Affichage des articles dont le libellé est Lamartine. Afficher tous les articles

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21/10/1790 et mort à Paris le 28/02/1869 est un poète, romancier, dramaturge français. En savoir plus sur Wikipédia.

Quelques oeuvres d'Alphonse de Lamartine :

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine
Alphonse de Lamartine

La chute d'un ange - Alphonse de Lamartine 1838 :

Poème d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), publié à Paris chez Gosselin en 1838.

Entre les Harmonies poétiques et religieuses et les Recueillements poétiques, ce poème épico-religieux aurait dû faire partie d'une gigantesque épopée spirituelle de la destinée humaine, dont Jocelyn aurait constitué l'un des moments, la neuvième et ultime réincarnation de l'ange.

Immense "épisode" composé d'un "récit" suivi de quinze "visions" d'ampleur variable (à la relative brièveté des cinquième, neuvième et quatorzième s'oppose la longueur des troisième et quinzième) et d'un court épilogue de 14 vers, la Chute d'un ange développe sur douze mille vers les aventures de l'ange Cédar. Ayant voulu devenir homme pour l'amour de Daïdha, la jeune fille dont il était le gardien, une descendante de Caïn, il connaît une suite de malheurs et de vicissitudes, dont la mort de sa femme et de ses enfants au désert. Désespéré, il finit par se tuer, mourant sur un bûcher, près du cadavre de sa bien-aimée.

Plus que cette trame évidemment chargée d'illustrer la punition d'une folie sacrilège, importe la variété de tableaux, comme la traversée aérienne de Cédar et Daïdha, la Terre avant le Déluge, la fuite des héros à travers la forêt vierge. Écrit en quelques mois de juin à décembre 1836, et de juillet à décembre 1837, le poème est l'aboutissement imparfait d'un projet longuement mûri depuis 1823, quand Lamartine envisageait déjà d'écrire l'histoire d'un ange déchu par amour pour "une des filles d’Ève" et condamné jusqu'à ce que son énergie le détourne enfin de l'amour terrestre pour réintégrer le royaume céleste par la souffrance et le sacrifice.

Tout le poème se donne comme le discours d'un antique solitaire du Liban, héritier des prophètes (d'où le titre de la septième vision: "le Prophète", qui s'adresse à un "jeune étranger" élu: "Car Dieu ne permet pas que sa langue s'oublie! / C'est vous que dans la foule il a pris par la main."
Expiation et épreuve se mêlent, ancrant le poème dans une théologie chrétienne peu catholique, mais représentative de la spiritualité lamartinienne. Ne déclare-t-il pas à la veille de la révolution de 1848 dans un "Post-scriptum" à l'"Avertissement": "Nous commençons une grande bataille, la bataille de Dieu"? Outre quelques remaniements dans les éditions suivantes, l'influence de sa bien-pensante épouse contraignit le poète à édulcorer en 1861 la dimension religieuse de son texte. Trop vite composée, l'oeuvre met en évidence le classicisme de Lamartine dans la versification. Paradoxe intéressant, car le sujet et les formes de l'imagination relèvent du romantisme le plus caractérisé. La Chute d'un ange illustre bien la célèbre formule de Rimbaud : "Lamartine, quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille." Malgré cette inadéquation de l'esthétique à l'inspiration, qui explique en partie la mauvaise réception par un public froid, ou refroidi, le poème comporte plusieurs développements de grande qualité. Ainsi le célèbre "Chœur des cèdres du Liban" (première vision), où Lamartine varie le rythme des vers, alternant l'alexandrin et l'octosyllabe, et travaille une forme musicale.
Strophes paires et impaires, anaphores, invocation, adoration, tout conspire à célébrer les noces de la poésie et du chant pour glorifier "Dieu, Dieu, Dieu, mer sans bords qui contient tout en elle." Quant à la huitième vision, "Fragment du livre primitif", elle dit, sous une forme éclatée, le rapport de l'expression poétique à la parole divine :

Si je dis que ce livre est de Dieu, dites : Non !
Il épelle à son tour un signe du grand nom,
Il écrit quelques sons de l'infini symbole
Que l'esprit à l'esprit transmet par la parole.

Avant Vigny (voir les Destinées) et Hugo, cette Chute d'un ange inscrit Lamartine dans la lignée des mages romantiques.

Graziella - Alphonse de Lamartine 1852 :

Récit d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), publié dans les Confidences (livres VII-X) à Paris chez Perrotin en 1849, et en volume séparé à la Librairie nouvelle en 1852.

Écrit sur les lieux mêmes du récit, d'août à septembre 1844, l'ouvrage évoque de manière romancée le premier séjour napolitain de Lamartine, alors âgé de vingt et un ans (30 novembre 1811-6 ou 7 avril 1812).

Organisé en quatre chapitres, avec un «Épisode» intercalé entre le premier et le deuxième, suivis du "Premier Regret", poème en alexandrins, avec un refrain (quatrain de trois alexandrins et un octosyllabe), le récit évoque le voyage de Lamartine accompagnant une parente en Italie. Après une étape romaine, il se rend à Naples, où Virieu, un ami d'enfance, le rejoint (chap. 1). Il fait connaissance d'un vieux pêcheur sur la plage de Margellina et, après une promenade en barque où il manque perdre la vie, il rencontre, dans l'île d'Ischia, Graziella, fille du pêcheur («Épisode»). Celle-ci tombe amoureuse de ce Français et refuse Cecco, le parti qui lui était destiné. Elle se réfugie dans l'île de Procida pour entrer au couvent. Le jeune homme la rejoint ; elle lui avoue son amour, et ils passent de délicieuses journées (2). Leur bonheur se poursuit à Naples (3). L'ami d'enfance arrive et, au nom de sa mère, ordonne au narrateur de rentrer en France. La mort dans l'âme, il s'exécute, laissant une lettre d'adieu pour Graziella. Plus tard, il apprend sa mort (4).
Le poème final chante le remords de Lamartine et le souvenir des heures heureuses: « Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées? / Laissons le vent gémir et le flot murmurer; / Revenez, revenez, ô mes tristes pensées! / Je veux rêver et non pleurer ! »

Trop souvent réduit à sa dimension autobiographique (d'ailleurs plus exacte dans la version qu'en donneront les Mémoires inédits, publiés en 1870), Graziella vaut surtout par la peinture toute lamartinienne des effets de l'amour sur un jeune homme et par la mise en scène d'une fantasmatique de la virginité. Dans un cadre naturel surchargé de souvenirs culturels, que domine une mythologie italienne revue par le romantisme, le texte s'évertue à évacuer autant que faire se peut la sexualité pour exalter la communion des âmes et l'innocence du rapport entre les amants : Graziella se comporte « comme une sœur qui sert son frère sans penser qu'il est un homme ».

Si «toujours au fond de [son] cœur» filtre une larme, le narrateur s'attache à démentir sa passion passée («Ce n'était pas le complet amour, ce n'en était en moi que l'ombre») mais avoue son trouble en de multiples occurrences devant cette fille du peuple s'offrant dans l'éclat de sa jeunesse. La référence à Paul et Virginie inscrit le texte dans une tradition et propose une rêverie sur la nature, les éléments, les choses autant que sur les beautés du peuple.
Le narrateur dispose alors les composantes d'un paradis, d'une utopie sentimentale et amoureuse, menacée par le sexe et la mort, lisible dans les violences météorologiques.

Cet ouvrage, l'un des grands succès de Lamartine (106 000 exemplaires vendus entre 1869 et 1895) fit l'objet d'une adaptation théâtrale _ un drame en un acte de Jules Barbier et Michel Carré, créé au théâtre du Gymnase le 20 octobre 1849 _, de trois opéras _ par Giuseppe Concone, livret de Marcelliano Marcello, 1856; par Antony Choudens, livret de Jules Barbier, 1877; par Jules Mazellier, livret d'Henri Cain et Raoul Gastambide, 1925 _, et de deux films _ dont l'un en 1926 comportait dans sa distribution Antonin Artaud dans le rôle de Cecco.

Geneviève, histoire d'une servante - Alphonse de Lamartine 1850 :

Récit d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), publié à Paris en feuilleton dans le Conseiller du peuple en 1850, et en volume chez Wittersheim en 1851.

Composée de 173 courts chapitres, Geneviève est assortie d'une Préface dans laquelle Lamartine définit son projet: écrire une «série de récits et de dialogues à l'usage du peuple des villes et des campagnes». Première de cette série, Geneviève est dédiée à Reine Garde, couturière-servante aixoise. Poète, elle avait rencontré le maître pour qui elle nourrissait une admiration idolâtre. Outre ses vers, elle lui avait relaté l'histoire pathétique et édifiante de sa vie.

L'histoire de Reine reflète la réalité de la lecture populaire en cette première moitié du XIXe siècle. Qu'a-t-elle pu lire en effet? Outre les Évangiles, l'Imitation de Jésus-Christ, elle ne peut citer que Robinson Crusoé, la Vie des saints, Paul et Virginie et... Télémaque. Mais le peuple est peu concerné par un traité d'éducation rédigé pour un prince ou les malheurs d'une fille noble. Frappé par le «bon sens supérieur à [l'] éducation» de cette fille du peuple, Lamartine souhaite la naissance d'un «génie populaire». La conjoncture semble favorable: alphabétisation généralisée depuis la loi Guizot de 1834, meilleure intégration du peuple à la nation, croissance économique: «La pensée et l'âme vont travailler double dans toutes les classes de la société. Les livres sont les outils de ce travail moral. Il vous faut des outils adaptés à votre main.»

Austin Jack

Fourni par Blogger.