physiques que morales, le recueil est assez disparate. En effet, Colette écrivit «Gigi» en 1942 et publia tout d'abord la nouvelle en feuilleton, dans la revue Présent, sous le titre «l'Attardée». «Noces» date de 1924. «L'Enfant malade», dont la composition donna beaucoup de mal à l'auteur, fut écrit en 1943-1944. Colette rédigea «Flore et Pomone» en 1943, à la demande de la Galerie Charpentier qui publia le texte au mois de mai.

L'héroïne de Gigi est une jeune fille, Gilberte, dite Gigi, âgée de quinze ans et demi: enfant naturelle d'une chanteuse lyrique nommée Andrée Alvar, elle vit en compagnie de cette dernière et de sa grand-mère, Mme Alvarez. Andrée étant accaparée par son métier, ce sont Mme Alvarez et la grand-tante de Gigi, l'ancienne cocotte Alicia de Saint-Efflam, qui se chargent de son éducation. Gaston Lachaille, un riche industriel à la mode qui est depuis longtemps l'ami de la famille, s'aperçoit soudain que la petite Gigi est en train de devenir une femme séduisante. Il veut en faire sa maîtresse, ce dont Mme Alvarez et tante Alicia se réjouissent, mais Gigi refuse. Gaston Lachaille demande alors sa main.

Austin Jack

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