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Poème : Société

 Par : Bernard Fouché
Sans abri à paris (SDF)
Je suis un adepte de ta liberté
C'est pour cela que
je me complais
Dans ma solitude, seul à seul
Je suis loin, très loin
De tes pensées politiques
Tes dogmes religieux
De ton indifférence
La couleur de ta peau
Des sous et des si
D'images en images
Je ne te reconnais plus
Je suis dans ma maison d'hiver
À mon bureau
Quelques feuilles de papier
Un vieux porte-plume
La fenêtre ouverte
Sur le jardin
Pour laisser entrer
Des petits écureuils
Qui viennent casser des noisettes
Laissées pour eux, près de la cheminée
C'est bien plus joli comme image
Que des S.D.F. En plein hiver
Dans les rues de Paris
Société, je ne t'aime plus...
 © Le Berger

Commentaire : 

Sans minimiser l’importance du thème abordé dans un poème donné, c’est son traitement artistique qui importe le plus le lecteur avisé, étant donné que la poésie est, avant tout, un art et que les thèmes quelles que soient leurs valeurs peuvent être traités dans des articles de presse ou des discours politiques ou autres.
Dans ce poème typiquement engagé où sont mises en opposition la vie compliquée que mène l’Homme dans les villes modernes déshumanisées et la vie simple et toute proche de la nature dans les compagnes compagne , l’auteur utilise deux procédés majeurs : 
  1. Le premier est le placement du noyau sémantique dans l’ultime vers (société, je ne t'aime plus...) pour donner à sa prise de position contestataire plus de retentissement, étant donné que c’est le dernier vers, s’il est bien choisi, qui produit le plus d’effet sur le lecteur et qui a plus de chance d’être retenu.
  2. Le second procédé est la personnification au biais de laquelle, il a réduit la société en une seule personne afin d’en faire une allocutaire pensante et justifier de la sorte le discours qu’il lui adresse (Je / tu ).
Néanmoins au niveau du thème deux messages qu’ils soient voulus ou non, sont émis : 
  • Le premier est la révolte contre le côté inhumain de la ville où plus précisément le mode suivant lequel elle fonctionne qui malgré le grand progrès réalisé dans les domaines scientifiques et techniques demeure incapable de résoudre le problème honteux du phénomène SDF.
  • Le deuxième, est que l’attitude contestataire qu’il affiche ne l’a adoptée que tout dernièrement suite à une prise de conscience (société, je ne t'aime plus... Je ne te reconnais plus).
Voila ce que dit ce texte, avec tous nos respects ce qu’à voulu dire son auteur. Un poème élégamment conçue grâce à sa construction binaire, à la métaphore charnière : société / individu pensant et aux images et autres éclairs qui le traversent de bout en bout .

Autres textes du même auteur à découvrir : Le monde de la toléranceHeureux petitImpossible dimanche (Réflexion).

Si ma plume :

Pouvait changer le monde, 
Je composerais des vers si dévastateurs 
Que la misère ne serait qu’un vaste désert de poussière 
Esclave d’un vent intransigeant 
Que mon souffle rauque engendrerait, dissipant 
Les moindres atomes miséreux dans les eaux bénies.

Si ma plume
Pouvait changer le monde
Je composerais des vers résurrecteurs 
Pour qu’enfin sèchent les larmes de l’orphelin maudit
Par les regards dédaigneux et inquisiteurs
D’une société inhumaine régie par un hypocrite déni de maternité
Et une sournoise compassion qui cache mal un mépris de l’humanité.

Si ma plume
Pouvait changer le monde
Je composerais des rimes salvatrices
Pour que guérissent tous les maux, même les plus intrépides.
Que règnent éternellement la paix du cœur et le bien-être chez le sage
Accablé par la chaleur suffocante du soupir flagellé par la rage
De l’être mourant sur l’autel des affamés fauves et satanées charognes.

Si ma plume
Pouvait changer le monde
Je composerais des rimes protectrices,
Pour que l’innocent esprit soit à l’abri de la hargne
Du détracteur haineux et puisse goûter avec quiétude aux délices
D’un monde sincère où honneur et loyauté seraient rois,
Et disparaîtraient alors les pâles fresques de mauvais aloi.
Si ma plume alanguie
Pouvait changer le monde
Alors je composerais des poèmes bienheureux
Qui seraient déclamés et chantés même par les nourrissons
A l’orée de la vie, pour célébrer les jours les plus heureux.

Si ma plume lasse
D’un seul jet d’encre pouvait
Enfin changer le monde
Alors j’écrirai un poème d’un seul mot
Et je mettrais un point final au dernier vers de mon sempiternel poème.
Azo Jeng assane dieng
© Tous droits réservés
Par : Assane Dieng Louga (Azo Jeng )  poète Sénégalais

Analyse & Commentaire  :

L’un des deux sens essentiels du conditionnel est l’expression de l’irréel et de l’imaginaire. Et ceci, lorsque les conditions sont impossible à atteindre. Mais si ce cas est exclu de la réflexion des scientifiques pour lesquels l’esprit humain ne peut procéder que du possible au possible, les poètes, eux, font fi totalement de cette règle , du fait que leur domaine de prédilection est la rêverie .Néanmoins, le rêve, pour le poète, n’est pas toujours un moyen compensatoire pour échapper à une réalité insupportable, car l’histoire de la littérature est lâ pour témoigner que l’impossible rêvé par des poètes devins à la sensibilité extrêmement fine se réalisa après leur mort et notamment les grands changements politiques et sociaux que personne à leur époque et dans leur entourage n’imaginait. Le grand poète tunisien Aboulkacem Chebbi ( 1909 -1934 ) n’avait-il écrit au début des années trente s’adressant au colonisateur au moment où il fêtait le bicentenaire de l’occupation de la Tunisie : 

ألا أيها الظَّالمُ المستبدُ****حَبيبُ الظَّلامِ، عَدوُّ الحياهْ
سيجرفُكَ السيلُ، سيلُ الدماء****ويأكلُك العاصفُ المشتعِلْ
" Traduction "
Ö tyran despote ! Ami de l’obscurité et ennemi de la vie !
Tu seras entraîné par le torrent, le torrent du sang
Et dévoré par la tempête déchaînée 

Dans cette même lignée, notre ami le poète sénégalais Azo Jeng ( alias Assane Dieng ) esquisse dans ce poème l’image d’un monde nouveau où disparaîtront toutes les formes de misère, d’injustice et d’humiliation dont pâtissent aujourd’hui des millions d’humains ,en raison de la cupidité, de l’égoïsme, de l’arrogance et de la vanité d’une minorité qui cherche par tous les moyens qu’ils soient légaux ou illégaux à s’approprier toutes les richesses du monde que ce soit au niveau local où à l’échelle du globe. Certes, le poète est conscient de l’inefficacité des moyens dont il dispose au moment présent et qui se limitent aux mots et aux rimes (Si ma plume: 6 fois ), mais qui dit que son appel ne contribuera pas à galvaniser les générations futures qui le mettraient à exécution ? Un poème engagé au style enfiévré et émouvant !

FRANÇAIS

 13 mai 2011, 13:12

Français de la France,
Français dans le cœur,
Français dans l'âme,
Français de toujours.

Regardons vers l'avenir,
Regardons nos enfants,
Regardons notre vie,
Regardons notre futur.

Levons nous,
Levons les yeux,
Levons nos regards,
Levons tous les obstacles.

Crions tous ensemble,
Crions notre colère,
Crions nos angoisses,
Crions nos désarrois,

Demandons notre dû,
Demandons de vivre,
Demandons du travail,
Demandons la dignité.

Ne souffrons plus de ce carnage,
Ne souffrons plus de la déchéance,
Ne souffrons plus de la faim,
Ne souffrons plus d'être victime.

Nous voulons vivre,
Nous voulons vaincre,
Nous voulons la dignité,
Nous voulons être libre.

Français de la France,
Français dans le cœur,
Français dans l'âme,
Français de toujours.

Poésie française
Copyright © MOD VAREIL
Envoyé le : 4/23/2015 à 23:10:14

La misère non,
La dignité oui.

Nous ne sommes pas des bêtes,
Nous sommes des hommes.

Égalité pour tous,
Non aux pauvres,
Justice pour tous,
Non aux riches.

Il faut crier notre détresse,
Il faut crier notre désarrois.

Il faut implorer justice,
Il faut implorer égalité.

Il faut s'unir,
Il faut réagir.

Révoltons nous tous ensemble,
Uni d'une seule voix : justice, égalité, fraternité.

Ne laissons pas notre destin,
Face à la décadence.

Nous devons prendre à deux mains,
Notre vie, nos espoirs, notre intégrité.

Nos cœurs sont blessés,
Personne ne dit rien,
Personne n'agit.

Tous ensemble appelons à s'unir,
contre l'anarchie, la convoitise,
contre l'autorité sans cesse grandissante,
Ensemble d'une seule voie : agissons vite.
Image d'un cri de douleur et de souffrance
Cri de douleur
"Copyright © MOD VAREIL
Envoyé le : 23/04/2015 23:05:47 

Je recense des ombres 
Par grand froid et grand nombre

Les fleurs ont des poux 
Les anges spéculent

Le ciel parle vert de gris aux statues 
Avec le recule 

Je recense une âme nue 
Un squelette étendu 

Aux quatre coins des rues 
Ses cinq phalanges tendues

Aux avaries du temps 
De vaches maigres 

Il pleut des trombes 
Des éclairs d’argent

Un son de cloche d'enfer 
Dont le seul tintement fait songer

À la clôture de Wall Street 
Dans mon esprit antinucléaire

Je recense des ombres 
Par grand froid et grand nombre

Les fleurs ont des poux 
Et ça me pique un peu partout !

© Tous droits réservés à Nicodème Camarda

Bien qu’engagé et militant pour les grandes causes humaines, l’auteur de ce poème affectionne le style symbolique, du fait de ses effets esthétiques attractifs qui incitent le récepteur à participer activement à la création du texte, comme il est clair dans ce nouveau poème où la compréhension est tributaire de l’interprétation des significations des vers et strophes dans leur relation avec le sens global du poème. D’ou la nécessité d’y trouver quelque part un signe pouvant guider le lecteur ou l’auditeur vers le noyau à partir duquel a été généré le Tout. 
Ce signe peut bien être ici le vocable « mon esprit antinucléaire » ( le vers 18 ) qui dénote une opposition franche et farouche contre la détention des armes nucléaires par quel pays que ce soit y compris bien entendu les grandes puissances qui se réservent le droit de les posséder tout en les prohibant aux autres. 

Un deuxième éclairage important nous est apporté dans ce même vers : ces armes meurtrières qui avaient causé en 1945 au Japon un cataclysme humain sans précédent ( près de 250.000 victimes) préoccupent profondément le poète car à n’importe quel moment un accident peut survenir et la catastrophe serait encore plus tragique ,vu le progrès réalisé dans leur fabrication depuis cet événement douloureux et inoubliable dans la mémoire collective de l’humanité. 

Cette préoccupation s’est exprimée tout au long du texte sous la forme d’images lugubres et cauchemardesques (je recense des ombres - les fleurs ont des poux - un squelette étendu aux quatre coins des rues ses cinq phalanges tendues - il pleut des trombes des éclairs d’argent un son de cloche d'enfer - et ça me pique un peu partout !). D’autre part, l’allusion aux USA dans les vers 16 et 17 est claire (un son de cloche d'enfer dont le seul tintement fait songer à la clôture de Wall Street ).

Un poème engagé mais qui ne verse point dans la platitude, la sécheresse et la banalité du langage courant parce qu’il est adressé aux connaisseurs et non à une masse à conquérir .

Austin Jack

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